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Fatah : 5 remarques sur l’opération de Lod − 1972

Vingt­-quatre heures durant toute l’attention de cent millions d’arabes a été concentrée sur les événements de l’aéroport de Lod.

Les révolutionnaires étaient tenus en haleine tout en observant le déroulement des opérations à l’intérieur de l’aéroport palestinien occupé. Et, en même temps de tous les coins de la terre on observait, on se demandait ce qui se passait.

L’opération, menée à l’aéroport par quatre de nos vaillants révolutionnaires, s’est déroulée le jour même où Nixon a annoncé l’extension de la guerre au Vietnam. Et pourtant l’opération de Lod a occupé la première place dans tous les quotidiens du monde. Pourquoi la terre entière a-­t-­elle attaché une telle importance à l’opération de Lod ?

Des détournements d’avions se produisent dans presque tous les pays du monde sans pour autant attirer l’attention de l’opinion publique. Pour pouvoir répondre à de telles questions, encore faut-­il apporter certaines précisions.

1. Dans l’affaire de Lod, il ne s’agissait nullement d’un simple détournement d’avion, mais d’une entrée en force dans la Patrie palestinienne occupée.

On fit usage d’un avion tout comme on aurait pu utiliser une auto, un tank, bref, n’importe quel moyen de transport. Les quatre révolutionnaires palestiniens ont utilisé cet avion pour l’obliger à atterrir, non dans un endroit quelconque de la terre, pour pouvoir procéder à des échanges quelconques, mais pour arriver jusqu’en Palestine.

Lorsque l’avion atterrit sur le sol de la Patrie, nos révolutionnaires engagèrent le combat. Même si les balles ne sifflèrent durant cette lutte qu’au cours des dernières minutes, nos révolutionnaires depuis leur atterrissage à l’aéroport de Lod, se battaient avec d’autres moyens qui leur ont permis de libérer cet aéroport pendant vingt et une heures.

Ils s’en emparèrent depuis leur atterrissage, le 8 mai 1972 à 19h30, jusqu’au lendemain 16h30, c’est-à-dire jusqu’au moment où l’ennemi parvint à utiliser lâchement l’emblème et les envoyés de la Croix-Rouge pour prendre l’avion d’assaut.

A la suite d’une lutte héroïque, deux combattants rejoignirent leurs camarades dans les prisons de l’ennemi, alors que deux de nos vaillants frères tombèrent sur le sol de la Palestine.

2. L’opération de l’aéroport de Lod fut exécutée au cours de la même semaine où les sionistes célébraient la proclamation illicite de leur Etat sur la terre palestinienne. Et c’est seulement quelques heures après que les sionistes eurent sonné le clairon devant le mur des lamentations pour commémorer joyeusement ce qu’ils appellent la « libération de Jérusalem », que l’événement s’est produit.

Vingt­-quatre ans après l’usurpation de la terre palestinienne par les sionistes, il a pu sembler à bien des gens, et même à certains de nos frères arabes, que la Palestine était perdue à jamais.

Ceux-­là ont cru que l’entité sioniste resterait installée sur notre territoire. Mais, malgré toutes ces longues années, tout ce qu’il a enduré de persécutions, guerres et massacres, notre Peuple s’est montré capable de livrer une bataille sur l’aéroport de Lod.

Nos quatre jeunes révolutionnaires font face à la vantardise militaire des sionistes. Ils obligent, après avoir brisé son auréole de gloire, le ministre de la défense sioniste Dayan, son chef d’état­-major, Elazar, et des dizaines d’officiers, à reconnaître que l’aéroport est transformé en champ de bataille.

L’armée sioniste invincible, qui transforme cartes et frontières sans rencontrer d’obstacles, s’est trouvée subitement défiée sur le terrain de l’aéroport de Lod. La question qui se posait était de savoir qui sortirait vainqueur de cette bataille ?

Une telle question est rarement posée au cours du conflit arabo­-sioniste.

Quel que soit le dénouement de cette bataille, elle a affirmé la volonté de ce Peuple d’arracher à l’envahisseur chaque pouce de son territoire. Les habitants de Lod, tout comme ceux de Haïfa, Jaffa, Nazareth, Jérusalem, Naplouse, et ceux de Galilée, continuent de combattre et restent porteurs du bon droit sur leur terre.

3. Cette opération tire son importance du fait qu’elle est survenue à un moment où le citoyen arabe se trouvait au bord du désespoir auquel tous ses ennemis voulaient le condamner.

Elle a également prouvé que la situation actuelle de la Nation Arabe, divisée et vaincue, est due, non pas à la force des sionistes qui se prétendent invincibles, mais à la faible volonté de lutte manifestée par les gouvernements arabes. C’est pourquoi il reste possible de se battre jusqu’à la victoire. De même, cette opération a démontré que cette volonté de livrer bataille existe chez certains combattants, qui sont déterminés à porter le combat chez l’ennemi et à aller jusqu’au bout.

4. La Révolution palestinienne est l’objet depuis deux ansviolentes attaques qui visent à anéantir et à arracher les fusils des mains de ce peuple. Voilà pourquoi le régime du roi de Jordanie a déclenché une guerre d’extermination contre notre Peuple.

Plusieurs puissances ont participé à des complots qui forment un tout, qui continuent à se développer. A l’heure où ils croyaient toucher au but, la Révolution palestinienne a mené la plus audacieuse de ses attaques, l’intérieur même de notre Patrie. Cette opération a permis de reprendre l’offensive contre tous nos ennemis, et contre tous ceux qui rêvaient de se partager le butin.

Nos combattants livrent bataille à Lod après vingt-quatre ans d’occupation de la terre palestinienne, et deux ans après le début des massacres incessants entrepris par les ennemis de la Révolution. Voilà un fait dont le monde se refuse à tenir compte.

5. L’opération a prouvé que la Révolution palestinienne, en adoptant la guerre du peuple comme moyen de libération, reste toujours le seul espoir de la Nation et son avant-garde combattante. Quand les masses libanaises ont organisé un enterrement symbolique des martyrs, elles ont scandé ce slogan : « Oui pour les héros de Lod, nous sommes tous l’organisation Septembre Noir. »

Les masses libanaises n’applaudissaient pas seulement l’héroïsme de Ali Taha, Abdel Aziz, Affrash, Thérèse Helsa et Rima Issa, mais surtout la Révolution... la guerre du Peuple. Et s’il avait été permis aux millions de nos frères arabes d’organiser des manifestations semblables, les mots d’ordre auraient été nécessairement les mêmes. Voilà bien pourquoi toute l’attention était braquée sur l’aéroport de Lod. Voilà bien pourquoi Ali Taha et ses camarades se transformèrent en héros de légende.

Voilà bien pourquoi l’opération de Lod a représenté une victoire car notre peuple combattant ne manque ni d’abnégation, ni d’héroïsme. Il a arrosé la terre natale du sang de ceux de ses meilleurs fils. Deux nouvelles camarades ont rejoint, dans les prisons de l’occupant, des milliers de héros. Nous saluons de tout notre être les héros, Nous saluons de tout notre être tous ceux qui suivent le même chemin...

Ils ont écrit avec leur sang la vérité éternelle : « Un peuple riche de tant d’héroïsme est sûr de vaincre ».

La révolution jusqu’à la victoire !

Mai 1972