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Glorifier la littérature et les arts bourgeois, c’est restaurer le capitalisme – 1970

Réfutation des théories réactionnaires de Tcheou Yang prônant la « Renaissance », le « Siècle des Lumières » et le « réalisme critique » de la bourgeoisie – par le groupe de Changhaï chargé de la grande critique révolutionnaire

« Une tâche importante nous incombe sur le front idéologique, celle de critiquer le révisionnisme »
Mao Tsétoung

Il y a trente ans, dressant le bilan de la lutte dans les domaines idéologique et culturel depuis le Mouvement du 4 Mai [1], le président Mao, notre grand dirigeant, avait indiqué :

« Le nouveau se forge toujours dans des luttes âpres et difficiles. Il en est ainsi de la culture nouvelle qui, depuis vingt ans, suit une voie sinueuse, marquée de trois tournants, marquée d’épreuves où se sont révélés le bon comme le mauvais. » (La Démocratie nouvelle)

C’est précisément à l’issue de cette vingtaine d’années de lutte que le président Mao a écrit les Interventions aux causeries sur la littérature et l’art à Yenan, document faisant époque dans le mouvement idéologique et culturel marxiste.

Durant ces trente dernières années, le prolétariat et la bourgeoisie ainsi que leurs cultures respectives ont passé par une lutte plus acharnée et plus sinueuse que jamais, et les résultats de cette épreuve ont encore confirmé que la ligne révolutionnaire prolétarienne du président Mao dans la littérature et l’art est la seule ligne correcte pour le mouvement révolutionnaire prolétarien dans ce domaine.

Les « quatre potentats », c’est-à-dire Tcheou Yang, Hsia Yen, Tien Han et Yang Han-cheng, agents dans les milieux littéraires et artistiques de Liou Chao-chi, renégat, agent de l’ennemi et traître à la classe ouvrière, appliquaient obstinément en littérature et en art une sombre ligne, révisionniste et contre-révolutionnaire, qui prenait le contre-pied de la ligne révolutionnaire prolétarienne du président Mao. Cette sinistre ligne faisait de la glorification des théories et œuvres littéraires et artistiques bourgeoises et révisionnistes un moyen de restaurer le capitalisme. Selon Tcheou Yang, la littérature et les arts bourgeois occidentaux de la Renaissance, du Siècle des Lumières et de l’époque du réalisme critique « étaient des sommets, tant sur le plan idéologique qu’artistique » [2].

Et « sans nombre » [3] étaient les « grands maîtres » qui avaient atteint à ces sommets. Il prétendait donc que point n’était besoin pour le prolétariat chinois d’opérer une révolution dans la littérature et les arts, qu’il n’avait qu’à entreprendre une « renaissance de l’Orient » [4] en prenant pour « objectif de son effort » [5] la Iittérature et les arts classiques de la bourgeoisie occidentale. Pendant des dizaines d’années, il a publié d’innombrables théories réactionnaires glorifiant la Renaissance, le Siècle des Lumières et le réalisme critique de la bourgeoisie, décochant ainsi des flèches empoisonnées contre la ligne révolutionnaire prolétarienne du président Mao dans la littérature et l’art. Nous devons critiquer à fond les théories réactionnaires de Tcheou Yang.

 PRENDRE LA LITTÉRATURE ET L’ART BOURGEOIS POUR « OBJECTIF DE L’EFFORT » OU FAIRE LA RÉVOLUTION PROLÉTARIENNE DANS LA LITTÉRATURE ET L’ART ?

A quoi tendaient la Renaissance, le Siècle des Lumières et le réalisme critique bourgeois ? Tous ces mouvements avaient pour but de conditionner l’opinion publique respectivement pour développer le capitalisme, établir et consolider la dictature de la bourgeoisie, et sauver le capitalisme de la ruine. La bourgeoisie entra dans l’arène politique avec la Renaissance, elle arracha le pouvoir à la classe féodale et consolida graduellement sa domination à l’époque du Siècle des Lumières. Le XIXème siècle où le réalisme critique fit son apparition, le régime capitaliste se révéla plein de contradictions tenant à sa nature même et le prolétariat commença à monter sur la scène politique en tant que fossoyeur de la bourgeoisie.

L’histoire, de la Renaissance au réalisme critique, en passant par le Siècle des Lumières, reflète justement la naissance, le développement et la décadence de la bourgeoisie à l’échelle mondiale.

Le président Mao a indiqué avec clairvoyance :

« A l’exception de la révolution qui substitua l’esclavage à la communauté primitive, c’est-à-dire un système d’exploitation à un système de non-exploitation, toutes les révolutions eurent pour résultat de substituer un système d’exploitation à un autre. »

Et :

« Notre révolution, celle des masses populaires, dirigée par le prolétariat et le Parti communiste, est la seule qui vise à la suppression définitive de tous les systèmes d’exploitation et de toutes les classes. » (Commentaire sur les documents concernant la clique réactionnaire de Hou Feng)

Pour atteindre ce but, le prolétariat, qui a pris le pouvoir, a une tâche importante dans la poursuite de la révolution socialiste, à savoir, critiquer radicalement tous les systèmes idéologiques réactionnaires bourgeois, tous les systèmes idéologiques qui servent les classes exploiteuses et le système d’exploitation. Il ne peut en aucun cas prendre la littérature et l’art bourgeois comme exemple ou « objectif » parce que ce serait là restaurer le système capitaliste.

Est-ce qu’on pourrait, sous la dictature du prolétariat, prendre comme « objectif de l’effort » la Renaissance de la bourgeoisie ? Les porte-drapeaux de la Renaissance prêchaient à outrance l’humanisme, c’est-à-dire l’humanitarisme, et grâce à eux, on aurait « découvert » et « affirmé » l’« homme ». Les féodaux pourtant représentent aussi un type d’« homme », mais au lieu de parler des « hommes », ils parlaient des « dieux », lesquels n’étaient autres que les dominateurs féodaux déifiés.

La bourgeoisie a opposé les « hommes » aux « dieux » des classes féodales, mais par l’« homme », elle n’entendait qu’elle-même, et quant aux milliards de travailleurs qui ont créé l’histoire du monde, il n’était pas question de les « découvrir », encore moins de les « affirmer ». Les humanistes ont placé le bonheur immédiat au-dessus de tout, opposant en fait l’épicurisme déclaré de la bourgeoisie à l’ascétisme des classes féodales, autrement dit à un épicurisme dissimulé. Ils ont proclamé que « le moi est l’unique but de la pensée », qualifiant l’égoïsme, l’hédonisme et les passions insensées de possession, tous typiques de la bourgeoisie, de dons « de la nature », faisant partie de la « nature humaine en général ». Quelle place serait réservée aux travailleurs dans tout ce fatras s’il devait connaître une « renaissance » ?

Qu’adviendrait-il du pouvoir rouge du prolétariat ?

Serait-il possible, sous la dictature du prolétariat, de prendre comme « objectif de l’effort » le Siècle des Lumières ? Quand il professait partout la nécessité de « faire appel à la vérité scientifique pour éclairer les ténèbres de la masse » [6], Tcheou Yang ne faisait que refléter les conceptions réactionnaires de la bourgeoisie qui se prend pour le « sauveur » du monde et ne voit dans les masses que « valetaille ». La vérité a un caractère de classe. Qu’est-ce que la « vérité scientifique » ?

Dans l’histoire de l’humanité, seul le marxisme, le léninisme, la pensée-maotsétoung est la vérité authentique et scientifique permettant à toute l’humanité d’accéder à l’émancipation complète. D’où vient le marxisme ? Il a été créé par Marx et Engels sur la base du bilan des expériences obtenues dans le mouvement de la révolution prolétarienne de différents pays, c’est-à-dire à « ... partir des masses » comme l’a dit le président Mao. En propageant continuellement la vérité du marxisme parmi les masses laborieuses, les éléments d’avant-garde du prolétariat les éduquent sans discontinuer. Et

« les idées justes qui sont le propre d’une classe d’avant-garde deviennent, dès qu’elles pénètrent les masses, une force matérielle capable de transformer la société et le monde. » (Mao Tsétoung : D’où viennent les idées justes ?)

Cela signifie « retourner aux masses », comme l’a indiqué le président Mao. Le marxisme se développe justement selon cette ligne qui consiste à

« … partir des masses pour retourner aux masses… Et le même processus se poursuivra indéfiniment, ces idées devenant toujours plus justes, plus vivantes et plus riches. » (Mao Tsétoung : A propos des méthodes de direction)

Le marxisme, le léninisme et la pensée-maotsétoung constituent les trois étapes du développement du marxisme. En apportant les « lumières », les révolutionnaires de la démocratie bourgeoise ne font que se donner des airs de bienfaiteurs : ils trompent les masses avec des concepts démagogiques bourgeois tels que « liberté, égalité, fraternité », œuvrant pour instaurer ou consolider la dictature de la bourgeoisie.

Les « lumières » qu’ils prétendaient apporter n’étaient pour le prolétariat que « ténèbres » !

Prendre une littérature et un art de ce genre comme « objectif », c’est préparer une opinion contre-révolutionnaire en faveur de la ligne réactionnaire bourgeoise de Liou Chao-chi. N’avez-vous pas remarqué que dans le film réactionnaire La plaine en feu, dont le but était de mettre le renégat sur un piédestal, film produit par la sinistre ligne en matière de littérature et d’art représentée par Tcheou Yang, il se trouve un personnage nommé Lei Houan-kiué ? (Le nom de cet agent de la bourgeoisie au sein de la classe ouvrière signifie en chinois « celui qui vient réveiller la conscience » et il se considère comme le « sauveur » du monde, celui qui « réveille » les masses.)

La ligne réactionnaire bourgeoise appliquée de longue date par Lieu Chao-chi, renégat, agent de l’ennemi et traître à la classe ouvrière, consistait précisément à duper et à réprimer les masses ouvrières et paysannes. Cette ligne tolère l’exploitation et l’oppression du peuple laborieux par la bourgeoisie tout en interdisant aux ouvriers et aux paysans de déclencher la révolution.

Est-ce qu’on pourrait, sous la dictature du prolétariat, prendre comme « objectif de l’effort » le réalisme critique de la bourgeoisie ? En critiquant la bourgeoisie, le prolétariat vise à la faire disparaître ; tandis qu’en « critiquant » le capitalisme, les auteurs bourgeois, se gardant de condamner son caractère exploiteur et de toucher à la question fondamentale de la dictature bourgeoise, cherchent au contraire à consolider cette dictature et caressent le rêve de trouver un remède qui puisse sauver le régime capitaliste mourant.

Les critiques de la société capitaliste auxquelles ils se livrent n’ont jamais outrepassé, et ne peuvent d’ailleurs outrepasser, les limites acceptables pour le régime capitaliste. Si les révisionnistes modernes, représentés par la clique des renégats révisionnistes soviétiques, prônent avec tant de zèle le réalisme critique, c’est parce qu’ils sont aussi des porte-parole de la bourgeoisie décadente, parce qu’ils espèrent par-là sauvegarder leur domination réactionnaire bourgeoise.

De ce courant littéraire et artistique qu’ils ont emprunté à la clique des renégats révisionnistes soviétiques et introduit dans la Chine nouvelle, socialiste, Tcheou Yang et consorts ont fait dériver des théories telles que : « écrire la vérité », l’« approfondissement du réalisme », la « large voie du réalisme » [7] et d’autres encore, poussant ainsi ouvertement les intellectuels bourgeois à se montrer « courageux pour dévoiler la réalité de la vie » [8] à « dénoncer le côté obscur du régime socialiste » [9], dans l’espoir de désagréger et de saboter par ce moyen la dictature du prolétariat. Aussi, si nous voulons consolider et renforcer encore notre dictature du prolétariat sur les plans idéologique et culturel, devons-nous stigmatiser le réalisme critique de la bourgeoisie à partir de la conception du monde du prolétariat.

En réalité, lorsque la bourgeoisie se lança dans ce mouvement de la Renaissance, elle comptait l’utiliser non comme un but mais comme un moyen. La bourgeoisie voulait-elle réellement faire revivre l’antique culture des propriétaires d’esclaves grecs ou romains ? Non. Le président Mao a indiqué :

« Toute culture est, sur le plan idéologique, le reflet de la politique et de l’économie d’une société donnée. » (La Démocratie nouvelle)

Le « royaume idéal » de la bourgeoisie était alors la société capitaliste, nullement un retour à la société esclavagiste. Si elle brandissait le drapeau de la Renaissance dans son offensive contre la domination féodale, c’est que, outre le désir qu’elle avait de stimuler son ardeur au combat, elle voulait dissimuler le caractère limité de la révolution bourgeoise ainsi que tromper et obnubiler les larges masses.

Aussi la Renaissance que la bourgeoisie préconisait à ses débuts visait-elle à réaliser ses aspirations politiques alors plus ou moins progressistes, c’est-à-dire la substitution d’un nouveau système d’exploitation à un ancien, l’évolution de la société féodale vers la société capitaliste. En revanche, sous la dictature du prolétariat, en prenant la Renaissance bourgeoise comme « objectif de l’effort », Tcheou Yang et consorts ne faisaient que reprendre le rôle de la bourgeoisie renversée et répondre à ses besoins contre-révolutionnaires de restauration du capitalisme ; en d’autres termes, ils voulaient, par une « renaissance » de l’idéologie et de la culture anciennes, restaurer la politique et l’économie anciennes, c’est-à-dire l’ancien régime d’exploitation, pour faire rétrograder la société socialiste vers la société capitaliste, pour ramener la Chine nouvelle et socialiste à son ancien état semi-colonial et semi-féodal.

La résistance qu’oppose la classe réactionnaire à la loi historique ne fait qu’accélérer sa propre ruine. Engels a dit :

« C’est l’époque qui commence avec la deuxième moitié du XVe siècle… tandis que la bourgeoisie et la noblesse étaient encore aux prises, la guerre des paysans d’Allemagne a annoncé prophétiquement les luttes de classes à venir, en portant sur la scène non seulement les paysans révoltés, − ce qui n’était plus une nouveauté, − mais encore, derrière eux, les précurseurs du prolétariat moderne, le drapeau rouge au poing et aux lèvres la revendication de la communauté des biens. » (Friedrich Engels : Dialectique de la nature, p. 29)

Si, les précurseurs du prolétariat moderne avaient déjà lancé un défi intransigeant à la bourgeoisie en avançant la revendication de la « communauté des biens » au cours de la Renaissance et du Siècle des Lumières de la bourgeoisie, à plus forte raison, à l’époque où le marxisme, le léninisme, la pensée-maotsétoung se répand largement dans le monde, où l’impérialisme va à son effondrement total et le socialisme marche vers la victoire dans le monde entier, chanter la rengaine de la bourgeoisie en escomptant la résurrection du capitalisme était aussi détestable et ridicule de la part de Tcheou Yang et consorts que vouloir faire tourner la terre en sens inverse.

 STIGMATISONS LA TRAHISON A LA NATION SUR LE PLAN CULTUREL

Lorsqu’il vantait la littérature et l’art bourgeois, Tcheou Yang spécifiait :

« Les amis de l’étranger espèrent beaucoup voir une renaissance de la littérature et des arts orientaux » [10].

Que pouvaient être les « amis de l’étranger » de ce renégat et agent secret sinon une poignée d’impérialistes et de social-impérialistes ! Quels « espoirs » ces gens-là pouvaient-ils placer en la Chine nouvelle, socialiste ?

« Les changements intervenus en Union soviétique ont amené les prophètes impérialistes à placer leurs espoirs d’une ’évolution pacifique’ dans la troisième ou la quatrième génération du Parti chinois. » (Citations du président Mao Tsétoung, p. 308)

Tcheou Yang était justement un traître à la nation qui mettait fidèlement en pratique les « espoirs » contre-révolutionnaires des « prophètes » impérialistes.

Pour appliquer cette ligne de trahison nationale dans la littérature et les arts, Tcheou Yang a fomenté divers courants d’opinions contre-révolutionnaires :

La théorie dite de la « conformité parfaite ».

Tcheou Yang estimait qu’à ses débuts, la bourgeoisie était « en conformité d’intérêts avec tous les travailleurs » et par conséquent, que la littérature et les arts bourgeois de la Renaissance et du Siècle des Lumières « apportaient d’immenses contributions à l’humanité » [11]. Au XIXe siècle, alors que la bourgeoisie avait dégénéré et décliné, ses « représentants », les écrivains réalistes critiques, auraient été les « fils prodigues » en rébellion contre leur propre classe et qui « n’approuvaient pas le capitalisme » [12], et c’est pourquoi leur littérature et leur art étaient une fois encore « la fierté de toute l’humanité civilisée » [13]. En un Mot : toute la littérature et tout l’art de la bourgeoisie seraient en « conformité parfaite » avec les intérêts des travailleurs.

C’est une capitulation de classe pure et simple sur le plan culturel.

En fait, la bourgeoisie a toujours tenté de se poser en représentante des intérêts de « toute l’humanité » ; or, même au début, quand elle a commencé à attaquer les classes féodales, la bourgeoisie n’en a pas moins poursuivi son exploitation et son oppression cruelles des travailleurs. Et son offensive contre les classes féodales avait justement pour but de leur arracher le pouvoir de domination et d’exploitation sur les travailleurs ; c’est pourquoi, une fois au pouvoir, elle s’est immédiatement associée avec les classes féodales pour réprimer cruellement les travailleurs qui voulaient poursuivre la révolution. L’histoire· du monde moderne ne nous a-t-elle pas laissé à ce sujet assez de sanglantes leçons ?

Le président Mao a résumé la situation avec perspicacité :

« Ce qui est dirigé par la bourgeoisie ne peut appartenir aux masses populaires. » (Interventions aux causeries sur la littérature et l’art à Yenan)

Cette phrase pénétrante suffit à déjouer tous les mensonges répandus par la bourgeoisie et le révisionnisme, tels que « la littérature et l’art du peuple tout entier », « la littérature et l’art pour toute l’humanité ». En effet, tout ce qui est dirigé par la bourgeoisie a été réformé par elle en fonction de sa nature exploiteuse. L’entité culturelle de la bourgeoisie, qui faisait la « fierté » de Tcheou Yang et consorts, a été créée sur la base d’une exploitation impitoyable du sang et de la sueur du peuple travailleur, au service des intérêts politiques de la bourgeoisie.

Cela est vrai aussi bien pour la littérature et l’art de la Renaissance et du Siècle des Lumières que pour ceux du réalisme critique du XIXe siècle, la seule différence étant que les deux premières époques ont constitué l’« âge d’or » de la bourgeoisie, celles qui virent apparaître l’image du colonialiste ambitieux, tel le Robinson Crusoé de Daniel Defoe, ce prétendu « conquérant », tandis qu’au XIXe siècle, la bourgeoisie est « à bout de souffle, comme le soleil qui descend derrière les collines de l’ouest ».

Cette époque voit apparaître des écrivains réalistes critiques depuis Balzac jusqu’à Tolstoï, ainsi que ceux qui se consacrent à la description de « personnages superflus ». Est-il vrai qu’ils « n’approuvaient pas le capitalisme » ? Non ! Avec acharnement, ils tentaient de sauver de l’effondrement et de la ruine la domination réactionnaire pourrie de leur propre classe. Les marxistes ne peuvent en aucun cas chanter les louanges des défenseurs de la domination bourgeoise en les considérant comme des porte-parole du peuple travailleur, mais doivent se livrer sur leurs œuvres à une analyse de classe, pour permettre d’en avoir une connaissance juste, de se libérer des mensonges de toutes nuances propagés par la bourgeoisie, afin de renverser par la révolution violente le système capitaliste et toute sa superstructure.

La théorie du prétendu « insurpassable ».

Tcheou Yang vantait les mérites de la Renaissance, du Siècle des Lumières et du réalisme critique, ces prétendus « sommets sur les plans tant idéologique qu’artistique », affirmant qu’ils étaient « insurpassables » et qu’« il n’y avait pas lieu d’essayer de les surpasser » [14]. Et, de plus, ils étaient « incomparables ». Le prolétariat chinois aurait dû rester à la remorque de la bourgeoisie occidentale « pendant des siècles » pour arriver à leur « hauteur » !

Le marxisme, le léninisme, la pensée-maotsétoung ne reconnaît pas l’existence de limites insurpassables dans le monde quant aux choses concrètes. Partant de leur point de vue bourgeois, les représentants de la bourgeoisie ont évidemment proclamé à maintes reprises que leur système de pensée idéaliste et métaphysique était le « summum de la théorie » et « insurpassable » ; mais le développement du marxisme et celui de la révolution ont depuis longtemps percé à jour ce mensonge visant à contrecarrer la révolution prolétarienne et à protéger la domination réactionnaire de la bourgeoisie. Dans son essence, la théorie de l’« insurpassable » de Tcheou Yang ne fait que prôner le caractère « insurpassable » du système capitaliste.

Dans l’histoire de l’humanité, la culture prolétarienne au service des ouvriers, paysans et soldats est la plus prestigieuse. Elle défie toute comparaison avec la culture bourgeoise, du fait que celle-ci sert les classes exploiteuses.

Prenons par exemple les personnages types. Ouvrons n’importe quelle œuvre bourgeoise de la Renaissance, du Siècle des Lumières ou du réalisme critique, ceux qui y sont décrits, exaltés, embellis, ce sont les personnages des classes exploiteuses et les intellectuels appartenant à ces dernières, et si, par hasard, les masses ouvrières et paysannes apparaissent, c’est sous les traits sinon de voyous, du moins de valets. Les exploiteurs et vampires de tout acabit sont les héros de ces œuvres littéraires et artistiques qui les exhibent dans toute leur arrogance sur la scène, à l’écran, dans le roman et la poésie. Ici, la vérité historique et l’essence de l’évolution de l’histoire sont complètement inversées. Naturellement, Tcheou Yang ne pouvait le reconnaître. Selon lui, non seulement les écrivains bourgeois ont campé quantité d’« hommes typiques et vivants » [15], mais ils ont créé en même temps des modèles d’« hommes nouveaux » [16] pour le « socialisme à venir ».

Il se plaisait à répéter que l‘écrivain bourgeois russe Tchernychevsky donne, dans son roman Que faire ?, une « image de la société socialiste » [17] d’une beauté indicible et crée en outre des modèles d’« hommes nouveaux ». Le personnage féminin de Véra en est un. En quoi réside sa « nouveauté » ? Dans le fait que ce personnage, imprégné d’égoïsme, a le front de s’affubler d’une auréole « rationnelle » et que, tout en étant bel et bien capitaliste d’une usine, il pousse l’hypocrisie jusqu’à essayer de faire croire à ses ouvriers qu’ils sont « patrons », ceci dans le but de se livrer à la prétendue « exploitation civilisée ». D’après le premier mari de Véra, il a « déjà vu tout cela aux Etats-Unis » ! [18] En effet, ces « hommes nouveaux » portés aux nues par Tcheou Yang et s’évertuant à persuader aux ouvriers qu’ils font partie du « patronat », nous, la classe ouvrière de Changhaï, nous en avons déjà connu quelques spécimens avant la Libération.

Leur prétendue « exploitation civilisée » n’était, en fait, qu’un moyen de tromper et de corrompre les ouvriers, de recruter des mouchards parmi eux en leur distribuant des miettes. Comme l’« Etat du bien-être » de Nixon et de Brejnev, cette méthode est destinée à consolider le régime capitaliste. Mais il suffit d’appliquer sur le capitalisme l’étiquette socialiste pour que Tcheou Yang y voie des modèles d’« hommes nouveaux », des « sommets » infranchissables « tant sur le plan idéologique qu’artistique ».

Comme l’a écrit le président Mao dans un de ses poèmes :

Tout cela est passé.
Pour trouver des hommes vraiment grands,
Regardons plutôt le présent.

L’histoire a prouvé depuis longtemps que seul le prolétariat, quand il a assimilé le marxisme, le léninisme, la pensée-maotsétoung, peut créer des exemples brillants d’authentiques héros révolutionnaires prolétariens. Les pièces révolutionnaires modèles à l’élaboration desquelles la camarade Kiang Tsing, à la lumière de la ligne révolutionnaire prolétarienne du président Mao, a consacré toute son attention et tous ses efforts, sent vraiment des œuvres sans commune mesure avec la littérature et les arts de la bourgeoisie. Si, après avoir considéré les figures de héros révolutionnaires prolétariens tels que Li Yu-ho, Yang Tse-jong, Fang Hai-tchen, Kouo Kien-kouang, Wou Tsing-houa, Hong Tchang-tsing, etc., on jette un regard sur les représentants des classes exploiteuses figurant dans la littérature et les arts bourgeois, on se rend compte à quel point ces derniers sont insignifiants. Mais, frémissant, Tcheou Yang prétendait : « Si tout devait être surpassé, des problèmes surgiraient » ? N’est-ce pas là précisément la révélation des appréhensions de la bourgeoisie devant la grande victoire de la littérature et de l’art révolutionnaires du prolétariat ?

Comme l’a très bien dit il y a longtemps notre grand dirigeant, le président Mao :

« La grande et victorieuse Guerre de Libération du Peuple chinois et la grande révolution populaire ont régénéré et continuent à régénérer la grande culture du peuple chinois. Sous son aspect spirituel, cette culture est déjà supérieure à n’importe quelle culture du monde capitaliste. Prenons, par exemple, le cas du secrétaire d’Etat américain Acheson et de ses pareils : le niveau de leur connaissance de la Chine moderne et du monde moderne est inférieur à celui d’un simple soldat de l’Armée populaire de Libération de Chine. » (La Faillite de la conception idéaliste de l’histoire)

Attention, il est bien spécifié ici :

« Cette culture est déjà supérieure à n’importe quelle culture du monde capitaliste. »

Voici la réfutation la plus radicale et la réponse la plus énergique à la théorie de l’« insurpassable » chère à Tcheou Yang.

La théorie dite de l’« occidentalisation complète ».

Tcheou Yang prêchait qu’on devait « tendre la main au patrimoine occidental » [19], « prendre en considération de façon systématique les idéologies des époques révolues et les préserver dans la littérature et les arts d’aujourd’hui » [20] ; « préserver » « systématiquement » ce qui est « révolu » en Occident, n’est-ce pas là l’« occidentalisation complète » ? Il prétendait en outre qu’en Chine, étant donné la « faiblesse technique traditionnelle dans les divers domaines artistiques » en regard de la « technique occidentale » qui, « comparée à l’ancienne technique artistique propre à la Chine, est évidemment beaucoup plus progressiste et plus scientifique », « il sera toujours avantageux d’en assimiler davantage, et « plus on en assimilera, mieux cela vaudra » [21]. C’est vraiment renier ses ancêtres et abandonner tout amour-propre. Tcheou Yang a-t-il conservé quelque chose d’un Chinois ? Non, tout ce qu’il possède, c’est un caractère de vassal, capable seulement de courber l’échine devant la bourgeoisie occidentale !

Le peuple chinois est un grand peuple, laborieux et courageux, et la nation chinoise, une grande nation hautement civilisée. Depuis le Mouvement du 4 Mai, une nouvelle armée culturelle pleine de vigueur et représentée par Lou Sin a fait son apparition et se développe selon une orientation toute nouvelle sous la conduite du Parti communiste chinois, dont le dirigeant est le président Mao, ce qui a consacré la fin de la culture d’ancienne démocratie bourgeoise sur la terre chinoise.

Aujourd’hui, la culture que nous édifions est la culture du prolétariat, la plus prestigieuse et la plus révolutionnaire dans l’histoire de l’humanité. Nos principes directeurs restent invariablement :

« Que l’ancien serve l’actuel, que ce qui est étranger serve ce qui est national et qu’en rejetant ce qui est révolu on crée le nouveau. »

L’art chinois ancien et l’art étranger sont, du point de vue du contenu idéologique, L’expression des aspirations politiques et des sentiments idéologiques des classes exploiteuses de l’antiquité chinoise ou de l’étranger, il faut les critiquer à fond et rompre radicalement avec ces arts-là ; quant à certaines formes artistiques d’une petite partie des œuvres appartenant à ces arts, nous devons aussi, à la lumière de la pensée-maotsétoung, les critiquer et les réformer, pour que le nouveau émerge de l’ancien, pour qu’elles servent la création littéraire et artistique du prolétariat.

« Sans détruire ; on ne peut construire, Détruire, c’est critiquer, c’est faire la révolution. Pour détruire, il faut raisonner, et raisonner, c’est construire. Ainsi, vient d’abord la destruction, qui porte en elle la construction. »

Pour utiliser ces formes artistiques, il convient d’adopter une attitude critique ; sans quoi, nous n’arriverons pas à les mettre à notre service, encore moins à créer du « nouveau », socialiste, en rejetant ce qui est « révolu », capitaliste. Les œuvres théâtrales modèles à thème révolutionnaire contemporain, créées par les travailleurs artistiques révolutionnaires sous la direction de la camarade Kiang Tsing, sont de brillants exemples de l’application des grands principes du président Mao :

« Que l’ancien serve l’actuel, que ce qui est étranger serve ce qui est national et qu’en rejetant ce qui est révolu on crée le nouveau. »

Ces œuvres exercent une influence toujours plus profonde et durable sur la manière d’aborder et de traiter dans la pratique le patrimoine culturel.

Cependant, Tcheou Yang n’a en vue que ce qui est étranger et ancien, se désintéressant complètement de ce qui est chinois et actuel ; il se prosterne devant tout ce qui vient de la bourgeoisie occidentale et renie tout ce qui appartient au prolétariat de l’Orient. Si on se laissait mener par le bout du nez par la culture et l’art bourgeois, comme Tcheou Yang, on jouerait un rôle réactionnaire ; et en suivant sa fameuse théorie « plus on en assimilera, mieux cela vaudra » on irait grossir les rangs des adeptes de Liou Chao-chi dans sa trahison nationale. Le président Mao a indiqué de façon pénétrante :

« L’esprit de capitulation de classe est au fond la réserve qui alimente l’esprit de capitulation nationale. » (La Situation dans La guerre de résistance après la chute de Changhaï et de Taiyuan et les tâches qui en découlent)

En passant de la « conformité parfaite » à l’« insurpassable » et de l’« insurpassable » à l’« occidentalisation complète », Tcheou Yang s’est graduellement engagé, derrière Liou Chao-chi, dans la voie de la trahison envers le Parti et la nation.

La bourgeoisie chinoise, produit d’une société semi-coloniale et semi-féodale, était faible et arriérée à l’extrême sur les plans politique et culturel. Quant à la bourgeoisie compradore, aile droite de la bourgeoisie, elle dépendait en tout de la bourgeoisie occidentale, se consacrant entièrement à des agissements criminels de trahison nationale. Tcheou Yang était lui-même un représentant de cette bourgeoisie qui trahissait la nation sur le plan culturel. Mais il n’en était pas l’unique représentant.

Nous avons vu dans l’histoire de la culture moderne chinoise son prédécesseur Hou Che, Celui-ci et ses semblables prétendaient que « la lune était plus belle aux États-Unis » et Tcheou Yang s’en faisait l’écho en déclarant que la culture occidentale était la plus « avancée », la plus « scientifique » et, partant, si « merveilleuse » que nous ne pouvions que nous contenter de rester à la traîne. Ces deux hommes de même espèce sont deux vrais compères. Cependant Hou Che, a été un comprador culturel spécialisé en marchandises américaines, tandis que l’autre, Tcheou Yang, un comprador culturel colportant de la camelote de toutes marques, en cela réside leur seule différence.

 MENONS JUSQU’AU BOUT LA RÉVOLUTION SUR LES FRONTS IDÉOLOGIQUE ET CULTUREL

« Sans destruction, pas de construction ; sans barrage, pas de courant ; sans repos, pas de mouvement. » (Mao Tsétoung : La Démocratie nouvelle)

Le mouvement de masse de la lutte-critique-réforme doit à présent être poursuivi en profondeur sur le front littéraire et artistique, et pour cela, il faut faire table rase· des théories réactionnaires sur la littérature et l’art bourgeois que prônait Tcheou Yang.
La question qui, doit nécessairement être résolue, c’est celle de la juste appréciation de la littérature et de l’art classiques de l’Occident.

La Renaissance, le Siècle des Lumières et le réalisme critique rentrent sans exception dans le cadre de la littérature et de l’art classiques de la bourgeoisie. Du point de vue du matérialisme historique, la littérature et l’art modernes de la bourgeoisie, tout comme l’impérialisme et le social-impérialisme qui constituent le stade suprême du développement capitaliste, marquent la dernière phase de la littérature et de l’art bourgeois en voie de disparition.

Depuis longtemps cependant, les révisionnistes de l’intérieur et de l’étranger opposent les classiques bourgeois à l’école moderniste bourgeoise, comme si la littérature et l’art classiques ne relèvent pas de la bourgeoisie mais constituent au contraire le sommet de « la littérature et de l’art du peuple tout entier » dont l’école moderniste a miné le prestige. C’est faux. La littérature et l’art bourgeois classiques ou modernistes diffèrent quelque peu quant à la forme ; les classiques peuvent dans une certaine mesure nous servir de référence, mais il n’y a rien à tirer de l’école moderniste. Pour ce qui est de leur nature de classe, les uns et les autres sont identiques, l’école moderniste étant le développement vicieux de l’école classique, la conséquence inéluctable de la crise politique et économique insurmontable de la bourgeoisie au XXe siècle, époque de l’impérialisme et de la révolution prolétarienne.

Sous la dictature du prolétariat, parmi les moyens utilisés contre ce dernier par la bourgeoisie dans les domaines idéologique et culturel, il en est un qui consiste à copier ouvertement la littérature et l’art de l’école moderniste, et un autre qui consiste à faire appel à la littérature et à l’art dits classiques. Et cela parce que le but recherché par la bourgeoisie dans la littérature et l’art classiques est justement de « recouvrer » par mille et un moyens le paradis qu’elle a perdu aujourd’hui, parce que beaucoup de gens, et les jeunes en particulier, sont très facilement dupes de ces œuvres classiques par manque de connaissance du caractère de classe qui est le leur. C’est pourquoi, le prolétariat doit, à la lumière du marxisme, critiquer à fond la littérature et l’art classiques de la bourgeoisie.

Un trait significatif : pour peu que nous touchions aux grands « maîtres » de la littérature et de l’art classiques bourgeois, la clique des renégats révisionnistes soviétiques explose de colère. La nécessité de cette critique se voit aussi prouvée par la négative. La culture des révisionnistes soviétiques qui encense les grands « maîtres » de la littérature et de l’art classiques bourgeois, est maintenant envahie par le jazz, le rock’n’roll et tous les détritus de l’école moderniste occidentale, toutes choses qu’ils considèrent comme « modernes » et « dans le vent ».

Ceci nous permet de voir que les révisionnistes non seulement développent les choses décadentes de l’« école moderniste » pour servir leurs buts, mais utilisent encore la « réputation » des « classiques » poussiéreux pour exercer leur dictature sur le prolétariat et restaurer le capitalisme. Ils emploient parallèlement ces deux tactiques contre-révolutionnaires sur le plan culturel. Des controverses parfois même très bruyantes éclatent entre eux. Certains se prononcent pour l’école moderniste tandis que d’autres l’estiment inadmissible ; les uns clament que la pensée tsariste au service de l’agression sauvage est « sacro-sainte » tandis que les autres soulignent bien haut le caractère « civilisé » de la culture décadente de l’impérialisme américain. Ces disputes se ramènent en fin de compte à savoir quel couteau est le meilleur pour poignarder le peuple. La nature de l’une et de l’autre culture est identique. Une telle leçon historique est lourde de signification.

Tcheou Yang et consorts, drapés dans la toge du marxisme-léninisme et ayant à tout propos les noms des grands « maitres » à la bouche, ont pendant longtemps distillé leur poison dans les divers domaines, que ce soit en littérature, dans les sciences sociales ou dans les sciences de la nature. Faisons donc place nette sur le plan idéologique pour abattre le prestige de la bourgeoisie occidentale et relever celui du prolétariat chinois, afin de faire avancer la culture et les sciences socialistes. C’est une tâche révolutionnaire de longue haleine qui doit vraiment être prise solidement en main et menée jusqu’au bout.

La Grande Révolution culturelle prolétarienne a déjà remporté de grandioses victoires. Les modèles d’art révolutionnaires nés au cours de la révolution dans l’opéra de Pékin, le ballet et la symphonie, resplendissent d’un éclat toujours plus brillant et exercent une influence toujours plus grande pour nous encourager à faire la révolution et à créer, à la lumière de la pensée-maotsétoung, dans les domaines littéraire et artistique. La ligne révisionniste contre-révolutionnaire de Tcheou Yang a été brisée, mais la lutte entre les deux classes et les deux lignes sur les plans idéologique et culturel n’a pas pour autant pris fin ; les idées et la culture désuètes se débattront encore désespérément. Il n’est pas du tout impossible qu’un jour, une plante vénéneuse, soit une danse immorale de l’école moderniste, soit une quelconque œuvre classique de la bourgeoisie, surgisse pour se mesurer avec le prolétariat et nuire à sa dictature.

C’est pourquoi nous devons poursuivre la lutte et déclencher, à la lumière de la ligne révolutionnaire prolétarienne du président Mao en matière de littérature et d’art, un mouvement de critique révolutionnaire d’une envergure plus grande encore, contre la ligne révisionniste contre-révolutionnaire sur les plans politique, littéraire et artistique, prônée par Liou Chao-chi, contre les « quatre potentats » de la bourgeoisie : Tcheou Yang, Hsia Yen, Tien Han et Yang Han-cheng, contre les idées réactionnaires bourgeoises de toute nuance des grands « maîtres » qu’ils vantaient, contre les idées réactionnaires prônées depuis Confucius jusqu’à Hou Che ainsi que contre l’idéologie réactionnaire bourgeoise de tout acabit, afin que les travailleurs littéraires et artistiques puissent être rééduqués et trempés durant cette grande critique révolutionnaire. Nous espérons que les camarades des différents fronts porteront une sérieuse attention à cette dernière et y participeront activement, afin de mener jusqu’au bout la lutte pour l’édification et la consolidation de la dictature du prolétariat qui doit s’exercer intégralement dans la superstructure, y compris tous les secteurs de la culture.

Portons haut levé le grand drapeau rouge du marxisme, du léninisme, de la pensée-maotsétoung et participons activement au combat ! Allons au-devant· d’un nouvel essor de la révolution dans la littérature et l’art du prolétariat !


[1Mouvement révolutionnaire anti-impérialiste et anti-féodal qui éclata le 4 mai 1919. Dans la première moitié de l’année, la Grande-Bretagne, la France, les États-Unis, le Japon, l’Italie et d’autres puissances impérialistes, victorieuses dans la Première guerre mondiale, avaient tenu à Paris une conférence pour partager le butin de guerre et décidé que le Japon prendrait possession des droits privilégiés de l’Allemagne dans la province chinoise du Chantong.

Les étudiants de Pékin furent les premiers à exprimer leur ferme opposition en organisant des meetings et des manifestations le 4 mai. Le gouvernement des seigneurs de guerre du Peiyang exerça une répression contre eux et opéra plus de trente arrestations.

En signe de protestation, ils déclenchèrent une grève à laquelle un grand nombre d’étudiants d’autres endroits firent écho. Le 3 juin, le gouvernement des seigneurs de guerre du Peiyang procéda à des arrestations massives à Pékin, et, en deux jours, environ 1.000 étudiants furent arrêtés. Les événements du 3 juin accrurent encore l’indignation du peuple tout entier.

Le 5 juin, les ouvriers et les commerçants commencèrent à faire grève à Changhaï et en de nombreux autres endroits. Ce mouvement patriotique qui, au début, englobait surtout des intellectuels, prit bientôt une ampleur nationale avec la participation du prolétariat, de la petite bourgeoisie et de la bourgeoisie. Parallèlement à son développement, le mouvement de la culture nouvelle contre le féodalisme, pour la science et la démocratie, déclenché avant le « 4 Mai », se transforma en un puissant mouvement révolutionnaire culturel dont le contenu principal était la propagation du marxisme-léninisme.

[2(Deuxième) « Intervention à la Causerie sur le travail littéraire et artistique » (16 juin 1961).

[3« Intervention à la Conférence nationale sur le travail culturel » (24 décembre 1959) ; « Edifions une esthétique marxiste » (Texte d’un cours à l’Université de Pékin, 22 novembre 1958).

[4Allocution à la Causerie sur le travail de création (20 février 1959).

[5Allocution au Séminaire sur la création théâtrale et du Quyi (juillet 1963).

[6« Édifions une esthétique marxiste ».

[7Les théories d’« écrire la vérité », de l’« approfondissement du réalisme » et de la « large voie du réalisme » sont des absurdités révisionnistes contre-révolutionnaires en matière de littérature et d’art lancées par Tcheou Yang et consorts, ces adeptes du renégat, agent de l’ennemi et traître à la classe ouvrière qu’est Liau Chao-chi clans les milieux littéraires et artistiques. Ils cherchaient à renier le principe de caractère de classe qui doit régir la littérature et l’art prolétariens, et s’opposaient à ce que la littérature et l’art soient au service des ouvriers, paysans et soldats, et de la politique prolétarienne. L’essence de ces absurdités consistait à s’opposer à ce que l’on exalte l’héroïsme du prolétariat et du peuple travailleur, à ce que l’on campe des images héroïques d’ouvriers, de paysans et de soldats, afin de désagréger la dictature du prolétariat et d’ouvrir ainsi la voie à la restauration du capitalisme. La théorie d’« écrire la vérité », par exemple, poussait ouvertement les écrivains réactionnaires bourgeois à « dévoiler courageusement la réalité de la vie », autrement dit, à rechercher spécialement les coins obscurs dans la réalité de la vie socialiste, et ceci avec le but bien précis de dépeindre la radieuse société socialiste sous un jour particulièrement sombre.
La théorie de l’« approfondissement du réalisme » préconisait de révéler « les choses anciennes » qui pèsent sur les masses populaires, demandait aux écrivains de créer des images de « personnages moyens » ayant un caractère complexe, de décrire les conflits internes auxquels sont en proie les « personnages moyens », c’est-à-dire les personnages arriérés. Pour Tcheou Yang et Cie, ce n’est qu’en écrivant des œuvres aussi nuisibles que l’on peut « approfondir » le réalisme. Leur but véritable, en prêchant ces théories réactionnaires, était de s’en servir pour répandre leurs doutes et donner libre cours à leur mécontentement à l’égard du régime socialiste, et de s’opposer ainsi à la révolution et à l’édification socialiste.
La théorie de la « large voie du réalisme » débitait cette absurdité comme quoi la voie la plus juste et la plus large, celle de servir les ouvriers, les paysans et les soldats, était trop étroite, sous prétexte qu’elle aurait « tracé devant les gens un petit sentier immuable ». Cette théorie préconisait que les auteurs écrivent ce que bon leur semble selon « leur propre expérience de la vie, leur éducation et leur tempérament ainsi que leur individualité artistique » ; elle tendait à ce que, s’écartant de l’orientation de servir les ouvriers, paysans et soldats, ils cherchent à se donner « un champ de vision infiniment large permettant de développer l’initiative créatrice ». Avec cette théorie, les sournoises visées de Tcheou Yang et consorts de désagréger la dictature du prolétariat pour restaurer le capitalisme, s’étalent au grand jour.

[8« Luttons pour créer davantage d’œuvres littéraires et artistiques de qualité » (Wenyibao N°19, 1953).

[9« Intervention à une réunion à l’Association des Ecrivains chinois sur le travail de rédaction des périodiques littéraires » (Décembre 1956).

[10Allocution à la Causerie sur le travail de création (20 février 1959).

[11« La voie de la littérature et des arts socialistes dans notre pays » (Rapport au IIIe Congrès des travailleurs littéraires et artistiques de Chine, 22 juillet 1960).

[12Allocution à la Conférence nationale de création pour les films de fiction (23 juin 1961).

[13Allocution de vœux prononcée au II Congrès national des écrivains soviétiques (Wenyibao, Nos 23, 24, 1954).

[14(Deuxième) « Intervention à la Causerie sur le travail littéraire et artistique » (16 juin 1961).

[15« Essai sur le réalisme » (Littérature, N°1, VIe vol, 1936).

[16« A propos de Tchernychevsky et de son esthétique » (Voir La vie et l’esthétique, édition 1957).

[17Ibidem.

[18Que faire ? (Editions « Époque », 1951, p.762).

[19« Problème de la réforme dans l’éducation artistique » (Voir « Une époque où les masses nouvelles sont reflétées », édition 1949).

[20Rapport à une réunion des cadres des services culturels relevant directement de l’Etat, participant au mouvement des « quatre assainissements » (24 novembre 1964).

[21« Problème de la réforme dans l’éducation artistique » (Voir « Une époque où les masses nouvelles sont reflétées », édition 1949).