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Déjouons le vaste complot américano-soviétique – 1967

Renmin Ribao, 20 février 1967

Actuellement, la situation au Vietnam connait un moment crucial.

Si l’impérialisme, le révisionnisme moderne et la réaction agissent en collusion avec tant d’arrogance, c’est pour exercer plus ouvertement que jamais des pressions militaires et politiques sur le peuple vietnamien en vue de forcer ce dernier à se soumettre. Ils trament fébrilement un nouveau grand complot par lequel ils tentent, bien en vain, d’étouffer la lutte de ce peuple contre l’agression américaine et pour le salut national.

Récemment, les chefs de file de l’impérialisme américain ont saisi l’occasion de la « trêve des fêtes du Tet » sur le champ de bataille du Vietnam pour se livrer à des machinations afin d’« imposer des négociations de paix par le bombardement ».

Johnson, Rusk et consorts sont allés jusqu’à clamer avec extravagance que « la pression (sur le peuple vietnamien) doit être et sera maintenue », et que le peuple vietnamien doit « répondre promptement par des mesures de désescalade correspondantes et appropriées » ; ce n’est ainsi que les Etats-Unis pourraient « se préparer à ordonner » une cessation du bombardement de la partie nord du Vietnam. Ils ont même donné au peuple vietnamien cet ordre : les forces armées populaires du Sud-Vietnam doivent « déposer les armes » et « doivent se retirer (du Sud-Vietnam) ».

Au même moment, Kossyguine arrivait précipitamment en Grande-Bretagne. Immédiatement après son arrivée à Londres, il a clamé bruyamment qu’à condition que les Etats-Unis « cessent de bombarder la République démocratique du Vietnam », les parties intéressées pourraient « s’asseoir autour de la table de négociation ».

A l’issue de ses entretiens avec Kossyguine, Harold Wilson, premier ministre britannique, a annoncé, jubilant : « Il y a une initiative − un plan − qui permettrait de réaliser demain la paix. » Le communiqué commun sur les entretiens soviéto-britanniques n’a soufflé mot de la lutte du peuple vietnamien contre l’agression américaine et pour le salut national ni sur les crimes d’agression de l’impérialisme américain contre le Vietnam, mais a réclamé sans aucun discernement « la fin, dans le plus bref délai possible, de la guerre du Vietnam ».

Pendant que les entretiens entre Kossyguine et Wilson se déroulaient à Londres, Johnson exerçait de l’autre rive de l’océan Atlantique, son contrôle à distance, et échangeait avec eux des informations. Les entretiens soviéto-britanniques étaient en fait de sombres conciliabules machinés conjointement par les Etats-Unis, l’Union soviétique et la Grande-Bretagne pour éteindre les flammes ardentes de la révolution au Vietnam et jouer la supercherie des « négociations de paix » des Etats-Unis.

Les faits ont prouvé une fois encore que les membres de la clique dirigeante révisionniste d’Union soviétique sont des traîtres méprisables s’appliquant à brader la révolution vietnamienne, les principaux complices encourageant les Etats-Unis à étendre leur agression et les ennemis les plus sournois du peuple vietnamien en lutte contre l’agression américaine et pour le salut national.

La seule arme considérée comme une panacée par l’impérialisme américain et la clique dirigeante révisionniste soviétique pour résoudre le problème vietnamien en vue de forcer le peuple du Vietnam à capituler se ramène à un mot : « bombarder ». Mille paroles en une phrase : si le Vietnam accepte les conditions américaines sur les « négociations de paix », les Etats-Unis pourront suspendre le bombardement du Nord-Vietnam ; sinon ils continueraient de le bombarder.

C’est là une parfaite logique de canaille, un chantage pur et simple !

Le nœud du problème vietnamien est-il dans la cessation du bombardement du Nord par les Etats-Unis ? Non, mille fois non. Le problème vietnamien, c’est que les Etats-Unis ont envoyé quelques centaines de milliers de soldats envahir le Sud-Vietnam et déclenché une sauvage guerre coloniale. Ne pouvant triompher au Sud et ayant de surcroît subi des défaites, les agresseurs américains ont lancé leurs avions de bombardement sur le Nord et étendu les flammes de la guerre à tout le Vietnam.

C’est pourquoi les troupes d’agression américaines doivent déguerpir du Vietnam, cesser leur agression contre tout le pays, laisser au peuple vietnamien le soin de régler lui-même ses propres affaires : voilà où est le nœud de problème et non dans le fait que les Etats-Unis bombardent ou non le Nord-Vietnam.

Tant que les Etats-Unis continuent de faire usage de la force pour occuper le Sud-Vietnam, ils demeurent les agresseurs, qu’ils bombardent ou non le Nord, qu’ils reprennent le bombardement, qu’ils l’interrompent ou qu’ils le cessent « définitivement ». Les agresseurs américains se cramponnent au Sud-Vietnam et veulent, au moyen de quelques bombes, contraindre le Vietnam à se rendre. C’est un scandale monstrueux doublé d’une arrogance effrénée !

Soutenu et encouragé par la clique dirigeante révisionniste d’Union soviétique, l’impérialisme américain voit chaque jour son appétit grandir. Il demande chaque jour davantage en ce qui concerne la question de la cessation du bombardement.

Dans le passé, les Etats-Unis avaient dit qu’au « moindre signe » d’acquiescement aux « négociations de paix » manifesté du côté vietnamien, ils pourraient cesser leurs bombardements ; maintenant, ils mènent grand bruit sur l’application du « principe de réciprocité ».

Ils disent : les Etats-Unis peuvent cesser leurs bombardements, mais le peuple vietnamien doit faire des « concessions », ce qui veut dire que la population du Sud-Vietnam doit pratiquer la « désescalade » et que la population du Nord Vietnam doit cesser son soutien à ses compatriotes du Sud.

Le beau « principe de réciprocité » ! Les Etats-Unis sont l’agresseur, le peuple vietnamien la victime de l’agression. Il ne saurait être question ici de « réciprocité ». Le peuple vietnamien n’a pas envoyé un seul soldat envahir et occuper le Sud des Etats-Unis ni un seul avion bombarder le Nord du pays. Ce sont les pirates américains qui ont traversé l’océan et envahi le Vietnam pour le mettre à feu et à sang et le bombarder rageusement. Si « principe de réciprocité » il y a, alors les bandits américains doivent déguerpir tous du Vietnam et en retirer toutes leurs forces armées.

Le prétendu « principe de réciprocité » de l’impérialisme américain est un « principe » de pirate justifiant l’agression et faisant de la résistance à l’agression un crime.

Selon ce « principe », les Etats-Unis peuvent se cramponner indéfiniment au Sud-Vietnam et le peuple vietnamien n’a pas le droit de chasser les agresseurs ; selon ce « principe », les Etats-Unis peuvent mener leur cruelle guerre d’agression au Vietnam et le peuple vietnamien n’a pas le droit de défendre son propre territoire ; selon ce « principe » encore, les Etats-Unis peuvent massacrer la population sud-vietnamienne et le Nord-Vietnam n’a pas le droit de soutenir ses propres compatriotes ; selon ce « principe » enfin, les Etats-Unis peuvent couper en deux le Vietnam et le diviser indéfiniment et les trente et un millions de Vietnamiens n’ont pas le droit de réunifier leur patrie.

Quelle vexation insultante ! A l’époque actuelle, comment l’héroïque peuple vietnamien pourrait-il tolérer que les Etats-Unis lui dictent ainsi leur loi ?

Il est à noter tout particulièrement que les activités pour ouvrir des « négociations de paix », menées par l’impérialisme américain avec l’aide de la clique dirigeante révisionniste soviétique, se ramènent à ceci : tenter de forcer le Nord-Vietnam à cesser son aide à la lutte héroïque de la population sud-vietnamienne et à abandonner ses quatorze millions de compatriotes et la moitié de la patrie en échange de la cessation du bombardement du Nord-Vietnam par les U.S.A.

Ce vaste complot fomenté par l’impérialisme américain et le révisionnisme soviétique dans des intentions inavouables constitue une monstrueuse et intolérable insulte à tout le peuple vietnamien !

La nation vietnamienne est un tout indivisible. La population du Sud et celle du Nord du Vietnam sont des sœurs de la même patrie unies par des liens de chair et de sang. Conquérir l’indépendance totale du Vietnam et réunifier la patrie, telles sont les aspirations nationales sacrées pour lesquelles les 31 millions de Vietnamiens ont, pendant de nombreuses années, versé le sang et lutté en avançant par vagues successives.

Aucune force au monde ne peut obliger le peuple du Sud-Vietnam et du Nord-Vietnam à se séparer ; aucune force ne peut obliger le peuple vietnamien à abandonner ses aspirations nationales sacrées ; aucune force au monde ne peut obliger l’héroïque peuple vietnamien à se plier et à capituler devant les agresseurs américains.

Tant que les agresseurs américains se cramponneront au sol vietnamien, la population sud-vietnamienne ne cessera pas de lutter, la population nord-vietnamienne aura parfaitement le droit d’apporter sous n’importe quelle forme son soutien à la lutte de la population du Sud et cela jusqu’à ce que les agresseurs américains soient chassés intégralement du sol vietnamien.

Sans le Sud-Vietnam, le Nord-Vietnam lui-même finirait par disparaître. Le beau calcul de l’impérialisme américain consiste en premier lieu à utiliser les « négociations de paix » pour lier les mains du Nord- Vietnam afin d’avoir ses coudées franches au Sud-Vietnam. Cependant, lorsque cette bête fauve que sont les Etats-Unis aura pansé ses blessures, on la verra un beau matin se jeter sur le Nord-Vietnam.

Le principe que l’impérialisme américain a toujours adopté dans son comportement à l’égard des peuples révolutionnaires est celui-ci : toutes les forces populaires révolutionnaires qu’il peut anéantir, il les anéantit ; et celles qu’il n’arrive pas à anéantir aujourd’hui, il se prépare à les anéantir demain. Combien de sang les peuples révolutionnaires du monde n’ont-ils pas versé pour parvenir à saisir cette conclusion !

La férocité dont font preuve les agresseurs américains ne manifeste nullement leur puissance. Bien au contraire, la position de l’impérialisme américain dans la guerre d’agression contre le Vietnam est très faible, passive et difficile. Le fait que l’administration Johnson se voit obligé de recourir à cette manœuvre de chantage qu’est le bombardement du Nord-Vietnam pour faire accepter sa supercherie des « négociations de paix », ne s’explique-t-il pas clairement par sa situation sans issue sur le champ de bataille du Sud-Vietnam ? Ce recours ne confirme-t-il pas les défaites qu’il y subit ?

Les difficultés auxquelles l’impérialisme américain se heurte dans sa guerre d’agression contre le Vietnam sont énormes, insurmontables, mortelles. Cela est fondamentalement déterminé par le caractère injuste, rétrograde et barbare de la guerre d’agression qu’il a déclenchée.

Le corps expéditionnaire de l’impérialisme américain, opérant si loin de son pays, souffre d’une pénurie d’effectifs, du bas moral de ses troupes, d’un commandement inefficace et des difficultés de transport. Sur le plan intérieur, aux Etats-Unis, le mouvement populaire contre la guerre d’agression au Vietnam connaît un essor sans précédent, tandis que les contradictions internes de la clique dominante s’aggravent de jour en jour. Sur le plan international, l’impérialisme américain, dont la cause injuste trouve peu de soutien, est isolé.

Maintenant, près d’un sixième des troupes américaines est engagé sur le champ de bataille du Sud-Vietnam et submergé par l’océan de la population sud-vietnamienne.

Aujourd’hui, au Sud-Vietnam, les agresseurs yankees ne sont plus que des fauves aux abois qui se débattent encore. Plus la guerre traîne en longueur, plus les difficultés auxquelles l’impérialisme américain doit faire face se multiplient et grandissent, plus ses problèmes s’aggravent et deviennent insolubles.

Le président Mao nous enseigne ceci :

« Les difficultés des forces réactionnaires sont insurmontables, parce que ces forces s’acheminent vers la mort, sans aucune perspective d’avenir. Les nôtres peuvent être surmontées, parce que nous sommes des forces jeunes et montantes ayant un avenir lumineux. »

Certes, dans la guerre sacrée de libération nationale qu’il mène aujourd’hui, le peuple vietnamien rencontrera telle ou telle difficulté. Mais c’est dans sa marche en avant qu’il se heurte à ces difficultés, alors que la victoire est en vue ; elles peuvent donc être parfaitement surmontées. Les particularités de la guerre du Vietnam − guerre de résistance à l’agression américaine et pour le salut de la patrie − ont déterminé son caractère de guerre prolongée.

Le peuple vietnamien dispose de toutes les conditions favorables pour mener une guerre de longue durée, alors que l’impérialisme américain a une peur panique de voir se prolonger la guerre. En immobilisant plusieurs centaines de milliers d’agresseurs américains, en menant une guerre prolongée, en développant à l’échelle nationale la guerre de résistance à l’agression américaine et pour le salut de la patrie, le peuple vietnamien réussira à acculer les agresseurs américains à une situation sans issue et à triompher.

Dans son célèbre Appel au peuple, le président Ho Chi Minh a dit :

« Ils peuvent utiliser des milliers d’avions pour multiplier les attaques contre le Nord. Mais jamais ils ne pourront briser la volonté de fer de l’héroïque peuple vietnamien de combattre l’agression américaine, pour le salut national... La guerre pourra encore durer cinq ans, dix ans, vingt ans ou davantage. Hanoi, Haiphong, ainsi qu’un certain nombre d’autres villes et d’entreprises pourront être détruites, mais le peuple vietnamien ne se laissera pas intimider ! Il n’est rien de plus précieux que l’indépendance et la liberté. Après la victoire, notre peuple reconstruira le pays en mieux et le dotera de constructions plus grandes et plus belles ! »

Ces paroles traduisent la ferme position et l’héroïsme des 31 millions de Vietnamiens qui, ne craignant aucun sacrifice, persévèrent dans la résistance.

Tout en poursuivant avec impétuosité sa grande révolution culturelle prolétarienne, le peuple chinois suit de près le développement de la situation au Vietnam. Nous nous opposons fermement au vaste complot ourdi conjointement par l’impérialisme américain et le révisionnisme soviétique et visant à étouffer les flammes ardentes de la révolution au Vietnam. Armé de la pensée de Mao Tsé-toung, appliquant avec conséquence le principe de l’internationalisme prolétarien, le peuple chinois a toujours considéré la lutte du peupla vietnamien comme sa propre lutte.

Il soutient et aide le peuple frère du Vietnam dans tous les domaines. Les 700 millions de Chinois se tiendront toujours aux côtés du vaillant peuple vietnamien, Ils affirment leur soutien total au peuple vietnamien et n’hésiteront pas à consentir aux plus grands sacrifices nationaux. Ils sont déterminés à soutenir le peuple vietnamien jusqu’à la victoire finale dans sa guerre de résistance contre l’agression américaine et pour le salut de la patrie !

lundi 20 février 1967


Les documents de 1967