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Georgi Dimitrov : Ce que nous devons dire avant tout – 1934

(Extrait de l’interview donnée par Dimitrov à la presse soviétique et étrangère dès son arrivée à Moscou, le 27 février 1934)

Ce que nous devons dire d’abord, c’est la reconnaissance sans bornes que nous éprouvons pour le prolétariat international, pour les couches les plus larges de travailleurs de tous les pays, pour les intellectuels loyaux qui ont lutté en faveur de notre libération.

Et nos chaleureux remerciements, avant tout, aux ouvriers et aux kolkhoziens du pays soviétique, de notre pays.

Je peux m’exprimer avec une entière conviction : sans cette admirable mobilisation de l’opinion publique pour notre défense, nous ne serions certainement pas ici, à vous parler.

Et le fascisme allemand n’aurait pas renoncé à nous anéantir moralement et physiquement.

La grande campagne qui fut menée dans le monde entier pour notre libération, mes camarades et moi, nous ne l’avons malheureusement connue que très tardivement.

Ce n’est que maintenant, quelques heures après notre arrivée, en causant avec nos camarades, que nous appre­nons tout ce qui, pendant cette époque, s’est passé autour de nous.

Je suis fermement convaincu que cette campagne n’a pas sauvé que nous, les trois Bulgares et Torgler, mais que nous lui sommes aussi redevables de ce que la provocation du fascisme allemand, qui visait à l’extermination de milliers de prolétaires, a été condamnée.

Cette cam­pagne fait perdre au fascisme la possibilité de monter une nouvelle provocation qui aurait pour but de détruire les cadres dirigeants du prolétariat révolutionnaire d’Allemagne.

En bref, le procès fut une provocation, comme le fut aussi l’incendie du Reichstag.

Le procès était destiné à couvrir les incendiaires.

On voulait rejeter sur d’autres son propre crime.

Cependant, conformément aux lois de la dialectique, aux lois de la lutte de classe du prolétariat, le procès a tourné en son propre contraire.

Ce procès anticommuniste est devenu une grandiose démonstration antifasciste, un piteux fiasco du fascisme.

L’incendie devait persuader le peuple allemand que les communistes sont des incendiaires ; le procès l’a persuadé que c’est là une légende.

Entre-temps, une année a passé et, bien que l’Allemagne, qui n’est qu’une grande prison, soit isolée du reste du monde, il n’y a plus personne là-bas qui croie que l’incendie du Reichstag ait été allumé par les communistes.

Même parmi les simples membres du Parti national-socialiste, il s’en trouve beaucoup qui sont convaincus que cet incendie est l’œuvre des chefs fascistes.

Nous avons quitté l’Allemagne, le cœur plein de haine contre le fascisme allemand, mais aussi plein d’amour, de chaleureuse sympathie pour les travailleurs et les communistes allemands.

Par suite de l’isolement rigoureux où nous étions tenus, nous ne pouvions savoir exactement ce qu’ils ont à souffrir et comment ils luttent.

Mais jusqu’à la comparution devant le tribunal et devant le tribunal lui-même, nous sentions que le puissant Parti communiste allemand reste inébranlablement à son poste.

L’attitude, devant le tribunal, des témoins ouvriers que l’on avait tirés des camps de concentration, exprimait la fidélité et le dévouement à leur Parti.

Le combat qui a été mené pour notre libération doit être continué pour la délivrance des milliers de prolétaires emprisonnés dans les casemates du fascisme.

Ce que je vais faire ici ? C’est tout à fait clair...

Je suis un soldat de la révolution prolétarienne, un soldat de l’Internationale communiste.

C’est dans cet esprit que j’ai comparu devant le tribunal.

Je ferai ici mon devoir de soldat de la révolution prolétarienne et je l’accomplirai jusqu’à mon dernier souffle.