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CAPC : Combattons pour la révolution socialiste – 1994

Lutter de façon efficace contre l’exploitation, l’injustice sociale, le chômage, la pauvreté extrême des trois quarts de la planète, la guerre, le racisme, la répression policière, la corruption des gouvernements... est impossible sans lutter pour la destruction du capitalisme dans sa totalité.

D’où viennent les richesses ? Du Travail. Où vont les richesses ? Au Capital.

Quotidiennement, une quantité énorme de biens est produite. Elle est le fruit du travail des salariés. Il s’agit bien sûr principalement de la production de richesses matérielles permettant de subvenir aux besoins (nourriture, confort...). Mais il s’agit aussi de la distribution de services : soins médicaux, enseignement, voirie... Et les salariés sont payés pour leur travail. Mais comment ? Peu. Et par qui ? Par les patrons et par l’Etat.

Examinons cela de plus près : d’un côté, il y a des travailleurs ; ils doivent travailler « pour gagner leur vie » ; ce sont eux qui produisent les richesses et fournissent les services aux personnes, ce sont eux qui vendent leur force de travail car ils n’ont rien d’autre à vendre. De l’autre côté, il y a les capitalistes ; ils possèdent les moyens de productions et les entreprises, ils organisent la production, vendent les produits fabriqués par leurs ouvriers et payent ces derniers, c’est-à-dire achètent la force de travail que ceux-ci ont fourni.

Alors comment se fait-il que les patrons soient riches et que les ouvriers ne le soient pas ? Bien sûr, parce que les patrons ; ces sales parasites, exploitent les travailleurs le plus possible ! Mais la situation est bien pire encore que celle-ci. En effet, même si les travailleurs par leurs luttes revendicatives (temps de travail) peuvent limiter l’exploitation, les patrons sont toujours des exploiteurs. Même le plus « généreux » des patrons est un exploiteur, car l’exploitation est ancrée dans les rapports de production capitalistes eux-mêmes : le travailleur est payé en moyenne par mois le nécessaire pour subvenir à ses besoins, alors que chaque mois il ajoute de la valeur aux matériaux qu’il transforme ou assemble, valeur nettement supérieure à son salaire.

Cette différence entre la valeur que l’ouvrier ajoute aux marchandises qu’il transforme et la valeur des marchandises en lesquelles il convertit son salaire (pour vivre plus ou moins décemment), s’appelle plus-value : cette plus-value, c’est le patron qui, pour une part, se la met en poche et qui, pour le reste, la réinvestit dans l’entreprise, augmente son capital. Et le profit fait par les patrons est immense par rapport aux salaires des travailleurs. La plus-value est la base économique du profit, moteur de l’économie capitaliste. Voilà la contradiction principale de notre société, celle qui engendre toutes les autres : la contradiction entre le Travail et le Capital.

Cette contradiction entraîne la lutte entre les deux classes de notre société : la classe des travailleurs, qui produit les richesses : le prolétariat ; et celle des capitalistes, qui possède les richesses : la bourgeoisie. Dans la lutte incessante que se mènent ces deux classes aux intérêts fondamentalement inconciliables, c’est jusqu’ici la bourgeoisie qui domine.

Car pouvoir économique et pouvoir politique sont liés : les rapports sociaux de production, l’organisation économique de la société, qui sont structurés par la bourgeoisie, sont la base matérielle, l’infrastructure au-dessus de laquelle se forme la domination politique de la classe exploiteuse et la superstructure idéologique qui la défend. La principale superstructure de domination de la classe exploiteuse est l’état. L’état n’est pas un organe neutre, ni généreux ni juste.

L’état est un appareil de la bourgeoisie.

C’est un appareil économique, servant à maintenir l’existence du mode de production capitaliste ballotté dangereusement par la concurrence entre les monopoles, et utilisant à cette fin lois, guerres. C’est un appareil de répression immédiate servant à l’intervention et au contrôle lors des grèves et des manifestations trop violentes ou subversives, lors de toutes les initiatives révolutionnaires ; servant à protéger la propriété privée, car celle-ci est concentrée dans les mains de la minorité bourgeoise.

Une partie de cet appareil de répression est concrétisée dans le système judiciaire. Les lois sont la partie théorique de ce rôle répressif de l’état. Elles ont été écrites par la bourgeoisie. Et elles illustrent parfaitement un autre but fondamental de l’état : la défense idéologique de la bourgeoisie, car les lois et le système judiciaire protègent ses intérêts : c’est la bourgeoisie qui définit ce qui est « juste » : en réalité, ce qu’elle appelle « juste », c’est le fonctionnement normal du capitalisme : l’oppression et l’exploitation du peuple.

Les gouvernements, parlements, sont aussi une partie de cette superstructure et un outil de la bourgeoisie : ce qu’on appelle corruption n’est pas autre chose que la forme illégale de la collaboration dans les hautes sphères du pouvoir entre le gouvernement et les entreprises (collaboration qui possède quantité d’autres formes, moins illégales, mais tout aussi immorales, comme l’appartenance d’hommes d’affaires au gouvernement, qui votent pour accorder des subsides à leurs entreprises).

C’est pourquoi, même si l’extorsion de plus-value se passe de façon indirecte pour les fonctionnaires salariés, par l’intermédiaire de l’état, ceux-ci appartiennent aussi au prolétariat car ils sont aussi exploités et ont les mêmes intérêts objectifs, partagés par tous ceux que l’état délaisse (chômeurs).

Le capitalisme, une étape à dépasser.

La bourgeoisie a dû se libérer par la violence de la féodalité pour dépasser le mode de production féodal devenu une entrave au développement économique. Elle a imposé le capitalisme. Le capitalisme s’est étendu à toute la planète, de façon plus ou moins développée. Mais ce qui a permis au capitalisme de s’imposer est aussi ce qui doit le perdre. Pour continuer à augmenter leurs bénéfices, ce qui est le but et la condition de survie de toute entreprise, les capitalistes n’ont pas beaucoup de solutions. Ils doivent être plus productifs que leurs concurrents. Pour cela, ils continuent de développer la technique et l’automatisation, qui réduit la main-d’œuvre et donc les salaires à payer. A court terme cette opération augmente donc le bénéfice, mais à long terme, un moins grand nombre d’ouvriers fournit moins de plus-value, et donc moins de profit.

C’est ce phénomène inévitable qui est le germe de la destruction du mode de production capitaliste : son profit tend à disparaître ! Pour maintenir son profit, il faut produire toujours plus ; mais il faut aussi vendre ce que l’on produit pour réaliser la plus-value, pour la retransformer en capital. Cela n’est pas toujours possible : peu à peu les marchandises s’accumulent sur le marché, et il y a crise de surproduction, crise que le capitalisme ne peut résoudre que par la violence, envers les ouvriers (surexploitation) et entre les capitalistes (guerre). Le taux de profit baissant encore, ces crises s’aiguisent et se rapprochent dans le temps : on arrive à un état de crise permanente.

Le capitalisme ne peut plus que retarder sa chute. Pour cela il possède plusieurs solutions.

Surexploitation, impérialisme, guerre, monopolisme.

La première solution est d’exploiter toujours davantage le prolétariat ; cette solution est appliquée autant que possible mais limitée par les acquis sociaux du prolétariat et sa lutte incessante. En plus, l’exploitation a ses limites : il faut que le prolétariat survive si l’on veut qu’il puisse toujours travailler !

La diminution de l’emploi et par là l’accroissement du chômage permet aux patrons d’exploiter plus facilement : la masse de chômeurs forme en quelque sorte une armée de réserve des entreprises, crée une « concurrence » artificielle entre prolétaires, entre vendeurs de force de travail, et permet de restreindre les acquis sociaux, d’imposer des cadences infernales, d’empirer les conditions de travail (salubrité, sécurité...), et de déplacer selon ses besoins les travailleurs entre secteurs et entre pays.

Ainsi, par exemple, on importe de la main d’œuvre bon marché des pays opprimés (Polonais, Maghrébins) ; ces travailleurs sont les premières victimes de la surexploitation, de la fausse concurrence. Bien sûr, cette fausse concurrence est exploitée idéologiquement par la bourgeoisie (partis libéraux ou fascistes) qui encourage les réactions racistes et xénophobes d’une partie du prolétariat et divise les masses travailleuses en deux groupes artificiels, apparemment concurrents. La deuxième solution est de créer de nouveaux marchés et de nouvelles industries.

Cela peut se faire en développant le capitalisme là où il est encore rudimentaire et profitable. C’est ainsi que les pays sous-développés et les pays de l’Est sont une aubaine pour le capitalisme. De plus, en maintenant faibles les techniques et les sciences de ses pays, en les maintenant dépendants des capitaux occidentaux, les multinationales s’assurent d’une main d’œuvre quasi gratuite (qui se contente d’un peu de nourriture) et d’un taux de profit très élevé (car la mécanisation est faible). Cependant la terre a une taille limitée et cette possibilité s’épuise peu à peu.

Mais créer de nouveaux marchés peut également se faire en détruisant artificiellement des produits pour les refabriquer : c’est pourquoi le capitalisme a besoin des guerres. Et la concurrence entre forces capitalistes devient un antagonisme allant jusqu’à l’affrontement. Les entreprises de construction qui remettent sur pied le Koweït sont prospères, et tels des vautours les multinationales lorgnent déjà l’ex-Yougoslavie.

La troisième solution est de regrouper les entreprises. Pour rester concurrentiel, il faut mécaniser, maintenir les moyens de production à un niveau technologique élevé : pour cela, le capital de l’entreprise doit être de plus en plus élevé. Si le profit est bas, ce n’est pas simplement en l’accumulant que l’on peut rapidement augmenter ce capital. Donc il faut regrouper plusieurs capitaux ; on mécanise, on restructure, et une masse de travailleurs sont licenciés.

Ce phénomène est quotidien et amène les entreprises à devenir toujours plus grosses et toujours moins nombreuses : les monopoles envahissent progressivement le marché, il y a de moins en moins de place pour les petites entreprises, qui finissent avalées ou en faillite. C’est ainsi que tendanciellement, en adoptant comme elle doit le faire cette solution, la société capitaliste tend à une concentration de plus en plus grande de capitaux dans un nombre de plus en plus petit d’entreprises : les effectifs de la bourgeoisie tendent vers Zéro !

Lorsque le capitalisme développe toutes ces solutions, il a atteint ce que Lénine appelle son stade suprême : l’impérialisme. Et il l’a atteint depuis longtemps déjà, près d’un siècle. L’impérialisme se caractérise en l’exploitation par les pays riches et puissants de l’Occident des pays dits sous-développés, comme nous l’avons vu.

Cette domination des pays impérialistes sur les pays dominés est actuellement la forme principale de la contradiction Travail-Capital, mais elle est bien un résultat de celle-ci : les travailleurs de là-bas et ceux d’ici ont les mêmes intérêts, forment une même classe.

Aujourd’hui le capitalisme (comme la féodalité il y a deux siècles) est un système économique réactionnaire, qui doit être dépassé en un système économique où la production est collectivisée, où la propriété privée est abolie. Mais la bourgeoisie s’accrochera à ses privilèges jusqu’à ce qu’on les lui arrache par la force, retardant sa perte par ces solutions dont le prolétariat est la victime. La révolution socialiste, cette grande étape nécessaire, ne se fera pas sans les hommes. Le prolétariat a la tâche historique de faire disparaître pour le dépasser ce système qui possède l’exploitation pour principe d’existence.

Le Parti et la Révolution.

Le seul moyen d’en finir une fois pour toutes avec le capitalisme et toutes les misères qui l’accompagnent est de s’organiser ensemble pour abattre cette société bourgeoise, prendre le pouvoir et réorganiser tous les niveaux de la vie sociale.

Le prolétariat possède certes une conscience en soi, la conscience donnée par la situation objective d’exploitation quotidienne. Cette conscience le fait lutter pour améliorer ses conditions de vie, conserver ses acquis sociaux, c’est cette conscience qui a regroupé les ouvriers dès le siècle passé en des organisations syndicales.

Mais celles-ci sont aujourd’hui réformiste, elles ne sont plus révolutionnaires car elles défendent à court terme les intérêts du prolétariat sans mettre en cause le capitalisme lui-même. Ce qui permettra aux travailleurs de s’émanciper définitivement, c’est la conscience pour soi du prolétariat, la conscience avant-gardiste et révolutionnaire, celle qui émane de la volonté et du projet à long terme vers le socialisme.

Ces deux consciences sont nécessaires, mais la deuxième est aujourd’hui bien moins développée que la première. C’est pour l’élever que le prolétariat doit regrouper ses membres les plus conscients en une organisation qui défende ses intérêts, ceux d’aujourd’hui et ceux de demain.

Cette organisation qui deviendra le Parti, a pour objectif principal de regrouper les forces nécessaires à la révolution socialiste. Elle doit lutter contre le révisionnisme et le réformisme : sa lutte auprès des travailleurs doit séparer nettement le prolétariat de la bourgeoisie, et démasquer les alliés du pouvoir. Cette organisation doit s’implanter au sein des travailleurs.

Les forces que l’organisation doit développer sont des forces humaines réparties au sein des masses, dans chaque entreprise, dans chaque bureau de chômage, dans chaque quartier populaire ; il s’agit aussi de forces théoriques, les principes du marxisme-léninisme, l’analyse concrète de la situation concrète, autant économique que politique ; il s’agit enfin de forces matérielles, stratégiques et tactiques.

Il s’agit de regrouper les forces du prolétariat par tous les moyens de propagande nécessaire, et une fois le Parti formé, il s’agit de faire la guerre sans merci au capitalisme, comme d’ailleurs le capitalisme fait la guerre sans merci au prolétariat, tue et exploite au quotidien.

Grace à ces outils indispensables et aux moyens militaires qui seront développés, le Parti et le peuple serons capables, lorsqu’une situation de grave crise objectivement révolutionnaire se présentera, de prendre le pouvoir par un assaut violent organisé sous la direction du parti, par une insurrection.

Construire et préserver le socialisme.

Grâce à ces outils encore, le Parti instaurera le socialisme : la dictature, le pouvoir seront désormais ceux du peuple, ceux des travailleurs, ceux du prolétariat ; la bourgeoisie sera dépossédée de ses privilèges, de ses entreprises, de ses banques : la production sera organisée collectivement et, selon les besoins du peuple par des conseils ouvriers, des Soviets qui appartiennent au Parti.

Ils veilleront à supprimer petit à petit la spécialisation du travail, en supprimant tout d’abord la distinction entre travail manuel et travail intellectuel et entre la ville et la campagne. Les bourgeois eux-mêmes seront mis au travail, un vrai travail utile. Enfin, chacun pourra jouir des fruits de son travail, chacun travaillera de façon libre et humaine. Ce sera la fin du règne de l’exploitation : chacun recevra selon son travail.

Le peuple contrôlera totalement l’état et le Parti grâce à la révolution culturelle, sévère et continuelle, pouvoir et devoir total pour le peuple de critiquer le Parti, de détruire tout embryon de tendance bourgeoise, comme cela s’est fait jadis en Chine Populaire. Quant à la bourgeoisie, l’Etat Prolétarien la réprimera et l’éduquera jusqu’à ce qu’elle disparaisse en tant que classe ; jusqu’à ce qu’enfin l’humanité soit libérée des classes et de l’état, jusqu’au communisme.

Construisons le Parti Révolutionnaire des Avant-gardes !

Abattons le Capitalisme !

Construisons l’Etat Prolétarien !

Pour le Communisme !

[rouge]C.A.P.C. (Collectif d’Agitation et de Propagande Communiste) [/rouge]