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De la prostitution et de la cause des femmes en 20 points

1. L’activité sexuelle sortie d’une relation sentimentale est une fuite en avant, une tentative de nier les exigences d’une vie sociale organisée assumant ses sentiments amoureux.

2. Le mode de production capitaliste accorde de la valeur à l’efficacité au service de l’accumulation de capital et dévalorise la romance par définition irrationnelle à ses yeux, poussant par là à la tentative de nier la dignité du réel, la dimension sentimentale de la vie.

3. La recherche de rapports sexuels avec des personnes se prostituant reflète la dimension pragmatique de l’activité capitaliste, la recherche du profit maximum par l’utilisation d’un individu comme salarié.

4. Dans le cadre du mode de production capitaliste, de nombreux couples se forment par ailleurs non pas sur la base de la romance, mais sur celle du pragmatisme où la personne partenaire est considérée comme un capital permettant tel ou tel investissement personnel.

5. L’homosexualité est une forme sociale s’exprimant dans une minorité de la population et ayant par conséquent des droits démocratiques, notamment comme le mariage, mais elle est également en partie façonnée par le capitalisme comme mode de vie ultra-individualiste ultime, où les rapports sexuels relèvent de la simple satisfaction consommatrice.

6. L’inégalité hommes-femmes n’est pas une infrastructure, une composante du mode de production, mais une superstructure, un reste idéologique de la séparation sociale initiale entre hommes et femmes au moment de la mise en place de l’agriculture et de l’élevage.

7. La base de la superstructure patriarcale consiste en ce que les hommes sont les acteurs sociaux, les protagonistes de l’histoire, alors que les femmes ne sont considérées que des objets devant être manipulés sans reconnaître leur dignité et leur autonomie.

8. Le mode de production capitaliste a considérablement amoindri le patriarcat, qui reste par contre particulièrement fort dans les pays de type semi-coloniaux semi-féodaux formant par ailleurs la majorité des pays du monde.

9. Chez les personnes immigrées liées culturellement aux pays semi-coloniaux semi-féodaux, le patriarcat est une superstructure particulièrement prégnante, dont l’expression religieuse est particulièrement prononcée.

10. Le patriarcat en tant que superstructure dispose de nombreux vecteurs idéologiques dans la société, où les femmes sont déshumanisées, réduites à la passivité, placées dans l’attente des exigences des hommes, mises en état de minorité c’est-à-dire dans l’incapacité d’émettre des choix rationnels notamment sur le plan du consentement.

11. Le patriarcat a tout intérêt à maintenir les femmes dans un véritable état de minorité et d’infantilisation, afin de se justifier et de présenter son existence comme inéluctable ; il peut accepter de soutenir certaines femmes, afin de les présenter justement comme des exceptions confirmant la règle générale.

12. L’image dégradée de la femme dans le patriarcat comme superstructure s’exprime de manière la plus franche dans la pornographie et dans la prostitution, deux expressions sociales dont la nature même repose sur la soumission organisée socialement de la femme.

13. Chaque personne a le droit à l’épanouissement et à la romance, par conséquent le fait d’échanger des relations sexuelles contre une rémunération est une insulte à la dignité du réel, c’est-à-dire au corps et à la conscience de la personne se prostituant ; se prostituer est une capitulation par rapport à sa possibilité d’être heureux, une aliénation.

14. L’origine individuelle de la prostitution d’une personne est liée soit à la soumission à la violence organisée de mafias, soit à un esprit anti-social niant le travail au profit d’un parasitisme social, soit à une forme d’obligation mise en place socialement par la misère.

15. Les mafias doivent être interdites ; le travail doit être rendu accessible aux femmes se prostituant ; les éléments anti-sociaux ayant intégré les valeurs de ce « mode de vie » doivent être rééduqués par le travail, culturellement et idéologiquement, à l’exemple de ce qui a été mis en place en URSS à l’époque de Lénine et de Staline, ainsi qu’en Chine populaire à l’époque de Mao Zedong.

16. L’affirmation selon laquelle les personnes se prostituant seraient des « travailleurs du sexe » relève de l’idéologie nihiliste qu’est le post-modernisme et reflète la négation bourgeoise de ce qu’est réellement le travail en tant que transformation de la réalité. Le libéralisme qui légitime la position des « clients » est tout autant inacceptable. Dans les deux cas seule l’interdiction est la solution conforme aux intérêts de l’épanouissement et de la morale.

17. La cause de la femme est une cause démocratique : la superstructure patriarcale n’est pas abolie simplement par la remise en cause du mode de production capitaliste ; des révolutions culturelles sont nécessaires pour sa disparition, avec une intégration sociale des femmes toujours plus grande dans la direction de la société.

18. La mise en valeur de la planète comme biosphère et le rapport nouveau non conflictuel aux animaux, correspond à la cause des femmes en tant que remise en cause du patriarcat issu de la mise en place de l’agriculture et de l’élevage.

19. Le mouvement révolutionnaire doit soutenir la cause des femmes, non pas en tant que cause particulariste, mais en tant que cause démocratique étant une composante de la bataille générale pour la révolution socialiste.

20. La prostitution, réprouvée par les masses, doit être formellement rejetée comme une forme d’aliénation et d’exploitation ; les personnes se prostituant doivent dépasser leur situation avec l’aide des masses pour aller au travail et à la cause révolutionnaire des masses.