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Déclaration de Jan-Carl Raspe au procès − 1976

Déclaration de Jan-Carl Raspe au procès de Stuttgart-Stammheim, 11 mai 1976

Je ne parlerai pas longtemps.

Nous pensons qu’Ulrike a été exécutée.

Nous ne savons pas comment, mais nous savons par qui et nous pouvons montrer que cela a été savamment calculé. Je rappellerai les propos de Herold : « Les actions contre la RAF. doivent toujours être menées de façon à éviter toute position sympathisante. »

Et ceux de Buback : « La sûreté de l’Etat existe parce que des gens s’engagent pour elle. Des gens comme Herold et moi trouvent toujours un moyen. »

Ça a été une exécution froidement conçue, comme celle de Holger, comme celle de Siegfried Hausner.

Si Ulrike avait décidé d’en finir, parce qu’elle y voyait la dernière possibilité de s’affirmer, d’affirmer son identité révolutionnaire contre la lente destruction de la volonté dans l’agonie de l’isolement − elle nous l’aurait dit − en tout cas à Andreas, étant donné leur relation.

Je crois que l’exécution d’Ulrike maintenant − en ce moment − est motivée par le point culminant, le premier débordement politique que connaît l’affrontement international entre la guérilla et l’Etat impérialiste de la R.F.A. Les informations en parlent, je n’en dirai rien aujourd’hui.

Cet assassinat se situe dans une ligne stratégique, après toutes les tentatives de l’Etat depuis six ans pour venir à bout, pour exterminer physiquement et moralement la RAF.

Et il vise tous les groupes de guérilla en Allemagne fédérale, pour lesquels Ulrike joue un rôle idéologique essentiel.

Je voudrais maintenant dire que depuis le temps que je connais la relation entre Ulrike et Andreas − et je la connais depuis sept ans −, elle était essentiellement intensité et tendresse, sensibilité et rigueur.

Et je crois que c’est précisément le caractère de cette relation qui a permis à Ulrike de supporter les huit mois de section silencieuse.

Ça a été une relation comme il peut s’en développer entre frères et soeurs − orientée par un but identique et le rôle qu’y a tenu cette politique.

Et elle était libre, parce que la liberté n’est possible que dans le combat pour la libération.

Il n’y a eu pendant ces années aucune rupture dans leur relation.

Elle n’aurait pas été possible parce qu’elle se déterminait sur la politique de la RAF.

Et s’il a pu y avoir des contradictions très profondes dans le groupe, elles se définissaient dans une praxis concrète.

Dans le cours du travail théorique, le seul qui reste possible en prison, elles ne peu-vent trouver aucune assise, étant donné la situation de lutte identique, et compte tenu de l’histoire du groupe.

Les discussions, les lettres et manuscrits d’Ulrike jusqu’à vendredi soir apportent la preuve qu’il en a été exactement ainsi.

Ils expriment nettement le véritable caractère de cette relation.

Prétendre maintenant qu’il y aurait eu des « tensions », un « froid » entre Ulrike et Andreas, entre Ulrike et nous, c’est une calomnie primaire et sinistre pour pouvoir ensuite utiliser dans la guerre psychologique le projet d’exécuter Ulrike : c’est du Buback, dans toute sa dégueulasserie.

Toutes ces tentatives n’ont jusqu’à présent conduit qu’à une chose : une vision de plus en plus claire des forces réactionnaires en Allemagne fédérale, de son fascisme.

jeudi 8 décembre 2016


La Fraction Armée Rouge