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Dix ans de verbiage sur le « désarmement », dix ans d’expansion frénétique − 1973

Commentaire du correspondant de l’Agence Hsinhua, 4 août 1973

Il y a dix ans, le 5 août 1963, l’Union soviétique signait à Moscou avec les Etats-Unis et d’autres pays un « traité sur l’interdiction des essais d’armes nucléaires dans l’atmosphère, dans l’espace extra-atmosphérique et sous l’eau ». A l’époque, le gouvernement chinois montra clairement, dans une déclaration, que ce traité était « une grande supercherie visant à abuser les peuples du monde », et qu’il n’avait pour but que de « consolider [le] monopole nucléaire [de l’Union soviétique] et de lier pieds et poings à tous les pays épris de paix et victimes de la menace nucléaire ».

Ensemble, défendons et construisons l'île - 1973

Or, les autorités soviétiques ont prétendu que la signature de ce traité tendait à « promouvoir le désarmement » et à réduire la course aux armements, et que, par conséquent, il constituait « la première pierre des fondations de l’édifice de la paix et de la sécurité universelles ».

Dix ans ont passé, l’Union soviétique a multiplié ses plans de « désarmement » et elle a chanté ses louanges de plus en plus fort, tandis que la course aux armements nucléaires qu’elle mène avec l’autre superpuissance allait s’intensifiant. Les promoteurs de l’« interdiction des essais » se sont toujours lancés à fond dans leurs essais et l’arsenal nucléaire des révisionnistes soviétiques continue à grossir. Têtus, les faits ont percé à jour ce « traité sur l’interdiction partielle des essais » qualifié par l’Union soviétique de « pierre des fondations de l’édifice de la paix » ; ils ont pleinement confirmé la justesse de la position qu’a toujours adoptée le gouvernement chinois sur la question du désarmement.

Au cours des dix années qui ont suivi la signature de ce « traité », les révisionnistes soviétiques ont encore effectué une centaine d’essais nucléaires. La moyenne annuelle de leurs essais est presque aussi élevée qu’avant la signature du traité, à la seule différence qu’au lieu de les faire dans l’atmosphère, où ils en ont effectué jusqu’à satiété, ils les ont pratiqués sous terre.

En outre, pendant cette décennie, ils ont multiplié les essais de fusées de tous types − déjà des dizaines, en haute mer, rien que dans le Pacifique − dans le but d’améliorer la qualité de leurs missiles balistiques intercontinentaux. Et le nombre des satellites lancés à des fins militaires chaque année par eux s’est accru considérablement, soit 400 à 500 en dix ans dont bon nombre sont directement destinés à servir le développement des armes nucléaires stratégiques.

La preuve est donc faite que le « traité » d’interdiction partielle des essais nucléaires a pour objectif d’interdire le développement de cette arme aux pays qui ne la possèdent pas et n’a pas le moindre pouvoir restrictif sur les types d’essai dont l’Union soviétique a besoin pour le développement de son armement nucléaire stratégique.

Ses très nombreux essais et ses dépenses militaires colossales ont fait rapidement grossir l’armement nucléaire de l’U.R.S.S. au cours de ces dix dernières années. Selon les données émanant de l’Institut international d’Etudes stratégiques de Londres, l’Union soviétique ne disposait que de 100 missiles balistiques intercontinentaux en 1963, l’année de la signature du « traité sur l’interdiction partielle des essais nucléaires », elle en a aujourd’hui plus de 1.500, soit un accroissement de plus de 14 fois en l’espace de dix ans.

Le nombre des missiles balistiques installés sur sous-marins est maintenant cinq fois supérieur à celui de 1963, d’autre part, c’est au cours de ces dernières années que certaines unités militaires ont été dotées des plus modernes missiles. Entre-temps, l’« armée des fusées stratégiques » de l’U.R.S.S. a plus que quadruplé ses effectifs. Et c’est sous un incessant verbiage mielleux sur la « paix » et le « désarmement » que l’ampleur des armements nucléaires stratégiques a été portée à un tel degré en ces dix années ! Est-ce là autre chose qu’une vaste entreprise de mystification des peuples du monde ?

Au cours de ces dix mêmes années, la clique des révisionnistes soviétiques a mijoté et signé un certain nombre d’autres traités et accords sur le désarmement nucléaire ; mais tous sans exception sont destinés à imposer des restrictions aux autres tout en permettant le développement de leurs propres forces, le maintien de leur monopole nucléaire et la pratique du chantage nucléaire, de façon à pouvoir se conduire en maître à travers le monde.

En 1968, la clique des révisionnistes soviétiques a préparé un autre traité qui porte le nom de « traité sur la non-prolifération des armes nucléaires ». La propagande révisionniste soviétique a mené grand tapage à ce sujet, affirmant que c’était un traité qui « pourrait boucher toutes les issues de la dissémination des armes nucléaires ». En fait, ce que veulent les révisionnistes soviétiques, c’est « couper toutes les voies d’accès aux armements nucléaires pour ceux qui ne les possèdent pas », tandis qu’eux-mêmes auraient toute latitude de disséminer partout ces armes.

C’est précisément après la signature de ce traité que l’Union soviétique a doté sa marine d’un grand nombre de sous-marins nucléaires ’pouvant lancer des missiles balistiques à longue portée.

Elle dissémine ainsi l’arme nucléaire dans tous les océans du monde. Les données de l’Institut international d’Etudes stratégiques de Londres montrent que, jusqu’en 1968, l’Union soviétique n’avait que sept sous-marins capables de lancer des missiles balistiques et que la plupart d’entre eux étaient équipés de missiles à rayon d’action relativement court et de type ancien ; le nombre de ces sous-marins s’était élevé à 39 en 1972, soit une augmentation de plus de quatre fois en l’espace de quatre ans.

Un chef de file de la marine des révisionnistes soviétiques s’est vanté de ces « sous-marins atomiques équipés de puissantes fusées nucléaires » qui, selon lui, sont les « maîtres des vastes océans ». Qu’on nous permette une question : le fait qu’un nombre croissant de « maîtres des vastes océans » équipés d’une grande quantité d’armes nucléaires croisent comme bon leur semble dans les mers et les océans, menaçant les divers pays, ne constitue-t-il pas une dissémination nucléaire d’un sans-gêne inouï de la part de ce seigneur nucléaire ?

En mai 1972, l’Union soviétique a signé à Moscou avec les Etats-Unis une série d’accords dont celui sur la « limitation » des armes stratégiques offensives. L’Union soviétique affirma à l’époque : « Ces documents vont contribuer à éviter un autre round dans la course aux armements stratégiques. »

Or, l’encre n’était pas encore sèche sur ces accords que l’Union soviétique laissa entendre à maintes reprises que « de grands efforts devaient être faits pour renforcer la capacité défensive du pays », et qu’il était nécessaire « d’appliquer au maximum les acquis de la science dans les différents domaines militaires ».

Les agences de presse occidentales rapportent que, du 26 mai 1972, jour de la signature de l’accord sur la « limitation » des armements stratégiques offensifs, au 6 juillet de la même année, c’est-à-dire en un peu plus d’un mois seulement, l’Union soviétique a effectué sept essais de missiles intercontinentaux et huit essais de missiles balistiques lancés par sous-marins, soit un essai tous les trois ou quatre jours. Elle n’a épargné aucun effort dans l’expérimentation et l’étude de missiles intercontinentaux ultra-modernes à ogives multiples, afin d’accroître sa force de frappe nucléaire sans sortir de la « norme » fixée par l’« accord ».

E. L. Richardson, alors secrétaire américain à la Défense, a révélé en mars dernier que l’Union soviétique avait développé et mis à l’essai trois nouveaux types de missiles balistiques intercontinentaux, et avait ajouté à son arsenal un nouveau type de missiles balistiques lancés par les sous-marins nucléaires. Les faits sont on ne peut plus clairs : loin d’avoir contribué à « éviter un nouveau round dans la course aux armements stratégiques », l’accord en question n’a fait que jouer le rôle d’accélérateur d’un « autre round » dans la course nucléaire soviéto-américaine.

En juin de cette année, après la visite de Brejnev aux Etats-Unis, la propagande trompeuse de l’Union soviétique en matière de désarmement a atteint un nouveau sommet ; les révisionnistes soviétiques ont à nouveau répandu partout des propos soporifiques, en affirmant qu’ils étaient « résolus à tout faire pour que les sinistres flammes des armes nucléaires ne s’allument plus jamais sur la Terre ».

A peine venaient-ils de faire cette déclaration qu’ils entreprenaient deux essais nucléaires souterrains : les flammes des armes nucléaires ont projeté une lumière crue sur le sinistre visage des révisionnistes soviétiques occupés fiévreusement à l’accroissement de leur armement nucléaire.

Dix années, ce n’est pas long au regard de l’histoire.

Mais les révisionnistes soviétiques en ont profité pour se livrer à des agissements fort révélateurs. Un simple regard en arrière sur les événements de cette période suffit pour constater que tous les artifices dont les révisionnistes soviétiques ont usé en matière de réduction des armements nucléaires sont devenus dérisoires ; ce faisant, ils se sont eux-mêmes démasqués.

Il y a dix ans, aussitôt après la signature du traité sur l’interdiction partielle des essais nucléaires, les révisionnistes soviétiques tinrent des propos qui sont devenus célèbres ; ils affirmèrent que grâce aux efforts de l’Union soviétique, les peuples « ont vu qu’il existait une possibilité de restreindre la course aux armements, ce lourd fardeau qui pèse de tout son poids sur eux » ; que le désarmement « amènera inévitablement une réduction considérable des dépenses consacrées aux armements », que « les fonds ainsi épargnés peuvent être utilisés au développement de l’économie des pays qui se sont débarrassés du statut de colonies et de dépendances » ; que la réduction d’un cinquième du budget militaire « permettra aux pays sous-développés d’atteindre le niveau économique de l’Italie et de la France en l’espace de 20 à 25 ans », etc., etc.

Ces affirmations sont encore présentes à toutes les mémoires, mais les pays en voie de développement n’ont pas vu les révisionnistes soviétiques utiliser les fonds économisés grâce à la réduction des dépenses militaires pour les aider à « atteindre ou approcher le niveau économique de l’Italie et de la France ». Ce qu’ils ont vu, par contre, c’est que ce prétendu « pays socialiste développé », croulant sous le fardeau d’écrasantes dépenses militaires, a fait du beau gâchis dans son économie nationale, et les sordides démarches des chefs de file du révisionnisme soviétique qui ont dû venir quémander prêts et assistance auprès de pays tels que l’Italie et la France.

Il faut également souligner qu’au cours des dix années écoulées, l’autre superpuissance, les Etats-Unis, n’a, elle non plus, épargné aucun effort dans la poursuite de la course aux armements nucléaires, afin de conserver sa suprématie.

Cette période l’a vue investir 70 à 80 milliards de dollars, effectuer 200 à 300 essais nucléaires, et accroître les forces armées stratégiques, si bien que le nombre de leurs missiles balistiques intercontinentaux est passé à plus d’un millier contre un peu plus de 400 en 1963 au moment de la signature du « traité sur l’interdiction partielle des essais nucléaires » : et le nombre des missiles balistiques destinés à être lancés par sous-marins nucléaires s’est aussi accru de 1,5 fois.

En ce qui concerne les armes nucléaires à ogives multiples, les Etats-Unis ont laissé loin derrière eux l’Union soviétique ; leurs troupes ont commencé à en être équipées. L’année dernière, à peine l’« accord sur la limitation des armements stratégiques offensifs » fut-il signé qu’au Congrès des Etats-Unis des appels furent lancés à l’« action » et à l’« amélioration » des systèmes stratégiques offensifs.

Melvin R. Laird, alors secrétaire à la Défense, a dit, à une réunion du Congrès, que « la paix ne s’achète pas à bon marché », que « ce n’est pas le moment de se contenter de ce qu’on a », qu’« il est essentiel de maintenir la supériorité technologique » et encore : « nous devons poursuivre les programmes de développement existants tels le MIRV et SRAM ».

Peu après les entretiens soviéto-américains de juin dernier, James Schlesinger, actuel secrétaire à la Défense, a dit qu’il fallait s’assurer « une force de dissuasion efficace... pour parer à toutes les éventualités » afin de prévenir « les actes aventureux » de l’Union soviétique. Il ressort de cela que, pour les Etats-Unis également, les « traités » et « accords » de toutes sortes concernant le désarmement ne sont que chiffons de papier et ne gênent en rien l’expansion de leurs forces nucléaires stratégiques.

L’histoire est implacable. Ces dix années de déclamations sonores du social-impérialisme en faveur de ce qu’il appelle le « désarmement » ont été précisément les dix années qui l’ont vu disputer la suprématie nucléaire aux Etats-Unis, entrer en concurrence avec eux pour emporter le titre de potentat nucléaire et s’adonner avec fureur à la course aux armements, et tout particulièrement aux armements nucléaires.

Le véritable visage de potentat nucléaire du social-impérialisme s’est de plus en plus révélé et les mystifications qu’il a manigancées ont été les unes après les autres démasquées par ses propres agissements, si bien qu’il lui est toujours plus difficile de leurrer les peuples du monde.