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Emory Douglas : De la culture révolutionnaire

Emory Douglas, Ministre de la culture du Black Panther Party

De la culture révolutionnaire

Nous, peuple Noir vivant dans Babylone, nous luttons pour nous libérer de la domination politique exercée par nos oppresseurs, de l’exploitation économique et d’un système social qui nous dégrade en tant qu’hommes et en tant que femmes. De cette lutte naît un mode de vie nouveau, qui s’appuie sur la stratégie de la lutte populaire.

Emory Douglas en 1969

Ce nouveau mode de vie est une tentative de changement un combat révolutionnaire qui fait appel aux masses. Il naît d’un désir du peuple de passer d’un système corrompu à une organisation au service du peuple, à un système libre de toute exploitation de l’homme par l’homme et qui satisfasse les aspirations et les besoins des masses populaires.

La culture établie est une culture qui a pour bases l’exploitation et la concurrence tandis que la culture révolutionnaire a pour base la coopération.

Déjeuners pour les enfants des ghettos, Ecoles de la Liberté - ce sont là seulement quelques-uns des programmes en cours qui font partie de la culture révolutionnaire. Ces programmes culturels se poursuivront durant la lutte de libération parce que, depuis trop longtemps, nos enfants ont faim et manquent de soins médicaux adéquats, parce qu’ils reçoivent depuis trop longtemps une éducation falsifiée dans les écoles du système qui nous opprime.

Cette culture nouvelle apporte à nos enfants la nourriture nécessaire à leur croissance physique et spirituelle ; elle leur permettra de survivre à ce système corrompu et d’en établir un autre au service du peuple...

La coopération qui sert de fondement à la culture nouvelle consiste dans des factions des masses populaires travaillant dans l’intérêt de l’humanité, combattant une culture décadente pour lui substituer une culture qui fonctionne pour le bien-être du peuple.

Notre nouvelle culture, fondée sur la politique du Parti du Peuple, ne pourra être mise en pratique qu’après maintes batailles contre les cochons du pouvoir établi et contre les exploiteurs, puisque cette nouvelle culture est libre de toute exploitation.

L’auto-défense devient par conséquent une partie intégrante de cette nouvelle culture, manifestée par les Magnum 357, les mitrailleuses, les M 15, les grenades à main, les fusils de calibre 12 et les pistolets automatiques Browning, parce que le peuple a accepté la réalité de l’auto-défense armée comme l’unique moyen de se libérer.

Les luttes de libération suscitent également une littérature et un art nouveaux. Ayant pour fondement la lutte populaire, cet art révolutionnaire revêt des formes nouvelles.

L’artiste révolutionnaire commence par armer d’acier son talent en même temps qu’il apprend l’art de l’auto-défense, qu’il s’unit au peuple en se mêlant à lui et, loin de s’isoler, va jusqu’au coeur même de la lutte pratique.

Cette culture naissante n’est pas exclusivement le propre des masses noires opprimées. Elle transcende les limites des communautés ethniques et les barrières raciales parce que tous les opprimés peuvent se rattacher au changement révolutionnaire qui constitue le point de départ de l’élaboration d’une culture révolutionnaire.

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