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Bulletin Marxiste-Léniniste n°4 : Annexe 7

SUR LES REVUES « ZVESDA » ET « LENINGRAD ». EXTRAIT DE LA RESOLUTION DU COMITE CENTRAL DU PC(b) DE L’URSS, EN DATE DU 14 AOUT 1946 (PRAVDA du 21 août 1946)

Le Comité Central du P.C. de l’URSS observe que l’activité des revues littéraires et artistiques Zvesda et Léningrad, publiées à Léningrad, n’est nullement satisfaisante.

A côté des œuvres marquantes et de valeur d’écrivains soviétiques, paraissent ces temps derniers dans la revue Zvesda beaucoup d’autres ouvrages, sans idée directrice, et idéologiquement nuisibles. C’est une erreur grossière de la part de la Zvesda que d’avoir laissé la libre disposition de sa tribune littéraire à l’écrivain Zochtchenko, dont les écrits sont étrangers à la littérature soviétique. La rédaction de la Zvesda n’ignore pas que l’écrivain Zochtchenko s’était depuis longtemps spécialisé dans la production de récits triviaux, vides de sens et de sujet, malsains, apolitiques, sans aucune idéologie, calculés pour désorienter notre jeunesse et empoisonner sa conscience. Le dernier conte publié par Zochtchenko sous le titre : « Les aventures d’un singe », est une vile pasquinade sur les mœurs et les peuples soviétiques. Zochtchenko peint l’ordre et les citoyens soviétiques de manière odieusement caricaturale, les présentant calomnieusement comme primitifs, peu civilisés, sots, aux mœurs et aux goûts petits-bourgeois. Le tableau de notre actualité, sciemment injurieuse, peint par Zochtchenko, s’accompagne de saillies anti-soviétiques.

L’abandon des colonnes de la Zvesda à des mufles, lie de la littérature, tels que Zochtchenko, est d’autant plus inadmissible que la rédaction de la Zvesda connaît bien sa physionomie et sa conduite indigne pendant la guerre, lorsque Zochtchenko, n’aidant en rien le peuple soviétique dans sa lutte contre les envahisseurs allemands, écrivit le livre odieux « Avant le lever du soleil », dont l’appréciation avec toute celle de l’« œuvre » de Zochtchenko, a été donnée par le journal Bolchévik.

La revue Zvesda popularise également les œuvres de l’écrivain Akhmatova, dont la physionomie sociale et politique est connue depuis longtemps du public soviétique. Akhmatova est la représentante typique de la poésie creuse, sans idéologie, étrangère à notre peuple. Ses vers, imprégnés de pessimisme et de défaitisme, exprimant les goûts poétiques et salonards d’autrefois, position esthétique décadente de l’aristocratie bourgeoise de l’art pour l’art, refuse de suivre le peuple et porte préjudice à la tâche de l’éducation de notre jeunesse. Cette poésie ne peut être tolérée dans la littérature soviétique.

La possibilité pour Zochtchenko et Akhmatova de jouer un rôle actif dans la revue a sans nul doute amené la débandade idéologique et la désorganisation chez les écrivains de Léningrad. La revue a laissé paraître des oeuvres qui cultivent l’esprit d’idolâtrie à l’égard de la civilisation bourgeoise contemporaine de l’Occident, esprit impropre à l’homme soviétique. Des œuvres empreintes d’angoisse, de pessimisme désabusé (vers de Sadofiev et de Kommissarova dans le n° 1 de 1946, etc …) y ont été publiées. En les publiant, la rédaction a commis une double erreur et a rabaissé le niveau idéologique de sa revue.

Laissant pénétrer dans la revue des ouvrages idéologiquement étrangers, la rédaction a également manqué d’exigence quant à la qualité artistique des ouvrages littéraires publiés. La revue se remplissait de pièces et de nouvelles médiocres (Chemin du Temps de Jagdfeld, Lac des Cygnes de Stein, etc…). Un tel laisser-aller dans le choix du matériel à imprimer a conduit à l’abaissement du niveau artistique de la revue.

Le comité central fait observer que la revue Léningrad agit particulièrement mal, mettant continuellement ses colonnes à la disposition de Zochtchenko, pour ses sorties triviales et calomnieuses, à la disposition d’Akhmatova, pour ses vers creux et apolitiques. De même que la rédaction de la revue Zvesda, celle de la revue Léningrad a commis des fautes graves, en publiant de nombreuses œuvres empreintes de l’esprit d’idolâtrie à l’égard de l’étranger. Cette dernière revue a publié nombre d’œuvres erronées (Incident au-dessus de Berlin de Varschavski et de Rest, A la barrière de Slonimski). Les vers de Chasine, Le retour d’Onéguine, sous l’aspect d’une parodie littéraire, calomnient la ville de Léningrad d’aujourd’hui. La revue Léningrad imprime essentiellement des échantillons littéraires sans fonds et de mauvais aloi.

Comment a-t-il pu se produire que les revues publiées à Léningrad, ville héroïque, célèbre pour ses traditions révolutionnaires, pépinière d’idées et de culture avancées, la Zvesda et Léningrad aient admis l’immixtion dans leur sein de l’esprit apolitique et sans idéologie, étranger à la littérature soviétique ?

En quoi consiste l’erreur des rédactions de la Zvesda et de Léningrad ?

Les dirigeants de ces revues, et en premier lieu les camarades rédacteurs Sainov et Licharev, ont publié cette thèse du léninisme que nos journaux, fussent-ils scientifiques ou artistiques, ne peuvent être apolitiques. Ils ont oublié que nos journaux représentent un moyen puissant du régime soviétique pour éduquer les citoyens, plus particulièrement la jeunesse, et c’est pourquoi ils doivent s’orienter sur ce qui représente la base vitale du régime soviétique – sa politique. Le régime soviétique ne peut tolérer l’éducation de sa jeunesse dans l’esprit de l’indifférence à l’égard de la politique soviétique, dans l’esprit « je m’en foutiste » et dépourvu d’idéologie.

La force de la littérature soviétique, la plus avancée du monde, réside en ceci qu’elle représente la littérature qui ne peut avoir d’autre intérêt en dehors de ceux du peuple, ceux de l’Etat. Le but de la littérature soviétique est d’aider son Etat à éduquer rationnellement sa jeunesse, à répondre à ses problèmes, à élever une nouvelle génération, courageuse, ayant foi en sa mission, ne craignant pas les obstacles, prête à les surmonter.

C’est pourquoi toute propagande d’esprit apolitique et sans idéologie de l’« art pour l’art » est étrangère à la littérature soviétique, nuit aux intérêts du peuple et de l’Etat et ne peut trouver place dans nos journaux.

L’insuffisance d’idéologie chez les dirigeants de la Zvesda et de Léningrad a conduit également à ce fait que ces dirigeants ont basé leur attitude envers les écrivains non pas sur l’intérêt de la juste éducation du peuple soviétique et sur la direction politique de l’activité des écrivains mais sur l’intérêt personnel de camaraderie. Le désir de ne pas gâter les bonnes relations amicales faisait se relâcher la critique. La crainte de froisser les copains laissait paraître des œuvres pertinemment nulles. Un tel libéralisme, où les intérêts du peuple et de l’Etat, les intérêts de la juste éducation de notre jeunesse sont sacrifiés à des relations amicales, et où la critique s’émousse, conduit au fait que les écrivains cessent de se perfectionner, perdent le sentiment de leur responsabilité à l’égard du peuple, à l’égard de l’Etat, du Parti, et cessent de progresser.

Tout ce qui précède témoigne du fait que les revues Zvesda et Léningrad n’ont pas rempli la mission qui leur était dévolue, et leur direction a commis des fautes politiques graves.

Le Comité central constate que la Direction de l’Union des Ecrivains soviétiques et, en particulier, son président, le camarade Tikhonov, n’ont pris aucune mesure pour améliorer les revues Zvesda et Léningrad et non seulement n’ont pas lutté contre l’influence pernicieuse sur la littérature soviétique de Zochtchenko, d’Akhmatova et d’autres écrivains non-soviétiques, leurs semblables, mais de plus favorisé l’immixtion dans ces revues de tendances et de mœurs étrangères à la littérature soviétique.

Le Comité de la ville de Léningrad (VKP b) n’a pas remarqué les fautes importantes de ces revues, s’est écarté de leur direction et a permis à des étrangers à la littérature soviétique, tels que Zochtchenko et Akhmatova d’occuper des places dirigeantes dans ces revues. Bien plus, connaissant l’attitude du Parti à l’égard de Zochtchenko et de son « Œuvre », le Comité de Léningrad (Gorkom : camarades des Kapoustine et Chirokov), sans avoir le droit, a approuvé en date du 26 juin 1946, la nouvelle composition du Comité de rédaction, dont Zochtchenko faisait partie. Le Gorkom de Léningrad a donc commis une faute politique grossière. Et la Pravda de Léningrad a commis une erreur, en publiant le 6 juillet une critique élogieuse de Youry German sur l’œuvre de Zochtchenko.

La direction de la propagande du Comité Central du Parti communiste de l’URSS n’a pas assuré le contrôle nécessaire du travail des journalistes de Léningrad.

Le Comité Central (VKP b) décide :

1. D’obliger la rédaction de la revue Zvesda, la direction de l’Union des Ecrivains soviétiques et la direction de la propagande du C.C. VKP b à prendre des mesures afin d’écarter les erreurs et les défauts de la revue indiqués par la résolution, à redresser la ligne des revues et à assurer un niveau idéologique et artistique élevé, en fermant l’accès de la revue aux œuvres de Zochtchenko, Akhmatova et leurs semblables.

2. Etant donné que les circonstances actuelles ne se prêtent pas à la publication de deux revues artistiques et littéraires, de cesser la publication de la revue Léningrad, concentrant les forces littéraires de Léningrad autour de la Zvesda.

3. Afin d’établir l’ordre nécessaire dans le travail de la revue Zvesda et de procéder à une sérieuse amélioration dans la publication, d’adjoindre à cette revue un rédacteur en chef avec une commission de rédaction. D’établir que le rédacteur en chef porte l’entière responsabilité quant à la direction idéo-politique de la revue et la qualité des œuvres publiées.

4. De nommer le camarade Egoline A.M. rédacteur en chef de la revue Zvesda, en lui conservant son poste de chef adjoint de la direction de propagande du Comité Central de VKP b.

[rouge](Science des Lettres Soviétiques, Ed. Aux portes de France, 1947)[/rouge]

lundi 10 octobre 2011


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