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Compte rendu de la camarade Jiang Qing des causeries sur le travail littéraire et artistique − 1968

Jiang Qing, 25 avril 1968

La camarade Jiang Qing a proposé de commencer par lire des œuvres littéraires et, ensuite, d’étudier des documents et matériaux ayant trait à ces problèmes, avant d’ouvrir la discussion.

Elle nous a recommandé la lecture des œuvres du président Mao ayant trait à ces problèmes.

Elle a eu 8 entretiens particuliers avec des camarades de l’armée, elle a participé à 4 discussions collectives et a assisté en notre compagnie à 13 projections cinématographiques et à 3 représentations théâtrales.

Elle a échangé des vues avec nous au cours même de la projection de ces films et de la représentation de ces pièces.

En outre, elle nous a conseillé de voir 21 autres films. Durant cette période, la camarade Jiang Qing a assisté à la projection de la copie de premier montage du film La Grande Muraille de la mer de Chine méridionale, elle a reçu le metteur en scène, les opérateurs et des acteurs de ce film et s’est entretenue à trois reprises avec eux.

Cela a été pour eux une puissante source d’enseignement et d’encouragement.

Grâce aux contacts que nous avons eus avec elle, nous nous sommes rendu compte que sa compréhension de la pensée du président Mao était relativement profonde et que, depuis un certain temps, elle avait mené des enquêtes et des recherches relativement complètes sur les problèmes existant dans le domaine de la littérature et de l’art, et y avait acquis une riche expérience pratique grâce à ses efforts personnels dans l’exploitation de « parcelles de terre expérimentales ». En dépit de son état de santé, elle a continué à travailler, causant avec nous avec modestie, chaleur et sincérité, voyant en notre compagnie des films et des pièces de théâtre. Cela nous a beaucoup éclairés et aidés.

Durant ces vingt jours environ, nous avons lu deux ouvrages du président Mao ainsi que d’autres matériaux relatifs à ces problèmes ; nous avons pris connaissance de bon nombre d’opinions extrêmement importantes de la camarade Jiang Qing et nous avons vu plus de 30 films, des bons, des mauvais, et d’autres ayant des insuffisances et des défauts à des degrés divers.

Nous avons vu aussi le Raid sur le régiment du tigre blanc et La Montagne du tigre prise d’assaut, deux opéras de Pékin à thèmes révolutionnaires contemporains assez réussis. Tout cela nous a aidés à approfondir notre compréhension de la pensée du président Mao en matière des lettres et des arts, et à élever le niveau de notre compréhension de la révolution culturelle socialiste.

Voici les points qui ont été discutés et approuvés durant les causeries.

1. Les seize dernières années ont été marquées par une âpre lutte des classes sur le front de la culture.

En fait, dans les deux étapes de notre révolution, l’étape de démocratie nouvelle et l’étape socialiste, sur le front de la culture s’est livrée une lutte entre deux classes et deux lignes — la lutte entre le prolétariat et la bourgeoisie pour la direction sur ce front.

Dans l’histoire de notre parti, la lutte contre l’opportunisme « de gauche » et l’opportunisme de droite inclut aussi la lutte entre les deux lignes sur le front de la culture. La ligne de Wang Ming représentait un courant idéologique bourgeois qui déferla au sein de notre parti.

Au cours du mouvement de rectification qui débuta en 1942, le président Mao fit une réfutation théorique radicale de la ligne de Wang Ming, sur les plans politique, militaire et organisationnel, et, aussitôt après, sur le plan culturel. Les œuvres du président Mao : La démocratie nouvelle, Interventions aux causeries sur la littérature et l’art à Yenan, « Lettre adressée au Théâtre de l’opéra de Pékin de Yenan à la suite d’une représentation des Rebelles malgré eux », constituent le bilan historique le plus achevé, le plus complet et le plus systématique de cette lutte entre les deux lignes sur le front de la culture ; la conception marxiste-léniniste du monde et la théorie marxiste-léniniste de la littérature et de l’art trouvent leur prolongement et leur développement dans ces œuvres.

Après que notre révolution eût accédé à l’étape socialiste, le président Mao a encore publié deux ouvrages, De la juste solution des contradictions au sein du peuple et Discours prononcé à la conférence nationale du Parti communiste chinois sur le travail de propagande, qui constituent le bilan le plus récent de l’expérience historique des mouvements idéologiques, littéraires et artistiques révolutionnaires de la Chine et des autres pays. Ces œuvres représentent un nouveau développement de la conception marxiste-léniniste du monde et de la théorie marxiste-léniniste de la littérature et de l’art. Ces cinq œuvres du président Mao répondent suffisamment et pour une longue période à nos besoins, ceux du prolétariat.

Plus de vingt ans se sont écoulés depuis la publication des trois premières de ces cinq œuvres du président Mao, et près de dix ans depuis la publication des deux dernières.

Cependant, depuis la fondation de la République populaire de Chine, les idées contenues dans ces œuvres n’ont pratiquement pas été appliquées dans les milieux littéraires et artistiques, et nous avons, au contraire, été dominés par une ligne noire antiparti et antisocialiste qui s’oppose à la pensée du président Mao.

Cette ligne noire est un conglomérat d’idées de la bourgeoisie et du révisionnisme moderne sur la littérature et l’art et de ce qu’on appelle la littérature et Part des années 30 (dans les régions de la Chine sous le contrôle du Kuomintang). On en trouve une expression caractéristique dans des théories telles qu’ « écrire la vérité [1] », la « large voie du réalisme [2] », l’« approfondissement du réalisme [3] », l’opposition au « rôle décisif du sujet [4] », les « personnages moyens [5] », l’opposition à l’« odeur de la poudre [6] », la « synthèse de l’esprit de l’époque [7] », etc. La plupart de ces théories avaient été réfutées par le président Mao dans les Interventions aux causeries sur la littérature et l’art à Yenan.

Dans le monde du cinéma, certains proposèrent de « rompre avec les canons et de se rebeller contre l’orthodoxie », en d’autres termes, de rompre avec les principes du marxisme-léninisme, de la pensée de Mao Tsé-toung, et d’abandonner la voie de la guerre révolutionnaire populaire.

Ce contre-courant d’idées de la bourgeoisie et du révisionnisme moderne a influencé ou dominé notre littérature et notre art de sorte que, parmi les œuvres écrites depuis une quinzaine d’années, nous n’en trouvons que peu qui soient bonnes, ou fondamentalement bonnes, qui exaltent véritablement nos héros ouvriers, paysans et soldats et qui soient au service des ouvriers, des paysans et des soldats ; beaucoup sont ambiguës, certaines ne sont rien d’autre que des herbes vénéneuses antiparti et antisocialistes.

Conformément aux directives du Comité central du Parti, nous devons mener résolument une grande révolution socialiste sur le front de la culture et éliminer radicalement cette ligne noire. Mais quand nous nous serons débarrassés de celle-ci, d’autres pourront apparaître et la lutte devra continuer.

Il s’agit donc d’une lutte ardue, complexe et de longue haleine qui prendra des dizaines d’années, voire des siècles.

Cette lutte est d’une importance vitale pour l’avenir de la révolution chinoise, pour l’avenir de la révolution mondiale.

Voici la leçon à tirer de cette quinzaine d’années : nous nous y sommes pris trop tard.

Nous n’avons abordé que quelques problèmes particuliers, et n’avons pas saisi le problème dans son ensemble et d’une façon systématique ; or, tant que nous ne prendrons pas en main cette question, la ligne noire aura le champ libre pour occuper de nombreuses positions.

C’est là une sérieuse leçon.

Depuis que la dixième session plénière du Comité central issu du VIIIe Congrès du Parti a adopté en 1962 la résolution sur la lutte des classes à mener dans tout le pays, dans le domaine culturel, la lutte pour l’épanouissement de l’idéologie prolétarienne et l’élimination de l’idéologie bourgeoise s’est graduellement développée.

2. Ces trois dernières années ont été marquées par une nouvelle situation surgie dans la grande Révolution culturelle socialiste. L’apparition de l’opéra de Pékin à thèmes révolutionnaires contemporains en est l’exemple le plus remarquable. Guidés par le Comité central du Parti ayant à sa tête le président Mao et armés du marxisme-léninisme, de la pensée de Mao Tsé-toung, les travailleurs littéraires et artistiques engagés dans la révolution de l’opéra de Pékin ont lancé une courageuse et tenace offensive contre la littérature et l’art de la classe féodale, de la bourgeoisie et du révisionnisme moderne. Grâce à cette offensive, l’opéra de Pékin, citadelle naguère réputée imprenable, a été entièrement révolutionnarisé, tant dans son contenu idéologique que dans sa forme artistique ; d’où un changement révolutionnaire dans les milieux littéraires et artistiques.

Des opéras de Pékin à thèmes révolutionnaires contemporains tels que Le Fanal rouge, Chakiapang, La Montagne du Tigre prise d’assaut et Raid sur le régiment du tigre blanc, le ballet Le Détachement féminin rouge, la symphonie Chakiapang et les modelages de La Cour aux fermages ont obtenu l’approbation de la grande masse des ouvriers, des paysans et des soldats et ont été applaudis avec enthousiasme par les spectateurs et visiteurs chinois et étrangers.

Ces réalisations sans précédent auront une influence profonde et de longue portée sur notre révolution culturelle socialiste. Elles prouvent de façon éloquente que cette citadelle réputée imprenable, l’opéra de Pékin, a pu être enlevée et révolutionnarisée, que les formes de l’art classique étranger, telles que le ballet et la musique symphonique, peuvent aussi être réformées et mises au service de notre cause ; cela doit accroître notre confiance en la révolutionnarisation des autres formes d’art.

D’aucuns ont prétendu que les opéras de Pékin à thèmes révolutionnaires contemporains auraient entraîné la perte des traditions et caractéristiques artistiques fondamentales de l’opéra de Pékin.

Mais les faits ont prouvé le contraire.

Les opéras de Pékin à thèmes révolutionnaires contemporains ont repris, de façon critique, les traditions de l’opéra de Pékin et ont réellement fait naître le nouveau de l’ancien.

Ce n’est pas que les caractéristiques artistiques fondamentales de l’opéra de Pékin aient été abandonnées, c’est qu’elles n’étaient plus à même de répondre aux besoins actuels. Certaines d’entre elles, ne pouvant refléter la vie nouvelle, sont à rejeter et doivent l’être.

Pour illustrer la vie nouvelle, il est extrêmement urgent que nous partions de la vie pour raffiner et créer, développer et enrichir peu à peu les caractéristiques artistiques fondamentales de l’opéra de Pékin.

En même temps, ces succès ont porté un coup sévère aux conservateurs de tout type ainsi qu’aux théories telles que la « valeur-recette », la « valeur en devises étrangères » et « les œuvres révolutionnaires ne sont pas des articles d’exportation. »

Les amples activités de masse des ouvriers, paysans et soldats sur les fronts idéologique, littéraire et artistique sont une autre expression marquante de la Révolution culturelle socialiste de ces trois dernières années.

Les ouvriers, paysans et soldats écrivent maintenant de nombreux articles philosophiques d’une haute qualité qui sont le reflet de la pensée de Mao Tsé-toung dans la pratique. Beaucoup d’œuvres littéraires et artistiques excellentes ont fait leur apparition, elles glorifient la grande victoire de notre révolution socialiste, le grand bond en avant sur les différents fronts de notre édification socialiste, nos nouveaux héros, la direction clairvoyante de notre grand parti et de notre grand dirigeant.

En particulier, les multiples poèmes composés par les ouvriers, paysans et soldats, parus dans les journaux muraux ou sur les tableaux noirs, illustrent, tant par leur contenu que par leur forme, une époque toute nouvelle.

Ce ne sont là évidemment que les premiers fruits de notre Révolution culturelle socialiste, le premier pas d’une Longue Marche de dix mille lis. Pour sauvegarder et amplifier ces réalisations, pour mener jusqu’au bout la Révolution culturelle socialiste, nous devons travailler d’arrache-pied et devrons le faire pendant une longue période.

3. La lutte entre la voie socialiste et la voie capitaliste sur le front de la littérature et de l’art se reflète nécessairement dans les forces armées, car celles-ci n’existent pas dans l’abstrait et ne peuvent en aucune façon constituer une exception à la règle. L’Armée populaire de libération de Chine est le principal instrument de la dictature du prolétariat dans notre pays. Elle est l’appui et l’espoir du peuple chinois et des peuples révolutionnaires du monde entier.

Sans armée populaire, notre révolution n’aurait pu triompher, il n’y aurait ni dictature du prolétariat, ni socialisme, et le peuple ne posséderait rien.

Il est donc inévitable que l’ennemi cherche à miner notre armée de toutes parts et qu’il utilise l’arme des lettres et des arts pour la corrompre idéologiquement.

Or, même après que le président Mao eut indiqué que, depuis quinze ans, les milieux littéraires et artistiques n’avaient pas, pour l’essentiel, appliqué la politique du Parti, certains ont maintenu que le problème de l’orientation des lettres et des arts dans nos forces armées était un problème déjà résolu et que la tâche principale était d’élever le niveau artistique.

Ce point de vue est erroné, il ne repose sur aucune analyse concrète.

En fait, si, dans l’armée, on a produit certaines œuvres littéraires et artistiques qui suivent une orientation correcte et ont un niveau artistique assez élevé, il en est d’autres dont l’orientation est correcte mais le niveau artistique faible ; d’autres encore qui révèlent de graves insuffisances et erreurs tant dans l’orientation politique que dans la forme artistique ; et quelques-unes enfin qui sécrètent tout simplement des poisons antiparti et antisocialistes.

Par exemple, le Studio cinématographique « 1er Août » a réalisé des mauvais films tels que l’Enrôlement forcé. Cela prouve que dans nos forces armées, le travail littéraire et artistique a aussi été influencé, peu ou prou, par la ligne noire. En outre, dans le travail de création, ceux que nous avons formés et qui ont une conscience politique élevée et une véritable compétence, ne sont pas encore très nombreux ; en revanche, on compte encore beaucoup de problèmes idéologiques dans le domaine de la création, et la pureté de nos rangs laisse encore à désirer. Nous devons convenablement analyser et résoudre ces problèmes.

4. L’Armée de libération doit jouer un rôle important dans la Révolution culturelle socialiste.

Depuis qu’il a été chargé des affaires de la Commission militaire du Comité central du Parti, le camarade Lin Piao a toujours prêté une grande attention au travail littéraire et artistique et il nous a donné de nombreuses directives très justes.

La « Résolution sur le renforcement du travail politique et idéologique dans l’armée », adoptée lors d’une réunion élargie de la Commission militaire, stipule clairement que le travail littéraire et artistique dans les forces armées doit « servir l’épanouissement de l’idéologie prolétarienne et l’élimination de l’idéologie bourgeoise ainsi que la consolidation et l’accroissement de la puissance de combat des forces armées, en étroite liaison avec leurs tâches et le contexte idéologique dans leurs rangs ».

Il existe déjà dans l’armée un noyau de travailleurs littéraires et artistiques que nous avons formés et qui ont été trempés dans la guerre révolutionnaire. Un certain nombre d’excellentes œuvres ont été créées. L’Armée de libération doit donc, dans la Révolution culturelle socialiste, jouer le rôle qui lui revient et lutter, courageuse et ferme, pour appliquer la politique selon laquelle la littérature et l’art doivent servir les ouvriers, les paysans, les soldats et le socialisme.

5. Au cours de la Révolution culturelle, il faut détruire et il faut construire. Les dirigeants doivent y veiller personnellement et aider à créer de bons exemples.

La bourgeoisie fait son « soliloque sur la création du nouveau », ce qui est réactionnaire. Nous aussi devons mettre en relief la « nouveauté » et affirmer l’ « originalité », nous mettrons en relief la « nouveauté » socialiste et affirmerons l’ « originalité » prolétarienne.

La tâche fondamentale de la littérature et de l’art socialistes est de s’efforcer de représenter l’image héroïque des ouvriers, des paysans et des soldats.

C’est seulement avec de tels modèles et une expérience couronnée de succès dans ce domaine que nos arguments se révéleront convaincants, que nous serons à même de tenir solidement nos positions, que nous serons capables de faire tomber le gros bâton des mains des réactionnaires. Sur cette question, nous ne devons avoir aucun complexe d’infériorité, mais être fiers de nous-mêmes.

Nous devons surmonter toute la vénération aveugle pour ce qu’on appelle la littérature et l’art des années 30.

A l’époque, le mouvement littéraire et artistique de la gauche suivait politiquement, la ligne opportuniste « de gauche » de Wang Ming, et il était, sur le plan de l’organisation, exclusif et sectaire ; quant à sa théorie de la littérature et de l’art, c’était pratiquement celle des critiques littéraires russes bourgeois tels que Belinski, Tchernychevski, Dobrolioubov et, en ce qui concerne le théâtre, Stanislavski, ces démocrates bourgeois de la Russie tsariste dont les idées n’étaient pas marxistes, mais bourgeoises.

La révolution démocratique bourgeoise est une révolution dans laquelle une classe exploiteuse remplace une autre classe exploiteuse.

Seule la révolution socialiste prolétarienne élimine définitivement toutes les classes exploiteuses.

Nous ne devons donc en aucun cas prendre les idées d’un quelconque révolutionnaire bourgeois comme principe directeur de nos mouvements prolétariens, que ce soit dans le domaine de l’idéologie, de la littérature ou de l’art. Il y a eu évidemment de bonnes choses dans les années 30, en l’occurrence le mouvement littéraire et artistique militant de la gauche dirigé par Lou Sin. Mais, vers le milieu des années 30, influencés par la ligne capitularde de droite de Wang Ming, certains dirigeants de ce mouvement abandonnèrent le point de vue de classe du marxisme-léninisme et lancèrent ce mot d’ordre : « Littérature de défense nationale. »

C’était un mot d’ordre bourgeois. C’est Lou Sin qui formula le mot d’ordre prolétarien « littérature des masses pour la guerre nationale révolutionnaire ».

Des travailleurs littéraires et artistiques de gauche, et particulièrement Lou Sin, lancèrent un autre mot d’ordre, à savoir que l’art et la littérature devaient être au service des ouvriers et des paysans, et que ceux-ci devaient créer eux-mêmes des œuvres littéraires et artistiques.

Néanmoins, aucune solution systématique ne fut trouvée au problème fondamental : comment lier la littérature et l’art aux ouvriers, aux paysans et aux soldats.

A l’époque, les travailleurs littéraires et artistiques de gauche, en effet, étaient dans leur grande majorité des démocrates et des nationalistes bourgeois, certains n’ont pas réussi à doubler le cap de la révolution démocratique et d’autres n’ont pas bien doublé le cap du socialisme.

Nous devons surmonter la vénération aveugle pour la littérature classique tant chinoise qu’étrangère. Staline fut un grand marxiste-léniniste.

Sa critique de la littérature et de l’art modernistes de la bourgeoisie était d’une grande acuité.

Mais il a repris sans critique les dits classiques de la Russie et de l’Europe et cela a entraîné des conséquences fâcheuses. L’art et la littérature classiques de la Chine et de l’Europe (Russie comprise), voire les films américains, ont eu une influence non négligeable sur les milieux littéraires et artistiques de notre pays, certains les considèrent comme des dogmes et les acceptent en bloc.

L’expérience de Staline doit nous servir de leçon.

Les œuvres anciennes et étrangères, elles aussi, doivent être étudiées, et ce serait une erreur de s’y refuser ; mais nous devons le faire de façon critique, en sorte que l’ancien serve l’actuel et l’étranger, le national.

Quant aux œuvres littéraires et artistiques révolutionnaires soviétiques, d’une qualité assez bonne, parues après la Révolution d’Octobre, elles doivent aussi être analysées, mais non aveuglément vénérées, et encore moins servilement imitées. L’imitation aveugle ne peut jamais se transformer en art. La littérature et l’art ne peuvent naître que de la vie du peuple, leur unique source.

Cela est prouvé par toute l’histoire de l’art et de la littérature des temps anciens ou modernes, de la Chine ou de l’étranger.

Le monde voit de tout temps les forces naissantes triompher des forces décadentes.
Faible au début, notre Armée populaire de libération a fini par devenir puissante et vaincre les réactionnaires américano- tchiangkaïchistes.

Devant l’excellente situation révolutionnaire régnant à l’intérieur du pays et à l’étranger, et face à nos tâches glorieuses, nous devons avoir la fierté d’être des révolutionnaires conséquents.

Nous devons avoir la confiance et le courage de faire ce qui n’a jamais été tenté auparavant, car notre révolution est une révolution qui vise à éliminer définitivement les classes exploiteuses et les systèmes d’exploitation, et à déraciner radicalement l’idéologie de toutes les classes exploiteuses qui corrompt l’esprit des masses populaires.

Sous la direction du Comité central du Parti et du président Mao et guidés par le marxisme-léninisme, la pensée de Mao Tsé-toung, nous devons créer une littérature et un art nouveaux, révolutionnaires, socialistes, dignes de notre grand pays, de notre grand Parti, de notre grand peuple, de notre grande armée. Ce seront une littérature et un art nouveaux qui inaugureront une ère nouvelle dans l’histoire de l’humanité et brilleront avec le plus vif éclat.

Mais il n’est pas facile de créer d’excellents modèles. Stratégiquement, nous devons mépriser les difficultés de cette tâche, tandis que tactiquement nous devons en tenir pleinement compte.

Créer une œuvre de haute qualité exige un processus ardu et les camarades qui dirigent la création littéraire et artistique ne doivent jamais agir en seigneurs ou adopter une attitude désinvolte à cet égard, mais doivent travailler avec acharnement et partager joies et peines avec les écrivains. Ils doivent autant que possible recueillir des matériaux de première main. Quand cela est impossible, ils doivent au moins recueillir des matériaux de seconde main.

Ils ne doivent craindre ni les échecs ni les erreurs, mais les admettre et permettre à ceux qui ont commis des erreurs de les corriger.

Ils doivent s’appuyer sur les masses, appliquer le principe :partir des masses pour retourner aux masses, se soumettre de façon répétée et pour une longue période à l’épreuve de la pratique afin de perfectionner continuellement leur travail et s’efforcer d’intégrer un contenu politique révolutionnaire à la meilleure forme artistique possible.

Au cours de la pratique, ils doivent faire en temps opportun le bilan de leurs expériences, saisir progressivement les lois des diverses formes d’art. Sinon, il leur sera impossible de créer d’excellents modèles.

Nous devons attacher toute l’importance voulue aux thèmes sur la révolution et l’édification socialistes. Il serait entièrement erroné de les négliger.

En ce qui concerne la création des œuvres littéraires et artistiques sur les trois grandes campagnes de Liaosi-Chenyang, de Houai-Hai et de Péping-Tientsin ainsi que sur d’autres importantes campagnes, il nous faut également nous y mettre sans tarder tant que les camarades qui ont dirigé et commandé ces campagnes sont encore en vie.

De nombreux et importants thèmes révolutionnaires historiques et contemporains attendent d’être traités d’urgence, de façon systématique et planifiée.

Le film La Grande Muraille de la mer de Chine méridionale doit être un succès. La révision du film La Longue Marche doit être couronnée de succès. Et à travers ce travail de création, nous formerons un puissant noyau d’écrivains et d’artistes véritablement prolétariens.

6. Dans le travail littéraire et artistique, qu’il s’agisse des responsables ou des créateurs, tous doivent pratiquer le centralisme démocratique du Parti, veiller à ce que « tout le monde ait son mot à dire » et s’opposer à ce que « la parole d’un seul ait force de loi ».

Nous devons appliquer la ligne de masse.

Dans le passé, il est arrivé que des écrivains, ayant produit une œuvre, aient contraint les dirigeants à donner leur accord et même à leur prodiguer des éloges.

Cette façon de faire est détestable.

Les cadres qui dirigent le travail de création doivent toujours garder présents à l’esprit ces deux points relatifs à la création littéraire et artistique : premièrement, savoir prêter l’oreille aux opinions des larges masses ; deuxièmement, savoir analyser ces opinions, accepter celles qui sont justes et rejeter celles qui sont erronées.

Il n’y a pas d’œuvres artistiques et littéraires impeccables, même si une œuvre est bonne pour l’essentiel, nous devons indiquer ses insuffisances et ses erreurs pour qu’elle puisse être améliorée. Les mauvaises œuvres ne doivent pas être cachées, mais soumises au jugement des masses.

Nous ne devons pas craindre les masses, mais au contraire avoir pleine confiance en elles car elles peuvent nous donner des avis très précieux.

Cela aidera, en outre, les masses à mieux discerner les choses. On dépense des centaines de milliers et même jusqu’à un million de yuans pour produire un film.

Mettre de côté un mauvais film, c’est commettre un gaspillage d’argent.

Pourquoi ne le présente-t-on pas au public pour permettre aux écrivains, aux artistes et aux masses d’en tirer des enseignements et, en même temps, pour couvrir les dépenses de l’Etat, afin d’obtenir un double résultat idéologique et financier ?

Le film La Ville assiégée a été projeté pendant une longue période sans recevoir cependant aucune critique.

Le Jiefangjun Bao (journal de l’Armée de libération) ne devrait-il pas écrire un article pour le critiquer ?

7. Nous devons encourager la critique littéraire et artistique révolutionnaire, combative, faite par es masses, et briser le monopole détenu dans ce domaine par quelques « spécialistes » qui suivent une orientation erronée et se montrent conciliants. Nous devons placer l’arme de la critique littéraire et artistique entre les mains de la masse des ouvriers, paysans et soldats, combiner les critiques faites par les professionnels avec les critiques faites par les masses.

Nous devons renforcer le caractère combatif de cette critique, combattre les louanges vulgaires et sans principes. Nous devons réformer notre style littéraire, encourager la rédaction d’articles brefs et faciles à comprendre, faire de notre critique littéraire et artistique une arme, semblable à un poignard ou à une grenade, et apprendre à la manier efficacement en combat rapproché.

Naturellement, nous devons aussi écrire des articles plus longs, ayant un caractère systématique et un niveau théorique plus élevé.

Nous ne devons pas utiliser des termes techniques de manière à effaroucher les gens.

C’est de cette manière seulement que nous pouvons désarmer les soi-disant « critiques littéraires et artistiques ».

Le Jiefangjun Bao et la revue Jiefangjun Wenyi (La littérature et l’art de l’Armée de libération) devraient réserver des colonnes spéciales, qu’elles soient régulières ou non, à la critique littéraire et artistique.

Dans cette critique nous devons soutenir chaleureusement les œuvres bonnes ou fondamentalement bonnes, tout en indiquant avec bienveillance leurs insuffisances.
Quant aux œuvres qui ne le sont pas, il faut en faire une critique de principe.

Dans le domaine théorique, les vues erronées sur la littérature et l’art qui sont assez typiques, et celles qui sont répandues à profusion par certaines gens dans les livres tels que l’Histoire du développement du cinéma cinquante ans du mouvement du théâtre moderne en Chine — recueil de données historiques et Étude préliminaire du répertoire de l’opéra de Pékin, ainsi que les tentatives de ces gens de falsifier l’Histoire et d’élever leur propre prestige doivent être critiquées à fond et systématiquement.

Nous ne devons pas craindre qu’on nous accuse de « brandir le bâton ».

Quand on nous taxe de simplisme et de rudesse, nous devons faire l’analyse de nos propres articles. Certaines de nos critiques, justes au fond, ne sont pas assez convaincantes, car l’analyse et les arguments avancés sont insuffisants.

Ceci doit être corrigé. Parmi ceux qui commencent par nous accuser de simplisme et rudesse, certains renoncent à leur accusation quand ils acquièrent une meilleure compréhension. Mais quand l’ennemi condamne nos justes critiques en les taxant de simplistes et de rudes, nous devons lui tenir tête avec fermeté.

La critique littéraire et artistique doit être une de nos tâches de tous les jours, une importante méthode pour mener la lutte dans le domaine de la littérature et de l’art ; elle est aussi un important moyen par lequel le Parti dirige le travail littéraire et artistique.

Sans une critique littéraire et artistique juste, nous ne pouvons faire fleurir la littérature et l’art.

8. Dans la lutte contre le révisionnisme étranger en matière de littérature et d’art, nous ne devons pas seulement nous attaquer à de piètres figures comme les Tchoukhraï.

Nous devons nous attaquer à de gros personnages, nous attaquer à Cholokhov, et oser le mettre à mal.

Il est le maître de la littérature et de l’art révisionnistes. Ses œuvres Le Don paisible, Terre défrichée et Le Destin d’un homme ont exercé une très grande influence sur une partie des écrivains et des lecteurs chinois. L’armée ne devrait-elle pas organiser certains pour qu’ils étudient ces œuvres et écrivent des articles convaincants comportant une analyse critique avec assez d’arguments solides à l’appui ?

Cela exercera une influence profonde tant en Chine que dans le monde. Nous devons également procéder de cette façon au sujet des œuvres d’auteurs chinois.

9. En ce qui concerne la méthode de création, nous devons combiner le réalisme révolutionnaire avec le romantisme révolutionnaire et non pas adopter le réalisme critique bourgeois ou le romantisme bourgeois.

Les belles qualités des héros ouvriers, paysans et soldats qui ont surgi sous la direction de la juste ligne du Parti sont l’expression condensée du caractère de classe du prolétariat. Nous devons nous appliquer, avec un enthousiasme ardent et par tous les moyens possibles, à créer des images héroïques d’ouvriers, de paysans et de soldats.

Nous devons créer des personnages typiques. Le président Mao a dit : « La vie reflétée dans les œuvres littéraires et artistiques peut et doit toutefois être plus relevée, plus intense, plus condensée, plus typique, plus proche de l’idéal et, partant, d’un caractère plus universel que la réalité quotidienne. »

Nous ne devons pas nous borner aux personnages et aux choses véritables. Nous ne devons pas dépeindre un héros seulement après sa mort.

En fait, les héros vivants sont beaucoup plus nombreux que les héros décédés. Cela exige de nos écrivains qu’ils concentrent et synthétisent des matériaux fournis par la vie et accumulés pendant une longue période pour créer différents genres de personnages typiques.

Pour écrire sur les guerres révolutionnaires, nous devons d’abord avoir une claire compréhension de la nature des guerres : les nôtres sont justes, celles de l’ennemi sont injustes. Nos œuvres doivent refléter l’opiniâtreté, la bravoure et l’esprit de sacrifice, mais elles doivent aussi faire rayonner l’héroïsme et l’optimisme révolutionnaires.

Tout en dépeignant le caractère cruel de la guerre, nous ne devons pas nous étendre démesurément sur ses horreurs ou les exalter. Tout en dépeignant l’âpreté de la lutte révolutionnaire, nous ne devons pas exagérer ou exalter les souffrances qu’elle entraîne.

La cruauté d’une guerre révolutionnaire et l’héroïsme révolutionnaire, l’âpreté de la lutte révolutionnaire et l’optimisme révolutionnaire, constituent des cas d’unité des contraires.

Cependant, dans cette contradiction, il faut discerner où réside le principal aspect ; autrement, il peut nous arriver de souligner un aspect à tort, et alors la tendance pacifiste bourgeoise apparaîtra.

De plus, en dépeignant la guerre révolutionnaire populaire, qu’il s’agisse de la phase où la guerre de partisans joue le rôle fondamental et la guerre de mouvement, le rôle d’appoint, ou de la phase où la guerre de mouvement joue le rôle fondamental, nous devons toujours montrer correctement les rapports entre les forces régulières, les troupes de partisans et la milice populaire, les rapports entre les masses armées et les masses non armées, placées sous la direction du Parti.

Quant au choix du sujet, c’est seulement en pénétrant profondément dans la vie et en faisant un bon travail d’investigation et d’étude que nous pouvons faire un choix judicieux et correct.

Les dramaturges doivent se lancer, inconditionnellement et pendant une longue période, dans les luttes ardentes de la vie.

Les metteurs en scène, les acteurs, les opérateurs, les peintres et les compositeurs doivent également s’élancer dans la vie et faire sérieusement le travail d’investigation et d’étude. Dans le passe, certaines œuvres déformaient les faits historiques, se concentrant sur la description de lignes erronées et non de la ligne juste ; d’autres dépeignaient des personnages héroïques qui, néanmoins, invariablement violaient la discipline, ou bien ne créaient de tels personnages que pour aboutir à un dénouement artificiellement tragique en les faisant donner leur vie ; d’autres encore ne présentaient pas de personnages héroïques, mais seulement des personnages « indécis », en fait arriérés, avilissant l’image des ouvriers, paysans et soldats.

En dépeignant l’ennemi, certaines œuvres ne dévoilaient pas sa nature de classe en tant qu’exploiteur et oppresseur du peuple et allaient même jusqu’à le rendre séduisant.

Enfin, quelques œuvres ne parlaient que d’amour et d’histoires romanesques, flattant les goûts vulgaires et proclamant sujets éternels « l’amour » et « la mort ».

Il faut s’opposer résolument à toute cette camelote bourgeoise et révisionniste.

10. Nous devons rééduquer les cadres chargés du travail littéraire et artistique, et réorganiser les rangs des écrivains et des artistes.

Pour des raisons historiques, dans les jours d’avant la libération de tout le pays, il était pour nous, prolétaires, difficile de former nos propres travailleurs littéraires et artistiques, particulièrement dans les régions sous le contrôle de l’ennemi. Notre niveau culturel était relativement bas et notre expérience limitée.

Beaucoup de nos travailleurs littéraires et artistiques avaient reçu une éducation bourgeoise.

Tout au long de leurs activités révolutionnaires dans le domaine de la littérature et de l’art, certains n’ont pu subir la persécution ennemie et sont devenus des traîtres ; d’autres n’ont pu résister à l’influence pernicieuse des idées bourgeoises et ont été corrompus.

Dans les bases d’appui, nous avons formé un nombre considérable de travailleurs littéraires et artistiques révolutionnaires.

En particulier, après la publication des Interventions aux causeries sur la littérature et Vart à Yenan, ces travailleurs guidés par une juste orientation se sont intégrés aux ouvriers, aux paysans et aux soldats, et ont joué un rôle positif dans la révolution.

Mais voici où résidait la faiblesse : après que notre pays eut été libéré et que nous eûmes fait notre entrée dans les grandes villes, beaucoup de camarades n’ont pu résister à l’action corrosive exercée par les idées bourgeoises dans les rangs de nos écrivains et artistes, et c’est ainsi que certains se sont laissés distancer.

Notre littérature et notre art sont une littérature et un art prolétariens, la littérature et l’art du Parti. Ce qui nous distingue avant tout des autres classes, c’est notre esprit de parti prolétarien érigé en principe.

Nous devons bien comprendre que les porte-parole des autres classes sont, eux aussi, guidés par leur principe d’esprit de parti, lequel est fortement ancré en eux.

Dans les principes régissant la création littéraire et artistique, de même que dans la ligne d’organisation et dans le style de travail, nous devons rester fidèles à ce principe qu’est l’esprit de parti prolétarien et combattre la corruption des idées bourgeoises.

Nous devons tracer une nette ligne de démarcation entre notre idéologie et l’idéologie bourgeoise et ne tolérer aucune coexistence pacifique entre elles. Des problèmes de divers genres existent maintenant dans les milieux littéraires et artistiques.

Pour la plupart des gens de ces milieux, il s’agit de la question de l’élévation de leur niveau de compréhension et de leur niveau idéologique par l’éducation.

Nous devons étudier consciencieusement les œuvres du président Mao, les étudier et les appliquer de façon créatrice et en liaison avec nos pensées, avec les problèmes du moment, et les étudier en ayant à l’esprit les problèmes à résoudre. C’est seulement de cette façon que nous pouvons réellement comprendre, saisir et maîtriser la pensée de Mao Tsé-toung. Nous devons, pendant une longue période, pénétrer profondément dans la vie, faire corps avec les ouvriers, paysans et soldats, élever notre conscience de classe, effectuer notre refonte idéologique et servir de tout cœur le peuple, sans aucune pensée de renommée personnelle ou de gain matériel. Il faut exhorter nos camarades à étudier le marxisme-léninisme et les œuvres du président Mao, à demeurer révolutionnaires pour toute la vie, et, en particulier, à prendre soin de garder intacte leur intégrité prolétarienne dans leurs vieux jours, ce qui n’est pas facile à faire.

A la suite de ces causeries, nous avons acquis une compréhension relativement précise de toutes les questions susmentionnées ; nos opinions sur ces questions correspondent aussi à la réalité du travail littéraire et artistique de l’armée. Il en résulte que le niveau de notre conscience politique s’est élevé et que notre détermination de mener la Révolution culturelle socialiste ainsi que notre sens des responsabilités envers elle se sont renforcés.

Nous continuerons à bien étudier les œuvres du président Mao, à faire consciencieusement le travail d’investigation et d’étude et à mener à bien l’exploitation de « parcelles de terre expérimentales » et la production de bons modèles, afin de jouer notre rôle d’avant-garde dans cette lutte révolutionnaire culturelle pour l’implantation de l’idéologie prolétarienne et la liquidation de l’idéologie bourgeoise.


[1La théorie affirmant qu’il convient d’« écrire la vérité » est une théorie révisionniste en matière de création littéraire. Le contre-révolutionnaire Hou Feng préconisait d’ « écrire la vérité » et il était soutenu dans ce sens par Feng Hsiué-feng. Inspirés par des motifs inavouables, ces gens mettaient l’accent sur l’importance d’« écrire la vérité ». Derrière le paravent de ce slogan, ils s’opposaient à ce que la littérature et l’art socialistes aient un caractère de classe reflétant une tendance politique. Et ils s’opposaient à ce que la littérature et l’art servent à éduquer le peuple dans l’esprit du socialisme. Ils se complaisaient à fouiner dans les coins obscurs de la réalité socialiste et à faire les poubelles de l’histoire. En prônant la prétendue théorie d’ « écrire la vérité », ils ne visaient qu’à dépeindre la radieuse société socialiste sous un jour particulièrement sombre.

[2La théorie de la « large voie du réalisme » a été lancée par certains éléments antiparti et antisocialistes des milieux littéraires et artistiques, qui, s’opposant aux Interventions aux causeries sur la littérature et l’art à Yenan du président Mao Tsé-toung, prétendaient qu’elles étaient dépassées et qu’il fallait ouvrir une autre voie plus large. Telle est la nature de la « large voie du réalisme » avancée par Tsin Tchao-yang et autres. A leurs yeux, la voie la plus juste et la plus large, celle de servir les ouvriers, paysans et soldats, était encore trop étroite, elle n’était qu’un « dogme stagnant », elle avait « tracé devant les gens un petit sentier immuable ». Ils préconisaient que les auteurs écrivent ce que bon leur semble selon « leur propre expérience de la vie, leur éducation et leur tempérament ainsi que leur individualité artistique » et que, s’écartant de l’orientation de servir les ouvriers, paysans et soldats, ils cherchent à se donner « un champ de vision infiniment large permettant de développer l’initiative créatrice ».

[3La théorie de l’ « approfondissement du réalisme ». A l’époque où il préconisait de « peindre des personnages moyens », Chao Tsiuan-lin présenta une thèse dite de l’« approfondissement du réalisme ». Cette thèse demandait aux écrivains de révéler « les choses anciennes » qui pèsent sur les masses populaires et de résumer « le fardeau moral qui, depuis des millénaires, pèse sur les paysans individuels », créant ainsi des images de « personnages moyens » ayant un caractère complexe.

Cette thèse demande aux écrivains de se donner des sujets « ordinaires », susceptibles de faire « voir les grandes choses à travers les petites » et « saisir le vaste monde à travers un grain de riz ». Selon lui, les œuvres littéraires ne sont réalistes que lorsqu’elles décrivent des « personnages moyens » en proie à des conflits internes, lorsqu’elles résument « le fardeau moral qui, depuis des millénaires, pèse sur les paysans individuels » et lorsqu’elles dépeignent leur « douloureux passage » de l’économie individuelle à l’économie collective.

Ainsi seulement, le réalisme « s’approfondira ». En revanche, exalter l’héroïsme révolutionnaire des masses populaires, en donner des images héroïques, cela n’est ni vrai, ni réaliste. L’« approfondissement du réalisme » est une marchandise directement importée du réalisme critique bourgeois et donc une théorie littéraire réactionnaire à l’extrême.

[4La théorie de l’opposition au « rôle décisif du sujet » est une idée littéraire artistique antisocialiste. Parmi les zélés propagateurs de cette opinion figurent notamment Tien Han et Hsia Yen. Dans le choix et le traitement d’un thème, un écrivain prolétarien doit avant tout considérer si celui-ci va dans le sens des intérêts du peuple.

Si l’on choisit et traite un certain thème, c’est pour contribuer à l’épanouissement de tout ce qui est prolétarien et à l’élimination de tout ce qui est bourgeois et c’est pour encourager les masses à suivre fermement la voie socialiste.

Les théoriciens de l’opposition au « rôle décisif du sujet » considéraient ces vues correctes comme des règles draconiennes qu’il « faut éliminer complètement ». Sous prétexte d’élargir la gamme des thèmes littéraires, ils préconisaient de rompre avec « les canons révolutionnaires » et de se rebeller contre « la juste voie de la guerre ». Ils soutenaient qu’il avait été trop question de révolution et de lutte armée dans notre cinéma et qu’on ne pourrait faire du nouveau qu’en rompant avec ces canons et en trahissant cette juste voie. Certains proposaient d’écrire sur la « sympathie humaine », l’« amour de l’humanité », les « petites gens » et les « petites choses ». En fait, tous ces points de vue constituent des tentatives pour que la littérature et l’art s’écartent de la voie de servir la politique prolétarienne.

[5La théorie des « personnages moyens » est une vue erronée dont Chao Tsiuan-lin, qui fut l’un des vice-présidents de l’Association des Écrivains chinois, a été le principal promoteur. Entre l’hiver de 1960 et l’été de 1962, il formula à maintes reprises cette opinion. Il calomniait la grande majorité des paysans pauvres et des paysans moyens de la couche inférieure en les présentant comme des personnages « moyens » hésitant entre le socialisme et le capitalisme. Il considérait que les œuvres littéraires devaient faire plus de place à ces « personnages moyens ». Son but était de répandre un sentiment de scepticisme et d’irrésolution face au socialisme et en même temps de faire obstruction à la peinture de héros de l’époque socialiste dans les œuvres littéraires et artistiques.

[6La théorie de l’« opposition à l’odeur de la poudre ». La littérature du révisionnisme moderne s’étend avec complaisance sur les horreurs de la guerre et répand « la philosophie de la survie à tout prix » et le capitulationnisme afin de paralyser la volonté de lutte des peuples et de répondre aux besoins de l’impérialisme. Ces dernières années, dans notre pays aussi il s’est trouvé des gens pour clamer sans cesse que notre littérature sentait trop la poudre, que la scène de notre théâtre n’était qu’un hérissement de fusils et que cela était inesthétique. Ceux-là recommandaient aux écrivains de rompre avec les « canons révolutionnaires » et de se rebeller contre « la juste voie de la guerre ». L’opposition à une littérature répandant l’« odeur de la poudre » est en fait un reflet du courant révisionniste dans les cercles littéraires et artistiques de notre pays.

[7La « synthèse de l’esprit de l’époque » est une théorie absurde anti-marxiste-léniniste dont Tcheou Kou-tcheng se fit le représentant. Celui-ci niait que l’esprit de l’époque fût celui qui pousse celle-ci dans sa marche en avant et que le représentant de cet esprit fût la classe avancée qui donne son impulsion à cette même époque. Il soutenait que l’esprit de l’époque ne peut être que la « synthèse » des « diverses idéologies des diverses classes » où confluaient « toutes sortes d’esprits pseudo-révolutionnaires, non révolutionnaires et même contre-révolutionnaires ».

La « synthèse de l’esprit de l’époque » n’est donc rien d’autre que la théorie tout à fait réactionnaire de la « réconciliation de classe ».