Centre MLM de belgique

Cellules Communistes Combattantes : Action contre Honeywell − 1984

Cellules Communistes Combattantes
Première campagne anti-impérialiste d’Octobre
Action contre Honeywell, 8 octobre 1984

Après nos attaques contre les sociétés LITTON BUSINESS et MAN, nous, Cellules Communistes Combattantes, avons attaqué ce matin du 8 octobre 1984 le QUARTIER GÉNÉRAL POUR L’EUROPE DE LA MULTINATIONALE US HONEYWELL, avenue Henri Matisse à Evere, à quelques centaines de mètres du siège de l’OTAN ... C’est donc à tous les niveaux que nous nous rapprochons du cœur de la bête ! L’attaque du QG d’HONEYWELL EUROPE, sis à côté de l’immeuble HONEYWELL SA qui limite ses activités à la Belgique, a été réalisée au moyen d’une forte charge que notre Cellule y a placée malgré le dispositif policier et les mesures de sécurité prises par HONEYWELL ( caméras, vigiles, etc. ).

Cette action s’inscrit exactement dans l’esprit de la « Campagne anti-impérialiste d’octobre » que nous avons débutée le 2 de ce mois, car en effet le trust HONEYWELL, multinationale bien connue de l’électronique et de l’informatique, collabore activement au programme de construction des missiles Cruise en fournissant, entre autres, l’électronique du système de direction.

Honeywell, c’est aussi le principal fournisseur dans la fabrication des missiles intercontinentaux de type « MX Peacekeeper », le fabricant des systèmes de navigation du bombardier géant B-52 (actuellement équipé de la version air-sol des missiles Cruise-type AGM86), et le producteur d’une gamme d’armements allant des torpilles aux radars, des ordinateurs militaires aux bombes à fragmentations ce qui place HONEYWELL parmi les 20 principaux collaborateurs militaires des USA.

Et comme nous avons un peu de mémoire, nous rappellerons que c’est HONEYWELL qui avait fabriqué l’ordinateur qui coordonnait les bombardements massifs de 1972 sur le Nord Vietnam, et que la FRACTION ARMÉE ROUGE — Commando du 15 juillet — a détruit lors de son attaque contre le QG de l’armée américaine en Europe, Heidelberg.

Le nouveau coup porté ce matin contre HONEYWELL permet maintenant d’exprimer un point de vue que nous n’avions pas encore soulevé et qui est essentiel. Voici quelques faits :

— Le 14 octobre 1982, le groupe révolutionnaire « DIRECT ACTION » a attaqué à la bombe ( un camion piégé de 200 kg d’explosifs ) la compagnie industrielle LITTON SYSTEM CANADA LTD, à l’endroit même où sont fabriqués les systèmes de guidage des Cruise, causant ainsi des dégâts très importants.

— Le 23 juin 1983, à Düsseldorf, LITTON BUSINESS SYSTEM a été attaqué par des révolutionnaires qui y ont placé une bombe incendiaire.

— Le 19 septembre 1983, les CELLULES RÉVOLUTIONNAIRES ont fait sauter le centre informatique de l’usine MAN de Mayence ( RFA ) où sont fabriqués les châssis des véhicules porteurs et lanceurs des missiles Pershing.

— Le 20 novembre 1983, c’est HONEYWELL BULL à Düsseldorf qui est à son tour attaqué par les CELLULES RÉVOLUTIONNAIRES.

— Le 14 décembre 1983, une Unité de I’UNITED FREEDOM FRONT a attaqué, également à l’explosif, les bureaux et les installations d’HONEYWELL à New York.

Nous n’avons cité ici que les actions connues et dirigées contre les trois sociétés que nous avons, à notre tour, attaquées, mais c’est quotidiennement et dans le silence des médias bourgeois que les militants révolutionnaires, dans tous les pays, sabotent les préparatifs et la production de guerre. La convergence des cibles entre, dans ce cas-ci, des militants des USA, du Canada, d’Allemagne fédérale et de Belgique n’est certes pas le produit du hasard. La mondialisation dos rapports d’exploitation dans la phase impérialiste a pour conséquence immédiate une homogénéisation croissante des antagonismes sociaux au cœur des centres impérialistes que sont l’Amérique du Nord et l’Europe Occidentale. Tous, mis aujourd’hui face aux menaces de guerre, c’est par millions que les travailleurs d’Amérique du Nord et d’Europe Occidentale, les peuples entiers disent NON aux options bellicistes de « leurs » gouvernements.

Comme les quelques exemples cités plus haut le démontrent, de la guérilla contre le militarisme impérialiste aux oppositions de masse, un souffle d’espérance révolutionnaire traverse — avec des hauts et des bas — tout le secteur central de l’impérialisme ; mais cela ne veut certainement pas dire que l’unité politique objective existe à travers tous ces courants. Nous, communistes révolutionnaires, pensons que les directives de Lénine sont d’une grande pertinence à ce propos et nous les mettrons en application :

« Ils [les communistes] participeront activement à tout mouvement et à toute manifestation sur ce terrain, mais ils ne tromperont pas le peuple en laissant croire qu’en l’absence d’un mouvement révolutionnaire il est possible de parvenir à une paix sans annexions, sans oppressions des nations, sans pillages, sans que subsiste le germe de nouvelles guerres entre les gouvernements actuels et les classes actuellement dirigeantes. Tromper ainsi le peuple ne ferait que porter de l’eau au moulin de la diplomatie secrète des gouvernements belligérants et de leurs plans contre-révolutionnaires. Quiconque désire une paix solide et démocratique doit être partisan de la guerre civile contre les gouvernements de la bourgeoisie. »

Et c’est aussi dans cet esprit que nous faisons nôtres les positions des Brigades Rouges / PCC :

« La toile de fond que le prolétariat international a face à lui est très précise : le capitalisme s’apprête à lui faire payer le prix le plus cher que son système social est obligé de présenter cycliquement aux masses qu’il exploite et opprime : la guerre. »

« Mais un mot d’ordre unit les exploités : TRANSFORMER LA GUERRE IMPÉRIALISTE EN RÉVOLUTION PROLÉTARIENNE POUR LE COMMUNISME ! ! ! »

« Dans la maturation accélérée de la crise du capital vers la guerre, une occasion exceptionnelle s’offre au prolétariat international : celle de faire un important pas en avant dans le processus global de la révolution prolétarienne mondiale en conquérant le pouvoir politique dans un ou plusieurs pays capitalistes. »

« En particulier, la possibilité de battre la bourgeoisie dans les pays capitalistes avancés est aujourd’hui complètement accessible et ainsi asséner un coup décisif à l’impérialisme. Mais pour cela, pour ne pas se faire surprendre au dépourvu devant la précipitation des événements, il faut développer l’unité objective du prolétariat partout dans le monde par une unité consciente de son avant-garde communiste. Il faut que les communistes de tous les pays s’acheminent résolument vers la construction d’une nouvelle INTERNATIONALE COMMUNISTE fondée RIGOUREUSEMENT SUR LES PRINCIPES DU MARXISME-LÉNINISME. »

Notre attachement aux principes de l’Internationalisme Prolétarien repose à la fois sur la nécessité pour le prolétariat mondial de s’unir pour pouvoir réellement faire face à une bourgeoisie impérialiste depuis longtemps organisée au plan transnational, ainsi que sur l’obligation dans la marche vers le communisme de faire progresser simultanément l’ensemble de l’humanité : « Ou il y aura le communisme pour tous, ou il n’y aura de communisme pour personne. » Cet attachement à l’Internationalisme Prolétarien est et sera toujours présent dans notre politique.

Un dernier point que nous voulons aborder concerne le choix de notre pratique actuelle : l’action politico-militaire. La forme d’action pratiquée principalement par les Cellules Communistes Combattantes est la guérilla urbaine comme choix stratégique que nous proposons au mouvement ouvrier et anti-guerre de ce pays pour dépasser dans un pas qualitatif la crise cul de sac du mouvement révolutionnaire. Nous ne prétendons certainement pas que les actions politico-militaires peuvent exclure toutes les autres formes de lutte développées par le prolétariat depuis deux siècles, mais nous affirmons avec force qu’il s’agit maintenant d’une alternative stratégique nécessaire à notre victoire sur les plans de la bourgeoisie, victoire inconnue pour les travailleurs depuis la fin de la seconde guerre mondiale. Depuis des décennies, le mouvement social et ses prétendus dirigeants révolutionnaires sont allés jusqu’au bout des possibilités des vieilles recettes démocratiques de combat, et il apparaît maintenant à celui qui n’est pas aveugle qu’elles ne suffisaient pas et surtout qu’elles ne pouvaient pas suffire ! Les manifestations de masse, violentes ou non, les grèves, générales ou pas, l’activité syndicale, offensive ou de trahison, les bulletins de vote, à gauche ou à droite, n’ont apporté au mouvement anti-capitaliste et à son prolongement anti-guerre que des défaites coûteuses et démoralisatrices.

L’ouverture d’un front politico-militaire de guérilla anti-impérialiste n’est certes pas la recette miracle qui balayera des années d’humiliation, de défaites et de découragement, mais elle peut et doit servir de base et de tremplin pour la relance de l’offensive anti-capitaliste dans ce pays.

C’est l’étincelle qui doit nous dépêtrer des pièges gluants du parlementarisme et de la concertation. On ne discute pas avec les exploiteurs de l’humanité, on les bat ! Le crétinisme parlementaire est d’autant plus misérable qu’à l’heure de l’impérialisme transnational, le parlement n’est plus qu’un décorum poussiéreux ; les vraies décisions concernant notre avenir — et non les minables palabres communautaires — sont prises dans les instances supranationales ( et extraparlementaires ) des vautours : les états-majors des multinationales, le Fonds Monétaire International, la CEE, l’OCDE, l’OTAN, la Banque Mondiale, etc.

Nous disons aussi qu’il serait erroné et réformiste de ne voir dans notre pratique de lutte armée, et surtout dans la lutte armée en tant que stratégie, qu’un moyen radical de refuser les Cruise ou les Pershing, ou encore de se battre contre les projets de la mafia Martens-Gol. Le mouvement révolutionnaire a des tâches dans lesquelles la lutte armée joue un rôle historique : la révolution sociale pour le communisme, la dictature du prolétariat et la construction d’un socialisme en marche vers la société sans classe et sans État.

C’est dans cette marche vers une humanité nouvelle, l’humanité d’où seront bannis la misère et l’exploitation, l’obscurantisme et le désespoir, que nous voulons nous inscrire maintenant en assumant notamment le lieu de l’affrontement militaire avec la bourgeoisie, car cet affrontement, pour tout révolutionnaire sincère, est inéluctable. Le pouvoir sur notre vie, l’autonomie de la classe ouvrière ne nous tombera jamais gratuitement dans les mains : nous devrons l’arracher des griffes de la bourgeoisie qui se donne tous les moyens de sa dictature, police, gendarmerie, prisons, armée, etc. Face à cela, les travailleurs doivent se donner les moyens de leur politique, ET LA GUÉRILLA EST L’UN DE CES MOYENS.

Comme l’a souligné Engels : « L’émancipation du prolétariat se manifeste aussi sur le plan militaire, et il saura créer de nouvelles méthodes de combat qui lui sont spécifiques. » Et Lénine : « La crise a montré que la bourgeoisie enfreint la légalité dans tous les pays, même les plus libres, et qu’il est impossible de conduire les masses à la révolution sans constituer une organisation clandestine pour préconiser, discuter, apprécier et préparer les moyens de la lutte révolutionnaire. »

« CONTRE LA GUERRE IMPÉRIALISTE, LA GUERRE CIVILE ! »

Organisons-nous et frappons sans relâche !

EN AVANT VERS LA CONSTRUCTION DE L’ORGANISATION COMBATTANTE DES PROLÉTAIRES !

EN AVANT VERS LA RÉVOLUTION COMMUNISTE !

TOUT LE POUVOIR AUX TRAVAILLEURS !

Cellules Communistes Combattantes
pour la construction de l’Organisation Combattante des Prolétaires


Quelques mises au point nécessaires. Les 4, 5 et 6 octobre 1984.

Il nous paraît important, vu l’ampleur des échos suscités par les actions des Cellules Communistes Combattantes contre LITTON BUSINESS et contre MAN, de répondre politiquement à certaines interrogations, à certaines interprétations erronées et déjà aux calomnies à propos de notre combat politico-militaire. Ce texte est donc un peu « brut », mais sans pour autant être une chronique sensationnaliste de faits-divers ... il exprime nos positions, réactions face au mouvement que nous avons déclenché.

En premier lieu, et de façon PRINCIPALE ET DÉFINITIVE, il nous faut affirmer la réalité et ses tenants politiques en ce qui concerne cette mystification qui tente de présenter les Cellules Communistes Combattantes comme étant politiquement et organiquement liées à Action Directe. Cette précision s’impose d’autant plus que cette idiotie est de plus en plus répandue dans les médias au fil des jours. Nous allons définir et expliquer plusieurs points qui indiquent pourquoi les Cellules Communistes Combattantes sont objectivement indépendantes d’Action Directe, et pour quelles raisons la bourgeoisie et ses flics tentent de faire croire le contraire.

Pour les communistes, la recherche de l’unité sur des bases politiques sérieuses, sans compromis, est un devoir historique. Ce qui veut dire que si l’unité politique et organisationnelle globale était possible avec Action Directe, nous la réaliserions immédiatement afin de faire progresser notre cause commune dans un pas qualitatif. Et ce pas ne nous semble pas franchissable aujourd’hui, même si nous pensons que les dernières actions menées par Action Directe et le discours qui les porte sont une qualité nouvelle dans sa lutte politique depuis 1979.

Mais si nous sommes, par certains côtés, critiques par rapport à Action Directe, nous le sommes solidairement et de la même façon que nous exigeons qu’elle le soit par rapport à nous afin de faire progresser la lutte armée pour le communisme dans les métropoles. La critique et la solidarité entre révolutionnaires sont des choses concrètes, une partie de notre identité qui est incompréhensible pour la bourgeoisie dont les rapports ne sont que domination et concurrence. Cela semble aussi incompréhensible pour beaucoup de journalistes ... ou de ministres qui ne peuvent imaginer que l’unité politique ne se fait pas sur l’emploi d’explosifs ou d’autres pratiques militaires. Au même registre, Gol ferait mieux de se taire quant à notre « digestion » de l’œuvre politique de Karl Marx, car nous ne le reconnaissons pas vraiment comme juge compétent à ce sujet, mais plutôt comme cible privilégiée pour ceux qui ont du marxisme une saine lecture !

Donc, nous le répétons avec force, et parce que seule la vérité est révolutionnaire : LES CELLULES COMMUNISTES COMBATTANTES ET ACTION DIRECTE SONT TOTALEMENT DISTINCTES, TANT AU NIVEAU DE LA DIRECTION POLITIQUE QUE DE L’AUTONOMIE DES STRUCTURES. Nous attendons enfin, de la part des camarades d’Action Directe, qu’ils fassent le plus rapidement possible une communication clarifiant leur autonomie par rapport aux Cellules Communistes Combattantes et à notre combat.

Si maintenant, dans des cas ponctuels et sur des tâches définies, des combattants de diverses structures luttent ensemble, nous expliquerons la qualité de l’unité politique particulière à chaque cas et son intérêt. Car, au-delà de la réalité de notre autonomie, il y a la recherche du développement global des forces communistes dans le monde. « À l’organisation internationale du capital doit répondre l’organisation internationale des travailleurs. »

Nous comprenons la pratique policière développée cette semaine — de nous amalgamer à Action Directe — à plusieurs niveaux. Nous sommes aussi confortés dans cette analyse par le fait que de fausses informations, fabriquées de toutes pièces ( comme par exemple celle parue dans La Dernière Heure du vendredi indiquant que nos communiqués étaient imprimés sur un papier semblable à celui ayant servi à la confection des tracts d’Action Directe ! ) sont répandues dans le but évident de masquer la vérité.

La première des raisons de l’amalgame Cellules Communistes Combattantes / Action Directe est simplement policière : il faut une piste et en voilà une bien bonne que l’on exploite, quitte à raconter n’importe quoi, même ce que les rapports de police démentent ... Il faut justifier l’existence et les subsides ( qui pour une fois ne manquent pas ) de ce Groupe lnterforces Anti-terroristes et lui décerner quelques bons points. Nous en profitons pour rappeler à cette occasion, à ceux qui nous rendront responsables de son existence, qu’il nous est — au niveau public — largement antérieur, car ce n’est pas pour rien, ni contre rien, que l’OTAN a choisi notre pays pour installer ses camps retranchés.

La seconde de ces raisons, et la plus importante à dénoncer politiquement, est le contenu de cette manœuvre. Ce que veulent faire croire les flics, c’est que l’apparition / développement d’une pratique de guérilla révolutionnaire en Belgique n’est pas possible, qu’elle ne peut être liée qu’à une initiative extérieure, un « produit d’importation » : en fin de compte débiliser l’opposition anti-impérialiste, infantiliser les forces communistes dans ce pays.

Voilà la vraie raison de cet amalgame : faire croire qu’il n’y aurait pas de raisons objectives, de légitimité concrète à la lutte révolutionnaire ici, que tout cela ne nous concerne pas. Et bien non, c’est le contraire qui se passe, la crise économique frappe les travailleurs et les travailleuses dans ce pays comme dans peu d’autres, la Belgique est une plaque tournante de l’impérialisme et un des principaux centres de l’OTAN, enfin nous vivons dans un pays où la classe ouvrière a bien plus d’une fois démontré sa grande combativité ... Tout cela ne peut se concrétiser aujourd’hui que dans une radicalisation de la lutte révolutionnaire.

La troisième de ces raisons, liée à la mise en épingle médiatique des Cellules Communistes Combattantes, vise à nous identifier au « monopole » de la guérilla révolutionnaire, comme ce fut fait il y a quelques années par rapport à la Fraction Armée Rouge ouest-allemande, afin d’en déposséder l’ensemble du mouvement révolutionnaire. Donc, de ce « monopole » nous n’en voulons pas ! Nous n’en voulons pas aujourd’hui, car si nous nous définissons en tant que cellules, c’est parce que pour nous, l’Organisation révolutionnaire structurée, puissante, capable concrètement de défendre la ligne politique et la stratégie prolétarienne gérant le chemin à parcourir par la classe ouvrière pour la prise du pouvoir politique, économique et militaire, cette Organisation n’existe pas et il faut la construire.

Cette Organisation ( telle par exemple les Brigades Rouges PCC ) pourra et devra prétendre à la direction du mouvement révolutionnaire et de la guérilla. Mais ici, tout reste à faire et une multitude d’expériences diverses de combat radical anti-capitaliste devront encore naître pour que de leur fusion, de leurs apports et de leurs contradictions, émerge l’Organisation combattante des prolétaires.

Nous n’avons donc aucune honte à reconnaître que nous ne sommes aujourd’hui que de très, trop, faibles forces dont la puissance réside dans l’alternative offensive que nous ouvrons dans ce pays face à la dégénérescence des mouvements anti-guerre et ouvriers induite par leurs directions révisionnistes — si pas bourgeoises — ne voyant pas plus loin que leur régionalisme, par des syndicats capitulards ou par des pacifistes démocrates.

Cette alternative de lutte révolutionnaire que les Cellules Communistes Combattantes ont eu l’honneur d’initier dans ce pays, il faut à présent que tous les communistes véritables s’y engagent, l’amplifient, l’approfondissent. Cette phase de la construction de la guérilla révolutionnaire est la plus difficile. Ulrike Meinhof l’a souligné et le Che en a fait l’expérience en Bolivie ; mais nous ne craignons pas cette phase pour la simple raison qu’elle est incontournable et qu’il faut que tous les militants et les travailleurs de ce pays s’engagent à contrer efficacement et dans une perspective historique révolutionnaire les projets patronaux, les projets politiques et militaires de la bourgeoisie impérialiste.

Une autre chose : nous avons eu l’occasion d’entendre GoI s’expliquer à propos de la « lutte anti-terroriste » qu’il comptait mener avec son complice Nothomb. Il y a plusieurs points à souligner à ce sujet. Premièrement, ce pitoyable comédien tente de nous faire croire que les énormes forces de répression ( toujours anti-terroristes ) dont cet état s’est doté sont des réponses à l’attaque de la synagogue de la rue de la Régence à Bruxelles ou à nos actions ( dans l’action contre la synagogue, très sélective : il n’y avait que des flics et les services de sécurité sionistes, nous voyons une juste réponse de la résistance palestinienne à l’impérialisme sioniste ). Mais que voudra-t-il nous faire croire encore après de pareilles bêtises ? L’organisation de forces spéciales de répression est le pilier principal de l’état bourgeois, son dernier point d’appui. Est-ce pour la sécurité des travailleurs dans ce pays que Gol a extradé les militants basques arrêtés près d’Anvers ? Est-ce pour la même raison qu’il est l’instigateur — alors que le pays n’a jamais été confronté, à part quelques bandes fascistes liées à l’armée, à l’existence d’organisations clandestines — en mai 1984, de la création d’un groupe ministériel « anti-terroriste » au sein du Conseil de l’Europe ? Qu’il a conçu il y a deux ans ce fameux G.I.A. dont le collège s’est réuni une première fois le 17 septembre ( pourquoi ? ) ? ... Ou bien est-ce dans la crainte de l’expansion et de la radicalisation des conflits sociaux, des mouvements anti-guerre, d’un souffle révolutionnaire devant une société moribonde ?

Qui Gol espère-t-il duper quand il raconte que c’est dans « le respect des libertés démocratiques » qu’il entend lutter contre le mouvement révolutionnaire ? Il est clair que ce « respect » sera de mise tant qu’il y aura pour la bourgeoisie de ce pays l’espoir de battre militairement la guérilla dans des délais très brefs, comme en témoigne l’ampleur de la mobilisation policière démesurée au regard des effets somme toute relativement limités de nos actions.

Car chaque fois qu’un état impérialiste de l’Europe « démocratique » ou d’ailleurs voit la pression des révolutionnaires s’accentuer, il quitte rapidement ses beaux discours pour faire quadriller militairement le pays, occupant celui-ci comme une armée d’invasion tel que c’est le cas au Pays Basque ou en Irlande, pour instaurer la torture comme en ont souffert nos camarades des Brigades Rouges en Italie, pour massacrer les prisonniers qu’il détient comme dans l’état modèle RFA. Et dans ce pays comme ailleurs, des mesures spéciales ont été, sont et seront utilisées dans le cadre de la contre-insurrection : des manœuvres de l’ABL sont organisées avec comme buts et sujets « maintenir l’ordre dans la province de Liège contre des groupuscules et des communistes » ( manœuvres pour le 4e cycliste à Elsenborn, il y a dix ans ). « Cerf bramant, lutte contre les envahisseurs et les pacifistes locaux » d’octobre 1975, ou encore plus clair et plus proche de nous, la manœuvre plaçant l’armée sous les ordres de la gendarmerie pour la répression des grèves et des manifestations d’ouvriers et de chômeurs ( Turnhout, 21 juin 1981 ). Les démocrates d’Amnesty International citent la Belgique parmi les pays entraînant les troupes de façon suspecte pour les interrogatoires. Les exemples ne manquent vraiment pas quand il s’agit de démontrer comment la bourgeoisie respecte ses « libertés démocratiques » lorsque sa domination est menacée ... comme en 1960, avec les blindés dans la rue !

Un journal a aussi émis l’hypothèse absurde selon laquelle la Cellule qui a mené l’action contre LITTON BUSINESS aurait truffé la charge explosive de grenaille ou de plombs ! C’est une odieuse calomnie en plus d’être une profonde imbécillité. Les bombes à billes, à fragmentations, ne font pas partie des armes de la révolution ; tout comme en sont bannies les armes de massacre et de destructions aveugles, gaz, bombes A, H ou N, napalm, etc. que toute armée bourgeoise se fait un devoir de posséder. Nous n’emploierons jamais ces engins que les peuples salvadorien, vietnamien, palestinien, namibien, angolais, et trop d’autres encore connaissent dans leurs chairs et dans leurs deuils pour s’être dressés contre les tueurs de l’apartheid, du sionisme et du pentagone. La bourgeoisie tente de nous identifier à ses propres méthodes, de nous salir de sa propre boue. Et c’est aussi dans ce sens qu’il faut interpréter la venue du service déminage au square Ambiorix où nous avions déposé la revendication de notre attaque. Pourquoi des révolutionnaires placeraient-ils une charge explosive dans un abribus ? Dans quel but ? Nous ne sommes pas dans le même camp que les sionistes qui, au Liban, infestaient les rues de jouets dissimulant des bombes anti-personnelles ou dans celui de l’impérialisme U.S. qui, au Vietnam, déversait des tonnes de bombes aux fragmentations en plastique afin qu’elles soient indétectables aux rayons X, des bombes dont l’effet principal est la mutilation et d’atroces souffrances ! Ce genre de bombes figure d’ailleurs dans les catalogues HONEYWELL.

Il a aussi été largement souligné que notre charge explosive placée chez LITTON BUSINESS n’était pas un modèle d’artifice et que son effet destructeur aurait pu être beaucoup plus puissant. C’est possible, et si c’est vrai, nous le regrettons beaucoup, mais nous ne sommes pas des mercenaires ou des spécialistes de l’explosif et nous avons certainement beaucoup de choses à apprendre dans la technique militaire. Nous sommes donc des militants politiques qui mettons en pratique nos convictions politiques et c’est aussi ainsi que se gagne l’expérience. Mener un attentat n’est pas une chose bien compliquée à réaliser et il est possible, même avec des moyens limités, de porter des coups très durs à la bourgeoisie impérialiste. C’est un devoir pour les communistes de s’engager aujourd’hui dans la lutte politico-militaire de guérilla même si nos capacités sont encore réduites.

La Cellule qui a mené l’attaque contre MAN l’a réalisée dans le but de détruire complètement tous les camions qui se trouvaient sur le parking. La presse s’est interrogée sur l’idée que l’échec militaire aurait été prémédité. Nous ne comprenons pas cette interrogation, nous ne sommes pas des démocrates et nous n’avons rien à tracter avec nos ennemis ou à ménager chez eux ! La Cellule qui n’a pas su mener à terme son action a présenté son autocritique pour cet échec et en a assimilé les causes. Nous le répétons encore une fois, nous sommes des militants politiques qui mettons en pratique nos idées et des échecs pratiques de ce genre se reproduiront certainement encore. Mais ce que l’action contre MAN, qui est un grand succès politique, a pu démontrer, c’est qu’il est possible de se battre avec peu de moyens. À ce propos nous ne conseillons à personne de se référer pour la préparation de matériels incendiaires à ce que les flics ont dit de ces engins, ce n’est qu’un ramassis de mensonges !

Nous n’insisterons pas sur les titres du genre « Si la bombe avait sauté à midi il y aurait ou des morts ... » car « Si l’intelligence frappait ce journaliste ( ? ), il découvrirait qu’elle a sauté à trois heures du matin et que ce n’est pas le fruit d’un curieux hasard ». Mais enfin, nous savons que ce n’est pas la dernière fois, et des alertes à la bombe dans des centres commerciaux ( comme par exemple celle de vendredi soir à City 2 ) à ce genre de titre de presse, tout sera mis en œuvre pour nous calomnier, pour nous couper de la sympathie des populations, pour dénaturer nos idées et notre pratique politique.

Nous n’avons pas non plus été surpris par la mauvaise foi et l’énormité des mensonges du sieur Hugo September, directeur de M.A.N. Belgique, qui s’est pitoyablement emmêlé les pinceaux devant les caméras de télévision en tâchant de raconter que sa société mère ne construisait pas les semi-remorques pour les missiles de l’OTAN que nous avons dénoncés dans la revendication de notre action. Les mensonges de ce monsieur sont à la mesure de la honte de ses activités, tout le monde pourra s’en rendre compte à la lecture du numéro de juin de la revue professionnelle, proche de l’OTAN, " STRATÉGIE ET DÉFENSE ", au sommaire duquel on trouve un dossier particulièrement bien renseigné sur le missile Pershing II. Que Monsieur September ne raconte pas ses salades trop longtemps, l’OTAN pourrait ne pas lui régler sa facture !

Mais soyons sérieux ... Aujourd’hui 8 octobre 1984, les Cellules Communistes Combattantes ont attaqué HONEYWELL ... ( à suivre ).