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Combattre le révisionnisme, assumer la continuité

Le révisionnisme est quelque chose d’essentiel pour les communistes, car c’est un ennemi qui naît dans nos propres rangs. Le révisionnisme consiste en la « révision » du marxisme, de ses principes, de sa nature. Il peut s’agir de changements ouverts, comme de modifications masquées.

Le révisionnisme est donc un ennemi redoutable, d’où l’avertissement de Staline : « les meilleures forteresses se prennent de l’intérieur. »

Ce qu’il voulait dire par là, est qu’une erreur simple mais complète à un moment donné, peut faire que tout s’effondre, se retourne en son contraire. Et c’est ce qui est arrivé en URSS à la mort de Staline, ainsi qu’en Chine populaire à la mort de Mao Zedong. Dans les deux cas, les révisionnistes en ont profité pour faire un putsch et prendre les commandes de l’État, transformant un pays socialiste en État fasciste.

Lénine n’a cessé de batailler contre le révisionnisme pour développer le bolchevisme ; Staline avait remarqué le phénomène et l’avait combattu sans relâche pour préserver l’URSS. Cependant, c’est Mao Zedong a le mieux saisi comment combattre le révisionnisme. Il note ainsi :

« La lutte de classes, la lutte pour la production et l’expérimentation scientifique sont les trois grands mouvements révolutionnaires de l’édification d’un pays socialiste puissant.

Ces mouvements constituent une sûre garantie permettant aux communistes de se garder de toute bureaucratie, de se prémunir contre le révisionnisme et le dogmatisme et de demeurer toujours invincibles, une sûre garantie permettant au prolétariat de s’unir avec les larges masses travailleuses et de pratiquer une dictature démocratique.

Si, en l’absence de ces mouvements, on laissait se déchaîner les propriétaires fonciers, les paysans riches, les contre-révolutionnaires, les mauvais éléments et les génies malfaisants, tandis que nos cadres fermeraient les yeux et que nombre d’entre eux n’opéreraient même pas de distinction entre l’ennemi et nous, mais collaboreraient avec l’ennemi, se laissant corrompre, démoraliser et désunir par lui, si nos cadres étaient ainsi entraînés dans le camp ennemi ou si l’ennemi parvenait à s’infiltrer dans nos rangs, et si beaucoup de nos ouvriers, paysans et intellectuels se laissaient aussi séduire ou intimider par l’ennemi, alors il se passerait peu de temps, peut-être quelques années ou une décennie, tout au plus quelques décennies, avant qu’une restauration contre-révolutionnaire n’ait inévitablement lieu à l’échelle nationale, que le parti marxiste-léniniste ne devienne un parti révisionniste, un parti fasciste, et que toute la Chine ne change de couleur. » (cité dans : Le Pseudo-communisme de Khrouchtchev et les leçons historiques qu’il donne au monde)

Lutte de classes, lutte pour la production, expérimentation scientifique : c’est le rapport au réel, dans toute sa dignité, qui est décisif.

Posons maintenant la question : comment se présente le révisionnisme que nous refusons ? En voici les principales thèses, dans la lignée des positions de feu Ludo Martens, ex dirigent du PTB.

1. « le mouvement est tout, le but n’est rien » : il n’y aurait pas besoin de s’occuper de la théorie, de faire des analyses, il suffirait de participer à des luttes, au « mouvement social », de suivre le cours des choses, etc.

Exemple : syndicalistes de « luttes de classe », « marxiste-léniniste », électoralisme, etc.

2. « Il n’y a pas besoin de Parti, seulement d’une organisation de combat » : l’avant-garde n’aurait qu’à montrer le chemin de manière « radicale », et les masses suivraient forcément et « naturellement. »

Exemple : Che Guevara et la théorie du « foyer » révolutionnaire.

3. « La dictature du prolétariat n’est pas nécessaire, ou bien peut prendre des formes multiples » : c’est la négation de la direction de classe ouvrière par l’intermédiaire de son Parti, au nom du « progrès ».

Exemple : républicanisme de Prachanda au Népal, relativisme national-bourgeois de Louis Van Geyt en Belgique.

4. « Les temps ont changé, le monde a changé » : les principes scientifiques ne seraient plus valables.

Exemple : le « nouveau cours » du PTB d’aujourd’hui – « dirigé » par Peter Mertens et Raoul Hedebouw −, justifiant ses mutations historiques.

5. « Marx suffit, il n’y a pas besoin d’Engels et de sa mystique dialectique » : il y aurait le matérialisme historique, mais pas le matérialisme dialectique.

Exemple : toute l’histoire du marxisme belge, ou presque !

Il y a là une importante question de fond. Il s’agit d’assumer le matérialisme dialectique ; or, dans la mentalité belge pétrie de « matérialisme » bourgeois, d’anticapitalisme romantique cela apparaît comme du mysticisme, de la folie pure.

La dialectique est ainsi considérée comme un « délire » allemand, une « lubie » d’Engels dont on pourrait se passer tout en se disant marxiste.

Quant au Parti de type nouveau, n’en parlons pas : l’esprit petit-bourgeois − omniprésent en Belgique −, pétri d’individualisme, considère comme insupportable la discipline de Parti.

Citons ici Lénine, et pensons à « Belges » là où il parle des Russes :

« Cet anarchisme de grand seigneur est particulièrement propre au nihiliste russe. L’organisation du Parti lui semble une monstrueuse « fabrique », la soumission de la partie au tout et de la minorité à la majorité lui apparaît comme un « asservissement »…, la division du travail sous la direction d’un centre lui fait pousser des clameurs tragi-comiques contre la transformation des hommes en « rouages et ressorts »… ; le seul rappel des statuts d’organisation du Parti provoque chez lui une grimace de mépris, et la remarque… dédaigneuse que l’on pourrait se passer entièrement de statuts…

Il est clair, je pense, que ces protestations contre le fameux bureaucratisme servent simplement à masquer le mécontentement de la composition des organismes centraux et ne sont qu’une feuille de vigne… Tu es un bureaucrate parce que tu as été nommé par le congrès non pas selon ma volonté, mais contre elle ; tu es un formaliste parce que tu t’appuies sur les décisions formelles du congrès et non sur mon consentement ; tu agis d’une façon grossièrement mécanique, parce que tu te réfères à la majorité « mécanique » du congrès du Parti, et ne tiens pas compte de mon désir d’être coopté ; tu es un autocrate parce que tu ne veux pas remettre le pouvoir aux mains du vieux groupe de braves compagnons. »

Il faut ainsi bien voir que le révisionnisme s’exprime toujours par des velléités d’organisation « différente » : ainsi, pour le PTB comme pour les trotskystes, il s’agit aujourd’hui d’ouvrir les rangs au maximum de monde ; il faut diluer l’idéologie, il faut arrêter de vouloir des cadres, il faut accepter les exigences individuelles, etc. Cela peut être surtout de l’opportunisme, mais cet opportunisme a toujours comme base une insuffisante compréhension de l’idéologie, une insuffisante confiance en la force de celle-ci, en sa toute-puissance.

Si en tant que maoïstes nous posons problème, ce n’est donc pas seulement en raison de nos positions. Si l’on regarde bien, c’est notre démarche même qui pose problème aux révisionnistes et à l’extrême-gauche petite-bourgeoise. Le fait même de dire : notre volonté est de construire une organisation révolutionnaire, sans passer par les autres parce que nous avons confiance en notre idéologie, est totalement incompréhensible pour ces gens.

Et pour cause : quelle idéologie à part le communisme peut être aussi « prétentieuse », « totalitaire » ? Il y a là une question de classe.

Mais dans une mentalité de coterie, de refus de la théorie, de culte de l’individu, le principe de construire un Parti marxiste est une provocation sans nom pour le petit-bourgeois qui veut la radicalité associée au libéralisme personnel.

Ce qui fait que la continuité est un grand critère ; assurer la continuité et l’opiniâtreté correspond à l’état d’esprit nécessaire, l’esprit d’abnégation, dans l’édification du Parti dont on a besoin. Ce qui va de pair avec une attention très grande au révisionnisme, afin de le refuser complètement. Cela est nécessaire pour parer les coups de pression extérieurs, avec ses mensonges, calomnies, menaces, etc.

Et dans ce cadre, la défense du matérialisme dialectique, le noyau dur de l’idéologie prolétarienne, est la priorité absolue de toute personne communiste. C’est le grand critère !

« La loi de la contradiction inhérente aux choses, aux phénomènes, ou loi de l’unité des contraires, est la loi fondamentale de la dialectique matérialiste. Lénine dit : ’Au sens propre, la dialectique est l’étude de la contradiction dans l’essence même des choses’ … ». (Mao Zedong, De la contradiction)

mercredi 6 décembre 2017


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