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Brigades Rouges : Les vingt thèses finales (19) − 1980

19. Frapper au centre !

Encercler les encercleurs !

Il faut affronter le processus de militarisation de l’usine, du territoire et de toute la vie sociale, les reliant aux restructurations anti-prolétariennes de l’économie et de l’État, également afin de démonter l’image perverse diffusée par la propagande du régime qui attribue au « terrorisme » la fonction de cause.

L’attaque des appareils de militarisation n’est en fait pas un problème séparé des luttes sociales, et c’est pourquoi elle regarde sur un mode exclusif les avant-gardes combattantes.

C’est une dimension essentielle de chaque mouvement partiel, des luttes ouvrières et de celles des services, des luttes territoriales à celle des prisons.

La fonction dirigeante du Parti consiste à relier et à organiser l’action systématique de désarticulation des appareils centraux et périphériques avec l’action également systématique des organismes révolutionnaires de masse.

Dans cette phase, où la crise, par le niveau atteint d’acuité, amène le système impérialiste dans une situation extrêmement critique, la tendance à la guerre assume un caractère central, tant dans le devenir des contradictions impérialistes que dans la croissance des contradictions de classe.

Les forces révolutionnaires doivent ici relier à l’intérieur de cette perspective la pratique de désarticulation des appareils centraux contre-révolutionnaires qui est la leur.

Une prémisse est nécessaire : il faut amener de la clarté quant à l’illusion qui existait ou existe à l’intérieur du mouvement révolutionnaire international, qui considère le « camp socialiste » comme une base arrière des armées révolutionnaires qui surgissent dans la métropole impérialiste, et subordonne de fait la stratégie de celles-ci à la stratégie mondiale du « camp socialiste ».

C’est un fait que le « camp socialiste » mythique a perdu depuis de nombreuses années ses racines matérielles, dans une réalité qui n’a plus rien de socialiste : le capitalisme de l’État soviétique et de ses alliés, dans sa phase social-impérialiste.

Nous voulons être le plus explicite concernant ce point : l’impérialisme et le social-impérialisme sont deux variantes spécifiques du mode de production capitaliste dans cette phase – le capitalisme privé et le capitalisme d’État.

Ils forment un système impérialiste où il y a tant unité que contradiction : unité du mode de production capitaliste, contradiction entre ses formes historiquement déterminées.

Si les forces révolutionnaires peuvent et doivent exploiter ici les espaces ouverts par le parcours de la lutte inter-impérialiste, des contradictions entre impérialisme et social-impérialisme, cela ne doit en aucun cas se traduire en une quelconque forme de collusion avec l’un pour combattre l’autre.

La désarticulation des appareils centraux dans cette phase doit atteindre le coeur pulsant de la contre-révolution impérialiste : l’OTAN.

L’OTAN signifie la guerre externe et la guerre interne.

C’est, dans cette dimension qu’ils réorganisent leurs armées, les mettant en adéquation aux nouvelles caractéristiques de la guerre inter-impérialiste et de la guerre de classe. La formation de la task-force à l’intérieur des forces armées italiennes répond à cette double exigence.

Une quantité toujours plus majeure d’unités de l’armée, de la marine de l’aviation et des fincements sont transformées en Unités Spéciales de Contre-guérilla, et constituent l’ossature portant d’une véritable armée de profession en tant que tel, allant aux côtés des Unités Spéciales des Carabiniers, qui en constituent le nerf.

Nous devons initier le sabotage de cette machine de mort qui signifie pour le prolétariat métropolitain, dans cette phase, la contre-révolution préventive. Nous devons désarticuler cela, en attaquer les hommes et les repaires, ses déterminations nationales restructurées en fonctions de contre-guérilla.

L’OTAN, c’est la guerre impérialiste et la contre-révolution préventive !

Guerre à l’OTAN !

Guerre aux corps spéciaux de la contre-guérilla !

Nous devons construire, sur la base de ce mot d’ordre, l’unité internationaliste avec tous les peuples et toutes les forces révolutionnaires qui combattent contre l’impérialisme.

Les organismes révolutionnaires de masse, chacun sur leur terrain de combat, et les structures du Parti, doivent porter en avant une offensive de martèlement visant à encercler les articulations périphériques – les hommes, les repaires, les instruments – des appareils de militarisation et de contrôle social.

C’est dans cette offensive, en fait, que vit le Programme Immédiat dans les masses, contribuant à consolider le Pouvoir Rouge.

Aucune action centrale, disjointe de l’initiative conduite également par l’avant-garde à l’intérieur des organismes révolutionnaires de masse, ne peut avoir comme ambition de construire et d’élargir les espaces de pouvoir que la guerre de classe poursuit.

La militarisation croissante est un point faible de l’ennemi. L’exposition de ses forces, terroriste au moins dans ses intentions, donne aussi la mesure de son embourbement.

En fait, plus la militarisation s’élargit infiltre les anfractuosités de la société, plus l’ennemi se fractionne et se fragilise.

Forcé de contrôler tout et tout le monde, cela crée les conditions plus favorables pour unifier la mobilisation de masse contre le régime.

Dans l’encerclement des unités détachées de l’État et des agents du régime dans chaque quartier, dans chaque usine, dans chaque prison, se construisent les organismes du Pouvoir Rouge.

L’encerclement de l’encercleur doit assumer la forme de milliers de petits encerclements.

Il s’agit de construire partout où il y a des concentrations prolétariennes significatives, à partir des plus grandes et des plus rebelles, une base rouge invisible, un détachement de prolétaires armées, un organisme révolutionnaire de masse, une articulation du Pouvoir Rouge, en mode de « tenir en otage », encerclant dans leurs repaires et leur logement les agents de l’ennemi, qu’ils soit visibles ou masqués.

Il s’agit d’organiser l’encerclement suivent les caractéristiques d’un siège stable. Il s’agit de ne pas laisser l’ennemi respirer, de lui faire ressentir l’hostilité profonde des masses prolétariennes, la haine de classe qui l’entoure.

Il doit se sentir chaque jour plus traqué, attaqué de toutes parts, même de son intérieur. Il doit être systématiquement désarmé. Il doit se sentir épié de la part de ceux qu’il veut épier, prisonnier de ceux qu’il veut emprisonner, attaqué de ceux qu’il veut attaqué, anéanti de ceux qu’il veut anéantir.

Ses communications et ses liaisons doivent être sabotés. Pour lui, cela doit être le couvre-feu. Les pièges les plus mortels doivent être prêt à mis en place à chaque fois qu’il s’aventure hors de ses repaires dans la jungle métropolitaine. Les embuscades les plus terroristes doivent scander ses journées et ses heures.

Conquérir le contrôle des grandes usines, des périphériques prolétariens des grands centres urbains, est une étape nécessaire vers la guerre civile.

C’est un pas indispensable, et qui ne peut pas être remis, sur la voie de la construction du Pouvoir Rouge.

Plus nous saurons renforcer ce contrôle, meilleurs seront les espaces et la capacité de manœuvre.

Meilleurs seront la capacité de manœuvre et les espaces de la guérilla, plus durs et décisifs pourront être ses coups au cœur de l’État !

Frapper au centre, avec des coups plus durs, plus rapides et plus soudains !

Obliger l’ennemi à se fractionner sur tout le territoire !

Encercler, épuiser, démoraliser chacun de ses détachements périphériques et les avaler morceau par morceau !

mercredi 17 décembre 1980


Brigate Rosse