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Discours du délégué du PCR du Chili au Meeting internationaliste d’Athènes – 1977

Discours du délégué du Parti Communiste Révolutionnaire du Chili au Meeting internationaliste d’Athènes, le 14 mars 1977

Aujourd’hui, l’impérialisme américain veut remplacer la dictature militaire par un autre régime, aussi réactionnaire et oppressif, mais avec un visage moins sanglant que celui de Pinochet. Pour y parvenir, il commence à bouger ses pions, les démocrates-chrétiens, avec, en tête, Edouardo Frei, ancien agent de l’impérialisme américain.

Aujourd’hui, au moment où le fascisme se trouve sans appuis populaires, isolé tant au Chili qu’à l’étranger, où les contradictions entre les diverses fractions de la classe bourgeoise deviennent aiguës, et où le peuple chilien renforce sa lutte et marche sur la voie révolutionnaire, le changement de la vitrine du régime est une mesure pour sauver le fascisme.

C’est surtout la peur de l’insurrection populaire qui fait que les Américains veulent des changements dans le régime, et que les sociaux-impérialistes et leurs agents révisionnistes soutiennent ces manœuvres antipopulaires.

Ici, c’est encore une fois prouvé, les deux superpuissances, malgré leur antagonisme, tombent d’accord dans leur opposition à la lutte révolutionnaire. Dans le cas concret du Chili, ils s’opposent tous les deux à toute solution où’ le peuple serait souverain.

Au Chili, l’impérialisme américain est la superpuissance dominante et, par conséquent, il est l’ennemi principal de notre peuple. Pourtant, nous nous battons parallèlement contre le social-impérialisme soviétique, qui veut planter ses griffes et qui, finalement, a l’intention de remplacer les Américains.

L’histoire nous enseigne que nous avons d’abord été soumis aux Espagnols, puis aux Anglais, et maintenant aux Américains. Et tandis que nous luttons principalement contre la superpuissance qui domine notre pays, nous déclarons en même temps ouvertement que nous n’allons pas permettre à l’autre superpuissance de la remplacer.

Les révisionnistes soutiennent qu’il faut s’appuyer sur les Russes pour combattre les Américains. Les démocrates-chrétiens soutiennent qu’il faut s’appuyer sur les Américains pour combattre les Russes. Tandis que notre Parti soutient sans ambages que nous n’allons pas nous appuyer sur les Russes pour frapper les Américains, ni sur les Américains pour frapper les Russes.

Nous croyons qu’il est juste et nécessaire de mettre à profit les contradictions entre les impérialistes, mais il faut jamais s’appuyer sur l’une des deux superpuissances, afin de frapper l’autre.

Camarades,

Comme il existe deux lignes dans la résistance chilienne, il existe aussi deux lignes en ce qui concerne l’appui international. Les révisionnistes ont fait un grand tapage, en s’efforçant d’apparaître comme les défenseurs du peuple chilien. Pourtant, la ligne révisionniste est tout à fait pessimiste et capitularde.

Ils mettent l’accent, partout dans le monde, sur la terreur et les tortures, dissimulant la lutte de la résistance. Les révisionnistes mènent cette campagne afin de dissimuler leurs responsabilités dans le coup d’Etat, et d’empêcher du même coup de tirer les conclusions de l’expérience chilienne.

Il existe aussi quelques groupes qui se disent marxistes-léninistes et qui refusent de soutenir la lutte de notre peuple. Ces opportunistes soutiennent de façon mécaniste que le social-impérialisme est l’ennemi principal de tous les peuples du monde et parce que notre peuple lutte principalement contre les Américains, ils ne soutiennent pas sa lutte. Peut-être pensent-ils que nous pourrions nous appuyer sur Pinochet afin de combattre les Russes.

Ces mêmes opportunistes, supprimant toute ligne séparatrice entre les classes, confondent les pays avec les peuples, sans prendre en considération le caractère de ces régimes, si réactionnaires, fascistes et laquais au service de l’impérialisme américain, comme celui de Pinochet. Selon leur logique réactionnaire, ils ne soutiennent pas la lutte pour le renversement de la dictature.

Nous ne pouvons certainement pas être d’accord avec cette politique. Même les autres pays, ceux qui font partie de ce qu’on appelle « Mouvement des non-alignés » ne sont pas d’accord, et c’est ainsi qu’ils ont expulsé la dictature chilienne de ce mouvement pendant leur dernière réunion à Colombo.

Notre Parti, le Parti Communiste Révolutionnaire du Chili, va continuer à promouvoir sa lutte dans le pays pour le renversement de la dictature et la conquête de la libération réelle. Dans cette lutte, nous sommes certains de pouvoir compter sur la plus grande solidarité internationale.

Camarades,

Notre lutte s’inscrit dans le cadre de la lutte des classes au niveau mondial. Dans ce sens, les deux superpuissances sont les ennemis principaux des peuples et représentent le danger de guerre principal dans le monde. Estimant que ce qui est principal, c’est la lutte révolutionnaire, et que, comme dit le camarade Mao Tsétoung, « ou bien la révolution conjure la guerre, ou bien la guerre provoque la révolution » − nous croyons qu’il faut rassembler le plus de forces possible contre les deux superpuissances.

Le front mondial contre elles doit être le plus large possible en unifiant toutes les forces qui peuvent être unifiées. Ceci est un effort primordial, et une façon de le concrétiser est la lutte, dans chaque pays, contre la puissance dominante.

Parallèlement, il faut assurer la direction du front par la classe ouvrière et les partis marxistes-léninistes. Ceci est une condition de base pour que la lutte anti-impérialiste soit menée victorieusement jusqu’à la fin.

Afin de promouvoir ce front mondial contre les deux superpuissances, et afin d’assurer sa direction, ainsi que pour le développement de la lutte révolutionnaire, une unité plus grande et plus solide entre les partis m-l est nécessaire. Un pas important dans ce sens est la Déclaration historique des huit partis m-l d’Amérique Latine, signée à Tirana par les délégations qui ont participé au VIIe Congrès du Parti du Travail d’Albanie.

En avançant dans cette voie de l’unité des marxistes-léninistes, le Parti Communiste Révolutionnaire du Chili et le Parti Communiste de Grèce (m-l) assurent dans le récent communiqué commun :

« Nous travaillons pour le renforcement et l’élargissement de l’unité révolutionnaire de principes entre les authentiques partis et organisations marxistes-léninistes du monde. Cela constitue pour nous la condition indispensable pour le progrès et le développement du mouvement communiste marxiste-léniniste international et de la cause révolutionnaire dans le monde entier. »