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Boleslaw Bierut : La lutte du peuple polonais pour la paix et le plan sexennal − 1951

Rapport présenté au cours de la 6e session plénière du Comité Central du Parti Ouvrier Polonais Unifié, le 17 février 1951

Pologne-1La première année de notre grand Plan Sexennal, de notre plan de relèvement, de consolidation et de renforcement des forces politiques, économiques, culturelles et spirituelles de la Pologne Populaire, est écoulée.

Les tâches de cette première année ont été réalisées avec succès et considérablement dépassées par les travailleurs de notre pays.

Nous entrons actuellement dans la deuxième année de notre Plan Sexennal. Il n’est que juste qu’au seuil de cette année nous nous rappe-lions l’étendue, l’importance et le caractère des tâches qui nous attendent pendant cette deuxième année de notre plan qui, avec l’année suivante, est l’une des plus importantes car elle constituera l’étape décisive pour la réalisation de l’ensemble du Plan Sexennal et pour sa victoire.

Le camarade Mine va exposer, dans un rapport plus détaillé, les tâches que demande la réalisation de cette, partie extrêmement importante de notre économie planifiée.

Quant à moi, je voudrais esquisser certains, aspects de la situation politique, internationale et intérieure dans laquelle nous réalisons notre oeuvre d’édification des bases du socialisme, d’accroissement de nos forces de production et de consolidation de la paix mondiale.

En même temps, je voudrais attirer tout particulièrement votre attention sur le fait que la réalisation des tâches de notre grandiose Plan Sexennal, tout en multipliant nos forces de production, augmente le poids et l’importance de notre contribution nationale à l’oeuvre de consolidation de la paix poursuivie par toute l’humanité, à la lutte générale des peuples pour écarter la menace de la guerre.

De cette manière, nos tâches actuelles et urgentes en politique intérieure et dans l’économie, sont directement et indissolublement liées aux tâches d’importance vitale pour l’humanité tout entière, qui sont : la lutte pour assurer la paix et la liberté et pour paralyser l’agression impérialiste qui apporte aux peuples l’esclavage et l’extermination.

La lutte pour la paix, qui est aujourd’hui l’expression des désirs les plus ardents de toute l’humanité progressiste, rassemble sous le même drapeau des centaines de millions d’hommes. Ces hommes veulent défendre l’humanité devant la menace d’une nouvelle vogue de barbarie et de sauvagerie que la politique de l’impérialisme impose aujourd’hui au monde.

Répondant aux machinations bellicistes des agresseurs impérialistes, le mouvement puissant des défenseurs de la paix se développe et grandit dans tous les pays du monde.

Il n’est pas de peuple qui ne sache que la politique actuelle des impérialistes américains et de leurs vassaux s’efforce de précipiter le monde dans une nouvelle catastrophe, que cette politique signifie la préparation d’une nouvelle guerre mondiale, d’une nouvelle série de crimes.

C’est pourquoi la lutte pour la paix est aujourd’hui la tâche la plus importante de l’humanité entière, de chaque peuple et de chaque homme sachant qu’il faut prévenir les crimes des impérialistes, afin que l’humanité à avancer dans la voie du progrès.

Pour le peuple polonais les tâches de la lutte pour la paix sont très étroitement liées au Plan Sexennal, à ce plan qui doit arracher la Pologne à son retard séculaire, qui doit éliminer sa faiblesse économique —héritage de l’ancien régime des hobereaux et des capitalistes.

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La lutte pour la paix et l’accomplissement du Plan Sexennal sont aujourd’hui les tâches fondamentales qui ont une importance décisive pour assurer et renforcer l’indépendance de notre peuple, multiplier ses forces et ses richesses et qui déterminent l’importance historique, le rôle et l’avenir de notre Patrie.

C’est dans une paix durable, dans l’alliance avec l’Union Soviétique et dans l’essor puissant des forces productrices du pays, multipliées par notre Plan Sexennal, que réside la source inépuisable et vivifiante de la force, la garantie de l’indépendance et de la souveraineté de la Pologne, le levier sûr et le moteur de l’histoire future de notre peuple.

C’est pour ces raisons qu’en parlant des aspects nouveaux de la situation internationale et intérieure, je voudrais attirer l’attention de l’Assemblée sur ces deux problèmes fondamentaux, bien que nous les ayons déjà considérés à maintes reprises.

En effet, c’est de ces deux questions essentielles que découlent nos nouvelles tâches politiques, économiques et d’organisation concrètes.

Ce qui préside à la réalisation de ces tâches, c’est la nécessité de mobiliser large-ment les efforts de toute la nation dans tous les secteurs de notre travail. Organiser un vaste Front National de lutte pour la paix et le Plan Sexennal — voilà comment on pourrait résumer ces tâches.

Toutefois, avant d’examiner plus avant les tâches qui nous attendent, essayons de faire un tour d’horizon de la situation internationale actuelle.

Le fait de concentrer notre attention sur les problèmes résultant de la situation internationale est aujourd’hui particulièrement important et indispensable pour les raisons suivantes :

1) dans la période actuelle, la situation internationale influe de plus en plus fortement sur les conditions intérieures politiques et économiques, culturelles et spirituelles de la majorité des pays du monde.

Dans les pays capitalistes, elle accentue les contradictions, dans lesquelles s’empêtre, se débat et étouffe le régime social pourri, basé sur l’exploitation, la violence et le brigandage.

Les agresseurs impérialistes troublent l’existence paisible des centaines de millions d’hommes, limitent de plus en plus les droits et les conditions d’existence des masses laborieuses, portent atteinte à l’indépendance politique des peuples et déchaînent impudemment l’agression armée contre les peuples asiatiques, qui se sont libérés du joug de l’esclavage.

Depuis près de huit mois, l’armée des pillards et des génocides dévaste le sol coréen, incendie les villes et les villages, déverse des millions de bombes et de projectiles sur les écoles et les hôpitaux, sur les maisons et sur les cités, assassine sans scrupules des centaines de milliers de femmes, d’enfants et de vieillards et plus d’une fois dans sa bestialité, surpasse les plus ignobles crimes des assassins hitlériens.

En proie à la soif de domination du monde, l’impérialisme américain est entré dans la voie des opérations militaires directes sur le territoire de l’Asie, et des préparatifs d’une agression en Europe.

Il organise, dans des proportions jamais encore égalées, la course armements, et oblige tous les pays européens marshallisés à y prendre part, en leur imposant son propre commandement militaire. Violant tous les accords internationaux, il impose la remilitarisation de l’Allemagne de l’Ouest, reconstitue la Wehrmacht hitlérienne, relâche les criminels de guerre emprisonnés, et les place à la tête des forces avec l’aide desquelles il voudrait réaliser ses plans d’agression.

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Déchaînant la guerre en Corée, occupant l’île chinoise de Taïwan, violant la souveraineté territoriale de la République Populaire Chinoise, les impérialistes américains s’efforcent de cacher leurs activités agressives derrière le paravent de l’ONU et, dans ce but, exercent la pression la plus brutale sur tous les gouvernements qui leur sont financièrement et politiquement subordonnés.

Les fauteurs de guerre utilisent l’Organisation internationale, appelée à lutter contre la violence et l’agression — pour voiler l’agression la plus sauvage, le génocide le plus impitoyable et ils s’en servent en même temps comme d’un étendard.

Il n’est point besoin de prouver qu’une telle situation exige de tous ceux qui ont le sentiment de la responsabilité des destinées humaines et du progrès social une action contrecarrant les crimes impérialistes pour défendre la dignité humaine.

2) Dans la période actuelle, la situation internationale exerce aussi une influence de plus en plus grande sur la vie intérieure des pays qui se sont libérés des chaînes du capitalisme et édifient un régime social nouveau — le régime socialiste. Parmi ces pays se trouve également la Pologne.

Le développement de l’édification socialiste fait de notre pays qui, avant la guerre, était arriéré, pauvre, faible, dépendant des autres et réduit à la misère, un pays où l’industrie s’accroît et où la technique se perfectionne, un pays de tracteurs et de machines nouvelles, un pays puissant, où le travail créateur bat son plein, un pays augmentant rapidement son avoir national, élevant son niveau culturel, ses forces productrices et, par cela même son indépendance et son importance parmi les autres peuples.

S’il est quelque chose qui gêne le développement de plus en plus rapide de nos réalisations, c’est en premier lieu la menace des réarmements impérialistes, la menace des complications internationales, la menace d’une agression que les fauteurs de guerre préparent, fomentent et s’efforcent de provoquer, tantôt dans une partie du monde, tantôt dans une autre.

Il n’est point besoin de démontrer qu’il est du devoir de tous les pays, qui développent l’édification créatrice et pacifique sur la base d’une nouvelle économie socialiste grâce au pouvoir populaire et au nouveau régime social — de faire tout, afin de protéger leur édification pacifique devant la menace d’une agression impérialiste.

3) Les préparatifs impérialistes d’une nouvelle guerre, de nouveaux crimes contre l’humanité, s’effectuent non seulement par la mobilisation des forces, des moyens financiers, militaires et de production. Parallèlement aux préparatifs dans le domaine des réserves matérielles, est déclenchée une propagande de mensonges inouïe par ses proportions, une propagande dont le but est d’obscurcir et de tromper les esprits de millions de simples gens - victimes de ce crime. C’est là une méthode éprouvée et bien connue des brigands impérialistes ; seules les formes et les moyens de duperie la perfidie, l’étendue et la concentration de la propagande du mensonge sont nouveaux. Et c’est pour cela, afin de rendre plus efficaces la lutte contre la guerre et l’action pour la défense de la paix, que nous devons suivre nous-mêmes, avec la plus grande attention, et la plus grande vigilance, l’évolution de la situation internationale.

Nous devons sans cesse et d’une manière compréhensible exposer aux plus larges masses populaires les causes réelles et l’origine des changements et des événements mondiaux, leur montrer les tendances et le rapport des forces qui déterminent la situation inter-nationale, définissent son orientation et ses perspectives.

 I. LES CAUSES DE L’AGGRAVATION DE LA SITUATION INTERNATIONALE

Il n’y a pas de doute, que depuis la IVème Session du CC pendant laquelle nous avons examiné les tendances et les dangers de la politique aventurière du camp impérialiste, la situation internationale s’est compliquée et est devenue encore plus tendue.

Où faut-il rechercher les causes de cette tension croissante ? Les causes générales sont évidentes — elles résident dans l’agressivité croissante de l’impérialisme des Etats-Unis, elles découlent de leur tendance à la domination du monde.

L’impérialisme américain s’est développé, s’est enrichi et est arrivé à sa position prédominante actuelle parmi les Etats impérialistes, grâce aux pillages de guerre, grâce aux livraisons de matériel de guerre, en profitant des guerres se déroulant sur des territoires éloignés, et en s’assurant des bénéfices énormes dans ces guerres auxquelles il a participé, tout en se sachant bien en sécurité derrière les océans qui le séparaient des conséquences terribles qu’entraîne chaque guerre La guerre était pour les Etats-Unis une source de richesses et de puissance.

FAIRE LA GUERRE AVEC LES MAINS ET LE SANG D’AUTRUI — TELLE EST L’ORIENTATION DE L’IMPÉRIALISME AMÉRICAIN

Les fomentateurs de guerre américains du XXème siècle organisent des guerres et y participent avant tout en tant qu’entrepreneurs, fournisseurs, « marchands de mort » et spéculateurs.

La participation des armées américaines dans les deux grandes guerres mondiales consistait à entrer dans la guerre dans sa phase finale afin d’y jouer, autant que possible sans encourir de risques, le rôle qui leur convenait le mieux.

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Faire la guerre avant tout avec les mains et le sang d’autrui — voilà le principe stratégique de l’impérialisme américain. D’ailleurs, ce n’est pas uniquement le principe des Etats-Unis.

Nous savons qu’il a été égale-ment la règle de la politique de l’impérialisme britannique. A l’époque de Munich, c’est-à-dire à l’époque des préparatifs de la 2ème guerre mondiale, ce principe était celui des puissances impérialistes qui excitaient et encourageaient les agresseurs d’alors, les « pays de l’Axe » (Allemagne, Japon, Italie) — à une guerre contre l’URSS. Le camarade Staline disait alors que : « les provocateurs de guerre se sont habitués à tirer les marrons du feu avec les mains d’autrui ».

Ce principe gouverne aujourd’hui la politique des impérialistes américains dans leurs préparatifs d’une troisième guerre mondiale.

Les impérialistes américains, en réarmant, menaçant, incitant à la guerre et en terrorisant les pays européens et asiatiques asservis au point de vue financier, économique et politique, leur assignent avant tout le rôle de fournisseurs de chair à canon lors d’une nouvelle guerre mondiale, tout en se réservant la direction stratégique et politique.

Pourtant la question fondamentale que l’on se pose est la suivante : quel doit être le but de la prochaine guerre ? L’agressivité de l’impérialisme américain ne peut s’expliquer uniquement par la soif de nouveaux bénéfices réalisés grâce à une guerre, bénéfices qui constitueraient une mine d’or pour l’oligarchie financière gouvernant aujourd’hui les États-Unis.

Évidemment, la soif de nouveaux bénéfices qu’une politique de paix ne pourrait jamais assurer dans les mêmes proportions que l’ont fait les deux guerres mondiales, est l’un des facteurs essentiels qui peuvent tenter les fomentateurs de guerre.

La cause fondamentale est pourtant non seulement la soif de nouveaux bénéfices, mais une raison bien plus importante pour l’impérialisme — en tant que système — cette raison est la soif de domination mondiale.

La tendance à dominer le monde, à s’approprier les débouchés mondiaux et les sources de matières premières, non seulement par la concurrence politique et économique, mais avant tout par des méthodes de domination par les armes, constitue de plus en plus nettement le caractère fondamental de l’impérialisme sous sa forme actuelle.

Cependant, les méthodes guerrières, non seulement ne suppriment pas les contradictions de l’économie mondiale impérialiste mais, au contraire, les approfondissent.

Le développement des pays capitalistes, à l’époque, que actuelle, comme l’a démontré Lénine dans son analyse de l’impérialisme, se poursuit d’une manière inégale, à travers des crises et des conflits internationaux, où les différents pays luttent pour supplanter leurs concurrents, pour s’assurer une nouvelle répartition des colonies, des marchés mondiaux, et des matières premières.

La politique de la concurrence pacifique se trans_ forme, infailliblement dans des conditions appropriées, en politique de concurrence par les méthodes de guerre, provoquant de nouveaux changements dans le système des forces et des influences des puissances impérialistes dans le monde.

La loi de l’inégalité du développement des pays capitalistes à l’époque de l’impérialisme est la cause des guerres impérialistes. La rivalité des grands blocs impérialistes, qui a con-duit à la première guerre mondiale en 1914 — a, par suite de cette guerre, écarté du champ de bataille des Etats impérialistes tels que l’Autriche-Hongrie et la Russie tsariste ; elle a affaibli pour un temps assez long l’Allemagne et l’Italie, elle a grandement enrichi les Etats-Unis et le Japon, et elle a considérablement épuisé la Grande Bretagne et la France.

Mais en même temps, à l’issue de la première guerre mondiale, le système impérialiste dans son ensemble a subi une défaite irréparable et décisive. La Révolution Socialiste a arraché à l’exploitation impérialiste un sixième du monde, créant un Etat prolétarien, d’où est sorti vainqueur un nouveau régime social, le socialisme, Depuis ce temps, parallèlement aux crises économiques troublant périodiquement les processus économiques dans les pays du capitalisme, a commencé la période de la crise générale et de la décadence du système capitaliste.

L’intervention armée des 14 pays capitalistes dans les années 1917-21, tendant à étouffer la Révolution Socialiste, a été une tentative de consolidation armée du monde capitaliste contre l’URSS dans le but de rétablir l’exclusivité de la domination du régime capitaliste dans le monde. Cette tentative, comme nous le savons, s’est terminée par un échec.

Depuis la Grande Révolution Prolétarienne, l’économie mondiale se divise en deux systèmes dont le système socialiste se renforce sans cesse au point de vue politique, économique et culturel en développant de puissantes forces créatrices soda-les et en prouvant ainsi au monde entier son incontestable supériorité.

La création d’un Etat socialiste a exercé une grande influence sur le prolétariat du monde entier, a renforcé ses rangs, et a contribué à élever le niveau de sa lutte.

Le développement de ce pays, la coexistence fraternelle des peuples de l’URSS, le rythme rapide de l’accroissement de leur économie et de leur culture ont exercé une grande influence sur les peuples coloniaux, et ont éveillé des aspirations libératrices parmi les peuples asiatiques, surtout sur les territoires immenses de la Chine. Tous ces faits ont accentué la crise générale du capitalisme qui s’est exprimée par l’aggravation de ses contradictions intérieures.

Cependant sur ce fond de faiblesse générale du capitalisme, les Etats-Unis constituaient déjà pendant la période entre la première et la deuxième guerre mondiale « le centre principal de l’exploitation financière du monde entier ». (Staline).

Par la suite du développement inégal des pays capitalistes, les Etats-Unis ont dépassé leurs rivaux et sont devenus le banquier le plus puissant du monde capitaliste.

De quelle but manière et dans quel les Etats-Unis ont-ils mis a profit leur supériorité ? La paternité de la conception de la « diplomatie du dollar » revient à l’ancien président des Etats-Unis William Taft.

D’après la conception de Taft et pour la résumer en quelques mots, le dollar représente la lutte pour la conquête du monde. Nous nous souvenons des paroles de Lénine : « Sur chaque dollar sont visibles des tâches de sang ».

La politique financière des Etats-Unis consistait principalement à financer la livraison d’armes dans toutes les parties du monde, même les plus éloignées, où avaient lieu des conflits armés, où coulait le sang des hommes, où se formaient des plans d’agression future.

Si le gouvernement et les soldats américains n’ont pas participé officiellement à telle ou telle autre guerre, le dollar a certainement participé à presque toutes les guerres qui ont eu lieu durant la seconde moitié du siècle dernier.

A la lumière de la politique rusée du dollar nous parvenons à comprendre pourquoi les Etats-Unis, après la première guerre mondiale à laquelle ils ont pris part en tant qu’adversaires prétendus de l’Allemagne, donnaient des capitaux si importants pour la reconstruction du potentiel militaire du Reich, et surtout pourquoi ils finançaient les préparatifs agressifs d’Hitler.

Pendant le procès des criminels de hitlériens à Nuremberg, Schacht réfutait les reproches qui lui étaient faits de la façon suivante :

« Pourquoi n’ont-ils pas donné (les Alliés) à la République de Weimar le dixième de ce qu’ils ont donné à Hitler » (tiré du journal de G. M. Gilbert, membre de la commission juridique alliée, sur la conversation avec Schacht - G. M. Gilbert « Nuremberg Diary », London, 1948 p. 91).

Les contre-arguments de Schacht ne sont pas privés de logique. Sur le banc des accusés à Nuremberg, à côté de Schacht, auraient dû se trouver les représentants de la diplomatie du dollar, ces inspirateurs qui finançaient les préparatifs d’agression d’Hitler.

Aujourd’hui, alors que les Américains, l’ont fait sortir de prison, Schacht comprend pourquoi les « alliés », non moins coupables que lui s’il s’agit de l’appui financier donné aux préparatifs de l’agression, ont été forcés par la pression de l’opinion publique, de le juger et de le punir. A l’issue de la guerre, une nouvelle situation s’est créée dont le fait saillant a été un nouveau rapport des forces mondiales.

Ce nouveau rapport des forces a fait entre autres que parmi les juges de Nuremberg se trouvaient les représentants de l’URSS.

Évidemment, Hitler et ses alliés n’étaient pas en règle avec leurs créanciers, ils ont abusé de leur confiance et ils les ont trompés ; ils ont dupé les politiciens de Munich, et n’ont pas respecté les accords conclus avec eux.

L’hitlérisme proclamait que ses préparatifs ont pour but la réalisation d’un « pacte antikomintern », ce qui voulait dire qu’ils étaient dirigés contre l’URSS.

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A cette fin, une aide puissante lui était fournie par l’oligarchie financière des Etats-Unis, et il jouissait de l’appui de tous les « alliés » de la première guerre mondiale.

La preuve de cet appui était leur consentement à l’occupation de l’Autriche et de la Tchécoslovaquie.

Cependant la conquête de l’Autriche et de la Tchécoslovaquie a tourné la tête de Hitler, qui décida alors de subordonner l’Europe entière, afin de réaliser ensuite ses intentions de dominer le monde.

Ces dernières aspirations contrecarraient évidemment et sans aucun doute possible la mission que les Etats-Unis se réservaient exclusivement. L’attitude et la tactique des Etats-Unis pendant la deuxième guerre mondiale ne deviennent compréhensibles qu’à la lumière de cette rivalité de l’impérialisme américain tendant à dominer le monde.

Les Américains misaient sur la prolongation au maximum de la durée de la guerre, ainsi que sur l’épuise-ment des forces prenant une part active à la lutte, et se basaient sur la conviction que de l’issue de la guerre décidera celui, qui sera en possession des principaux atouts, qui disposera d’une réserve de forces militaires fraîches et non-épuisées, s’appuyant sur des arrières puissants par leurs capacités de production et n’ayant pas subi les méfaits de la guerre.

Ceci explique pour-quoi, pendant la dernière guerre guerre mondiale, la création du deuxième front fut retardée par les Anglo-Saxons jusqu’au moment où l’Armée Rouge avait déjà décidé en principe de la défaite des forces militaires hitlériennes, jusqu’au moment où il n’était plus douteux qu l’Armée Soviétique pourrait à elle seule obliger l’Allemagne à une capitulation entière, même si la création du deuxième front devait encore être retardée.

L’ AGRESSIVITÉ DE L’ IMPÉRIALISME AMÉRICAIN AUGMENTE LES CONTRADICTIONS DU SYSTÈME CAPITALISTE

La deuxième guerre mondiale, qui a causé la mort de millions d’hommes, qui a causé des destructions et des pertes immenses à de nombreux peuples de l’Europe et, en premier lieu, à l’Union Soviétique et à la Pologne a été en même temps une nouvelle source de gains et de richesses pour les grands capitalistes américains, participant à cette guerre en qualité de banquiers et de fournisseurs, et cela par l’intermédiaire même et avec l’aide organisée de leur appareil d’État.

Il est donc difficile de s’étonner que, la guerre à peine ter-minée, alors que tous les peuples du monde plaçaient leurs espoirs dans une paix durable, des déclarations comme celle qui suit, pouvaient être faites au Congrès des Etats-Unis, dans une atmosphère d’approbation bienveillante :

« Nous avons dépensé pour la dernière guerre près de 450 milliards de dollars, dont 250 milliards constituent encore une dette due à l’Etat, que notre peuple doit payer en impôts.

Actuellement nous sommes prêts à mener une autre guerre dès que se présentera le moment opportun. » (Déclaration du président du Sous-Comité des Territoires et des Possessions Insulaires. Fred. I. Crawford à la 80ème session du Congrès des Etats-Unis, le 29 mai 1947).

Le cynisme d’une telle déclaration aurait dû provoquer le dégoût et l’horreur, mais les sentiments humains sont en général étrangers à un esprit dépravé par le culte du dollar.

Des milliards, des milliards de dollars... — voilà les paroles dont le charme étourdit les businessmen américains et étouffe en eux tout sentiment humain.

La guerre est un moyen miraculeux pour acquérir ces milliards de dollars ; les businessmen sont donc prêts à la guerre, favorable s’en présente. Ni le désespoir humain, ni les millions d’existences arrachées à la vie et les dizaines de millions de mutilés, ni les ruines des villes, ni les trésors inestimables de la culture humaine perdus à jamais ne peuvent les émouvoir.

Ils n’ont jamais été touchés eux-mêmes par ces douloureuses expériences, il les connaissent à peine d’après les récits ou les compte-rendus des journaux, et n’y sont pas sensibles. Ils ne réagissent qu’au bruit métallique ou au froisse-ment de papier du dollar.

Tel est l’état d’esprit « de dollar » des diplomates « du dollar », des banquiers, des milliardaires américains qui occupent aujourd’hui une position dominante dans le monde capitaliste. C’est le peuple américain qui paye en partie les frais de la guerre — mais pas eux. Les autres peuples doivent également payer une partie des frais.

Voilà pourquoi Monsieur Truman et ses collaborateurs disposent si facilement aujourd’hui de budgets de plusieurs milliards pour de nouveaux armements. Après la deuxième guerre mondiale, tous les concurrents capitalistes des Etats-Unis ont subi des défaites ou sont devenus plus ou moins dépendants du capital américain au point de vue politique, financier et économique.

Par suite de la loi de l’évolution inégale, un seul Etat impérialiste — les Etats-Unis —, a accédé à une position éminemment privilégiée, dominante au point de vue politique et économique et a acquis le monopole de certains secteurs. Ce nouveau rapport des forces dans le monde capitaliste a contribué à accentuer encore davantage les contradictions entre le monde du capitalisme et celui du socialisme. Le danger d’une guerre impérialiste contre l’URSS et les pays de démocratie populaire a donc grandi.

Ce phénomène signifie-t-il le renforcement du système économique capitaliste ? Signifie-il sa consolidation ? Bien au contraire — il signifie son affaiblissement et l’aggravation de ses contradictions intérieures.

Seuls les escrocs et les glorificateurs du capitalisme de tout genre, depuis les gangsters de Wall-Street jusqu’aux gangsters titistes, répandent le mensonge d’une consolidation du système impérialiste.

Ils y ajoutent même une « théorie » — où excellent surtout les sociaux-démocrates de droite — que si un Etat impérialiste a acquis une prépondérance marquée dans la rivalité des Etats impérialistes pour la possession des débouchés mondiaux, des sources mondiales de matières premières et des terrains coloniaux d’exploitation, il en résulte que le système capitaliste dans son en-semble a atteint, soi-disant, le point culminant de son évolution, qu’il est entré dans une nouvelle phase où l’économie capitaliste mondiale sera réglée dorénavant sans lutte pour la répartition du monde entre les blocs antagonistes d’Etat capitalistes, que de cette façon a été éliminée l’une des contradictions fondamentales qui auparavant minait dangereusement le monde capitaliste — c’est-à-dire la lutte des différents blocs capitalistes entre eux.

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Cela ne rappelle-t-il pas les théories du « super-impérialisme » de Kautsky — tant à la mode après la première guerre mondiale, théories que les renégats de toutes sortes du socialisme et les apologistes de l’impérialisme américain s’empressaient de saisir au vol ?

La fausseté de ces piètres théories n’a-t-elle pas été démontrée une fois déjà lors de la mémorable crise de 1929 ?

A une autre époque, c’est-à-dire en décembre 1926, le camarade Staline, analysant le phénomène de nivellement dans l’évolution économique des pays capitalistes a écrit :

« Peut-on dire que l’amoindrissement de la différence de niveau dans l’évolution des pays capitalistes et le développe ment du nivellement de ces pays affaiblit la loi de l’évolution inégale dans le système impérialiste ?

Non, on ne peut pas dire cela...

Le développement du nivellement n’est-il pas en contradiction avec l’accroissement de l’inégalité de l’évolution dans le système impérialiste ? Non, il ne l’est pas.

Au contraire, le nivellement est justement le fond et la base sur laquelle l’accroissement de l’inégalité de l’évolution dans le système impérialiste est possible. »

Après 25 années, après l’affaiblissement considérable de l’impérialisme mondial est-il donc permis de dire que ces contradictions aient diminuées, aujourd’hui, à l’époque de la marshallisation et de « l’atlantisation » des Etats capitalistes ?

Au contraire, il est incontestable que ces contradictions vont en s’accentuant, par exemple quant il s’agit de la remilitarisation de l’Allemagne et du Japon, de matières premières, etc. Les nouvelles qui nous parviennent quotidiennement de la Grande Bretagne et de la France, de l’Italie et des Indes, de la Nouvelle-Zélande et de l’Indonésie en sont la preuve.

C’est à la base de faux raisonnements de ce genre qu’on a développé différentes théories cosmopolites dont les vieux apologistes du capitalisme du camp de la social-démocratie de droite se firent les propagateurs les plus fervents.

Le but caché de ces théories était la préparation du terrain, pour le « plan Marshall », car c’est justement au moment de la mise en application de ce « plan » qu’elles furent propagées avec un zèle tout particulier.

Quel fut cependant l’aspect de ce « plan Marshall » en face de la réalité crue de la vie, comment apparut-il à la lumière de la pratique et non plus à. celle des théories trompeuses ?

Il s’est avéré que, sous le couvert de l’aide économique, ce plan assurait à l’oligarchie financière des Etats-Unis une forme d’exploitation particulièrement dure et d’allure semi-coloniale des pays qui avaient accepté ce plan, ou plutôt, auxquels il avait été imposé.

Le plan Marshall a démontré que le centre d’exploitation financière le plus important du monde capitaliste, c’est-à-dire, les Etats-Unis, dictent aux pays capitalistes des conditions qui, non seulement ne mènent pas à la consolidation de leur économie, mais au contraire, poussent cette économie dans un état de crise chronique ; la désorganisent, la soumettent aux intérêts d’une poignée de milliardaires américains, et par conséquent, ne diminuent pas les contradictions entre les pays capitalistes, mais les accentuent.

La rivalité des Etats impérialistes dans la lutte pour s’assurer des terrains d’exploitation n’a nullement dis-paru, mais du fait de la prépondérance des Etats-Unis, elle se poursuit sous d’autres formes d’une manière plus cachée.

D’une part, les Etats-Unis tendent avec persévérance à s’emparer en Asie et en Afrique, des colonies appartenant aux pays marshallisés et, d’autre part, ils les obligent, avec non moins de persévérance, à participer à leurs plans de guerre et de conquêtes dirigés contre l’URSS et les pays de démocratie populaire.

Le Plan Marshall était précisément l’introduction et la préparation du Pacte Atlantique, c’est-à-dire du bloc de guerre de 12 Etats qui sont aujourd’hui obligés d’adapter leur production ) l’économie de guerre.

« ...Que signifie, disait le camarade Staline au XVIIIe Congrès du PC(b) de l’URSS en 1939, engager l’économie nationale dans la voir de l’économie de guerre ? C’est orienter l’industrie dans un sens unique, vers la guerre ; c’est élargir par tous les moyens la production des objet, nécessaires à la guerre, production qui n’est pas liée à la consommation nationale ; c’est rétrécir à l’extrême la production et surtout le ravitaillement du marché en objets de consommation ; c’est restreindre, par conséquent, la consommation de la population et placer le pays en face d’une crise économique. » (Staline, Questions du Léninisme)

Le camarade Staline a prononcé ces paroles en pensant à l’économie de l’Allemagne, de l’Italie et du Japon, Etats qui menaient à cette époque une politique d’agression à laquelle ils adaptaient l’économie de leurs pays.

Actuellement, suivant l’exemple des agresseurs fascistes et malgré leur fin honteuse, les Etats-Unis imposent une politique de guerre à tous les pays capitalistes placés sous leur dépendance et font entrer l’économie capitaliste du monde entier dans le cadre de l’économie de guerre.

Il est évident qu’ils exposent de cette façon l’économie des pays capitalistes à une crise économique terrible. no-Aujourd’hui déjà, les masses laborieuses des capitalistes y compris celles des États-Unis pays se ressentent des lourdes conséquences de cette politique de guerre.

La consommation de la population et l’approvisionnement du marché sont limités, non seulement par des mesures directes, comme c’est le cas en Grande Bretagne p. ex. où l’on a déjà réduit à plusieurs reprises les rations de viande et d’autres produits alimentaires, de même que les rations de charbon.

La consommation des masses laborieuses est limitée aussi par la hausse continue des prix, l’inflation, la diminution du pouvoir d’achat. En même temps on viole le droit des ouvriers à lutter pour l’augmentation de leurs salaires de plus en plus réduits.

Par l’augmentation des impôts, les emprunts de guerre, la dévaluation, la vie chère et les difficultés d’approvisionnement, cette politique de guerre met non seulement la classe ouvrière dans une situation difficile, mais également la masse des intellectuels, des paysans et des petits bourgeois.

Cette politique de guerre est en liaison étroite avec l’accroissement de la terreur policière envers les organisations ouvrières et progressistes.

Les méthodes purement fascistes de la persécution des membres du Parti Communiste aux Etats-Unis et dans les pays marshallisés en sont un exemple, de même que les interdictions et les limitations honteuses concernant les organisations internationales en France, l’attitude du gouvernement travailliste, qui ne lui fait pas honneur, envers le Congrès de la Paix qui devait avoir lieu à Sheffield, les furieuses campagnes des fauteurs de guerre de tout le plus admirable que l’histoire ait jamais connu. partisans de la paix, genre contre le mouvement des partisans de la paix, le plus admirable que l’histoire ait jamais connu.

LE CHAMP D’OPPRESSION IMPÉRIALISTE CONTINUE A ÊTRE SOUMIS A UN RÉTRÉCISSEMENT CONSIDÉRABLE

Pourquoi la tendance à l’hégémonie mondiale de l’impérialisme américain qui prédomine dans le monde capitaliste conduit-elle à des préparatifs de guerre de plus en plus cyniques et de plus en plus brutaux contre les pays socialistes ?

Pourquoi les impérialistes américains, avec un sans-gêne sans cesse grandissant ordonnent-ils à leurs satellites de s’armer et de préparer de la chair à canon pour eux ? Pourquoi réarment-ils sans aucun scrupule les fascistes allemands et japonais ?

Premièrement, parce que le monde capitaliste lui-même devient de plus en plus petit. Les espoirs des impérialistes qui comptaient sur l’épuisement et l’affaiblissement de l’URSS après la deuxième guerre mondiale ont été entièrement déçus. Il en fut de même du rêve d’un effondrement du régime socialiste, d’une crise éventuelle dans l’économie socialiste.

Il s’est avéré en effet que l’économie socialiste ne connaît pas de crises et que celles-ci sont le privilège exclusif de l’économie capitaliste. Les forces du monde socialiste n’ont pas faibli, mais se sont fortement développées et continuent à croître grâce au régime socialiste qui porte en lui des sources intarissables de développement et d’accroissement des forces productrices.

Par contre, le champ d’exploitation capitaliste en Europe et particulièrement en Asie s’est considérablement rétréci à la suite de la dernière guerre, et la crise générale de tout le système de l’économie capitaliste s’est encore aggravée en comparaison avec la période d’entre les deux guerres.

Les démocratie populaire se sont détachés du système de l’économie capitaliste, et le grand peuple chinois s’est libéré de l’oppression colonialiste de l’impérialisme.

Les mouvements de libération s’emparent des peuples coloniaux de l’Asie et de l’Afrique ; la lutte des masses laborieuses pour la liberté se poursuit sur un niveau de plus en plus élevé, de même que sous l’égide de la classe ouvrière la maturité politique des peuples des pays capitalistes s’affermit de jour en jour.

Dans ces conditions, la domination du monde par le capital, c’est-à-dire le champ d’exploitation et d’oppression impérialiste s’est rétréci très sensiblement par suite de la lutte libératrice des peuples du monde, et continue dans cette voie. L’oligarchie financière voudrait arrêter ce processus par la force et la violence.

Aussitôt après la fin de la guerre mondiale, les Etats-Unis ont dépensé des milliards de dollars afin d’assurer la livraison d’armes à Tchan-Kai-Chek, espérant écraser par son intermédiaire la lutte libératrice du peuple chinois, et par conséquent, garantir au capital américain l’exploitation de l’immense territoire chinois.

Cet espoir a été déçu. L’armée populaire chinoise a libéré de l’oppression impérialiste un peuple de 475 millions et a une fois de plus, rétréci très sérieusement le monde capitaliste. Toutefois les impérialistes américains n’ont nullement renoncé à l’espoir de conquérir les territoires asiatiques.

Ils ont donc dépensé de nouveaux milliards de dollars pour équiper l’armée de Li-Syn-man et l’ont poussé à attaquer la Corée du Nord, voulant faire de la Corée une base d’agression contre la Chine.

Une fois encore cet espoir est en train d’être déçu, mais les impérialistes américains ne sont nullement enclins à abandonner la lutte pour conquérir la Chine, d’autant plus qu’ils ont aussi des visées sur d’autres pays asiatiques dont ils voudraient faire leurs colonies.

Agrandir ses bases d’expansion et intensifier l’oppression des colonies, c’est-à-dire étendre sa domination du monde, tels sont les buts précis de la politique de guerre de l’impérialisme américain.

Plus encore, l’impérialisme américain veut profiter de son hégémonie du monde capitaliste, justement pour forcer les pays sous sa dépendance à participer aux frais de cette politique de guerre agressive, et avant tout à fournir les contingents d’hommes qu’elle exige.

Deuxièmement : l’hégémonie de l’impérialisme américain dans le monde capitaliste ne signifie nullement la disparition ou l’affaiblissement des contradictions entre les pays appartenant au camp capitaliste.

Bien au contraire. Ces contradictions sont forcément accentuées par la dépendance politique et économique grandissante des Etats autrefois indépendants du principal centre de l’exploitation financière et économique dont la direction est actuellement aux mains de l’oligarchie la plus brutale et et la plus implacable qui gouverne les Etats-Unis.

L’oligarchie financière des Etats-Unis se trouve à la tête des consortiums, trusts, cartels et autres associations capitalistes les plus puissantes et par conséquent les plus rapaces qui étendent leurs tentacules sur tous les marchés mondiaux, en écartant les capitaux plus faibles, et leur imposent leurs conditions.

La tendance des grands consortiums américains à s’assurer le mono-pole des sources et des réserves déficitaires de matières premières sous prétexte des exigences qu’impose une politique de guerre, la limitation des échanges de marchandises, la réglementation, les mesures d’interdiction la désorganisation des crédits, des marchés et de la production dans les pays dépendants, la dictature financière, la discrimination des changes etc, toutes ces mesures doivent nécessairement renforcer le chaos, la spéculation, la faillite et aussi intensifier la lutte intérieure des groupes capitalistes respectifs entre eux, de même que la lutte de la bourgeoisie des pays respectifs contre la dictature de l’oligarchie financière des Etats-Unis.

LA LUTTE DES MASSES POPULAIRES DES PAYS CAPITALISTES CONTRE L’IMPÉRIALISME AMÉRICAIN ET POUR LEUR INDÉPENDANCE NATIONALE

Troisièmement : Dans les pays capitalistes, les contra-dictions s’accentuent et s’accentueront encore davantage entre l’attitude des groupes gouvernants, vendus à l’oligarchie financière, usant de méthodes de terreur policière et fasciste, sacrifiant les intérêts nationaux au profit de l’impérialisme des USA, et l’attitude des masses populaires, luttant pour l’indépendance de leur pays et leur propre standard de vie. Imposant aux masses des charges et des sacrifices au nom de la guerre, les gouvernements capitalistes sont à la fois banquiers et clients, et assurent des bénéfices énormes aux fournisseurs et fabricants d’armes, c’est-à-dire aux grands monopoles capitalistes.

Boleslaw Bierut-Staline-14

La politique de guerre transforme la vie économique entière en une orgie de pillage des masses populaires, bien longtemps avant le pillage de l’adversaire prévu par les forces armées des impérialistes. Indépendamment d’ailleurs de son cours, chaque guerre fournit aux requins capitalistes des occasions de pillage et de butin.

Ainsi, par exemple, en Corée la guerre cause d’une part des destructions terribles et entraîne de douloureuses pertes en hommes pour le peuple coréen, mais elle entraîne également des pertes et des frais énormes pour les peuples des Etats-Unis qui ont qui ont par suite de cette guerre déjà eu à supporter de lourdes charges et des défaites.

Et pendant ce temps les magnats du capitalisme des Etats-Unis, actionnaires et propriétaires des plus grands trusts, les milliardaires américains, ramassent à pleines mains des bénéfices qui, déjà pendant les premiers mois de la guerre sanglante en Corée, ont monté de 54 pour cent par rapport à ceux réalisés pendant une même période avant cette guerre.

Les frais de guerre calculés en milliards, annoncés par Truman et acceptés sans protestation par le Congrès américain retourneront en fait tel un flot d’or toujours grossissant dans les coffres-forts des milliardaires américains, semant sur leur parcours la mort et la destruction parmi des millions de simples gens et apportant la faim et la misère aux masses laborieuses qui auront à supporter le poids de cette guerre.

Telles sont en partie aujourd’hui, et telles seront sans aucun doute à l’avenir les conséquences de la politique agressive de l’impérialisme américain et de ses tendances à dominer le monde — tant que les masses populaires ne mettront pas fin à cette politique.

MÉTHODES QUI NE PEUVENT QU’ACCÉLÉRER LA CHUTE DE L’IMPÉRIALISME EN VOIE DE DÉCOMPOSITION

Il n’y a pas de doute que le camp du socialisme et de la démocratie populaire dont la puissance ne cesse de croître, constitue l’obstacle principal auquel se heurtent les fauteurs de guerre impérialistes dans leurs aspirations à la domination du monde. C’est pourquoi ils ont recours au vieux mot d’ordre hitlérien dont l’impuissance a été révélée déjà plusieurs fois, surtout lors de la dernière guerre — de la croisade du monde capitaliste contre l’URSS et les pays de démocratie populaire.

Que peut signifier ce mot d’ordre si ce n’est le retour aux méthodes et moyens utilisés par les pays fascistes, lorsqu’ils se préparaient à la deuxième guerre mondiale ? L’impérialisme pourrissant, qui s’empêtre dans des contradictions toujours croissantes et se débat dans une crise générale qu’une politique aventurière d’agression ne fait qu’aggraver, s’accroche à nouveau aux mêmes moyens qui, maintes fois déjà ont fait faillite, et qui ne peuvent que précipiter sa chute.

Ces moyens sont : la remise sur pied de guerre des forces militaires hitlériennes détruites lors de la dernière guerre, les efforts tendant à faire revivre l’esprit de revanche en Allemagne de l’Ouest et au japon, les tentatives de consolider le camp de l’agression dans tous les pays capitalistes, avec le soutien des éléments fascistes les plus dégénérés et les plus réactionnaires.

Le programme de cette partie du monde en voie de décomposition ne peut être qu’une nouvelle guerre d’agression, que le mot d’ordre d’un nouveau pillage des richesses du monde, et par conséquent une croisade contre les tendances progressistes quelles qu’elles soient, contre le mouvement ouvrier, contre les aspirations des masses populaires du monde entier à la liberté, contre les aspirations à une paix durable, contre la lutte pour la paix.

Afin de consolider leurs préparatifs d’agression, les politiciens américains font des efforts fiévreux pour faire du pacte atlantique une force agissante et conclure de nouveaux pactes du même genre avec les pays du bassin méditerranéen, ainsi qu’avec les pays bordant l’Océan Pacifique.

Bien que ces pays soient financièrement et économiquement de plus en plus dépendants des Etats-Unis, ceux-ci ne parviennent pas si facilement à les entraîner d’une manière efficace dans leur politique de guerre.

La pression à laquelle on ne peut pas toujours donner la forme d’une intervention confidentielle revêt le plus souvent le caractère d’une pression brutale d’un style purement américain. C’est un fait que le Pacte Atlantique dont le « Plan Marshall » constituait la base économique et financière, s’est révélé jusqu’à présent, dans les préparatifs agressifs des Etats-Unis en Europe, comme un instrument peu maniable et récalcitrant.

Renforcer cet instrument d’agression en y ajoutant l’Allemagne de l’Ouest et en mobilisant les cadres des vieux routiers qui ont fait leurs preuves pendant la dernière guerre, c’est-à-dire les anciens conseillers et aides d’Hitler, ainsi que les criminels de guerre amnistiés, voilà le but des efforts et des soucis actuels des diplomates du dollar et, entre autres, le sujet de la mission du général Eisenhower, élevé au rang de chef suprême de « l’armée européenne », le Mac-Arthur de l’Europe d’après la formule consacrée des journalistes américains.

 II. LES PLANS DES FAUTEURS DE GUERRE IMPÉRIALISTES ET LA POLOGNE

C’est bien sous tous ses aspects que la politique agressive du bloc atlantique est également dirigée contre la Pologne, mais c’est tout particulièrement la remilitarisation de l’Allemagne Occidentale, représentant un danger pour le monde entier, qui menace aussi directement la Pologne.

Les tendances revanchardes sont attisées parmi les Allemands par les Adenauer et les Schumacher, avec l’aide des généraux de la Wehrmacht hitlérienne remis en activité, et du clergé allemand maintenu par le Vatican artificiellement à ses postes anciens, bien que perdus sans retour ; cela se fait en présentant l’appât d’une nouvelle marche vers la Pologne.

L’excitation contre le peuple polonais, contre les frontières polonaises sur l’ Odra (Oder) et la Nyssa (Neisse), contre l’alliance et la collaboration pacifiques de la Pologne avec la République Démocratique Allemande, est devenue une méthode pour affaiblir la résistance grandissante des Allemands, entraînés sur le territoire de la Trizone dans l’orbite des plans américains d’agression ; elle est devenue l’un des atouts essentiels de la propagande qui cherche à allécher les Allemands auxquels les politiciens du dollar réservent dans la troisième guerre mondiale le triste rôle de chair à canon.

Il convient de rappeler que ces atouts et ces appâts n’ont rien de nouveau. Bien au contraire, les Etats impérialistes ont toujours été enclins à établir le prétendu équilibre européen au détriment de la Pologne.

Déjà dans la première phase du capitalisme, lorsque les frontières et les sphères d’influence des Etats capitalistes en Europe s’établissaient dans des cataclysmes et dans des conflits armés, la Pologne a été, en général, rayée de la carte politique, malgré ses tentatives désespérées de lutter pour son indépendance et son droit à l’existence.

Vers la fin de la première guerre mondiale, la Pologne est devenue à nouveau l’objet et un atout dans les mains des capitalistes, surtout da les mains des politiciens américains qui considéraient que cette guerre avait été catastrophique pour l’Allemagne désiraient, sans aucun doute en adoucir pour elle les conséquences aux dépens de la Pologne.

Mais la question de l’indépendance de la Pologne avait été posée clairement et directement devant les peuples du monde, au cours même de la guerre, par la révolution russe, elle avait été posée par Lénine et par Staline.

C’est pourquoi il a été impossible de rayer cette question de l’ordre du jour à la fin de la guerre. Quelle a été, au cours de cette période, la position des Etats-Unis dans la question polonaise ?

Voici ce qu’écrit à ce sujet un des participants aux pourparlers sur les questions polonaises en 1918, Roman Dmowski, dans son livre « La politique polonaise et la restauration de l’Etat » publié en 1925. Il cite une déclaration de Wilson pendant un entretien privé qu’il eut avec lui en automne 1918.

« Wilson : — Est-ce que vraiment la neutralisation du cours inférieur de la Vistule et du port libre de Danzig ne vous suffit pas ?

« Seuls des gens qui ne comprennent pas le langage politique, déclare Drnowski, auraient pu voir dans les paroles de Wilson (« libre » accès à la mer) une reconnaissance des territoires nous appartenant sur la Baltique. Cette expression « libre » signifiait justement la garantie de l’accès à la mer par le territoire d’autrui... »

Une Pologne aussi diminuée que possible et incapable de vivre, une Pologne future proie facile du Reich allemand, une Pologne privée en fait d’accès à la mer ou n’ayant tout au plus qu’un accès au port de Gdansk (Dantzig) par la « Vistule neutralisée », une Pologne victime des magnats américains de la finance, une Pologne base d’agression contre la Russie soviétique, voilà comment Wilson voyait la restauration de l’Etat polonais :

Dmowski rappelle :

« Quant, après la première déclaration de Wilson relative à « l’indépendance de la Pologne », le chancelier allemand protestait contre l’immixtion des Etats-Unis dans les affaires intérieures des puissances centrales, Gerard, ambassadeur américain à Berlin, déclara au nom de son gouvernement que l’attitude de Wilson ne se rapportait qu’à « une Pologne telle que l’ont créé les puissances centrales ».

Les puissances centrales après avoir occupé les territoires polonais, jonglèrent pendant un certain temps (en 1916) avec le mirage d’un Etat polonais étroitement lié à l’Allemagne et à l’Autriche, avec cette réserve que la Pologne ne déborderait pas au delà des territoires annexés auparavant par la Russie lors des partages.

Il s’agissait de créer sur ce territoire une armée polonaise qui combattrait sous commandement allemand. La déclaration de Wilson, de janvier 1917, est en principe conforme à cette conception.

D’après le récit cité Wilson s’expliquait devant les puissances centrales sur ce qu’il entendait par « l’indépendance de la Pologne ».

Dmowski raconte par ailleurs :

« ...Après la remise aux délégués allemands à Versailles du projet de traité le Président des Etats-Unis cédant à Lloyd George, accepta de modifier la décision concernant la haute Silésie octroyée à la Pologne, et l’organisation d’un plébiscite dans cette région. Il me communiqua cette décision ainsi qu’à Paderewski au Conseil Supérieur, en la motivant entre autres par l’argument avancé par la délégation allemande qui affirmait que la population de là-bas bien que parlant polonais, restait attachée à l’Allemagne ne voulait pas appartenir à la Pologne et que dans un plébiscite elle voterait pour l’Allemagne. »

Nous savons qu’en échange de cet appui ambigu des Etats anglo-saxons, en réalité, très peu favorables à la restauration de la Pologne, la bourgeoisie polonaise s’était engagée devant ces Etats à « défendre l’Occident » contre le bolchévisme, c’est-à-dire à l’intervention armée contre l’Etat socialiste qui, le premier et sans aucune réserve, avait reconnu l’indépendance de la Pologne conformément au principe léniniste du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes et, dès les premières décisions du gouvernement révolutionnaire, avait annulé toutes les annexions du tsarisme.

Erigeant plus tard un monument de reconnaissance à l’Amérique, en glorifiant Wilson comme le « libérateur » et le « protecteur » de la Pologne, la bourgeoisie polonaise s’est efforcée de cacher au peuple ou de falsifier la vérité dans la question de savoir à quelles forces sociales et à quels mouvements la Pologne doit véritablement sa renaissance...

Des conclusions intéressantes se dégagent, par exemple de l’analyse de la prétendue « aide » accordée par Hoover à la Pologne après la première guerre mondiale.

Ainsi qu’il ressort des publications de la Société des Nations, une partie insignifiante de « l’aide » était gratuite, tandis que la partie la plus importante se composait de crédits commerciaux à un taux élevé d’intérêts portant surtout sur des vivres. Ces crédits ne s’étendaient ni aux machines, ni aux matières premières.

Bien que ces marchandises aient été de mauvaise qualité, se composant surtout des surplus militaires, les prix en étaient de deux fois et demi supérieurs aux prix normaux.

Nous voulons nullement heurter les sentiments des citoyens américains, et en particulier des Polonais américains qui sans doute avaient éprouvé une chaleureuse sympathie pour cette action. Il convient toutefois, dans l’intérêt même de la vérité, de dévoiler le sens exact de cette action, telle qu’elle a été réalisée par les magnats de Wall-Street, et non par l’Américain moyen.

Les politiciens bourgeois polonais, issus le plus souvent de la noblesse marquée par tous les complexes d’une aristocratie décadente, ou encore de l’intelligentsia bourgeoise ne péchant pas, le plus souvent, par une grande profondeur de pensée, étaient toujours fascinés par l’Occident et inculquaient au peuple pendant des dizaines d’années le culte de l’Occident et des hommes soit-disant providentiels pour la Pologne.

Mais ces grands hommes changeaient comme dans un kaléidoscope si vite, que la jeunesse scolaire ne parvenait même pas à apprendre les noms de ces célébrités éphémères.

 III. LES TRADITIONS ANTIPOLONAISES DE LA POLITIQUE DU VATICAN

Dmowski qui avait, pendant un demi-siècle, fréquenté en compagnie d’autres comtes et de différents politiciens « providentiels » de la Pologne, les antichambres et les salles d’attente des ministres et des ministères de toutes les capitales du monde, qui avait eu « l’honneur » de converser directement avec des dizaines de ces dignitaires qui géraient la politique mondiale, sans en exclure la Cour Apostolique, a consigné leurs épanchements dans de nombreux volumes.

Tous ces grands chefs de gouvernement ignoraient souvent la géographie de l’Europe, en particulier celle de la Pologne et régulièrement celle des petits pays. Ils écoutaient. plus souvent avec une impatience contenue, les plaintes et les doléances au sujet de la « question polonaises ».

Dmowski, lui-même, relate ces entretiens avec - une certaine amertume. Voici un extrait, certainement sincère étant donné sa source :

« J’ai reçu l’accueil le moins favorable à nos aspirations en un lieu où, semblerait-il, nous aurions pu nous y attendre le moins, à savoir, au Vatican... J’aborde là un sujet très délicat pour un pays catholique, mais en même temps très important pour nous et exigeant d’être traité avec sérieux et exactitude. Je fais une distinction entre l’Eglise et la politique de la Cour Apostolique.

L’Eglise, représente pour les catholiques le pouvoir auquel, en matière de foi, ils doivent une obéissance absolue. La politique du Vatican est une chose humaine, et comme toute chose humaine, susceptible de commettre des erreurs...

Il me semble que la politique du Vatican a commis pendant la guerre de grandes fautes, en particulier en ce qui concerne la Pologne. Son attitude dans la question polonaise se trouve parfaite-ment précisée par une conversation que j’ai eue en janvier 1916 avec un haut dignitaire du Vatican et dont je cite textuellement la partie ayant un intérêt.

Je me suis vu poser la question suivante :

— Pourquoi marchez-vous avec la Russie ? — Parce qu’il faut que l’Allemagne soit battue. — Pourquoi vous faut-il la défaite de l’Allemagne ? — Parce que sans elle il n’y aura pas de Pologne unifiée... En cherchant l’unification, nous cherchons une Pologne indépendante.

J’ai entendu alors une explosion de rire.

— Une Pologne indépendante ? Mais c’est un rêve, c’est un but inaccessible !

Je ne saurais dire que mon oreille de Polonais en ait été flattée. En guise de réponse, j’ai posé la question :

— Quel conseil Votre Eminence nous donnerait-elle ? — Votre avenir est lié à l’Autriche.

C’est avec ces mots qu’au Vatican on m’a conseillé une politique qui bénéficiait en Pologne du titre de politique « d’indépendance ». La Pologne indépendante constitue un rêve irréalisable — son avenir est lié à l’Autriche. Je pense que la Cour Apostolique était bien renseignée sur les desseins de l’Autriche à l’égard de la Pologne... » (Dmowski, Ecrits, vol. V, page 260).

Je m’excuse de cette citation un peu longue, mais elle m’a paru intéressante, parce que le jugement de Dmowski sur l’attitude du Vatican dans les affaires polonaises est tout à fait d’actualité.

De nombreux dignitaires ecclésiastiques soulèvent des protestations et mettent en doute les appréciations de « Trybuna Ludu », sur la politique du Vatican. Mais Dmowski, lui, n’est pourtant ni un marxiste, ni un athée ; ce n’est pas un partisan de notre idéologie, mais bien son ennemi juré.

Bien que Dmowski ait été un national-démocrate forcené, bien qu’il ait été atteint au plus haut degré de la maladie consistant à flairer partout l’intrigue juive, que ce soit dans l’entourage de Wilson, dans celui de Lloyd George, parmi tous les « alliés » Américains, Anglais, Français, Italiens et jusque dans l’entourage du Pape — il serait difficile de mettre en doute l’exactitude de ses dires, quand il se plaint de la froide indifférence des dirigeants de la politique mondiale de l’Occident à l’égard des petites nations, et dans leur nombre, de la Pologne.

L’attitude des grandes puissances occidentales la Pologne, fut celle des Etats impérialistes envers des pays plus faibles.

« Il ne se trouvera pas beaucoup d’hommes politiques des grandes puissances - a dit le camarade Staline au cours de la réception d’une délégation finnoise, en avril 1948 --- qui considèrent les petites nations comme égal aux grandes.

La plupart d’entre eux regardent les petites nations de haut. Parfois ils consentent assez volontiers à accorder une garantie unilatérale aux petites nation. Mais ces hommes politiques d’une manière générale ne se prêtent pas à la conclusion de traités égaux avec les petites nations, car ils ne les considèrent pas comme leurs partenaires. »

Sur l’échiquier de la « grande politique » impérialiste, les nations plus faibles n’ont joué jusqu’à présent que le rôle de pions, à moins de se prêter, pour une raison ou une autre à devenir directement une proie de guerre.

Vingt-cinq ans séparent la première guerre mondiale de la deuxième, mais l’attitude des représentants des puissances impérialistes anglo-saxonnes envers la Pologne et les petits peuples n’a pas changé quant au fond.

Deux ans seulement après la fin de la deuxième guerre mondiale M. Byrnes, un des participants à la conférence de Potsdam, a le premier avancé la thèse du caractère provisoire des décisions prises par les grandes puissances dans la question des frontières occidentales de la Pologne. C’était une tentative de transformer la question des frontières polonaises en instrument de chantage politique dans l’arsenal de la diplomatie du dollar.

Le camarade Molotov a riposté clairement et sans ambages à ces tentatives en déclarant que les questions concernant le territoire d’un Etat n’est pas un jeu, et que les décisions internationales prises dans ces questions sont obligatoires.

En défendant les principes de vérité et de justice, l’Union Soviétique a aidé le peuple polonais à récupérer les terres ayant appartenu de tout temps à la Pologne. Et là où de profondes transformations démocratiques ont été réalisées, là où ont été extirpées les racines de l’agression allemande, le peuple allemand a compris et il a exprimé son accord.

LA LUTTE CONTRE LE RÉARMEMENT DE L’ALLEMAGNE OCCIDENTALE

La naissance de la République Démocratique Allemande a été le grand tournant historique dans le développement des relations pacifiques et amicales entre les peuples polonais et allemand.

Une preuve de ce tournant historique a été fournie par les accords conclus entre les deux Etats et fixant définitivement la frontière sur l’ Odra et la Nyssa, comme frontière de paix et d’amitié. Le symbole de ce tournant fut la récente visite de Wilhelm Pieck, Président de la République démocratique Allemande à la capitale polonaise.

La vive coopération économique et culturelle qui se développe entre les deux pays, avantageusement pour les deux parties, constitue la meilleure garantie de la durée de ces nouvelles relations qui sont une précieuse contribution à l’oeuvre de consolidation de la paix.

Seules, l’amitié et la coopération de bon voisinage, appuyées sur le respect mutuel et la lutte commune pour la Paix et le progrès social sont susceptibles de fournir des bases solides à l’indépendance et à l’essor des peuples.

Aussi bien, favoriser les efforts en vue de l’unification de l’Allemagne sur la base de sa démocratisation mettrait un terme à son agressivité, voilà ce qui qui aussi partie des buts poursuivis par notre Etat populaire dans sa politique extérieure.

Notre tâche consiste à lutter côte à côte avec tous les peuples aspirant à la paix, contre la remilitarisation de l’Allemagne Occidentale, contre les tentatives de l’impérialisme américain en vue d’imposer au peuple allemand une nouvelle forme du régime catastrophique hitlérien par lequel les fauteurs de guerre désirent exciter le peuple allemand et le précipiter dans une nouvelle guerre de conquêtes en Europe, au profit des Etats-Unis.

LA FACE HIDEUSE DE L’IMPÉRIALISME AMÉRICAIN

Dans son ouvrage consacré à la Conférence de la Paix de 1919 à Versailles, le diplomate et écrivain anglais, Harold Nicolson, cite à propos des disputes et des divergences de vue entre les diplomates des pays anglo-saxons et des pays latins une appréciation, non dépourvue de sagacité, de la politique américaine, vue avec les yeux des peuples latins :

« Ainsi, par exemple, ils se sont aperçus — écrit Nicolson, que les Etats-Unis, au cours de leur histoire brève mais riche en conquêtes, ont toujours prétendu à la plus grande vertu, mais ont toujours en même temps violé leur symbole de foi, en manifestant le matérialisme le plus vulgaire.

Ils se sont aperçus que les Américains aiment sentir suivant l’exemple de Jefferson et agir suivant celui de Hamilton. »

« Il se sont aperçus que des principes tels que l’égalité entre les hommes, n’étaient appliqués ni à l’égard des jaunes ni à l’égard des Noirs. Ils se sont également aperçus que la doctrine sur les droits des peuples à disposer d’eux-mêmes ne s’appliquait ni aux Indes, ni même aux Etats du Sud.

Ainsi inclinaient-ils à examiner les tendances et principes américains, non à la lumière de la déclaration de Philadelphie, mais à la lumière de la guerre du Mexique, de la Louisiane, et d’innombrables accords conclus avec des Indiens, puis violés avec cynisme avant même que l’encre avec laquelle ils furent écrits n’ait eu le temps de sécher.

Ils se sont aperçus que sans même chercher plus loin ce dont se souvient la seule génération contemporaine, l’empire américain s’agrandissait toujours par la force brutale »...

Avec quelle passion le jeune Henryk Sienkiewicz ne décrit-il pas dans ses « Lettres de voyage », éditées en 1878, le martyrologe des Indiens, la cruauté et la dureté des « pionniers » américains :

« C’est en vain — écrit Sienkiewicz en parlant des Indiens —qu’ils envoient des délégations pour démontrer leurs droits de propriété par des parchemins, des sceaux et des signatures. »

« Le Gouvernement assigne aux sauvages des terres que les Blancs confisquent, et où ils fondent de nouveaux Etats après avoir exterminé les Indiens.

Que reste-t-il alors aux Peaux-Rouges ? La guerre, une guerre sans espoir de victoire ; une guerre seulement pour la mort. »

En soulignant les aptitudes des Indiens et leur niveau intellectuel, Sienkiewicz précise qu’ils « ne sont nullement inférieurs aux Kalmouks, Bachkires et autres peuplades nomades vivant dans les steppes de la Russie et de l’Asie. »

« Ces tribus — écrit plus loin Sienkiewicz à propos des Indiens — sont déjà malgré tout parvenues à une certaine civilisation, elles seraient donc susceptibles de progresser encore et d’arriver, aidées intelligemment, au niveau de notre civilisation, si cette « civilisation » n’avait pas trouvé plus expéditive : au lieu de soute et de procédure r ure bien renforcer les faibles — elle les tue. »

Quelle signification saisissante acquiert à nos yeux le parallèle que Sienkiewicz établit entre les Indiens et les Bachkires !

Aujourd’hui, tout homme qui pense honnêtement doit arriver, en observant le sort de ces peuples, à se faire une opinion sur les résultats auxquels aboutissent deux modes de vie différents : le mode de vie capitaliste américain, et le mode de vie socialiste soviétique.

Les Indiens ont été exterminés par les « civilisateurs » américains. La Bachkirie, comme également les autres Républiques Soviétiques, est aujourd’hui une république florissante possédant une industrie et une agriculture riches, ayant une très belle littérature et ses propres académies et centres scientifiques.

A la lumière des expériences des dernières années, et tout particulièrement des cinq dernières années, la caractéristique citée plus haut, écrite par Nicolson, politicien bourgeois, à qui l’analyse marxiste est étrangère, trouve une nouvelle et frappante confirmation, non seulement aux yeux des peuples latins auxquels il fait allusion, mais aussi des peuples slaves et avant tout des peuples d’Asie.

Aujourd’hui que l’impérialisme américain, possédé par la soif de dominer le monde, a entrepris l’armement forcené des fascistes allemands et japonais en mettant à leur tête des criminels de guerre relâchés de prison au moment où il essaye par le fer et par le feu d’étouffer et de noyer dans le sang l’héroïque peuple coréen luttant pour sa liberté — le visage de l’impérialisme américain apparaît dans toute sa laideur.

Nous sommes loin, c’est évident, de vouloir identifier les intentions souvent bonnes de l’Américain moyen qui prend à la lettre les déclarations avancées par des personnalités officielles avec des buts qui sont loin d’être honnêtes et que poursuivent différents rois de l’acier ou du saucisson, les barons du charbon ou les prophètes de Wall Street.

IL FAUT INTENSIFIER LA LUTTE CONTRE LA. PROPAGANDE MENSONGERS DE L’AMERIQUE

Entre les masses travailleuses des Etats-Unis et l’oligarchie impérialiste de l’argent qui les dominent il existe des contradictions qui iront en s’intensifiant et en s’approfondissant.

Les impérialistes cachent leurs buts expansionnistes et leur agressivité aussi bien aux yeux de leur peuple que du monde entier.

Mais leur politique de guerre doit rendre la crise plus grave et les effets de celle-ci pèseront de plus en plus lourdement sur les masses travailleuses des Etats-Unis également, en rendant plus intense la lutte pour leurs droits et pour des conditions de vie meilleures.

La politique de l’oligarchie de l’argent doit conduire à l’abaissement du niveau de vie des masses, non seulement dans les pays marshallisés, mais aussi aux Etats-Unis.

Elle aboutit déjà aujourd’hui à augmenter le malaise, le nombre des suicides, la criminalité et la décomposition morale.

Attisant l’hystérie guerrière, les dirigeants de la politique américaine cherchent à rejeter sur l’URSS et les pays de démocratie populaire, sur la Corée et la Chine, la responsabilité de la situation qu’ils créent eux-mêmes.

Dans ce but, ils développent une propagande mensongère d’une ampleur et d’une lâcheté inégalées jusqu’ici. Terroriser les populations par la peur, agir sur l’esprit des gens en créant une atmosphère de mensonge, d’inquiétude et de panique, afin de mieux les abêtir et d’en faire des êtres incapables de juger sainement - voilà la méthode par laquelle les fauteurs de guerre voudraient obscurcir et voiler les sources et les foyers de crimes, voilà la méthode par laquelle ils voudraient présenter comme auteurs de ces crimes leurs propres victimes.

Tout en dévastant la Corée, pourtant séparée des Etats-Unis par le plus vaste des océans, les militaristes américains crient que l’Amérique est menacée par le minuscule peuple coréen ; tout en assassinant bestialement des femmes et des enfants coréens, ils accusent d’agression leurs propres victimes assassinées.

Tout en annexant l’île chinoise de Taiwan et en sou-tenant le gouvernement de Tchang-Kai-Chek en faillite, ils envoient une formidable flotte de guerre dans les mers lointaines de Chine et d’Asie.

Tout en organisant constamment des survols au-dessus des territoires de la Chine et en menaçant ces territoires, les agresseurs américains obligent les pays à leur obédience à condamner la Chine dont ils violent eux-mêmes le territoire, et contre laquelle ils commettent des crimes. Dans une interview récemment publiée, accordée au correspondant de la « Pravda » le camarade Staline constate :

L’Organisation des Nations Unies, créée pour être le rempart de la paix, se transforme en instrument de guerre, en un moyen pour déclencher une nouvelle guerre mondiale.

Le noyau agressif de l’ONU est constitué par dix pays, les membres du Pacte Nord Atlantique d’agression (Etats-Unis d’Amérique, Grande-Bretagne, France, Canada, Belgique, Hollande, Luxembourg, Danemark, Norvège, Islande) et par vingt pays de l’Amérique latine...

De cette manière l’ONU, se transformant en instrument d’une guerre d’agression, cesse en même temps, d’être une organisation mondiale de nations égales en droit ; en réalité, l’ONU est aujourd’hui moins une organisation mondiale qu’une organisation pour les Américains, agissant selon le bon plaisir des agresseurs américains...

L’Organisation des Nations Unies s’engage de cette façon sur la voie peu glorieuse de la Société des Nations. Par là elle enterre son autorité morale et se condamne à la désagrégation. »

En déchaînant à un degré inconnu auparavant, la course aux armements, en effectuant la reconversion à des fins de guerre de toute l’économie des pays liés par des pactes et des accords publics ou secrets à l’impérialisme américain instigateur d’une nouvelle guerre, les fauteurs de guerre propagent par tous le mensonge ignoble affirmant que ce ne sont pas eux, mais bien l’URSS et les pays de démocratie populaire qui menacent la paix.

« Le premier Attlee — disait dans son interview le camarade Staline — a besoin de mentir sur l’Union Soviétique, il a besoin de représenter la politique de paix de l’Union Soviétique comme une politique agressive, et la politique agressive du gouvernement britannique comme une poli-tique de paix.

Cela pour induire en erreur le peuple britannique, lui imposer ce mensonge sur l’Union Soviétique et, en le trompant, l’entraîner dans une nouvelle guerre mondiale, organisée par les milieux dirigeants des Etats-Unis d’Amérique. »

Il est clair que la propagande impérialiste a pour but d’abrutir les plus naïfs ou ceux qui s’y retrouvent difficilement, dans les questions politiques et les phénomènes sociaux. De tels hommes sont nombreux dans les pays capitalistes et les pays coloniaux.

Ailleurs par contre, dans les pays déhç libérés des chaînes de l’économie capitaliste, la propagande impérialiste s’appuie sur les débris des gros propriétaires terriens et capitalistes, elle essaye également d’exercer son influence sur ceux qui subissent encore le joug des vieux préjugés et qui portent encore le poids de l’héritage laissé par la mensongère idéologie bourgeoise.

Nous savons bien que la su pression totale de cet héritage infernal exige un très long travail d’éducation, un incessant développement du savoir et de la culture et un constant relèvement de la conscience politique des masses.

Nous devons nous rappeler que la lutte contre la propagande mensongère des impérialistes exige de nous une plus grande tension de nos forces et de notre énergie que jamais.

Dans la lutte contre la propagande mensongère des impérialistes, nous avons pour tâche d’expliquer aux masses quels sont les véritables buts et les véritables sources de la politique agressive de l’impérialisme, et de leur montrer également où elle conduit. Notre propre propagande doit s’appuyer sur l’expérience des masses qui ont déjà subi les conséquences monstrueuses de la politique agressive de l’impérialisme hitlérien.

Les fauteurs de guerre américains reprennent et poursuivent la politique de l’hitlérisme qui était une politique d’agression et qui a conduit à la deuxième guerre mondiale. Les masses travailleuses savent par leur propre expérience quelles destructions et quelles calamités la guerre apporte à tous les peuples, ps compris à ceux dont les gouvernements ont déclenché la guerre. C’est pourquoi les masses travailleuses veulent s’opposer à la guerre et veulent soutenir la politique de paix.

La lâcheté de la propagande impérialiste repose sur le mensonge que les armements impérialistes auraient pour but d’assurer la paix. Mais tous les hommes sensés savent que la course aux armements ne peut sauvegarder la paix, que celle-ci peut-être assurée seulement par le désarmement et une politique de paix.

Le camarade Staline a démasqué cette hypocrisie d’une façon péremptoire :

« Le premier Attlee se prétend partisan de la paix. Mais s’il tient vraiment à la paix, pourquoi a-t-il repoussé la proposition de l’Union Soviétique à l’Organisation des Nations Unies concernant la conclusion immédiate d’un Pacte de paix entre l’Union Soviétique, la Grande-Bretagne, les Etats-Unis d’Amérique, la Chine et la France ?

S’il tient vraiment à la paix, pourquoi a-t-il repoussé les propositions de l’Union Soviétique, de procéder immédiatement à la réduction des armements, d’interdire immédiatement l’arme atomique ?

S’il tient vraiment à la paix, pourquoi poursuit-il les partisans de la paix ? Pourquoi a-t-il interdit le Congrès des défenseurs de la paix en Grande-Bretagne ? La campagne de défense de la paix peut-elle menacer la sécurité de la Grande-Bretagne ? Il est clair que le premier Attlee ne tient pas au maintien de la paix, mais au déclenchement d’une nouvelle guerre mondiale d’agression. »

L’URSS MÈNE UNE POLITIQUE CONSÉQUENTE DE PAIX

Les Etats socialistes : l’URSS et les pays de démocratie populaire ont maintes fois demandé le désarmement, tant au sein de l’ONU que dans les conférences internationales. Le mouvement mondial des partisans de la paix qui combat également pour le désarmement, trouve dans sa lutte un appui puissant dans l’URSS et dans les pays de démocratie populaire.

L’URSS poursuit sa politique de paix avec ténacité et persévérance depuis qu’elle existe. Un des principe mots d’ordre de la Révolution Socialiste, d’où est née l’URSS, était celui de la lutte pour la paix.

Les chefs de la Révolution Socialiste, Lénine et Staline, furent porte-parole de la paix, ses initiateurs et ses défenseurs infatigables. Le marxisme-léninisme montrait aux masses travailleuses du monde entier dès la naissance du mouvement ouvrier, où résident les causes des guerres et comment lutter pour les combattre.

Fidèle aux idées du marxisme-léninisme, l’URSS applique systématiquement depuis 33 ans une politique de paix et préconise la réduction des armements dans toutes les conférences internationales où elle est représentée ou en dehors d’elles.

Par contre l’exemple suivant pourrait témoigner combien fausse et hypocrite fut toujours la politique de l’oligarchie financière américaine : en 1925 devait se dérouler à Genève la conférence internationale convoquée pour étudier le problème du commerce des armes en vue d’une diminution des armements.

Hoover, alors ministre du commerce des USA, avait organisé des réunions préliminaires des producteurs d’armes américains en précisant sur les invitations qu’il importait que le représentant américain à Genève fût informé à fond sur le point de vue des producteurs américains d’armes et de munitions afin de pouvoir protéger leurs intérêts. La défense des intérêts des producteurs d’armes américains, voilà la ligne directrice de la politique du gouvernement des Etats-Unis aussi bien à cette époque qu’aujourd’hui, et aujourd’hui à une échelle beaucoup plus vaste qu’alors.

Aussi, c’est en citant de tels faits que nous devons démasquer le mensonge de l’actuelle propagande impérialiste destinée a cacher le vrai visage agressif des fauteurs de guerre américains.

L’effort fait par l’URSS depuis la guerre en vue de renforcer la paix s’exprime avant tout dans sa détermination d’aboutir à un règlement commun du problème allemand par l’application des décisions de Potsdam (collaboration aux travaux de la Commission de Contrôle, conférences des quatre puissances à Londres, Paris, Moscou).

Après la scission de l’Europe et de l’ Allemagne résultant du plan Marshall, l’URSS ne renonce pas à ses efforts de régler pacifiquement le problème allemand, et le prouve à la conférence de Varsovie (1948) et à celle de Prague (1950) en même temps, en respectant l’autorité des décision internationales prises, et en dépit des violations brutales de ces décisions par les Etats capitalistes, l’URSS défend systématiquement la réalisation des décisions de Potsdam.

L’URSS prenait au sein de l’ONU en commun avec les pays de démocratie populaire, l’initiative de proposer : 1. l’interdiction de l’emploi de l’arme atomique et de tout autre moyen d’extermination massive, ainsi que le contrôle de l’énergie atomique, 2. le désarmement progressif ainsi que la conclusion d’un pacte des cinq grandes puissances en vue de ce désarmement.

Le dynamisme du Mouvement Mondial des Partisans de la Paix, mouvement de masse, le plus puissant de tous ceux qui aient jamais existe, témoigne que ces répondent aux aspirations de tendances millions d’hommes.

La politique de paix de l’URSS et des pays de démocratie populaire trouve son expression non pas uniquement dans la politique étrangère et dans les efforts que ces Etats accomplissent sur l’arène internationale.

Ce qui témoigne encore mieux des efforts et du travail accomplis dans l’intérêt de la paix, c’est le sens qu’on donne aux efforts d’un pays dans le domaine de son économie et de sa production.

Les grandes réalisations du communisme en URSS, sur lesquelles se concentre aujourd’hui l’attention de toute la population soviétique, les travaux formidables pour fertiliser les déserts, pour protéger par la plantation de forêts d’immenses territoires dévastés par la sécheresse, les puissants barrages hydroélectriques et les canaux édifiés par les peuples soviétiques pour élever encore plus leur production agricole, l’essor culturel, artistique et scientifique de l’URSS, toujours plus grand et sans aucune comparaison avec celui d’aucun autre pays, qui pourrait nier que tout ce magnifique et puissant effort d’une société socialiste de 200 millions d’hommes ne domine aujourd’hui toute sa vie et tout son travail.

TRAVAILLER EN PAIX — VOILA LE SOUCI PRINCIPAL DU PEUPLE POLONAIS

Qui pourrait nier, sinon un fourbe ou un menteur, qu’en Pologne le travail bat son plein pour la reconstruction des villes et des villages, que le peuple polonais reconstruit à un rythme extraordinaire sa capitale dé-truite par les impérialistes hitlériens, les mêmes que l’impérialisme américain excite aujourd’hui à une nouvelle guerre ?

Qui oserait nier, en dehors des rebuts pervertis de l’émigration, que les masses travailleuses en Pologne industrialisent leur pays avec un enthousiasme formidable, qu’elles construisent de nouvelles usines de tracteurs, de machines agricoles, d’engrais, de camions pour l’agriculture ?

Qui oserait nier que d’année en année l’extraction du charbon augmente Pologne, que de nouvelles mines et aciéries y sont construites, que s’édifient de nouvelles usines et de nouvelles cités autour de ces usines, que d’année en année la production industrielle augmente à un rythme inconnu dans les pays capitalistes.

Qui oserait nier que le plan sexennal — destiné à sortir la Pologne du retard hérité de l’époque capitaliste et à la transformer d’un pays pauvre en un pays riche et fort — sera réalisé et dépassé par le peuple travailleur ?

Qui pourrait nier que cet immense travail pacifique constitue l’effort principal et le souci majeur du peuple polonais et que le peuple polonais a conscience de renforcer, par son travail intense, dévoué et noble, l’indépendance de la Pologne, de renforcer la paix dans le monde !

Ce que font par contre les pays capitalistes, je l’ai déjà dit. Les pays capitalistes procèdent à une reconversion de toute leur économie pour une production de guerre !

Dans quelle basse perfidie ne doit-on pas être tombé pour oser, à l’aide d’une presse vénale et de dizaines de postes émetteurs dans toutes les grandes villes capitalistes d’Europe, diffuser sans arrêt et précisément dans les langues des peuples construisant, le socialisme, que ce ne sont pas les impérialistes qui préparent une guerre, mais bien l’URSS et les pays de démocratie populaire ; que ce ne sont pas les impérialistes qui s’arment, mais les Etats socialistes ; que ce ne sont pas les impérialistes qui menacent la paix, mais l’URSS.

Le rôle le plus infâme, le plus sale dans cette propagande éhontée de mensonges est joué par les, agences titistes au service des fauteurs de guerre impérialiste , ainsi que par les flagorneurs invétérés de l’impérialisme, la droite social-démocrate.

Dans le cadre de la politique que de guerre des agresseurs américains, le bloc titiste et social-démocrate se spécialise dans l’action de diversion et dans la calomnie au sein du mouvement ouvrier et à l’intérieur du camp des partisans de la paix.

Après la faillite rapide des tentatives d’une diversion idéologique à l’aide de mesquines théories cosmopolites, la droite social-démocrate en commun avec les gangsters titistes essaye encore de jongler avec une phraséologie syndicaliste défraichie d’un goût nettement fasciste, tout en se démenant avec un zèle de laquais, pour proférer contre l’URSS et les pays de démocratie populaire les mensonges et les calomnies les plus dégoûtantes et les plus effrénées.

ON PEUT ET ON DOIT EMPÊCHER LA GUERRE

Pour justifier et rendre plus aisée leur politique de guerre, les impérialistes déchaînent une hystérie et une panique de guerre. Cette atmosphère ainsi que l’a constaté le vieux fauteur de guerre Hoover — s’empare beaucoup plus des Etats-Unis eux mêmes que des autres pays auxquels elle est destinée. La guerre en Asie dure déjà depuis huit mois, et les effets qu’elle exerce aux Etats-Unis augmentent encore le désarroi dans le monde capitaliste.

La fameuse « puissance militaire » des Etats-Unis, tant vantée et affichée depuis la fin de la deuxième guerre mondiale, qui devait sans grande peine conquérir le monde à son gré, a trébuché guerre et s’est compromise dans la contre le petit peuple de Corée faiblement armé.

« Et cette guerre — dit le Camarade Staline — est au plus haut point impopulaire parmi les soldats américains et britanniques.

Il est effet difficile de convaincre les soldats que la Chine qui ne menace ni la Grande Bretagne ni l’Amérique et à qui les Américains ont pris l’île de Taiwan est l’agresseur, tandis que les Etats-Unis d’Amérique, qui se sont emparés de l’île de Taiwan, ont amené leurs troupes jusqu’aux frontières même de la Chine sont ceux qui se défendent.

Il est difficile de convaincre les soldats que les Etats-Unis d’Amé-rique ont le droit de défendre leur sécurité sur le territoire de la Corée aux frontières de la Chine, tandis que la Chine et la Corée n’ont pas le droit de défendre leur sécurité sur leur propre territoire et aux frontières de leur Etat.

De là l’impopularité de la guerre parmi les soldats anglo-américains. Il est compréhensible que les généraux et les officiers les plus expérimentés puissent subir une défaite si leurs soldats considèrent la guerre qui leur est imposée comme profondément injuste, et si, de ce fait, ils remplissent leurs obligations sur le front d’une façon toute formelle, sans foi dans la justesse de leur mission, sans enthousiasme. »

Néanmoins la guerre continue et le fait qu’elle pourrait facilement s’étendre constitue une menace avec laquelle comptent les hommes de tous les pays du monde.

Cette menace se trouve aggravée par l’orgie des armements déclenchée par l’impérialisme. Rien d’étonnant donc que le souci le plus grave de la plupart des hommes soit aujourd’hui celui de préserver la paix.

Aussi la politique de paix poursuivie par l’URSS et les pays de démocratie populaire trouve-t-elle un appui de plus en plus large dans les masses travailleuses et parmi les hommes les plus avancés du monde entier.

Le caractère aventurier de la politique impérialiste, l’incertitude du lendemain, le mensonge comme principale arme idéologique et instrument de propagande, le mépris de l’homme, le mépris des aspirations de la dignité nationale des pays vassalisés, le profond déclin spirituel et moral - voilà les facteurs que l’on retrouve sous la dictature de l’impérialisme américain.

Celle-ci repousse, inquiète et heurte beaucoup d’hommes sensés et honnêtes.

C’est sur cette toile de fond que se développe et s’intensifie le grand mouvement mondial des partisans de la paix. Chacun se rend compte du danger que présente la tension de la situation internationale.

L’impérialisme pourrissant se débat dans une grave crise qui augmente encore la folie aventurière de l’oligarchie avide du dollar, déchaînée dans sa rage de domination et d’exploitation.

Cette oligarchie dispose de moyens techniques et d’un matériel puissants qu’elle essaye de transformer en une force de destruction. C’est pourquoi la politique de guerre impérialiste constitue une menace sérieuse pour l’humanité, pour son développement et son progrès et nous n’avons pas le droit de la sous-estimer.

Elle n’est pas sous-estimée par des millions de simples gens dans tous les pays du monde, elle n’est pas sous-estimée par les masses polonaises qui tous les jours se posent cette inquiétante question : la guerre est-elle inévitable ?

Notre Parti doit donner aux masses une réponse claire et décidée : on doit et on peut empêcher la guerre ! La guerre est un besoin et un espoir des impérialistes tyrans, oppresseurs et assassins des peuples, elle est un attentat et un crime contre l’humanité. La guerre est une preuve manifeste de la faillite et du déclin de l’impérialisme en tant que régime social, c’est une preuve de sa profonde décomposition.

« Celui qui dit que la guerre est inévitable, calomnie l’humanité » — proclame justement la résolution du deuxième Congrès Mondial de la Paix. A la question si une nouvelle guerre mondiale est inévitable, le camarade Staline donne la réponse suivante :

« Non. Du moins à l’époque actuelle on ne peut la considérer comme inévitable.

Evidemment, aux Etats-Unis d’Amérique, en Grande-Bretagne, aussi bien qu’en France, il existe des forces agressives qui ont soif d’une nouvelle guerre. Elles ont besoin d’une guerre pour réaliser des surprofits, pour piller les autres pays.

Ce sont les milliardaires et les millionnaires qui considèrent la guerre comme un chapitre de recettes rapportant d’immenses profits. Ce sont elles, ces forces agressives, qui tiennent clans leurs mains les gouvernements réactionnaires et qui les dirigent.

Mais en même temps, elles ont peur de leurs propres peuples qui ne veulent pas d’une nouvelle guerre et sont pour le maintien de la paix. C’est pour cela qu’elles essaient d’employer les gouvernements réactionnaires pour envelopper leurs peuples de mensonges, pour les duper et présenter une nouvelle guerre comme une guerre défensive, et la politique de paix des pays pacifiques comme une politique agressive.

Elles essaient de tromper leurs peuples pour leur imposer leurs plans d’agression et les entraîner dans une nouvelle guerre. C’est précisément pour cela qu’elles ont peur de la campagne de défense de la paix, craignant que celle-ci ne dévoile les intentions agressives des gouvernements réactionnaires. »

Il est nécessaire et possible de conjurer le danger d’agressions impérialistes à condition d’arriver à une mobilisation active et permanente de toutes les forces progressistes pour la défense de la paix.

Le mouvement des combattants et des défenseurs de la paix est un nouveau mouvement social grandiose d’une importance de premier plan ; un tel mouvement n’existait pas à l’échelle internationale ni sous une forme organisée dans la période qui a précédé la deuxième guerre mondiale.

Il y a là un mouvement reflétant ce développement nouveau qui représente l’élévation rapide de la conscience de millions de gens influencés par l’expérience de la guerre passée et des calamités effrayantes qu’elle a apportées à l’humanité.

Des millions de gens s’intéressent à la situation interna.. tionale et suivent son développement. La lutte générale pour la défense de la paix trouve un vif écho parmi les travailleurs de la Pologne populaire.

La collecte des signatures pour l’appel de Stockholm à laquelle le peuple polonais tout entier a participé en est une preuve, comme l’est aussi le grand mouvement de sympathie de la part de toute la nation envers le deuxième Congrès Mondial pour la paix, durant lequel la capitale de la Pologne était devenue la capitale de la paix.

Les travailleurs prennent toujours plus con-science que la lutte pour la paix les concerne tous et chacun en particulier et qu’elle est très étroitement liée au travail quotidien du peuple tout entier. Il en ressort que la lutte pour la paix doit englober le peuple tout entier et doit avoir le caractère d’un large front national.

Que faut-il entendre par là ? Il n’existe pas en Pologne un grand nombre d’hommes dont on pourrait dire qu’ils désirent la guerre. Des hommes pareils ne forment dans notre société qu’une méprisable poignée, ce ne sont en général que des dévoyés dont on pourrait se dispenser de parler.

Mais nous n’avons pas le droit de fermer les yeux sur le fait que même des agents de diversion et des agents des services d’espionnages étrangers, recrutés spécialement parmi les rescapés des milieux capitalistes et spéculateurs, peuvent, même s’ils sont peu nombreux, nuire par la diffusion des mensonges de diversion et par une propagande chuchotée ; d’autant plus que la propagande par radio organisée par les impérialistes, mensongère jusqu’à la bêtise mais d’autant plus criarde, essaye de s’infiltrer parmi les éléments les plus rétro-grades de notre pays.

Il faut extirper entièrement cette diversion criminelle. La lutte pour la paix est une lutte dans laquelle notre peuple doit se trouver le plus uni. Il ressort clairement de ce que j’ai dit que la lutte pour la paix constitue dans les conditions actuelles le plus haut devoir patriotique et humain.

Quel est le sens politique du Front National ?

Nous savons que le problème de l’unité nationale dans la lutte pour la libération, problème qui avait eu un sens progressiste dans la période de nos insurrections nationales au XIXe siècle, dans la période de l’évolution ascendante de la bourgeoisie polonaise — est devenu, dans les décades ultérieures, entre les mains de la national-démocratie, du pilsudskisme, de la droite du Parti socialiste polonais (PPS) et plus tard du régime de la « sanacja », un mot d’ordre de charlatanisme politique.

Dans la période où la bourgeoisie polonaise, liée aux propriétaires terriens était déjà devenue une classe dont les intérêts s’opposaient aux intérêts , nation, une classe qui marchait de plus en plus dans : la la voie de la trahison nationale — dans cette période le mot d’ordre de Front National n’était pour elle qu’un instrument pour paralyser les masses ouvrières, paysannes et la petite bourgeoisie urbaine par un nationalisme chauffé à blanc ou par des théories racistes empruntées à l’arsenal hitlérien.

Il s’agissait de couvrir d’une feuille de vigne cette caricature de Front National, la nudité repoussante de la trahison, et la félonie de la classe d’exploiteurs au gouvernement. La politique de cette classe a conduit la Pologne à la catastrophe de septembre, avec toute l’immense hécatombe humaine, les destructions et les souffrances qui étaient devenues le lot du peuple.

Nous pouvons aujourd’hui observer avec dégoût cette poignée de faillis qui, se trouvant en émigration, sont tombés au fond même de la félonie et de la trahison. Ils se vendent en gros et en détail à tous les services d’espionnage impérialistes qui consentent à les acheter.

Ces petites cliques d’émigrés qui se mordent entre elles, racontent des fables sur la Pologne « d’entre-deux-mers » et pour satisfaire leur patron américain raillent à qui mieux la souveraineté nationale, tout en agitant le petit drapeau de l’unité nationale.

Les vieillissantes sirènes de l’émigration à têtes fascistes et à queues d’espions américains louchent de plus en plus tendrement du côté de la Trizone, y dépêchent leurs Anders, Hutten-Gzapski et Mackiewicz pour vendre, en suivant les traces du général Prchala, les émigrés polonais hébétés comme chair à canons aux généraux hitlériens. Nous combattions et démasquions ces ennemis du peuple quand ils se couvraient de la phraséologie national-démocrate ou démocrate-chrétienne, populiste, social-démocrate ou de l’assainissement fasciste (sanacja), aujourd’hui ils se démasquent eux-mêmes en tant que mercenaires americano-hitlériens.

 IV. LA CLASSE OUVRIÈRE - FORCE DIRIGEANTE DU FRONT NATIONAL

Dans la nuit sombre de l’esclavage et de l’occupation hitlérienne, notre Parti a lancé le mot d’ordre de Front National de lutte contre l’envahisseur allemand, il a édifié victorieusement ce front, en rassemblant les meilleures forces de la nation autour du Conseil National.

Nous partions fermement du principe que c’était la classe ouvrière qui devait diriger le Front National, car un glissement sur la voie du Conseil dit d’Unité Nationale avec le gouvernail aux mains des partis bourgeois—comme le voulaient les partisans de la déviation opportuniste de droite — aurait infailliblement conduit à sa perte la lutte pour la libération nationale, l’aurait conduit à se vendre à l’impérialisme anglo-saxon.

Grâce à cette attitude patriotique et conséquente tant au point de vue de classe qu’au point de vue national, grâce à l’alliance avec la grande Union Soviétique, grâce a l’aide de l’héroïque Armée Soviétique, la Pologne a été libérée.

Le pouvoir populaire a procédé à l’édification de la Pologne sur des principes nouveaux, socialistes. Voilà pourquoi nous pouvons faire face aujourd’hui à tous les dangers qui nous menacent de la part de l’impérialisme américain.

Alors que le danger d’une agression américaine menace le monde, des millions d’hommes des pays de l’Europe Occidentale prennent toujours plus conscience l’oppression américaine et de la perte de leur indépendance, ce qui constitue la base d’un large front national, pour la paix et la reconquête de l’indépendance de ces pays. La lutte héroïque de millions d’hommes de France et d’Italie en témoigne.

A la tête de cette lutte se trouvent les partis communistes, champions inflexibles de la liberté et de l’indépendance nationale. Le programme du Parti Communiste de Grande-Bretagne publié récemment constitue un document précieux à cet égard, nous y lisons entre autres

« Pour la première fois dans son histoire, notre pays a perdu son indépendance et sa liberté d’action dans la politique étrangère, économique et militaire, il s’est soumis à une puissance étrangère — les Etats-Unis d’Amérique.

La reconquête de l’indépendance nationale de la Grande-Bretagne trahie par les dirigeants des partis conservateur, libéral et travailliste est une condition expresse du relèvement de la Grande-Bretagne et de son progrès politique, économique et social. Nous appelons tous les patriotes authentiques à s’unir pour défendre les intérêts nationaux et l’indépendance de la Grande-Bretagne. Nous sommes pour une Grande-Bretagne libre, forte et indépendante. » (Pour une Paix durable, n° 5, 2 février 1951)

Les Fronts Nationaux de lutte pour la paix et l’indépendance nationale issus de la situation concrète des pays de l’Europe Occidentale sont nos alliés dans cette lutte.

LA SIGNIFICATION DU MOT D’ORDRE DU IRONT NATIONAL DE LUTTE POUR LA PAIX ET LE PLAN SEXENNAL

Quel est le contenu politique de notre mot d’ordre du Front National de lutte pour la paix et la réalisation du Plan Sexennal ? Nous proclamons aujourd’hui ce mot d’ordre pour resserrer encore davantage les rangs des millions de Polonais.

Ce n’est pas une coïncidence si c’est précisément aujourd’hui que ce mot d’ordre se place au premier plan. Trois facteurs y ont contribué Premièrement, le danger de guerre, le danger d’une agression américano-hitlérienne qui s’est considérable-ment accru ces derniers temps.

Les horreurs de la dernière guerre sont encore présentes à notre mémoire ; nous nous souvenons, nous nous souvenons bien de la face bestiale des hitlériens, actuellement patronnés par les Américains. Aujourd’hui, ils tendent leurs griffes rapaces aussi bien vers nos territoires de l’Ouest que vers toute la Pologne qu’ils veulent asservir.

Nous savons ce que signifierait l’invasion des hordes arnéricano-hitlériennes la mort, la faim, les mutilés. Y-a-t-il un Polonais honnête qui, devant ces plans criminels, ne prendrait pas une position nette et bien définie ?

Peut-on y répondre autrement qu’en resserrant les rangs dans le Front National de lutte pour la paix et pour le Plan de six ans ?

Deuxièmement, s’appuyant sur l’union dite atlantique et sur la Trizone dans laquelle il réarme les hordes hitlériennes et remet le pouvoir aux mains des généraux hitlériens battus, l’impérialisme américain menace notre indépendance.

Il voudrait bien faire de la Pologne sa colonie, son « hinterland » [arrière-pays], fournisseur de matières premières, et administré par des gauleiters hitlériens. Y-a-t-il un seul Polonais honnête, un seul véritable patriote qui ne serrerait les poings en réponse à Ces plans, à ces lâches intentions, à ces desseins abjects ?

Peut-on y répondre autrement qu’en resserrant les rangs du Front National de lutte pour la paix et pour le Plan de six ans, garantie de notre industrialisation, de notre force et de notre souveraineté ?

Troisièmement, nous appelons à resserrer les rangs du Front National parce que les ouvriers, les paysans travailleurs et les intellectuels travailleurs constituent le noyau essentiel de notre peuple. De profondes trans-formations se sont produites au cours des siècles dans le peuple polonais, aujourd’hui, il entre dans la période de son épanouissement, car il devient une nation socialiste.

LA NATION POLONAISE DEVIENT UNE NATION SOCIALISTE

Et comment cela s’est-il produit du point de vue historique ?

La nationalité polonaise s’est développée dans la période du morcellement médiéval, dans la période précapitaliste, c’est-à-dire vers la fin du XVIIIe siècle.

Il n’existait alors que des éléments de la nation future comme la langue, le territoire, la communauté culturelle, etc. La noblesse s’intitulait alors elle-même, la « nation des nobles », laissant de côté la bourgeoisie et les paysans.

C’est au XIXe siècle que s’est constituée la nation polonaise dans l’acception moderne de ce terme, une nation dont la physionomie était déterminée par la bourgeoisie liée avec la noblesse, c’est-à-dire une nation bourgeoise.

Les autres classes, malgré leur importance numérique, étaient soumises à l’hégémonie de la bourgeoisie et ne pouvaient jouer le rôle dirigeant pour former la nation ni pour déterminer sa physionomie.

L’arrivée au pouvoir de la classe ouvrière polonaise, en 1944, a inauguré une nouvelle période historique, la période de la transformation de la nation bourgeoise en nation socialiste avec un nouveau régime économique, avec une nouvelle composition de classe, avec une nouvelle physionomie morale et politique.

Par conséquent, pendant l’étape historique actuelle, notre peuple traverse tin processus très profond de trans-formation et de passage à la société socialiste. Ce processus se poursuit, et tant qu’il n’atteindra pas un stade déterminé, il doit être lié à la lutte de classe.

Mais c’est un processus qui mène à la société sans classes. Chez nous, on a liquidé à jamais les principaux piliers de la société bourgeoise précédente : les industriels capitalistes et les propriétaires fonciers. Les couches de la bourgeoisie moyenne ont été évincées dans une large mesure de notre industrie, de notre commerce et de nos transports.

Il ne reste que les couches de la petite bourgeoisie. A la campagne, il ne reste que la couche des koulaks dont l’influence sur l’agriculture ira en diminuant. La grande masse des exploitations paysannes à petite production marchande est liée avec notre économie socialiste générale par toute une série de formes comme les coopératives, les contrats, etc.

Et ce qui est le plus important, elle commence à passer de plus en plus résolument à la production coopérative.

L’ alliance sans cesse plus solide des ouvriers et des paysans sous la direction de la classe ouvrière constitue ch nous la forme politique sous laquelle les masses paysannes sont entraînées dans l’édification socialiste.

Il est clair que tout cela se déroule dans les conditions d’une lutte de classe qui va en s’aggravant.

Les couches bourgeoises en voie d’élimination recourent à des formes de lutte de plus en plus âpres qui vont de la diversion au sabotage, de l’espionnage à la provocation et des actes clandestins de banditisme à l’organisation d’officines impérialistes soigneusement camouflées.

Le processus par lequel les vestiges de l’ancien régime se joignent à la campagne de diversion de l’impérialisme et des fauteurs de guerre, oppose ces éléments aux intérêts vitaux du peuple, les exclut de la nation.

Le glaive vengeur de notre justice s’abattra sur eux avec toute la rigueur de la loi. Nous briserons résolument la résistance de l’ennemi de classe et de la diversion impérialiste.

En même temps nous adopterons l’attitude la plus indulgente et la plus bienveillante à l’égard de ceux qui jadis errant dans les ténèbres, se trouvaient sous l’influence de l’idéologie hostile et qui, aujourd’hui, veulent servir fidèlement le peuple et consacrer toutes leurs forces au renforcement de notre patrie.

Et comment se forme la nation socialiste ? Le camarade Staline a répondu à cette question en 1929 dans son ouvrage « La question nationale et le léninisme ».

« L’union de la classe ouvrière et de la paysannerie travailleuse à l’intérieur de la nation pour la liquidation des restes du capitalisme au nom de l’édification victorieuse du socialisme, la destruction des restes de l’oppression nationale au nom de l’égalité des droits et du libre développement des nations et des minorités nationales, la destruction des restes du nationalisme au non-i de l’institution de l’amitié entre les peuples et de l’établissement de l’internationalisme, le front commun avec toutes les nations opprimées ou qui ne jouissent pas de tous leurs droits, dans la lutte contre la politique de conquête et des guerres de conquête, dans la lutte contre l impérialisme telle est la physionomie spirituelle et socialo-politique de ces nations. »

Le camarade Staline qui a lutté toute sa vie contre le nihilisme national, contre la sous-estimation de la question nationale déclare catégoriquement que la liquidation des nations bourgeoises ne signifie en aucun cas la liquidation des nations en général, mais seulement la liquidation des nations bourgeoise.

Le camarade Staline a souligné que les nouvelles nations socialistes sont plus unies que n’importe quelle nation bourgeoise, car « elles sont délivrées des irréconciliables contradictions de classe qui divisent les nations bourgeoises, et autrement plus universellement populaires que n’importe quelle nation bourgeoise ».

Nous pouvons déclarer à la lumière de ces thèses que, malgré les contradictions de classe qui existent encore chez nous, nous avons fait incontestablement un grand pas en avant dans la voie de la transformation de notre nation en nation socialiste.

C’est justement pour cette raison que la nation polonaise actuelle, pour reprendre les expressions du camarade Staline. est beaucoup plus universellement populaire que ne l’a jamais été la nation polonaise dans la période bourgeoise.

C’est pourquoi le mot d’ordre avancé par nous du Front National signifie la cohésion des rangs de la nation qui se transforme en nation socialiste, sous la direction de la classe ouvrière, dans la lutte pour les populaires les plus importants, tels que la paix, la garantie de l’indépendance et la réalisation du Pian six ans.

C’est précisément et exclusivement dans ce sens que nous lançons le mot d’ordre du Front National de lutte pour la paix et la réalisation du Plan de six ans mot d’ordre qui est qualitativement différent des mots d’ordre précédents.

En liquidant les classes parasitaires, nous laissons à ceux qui en sont issus la possibilité de se joindre à la nouvelle communauté nationale, en participant à l’activité de production, à l’activité du peuple tout entier. En renforçant le Front National de lutte pour la paix et la réalisation du Plan de six ans, nous multiplions de la façon la plus effective les forces du peuple.

Nous assurons les conditions les plus favorables pour son épanouissement en nous appuyant sur son glorieux héritage, riche de plusieurs siècles, et en enrichissant sans cesse notre patrimoine national, notre contribution à l’oeuvre universelle de la paix et du progrès.

LA LUTTE CONTRE L’OPPORTUNISME ET LE SECTARISME

La lutte pour la paix est aujourd’hui la tâche principale, la plus importante de notre parti, comme elle est la tâche essentielle de tous les partis communistes et ouvriers du monde entier et de tous les progressistes honnêtes. Le souci d’assurer la direction de cette lutte sur le plan politique et sur le plan de l’organisation ne saurait être séparé des autres tâches qui se posent au parti.

Lorsque nous parlons d’un vaste front national de lutte pour la paix, cela signifie que dans le domaine de l’organisation, il s’agit d’entraîner la majorité des hommes épris de paix dans une lutte active, pleine d’abnégation pour la défense de la paix.

Au premier abord, cette tâche ne semble pas difficile, puisque nous savons que la plupart des hommes aspirent réelle-ment à une paix durable. Mais, en réalité, c’est une tâche immense et qui n’ est pas facile à accomplir.

Organiser des masses inorganisées, éveiller en elles, pour une longue période, l’activité et la vigilance, les rendre prêtes à se dévouer dans un effort collectif, diriger et ceux qui aspirent à la paix, et ceux qui ont compris comment il fallait lutter efficacement pour la paix, cela comme nous le savons déjà par notre propre expérience, est une tâche difficile.

D’aucuns pourraient dire : Mais comment ? Nous avons recueilli 18 millions de signatures sous l’Appel de Stockholm, il existe dans notre pays tant de milliers de comités de la paix.

Qu’y a-t-il donc ici de difficile ? Certes, la collecte des signatures a été une belle campagne. Mais celle-ci n’a recueilli qu’une déclaration des signataires, exprimant leur position dans une question déterminée, posée par l’Appel de Stockholm.

Mais ces déclarations ne signifiaient nullement que les signataires étaient décidés à faire preuve, pendant une longue période, d’activité, de vigilance, qu’ils étaient prêts à déployer des efforts permanents pour la, cause de la paix.

L’opinion selon laquelle signer l’appel et se déci partisan de la paix serait une forme suffisante de participation à la lutte pour la paix, ainsi que la tendance à se contenter du nombre des comités de la paix déjà créés, sont des phénomènes dangereux.

On ne doit pas restreindre les tâches de la lutte pour la paix à ces seules formes que constituent la propagande et les déclarations. De nombreux camarades sont encore portés à commettre cette erreur.

De nombreux camarades ont une tendance dangereuse et particulièrement nocive à substituer à l’activité de propagande et d’organisation des méthodes mécaniques et (sous différentes formes) des abus de pouvoir condamnables, afin « d’alléger » leurs tâches, et cela, bien entendu, non seulement au cours de la campagne de lutte pour la paix.

On pourrait citer une longue liste d’actes de sectarisme les plus variés, qui se manifestent dans différentes actions sociales, mais les camarades de la province ici présents connaissent certainement ces « exploits » mieux que moi.

Par contre, je tiens à souligner à cette Assemblée Plénière du CC le fait alarmant d’une attitude tolérante dans les provinces envers ce sectarisme extrêmement dangereux qui non seulement n’accélère pas notre marche en avant, mais qui la freine considérablement.

Toutes les manifestations de sectarisme qui sont accompagnées d’abus de pouvoir, doivent être traitées de sabotage envers le pouvoir populaire, faute d’autant plus lourde, que ce sont surtout des membres du parti qui la commettent.

Le respect de l’autorité du pouvoir populaire, une attitude pleine de déférence envers les lois promulguées par ce pouvoir, le respect à chaque pas des principes de la légalité révolutionnaire est, semble-t-il, un devoir élémentaire de chaque citoyen.

Cependant l’attitude de beaucoup de membres du parti envers la question de la légalité rappelle parfois celle des hommes les plus rétrogrades, socialement parlant.

Ce sont là des remarques faites en passant, et je pense que nous y reviendrons à une prochaine occasion, ou qu’elles trouveront leur expression au cours de la discussion. En revenant aux tâches concernant la lutte pour la paix, je veux mettre en garde contre un autre grave danger, celui qui consiste à avoir dans cette lutte, une attitude superficielle, qu’on pourrait rapprocher du pacifisme bourgeois.

Il ne s’agit pas de garder un « calme béat », de se laisser aller à la réconciliation des classes, il ne s’agit pas non plus d’estomper les contra-dictions et la lutte de classes, ni de ralentir le rythme de l’édification de la société sans classes.

Ce qui importe, c’est que nous luttons pour la paix, contre le déclenche-ment d’une guerre impérialiste d’agression et que nous sommes en train de créer un Front National comme levier pour la réalisation du Plan de six ans qui est pour notre peuple la forme principale de lutte pour assurer son indépendance et son développement pacifique.

Nous sommes marxistes, et une attitude neutre dans les luttes sociales qui se poursuivent — nous est étrangère. Une neutralité de cette espèce est toujours un symptôme d’opportunisme. Cependant il y a encore pas mal d’opportunisme dans nos rangs.

Nous devons nous opposer à ces symptômes catégoriquement et les com-battre avec décision. De même dans la lutte pour la paix, ce qui importe c’est une activité réelle et non une attitude passive qui en fait équivaut, à une attitude « neutre ».

La défense active de la paix exige tout d’abord dans notre travail quotidien, nous soyons vigilant ; face aux menées des agresseurs et des fauteurs de guerre de tout acabit, c’est-à-dire que nous soyons vigilants far à l’activité perfide, camouflée des agents de diversion des espions, des saboteurs et des autres agents ennemis.

Comment se présente cette vigilance dans la pratique ? Les camarades de la Chambre Suprême de contrrôle nous répondront peut-être plus en détail à ce sujet eux, qui dernièrement ont vérifié comment on garde, dans nos institutions, des documents constituant des secrets d’Etat.

Des camarades de notre Parti nous diront à ce sujet comment sont gardés, même dans les bureaux du Parti des documents du Parti, alors que les Comités de Voïvodies ont une attitude tolérante en-vers les coupables.

Nous avons parlé à la 3e Session Plénière du CC du devoir de vigilance envers l’ennemi de classe, les camarades intervenant dans la discussion nous diront certainement comment les choses se présentent aujourd’hui sous ce rapport dans beaucoup d’organisations du Parti.

Je dirai simplement à cette occasion que l’attitude envers l’exécution des décisions prises par le Parti et le contrôle de leur exécution est une des principales faiblesses de notre travail de Parti, à laquelle nous devrions mettre fin le plus rapidement possible.

LE PLAN SEXENNAL — PLAN D’AUGMENTATION DE NOTRE FORCE

La lutte pour la paix est intimement liée à notre lutte pour le Plan de six ans, car celui-ci doit mettre fin à notre faiblesse, à notre état arriéré, et par conséquent, à notre incapacité de nous défendre. C’est surtout aux pays faibles, arriérés et sans défense que les impérialistes imposent leur volonté. La faiblesse économique d’un pays est une tentation pour les impérialistes qui pénètrent dans ce pays arriéré, soit par la violence, soit au moyen de la prétendue « aide » qui peut devenir, elle aussi, une forme particulière elle violence.

Chaque prêt consenti par un pays capitaliste s’accompagne de conditions de dépendance économique et politique imposées au pays bénéficiant du prêt. Il y a eu chez nous des gens pour affirmer que la Pologne ne pourrait pas surmonter ses difficultés sans une aide financière de la part de l’Amérique ou de la Grande-Bretagne.

Aujourd’hui, nous sommes heureux de le dire, grâce au soutien fraternel de l’Union Soviétique, nous avons parfaitement vaincu ces difficultés sans l’aide américaine. Nous avons devant nous l’exemple des pays qui « benéficient » de cette aide ; elle les soutient comme la corde soutient le pendu.

Le Plan Sexennal augmente les forces de la Pologne et renforce son indépendance, et par là-même, augmente l’apport de la Pologne à la cause de la paix, qui est celle de toute l’humanité.

La lutte active pour la paix signifie donc le travail quotidien de chacun de nous pour l’accroissement des forces de la Pologne populaire, pour le renforcement de sa base économique, pour l’accroissement rapide de ses forces de production, c’est-à-dire de son industrie, de ses transports, de sa marine, de son agriculture et, en même temps, de sa culture, car la culture constitue sans aucun doute un facteur important de la force d’une nation.

Lutter activement pour la paix c’est contribuer de toutes ses forces et à chaque instant à la réalisation du Plan Sexennal.

Quelles obligations fondamental réalisation de ce plan nous impose-t-elle ? Etant donné qu’il en sera parlé plus en détail dans le rapport camarade Minc, je me bornerai à déclarer que les du conditions essentielles nécessaires pour continuer à, accomplir avec succès nos tâches économiques sont les suivantes :

a) la cohésion et l’abnégation des masses travailleuse de Pologne, des millions d’ouvriers, de paysans et d’intellectuels travailleurs ;

b) l’augmentation de la productivité du travail et le développement intense de l’émulation socialiste ;

c) l’abaissement du prix de revient de la production, grâce à la gestion plus rationnelle et plus économique ; l’introduction du principe d’économie comme règle de conduite dans notre travail de production et dans nos propres foyers. d) une lutte énergique, implacable contre toute négligence, toute prodigalité, contre le sabotage et la dilapidation des biens publics ;

e) un contrôle permanent, systématique de l’exécution des tâches du parti et de l’Etat. Voilà les directives essentielles de notre travail d’organisation. Elles nous aideront à remplir nos tâches avec succès, à remporter la victoire dans la lutte pour le Plan Sexennal — base d’airain de notre lutte pour la paix.

LE SYSTEME SOCIAL QUI NE SE SOUCIE PAS DE L’HOMME SE CONDAMNE LUI MEME

Le régime capitaliste est à nouveau dans une phase d’aggravation aiguë de sa politique d’aventures et de guerre. Il se débat dans des contradictions qu’il ne peut ni résoudre, ni surmonter. Ne tenant aucun compte des leçons de l’expérience et de l’histoire, les impérialistes cherchent une issue à la crise aiguë qui pèse sur leur système économique dans la course aux armements, c.à.d dans le déclenchement d’une guerre.

Cette folle politique accélère et approfondit la crise générale du capitalisme que les fauteurs de guerre impérialistes voudraient précisément éviter et qui les fait trembler. La même soif de dominer le monde qui a mené leurs prédécesseurs hitlériens à la catastrophe les conduit sur le même chemin, vers une nouvelle catastrophe du régime capitaliste.

Nous sommes profondément convaincus que la coexistence pacifique du système capitaliste et du système socialiste est possible. C’est un vil mensonge que d’accuser le camp socialiste de tendre à l’agression. Le système socialiste ne craint pas la compétition pacifique avec le capitalisme, car l’édification pacifique des pays socialistes, leur économie, leur culture se développent rapidement et sans interruption, libèrent l’énergie créatrice toujours plus magnifique des sociétés socialistes, multiplient leurs forces de production.

Ceci accroît la fureur des fauteurs de guerre impérialistes et suscite l’admiration des masses travailleuses du monde entier.

Dans la compétition des deux systèmes sociaux la supériorité du socialisme et son caractère progressiste et salutaire pour l’humanité deviennent évidents pour des centaines de millions d’hommes dans tous les coins du globe. Les forces et les capacités de production du grand Etat socialiste d’avant-garde se développent à une vitesse vertigineuse, sans précédent dans aucune période de l’histoire des sociétés.

Si, l’on compare le niveau actuel de la production en URSS a celui de la période capitaliste, c’est-à-dire au niveau de 1913 — cette seule comparaison suffit à condamner le système capitaliste.

Les pays capitalistes qui, autrefois étaient en tête tels que l’Angleterre, la France, l’Allemagne, la Belgique, le Japon — ne peuvent, quoiqu’ils fassent’ dépasser de beaucoup le niveau de production d’il’ y a 40 ans, et piétinent sur place.

En 20 ans, donc pendant la moitié de cette période, malgré les effroyables destructions causées par l’invasion hitlérienne, l’Union Soviétique a multiplié plusieurs fois les forces et les capacités de production des nations soviétiques, par rapport à la période capitaliste, c’est-à-dire par rapport à 1913, depuis elle les multiplie toujours plus rapide-ment d’année en année atteignant un niveau technique toujours plus élevé, avec un élan digne d’admiration, dont elle peut être fière.

Ainsi, dans les branches de la production les plus importantes et les plus difficiles — dans l’industrie lourde — l’URSS atteignait en 1940 (juste avant la guerre) une production annuelle de 15 millions de tonnes de fonte et plus de 18 millions de tonnes d’acier, c’est-à-dire une augmentation de 4 fois et demie en comparaison avec 1913.

En 1950, la production sidérurgique de l’URSS a augmenté de plus de 50% en com-paraison avec 1940, c’est-à-dire qu’elle est six fois supérieure à celle de 1913.

En 1940, on a extrait en URSS 166 millions de tonnes de charbon, c’est-à-dire 5 fois et demie de plus qu’en 1913. L’an dernier l’extraction du charbon a augmenté de deux tiers en comparaison avec 1940, c’est-à-dire qu’actuellement elle est environ 9 fois supérieure à celle de la période capitaliste en Russie.

En ce qui concerne la production des machines, il n’est pas possible de faire de comparaisons avec la période capitaliste, car un bond extraordinaire a été fait en URSS par rapport à la situation avant la première guerre.

Les hommes soviétiques se sont non seulement assimilé les découvertes de la technique la plus moderne, mais ils élèvent cette technique à un niveau toujours plus haut et la perfectionnent sans cesse.

Rien que pendant l’année 1950 les usines soviétiques de construction de machines ont produit plus de 400 nouveaux types et marques de machines et d’installations à. grand rendement.

La mécanisation de l’industrie, de l’agriculture, des transports, de la construction a atteint un niveau supérieur à celui de tous les autres pays et contribue à l’augmentation constante du rendement du travail. L’augmentation de la production, le développement de la technique, les réalisations économiques favorisent le développement de la culture et du bien-être des nations soviétiques.

Le capitalisme au contraire décline inéluctablement et de façon inégale. Il détruit ou dilapide les forces de production de la société, conduit à la ruine les populations des pays soumises à la dictature de l’oligarchie impérialiste, sème le désespoir et la mort.

Le socialisme assure à la société un magnifique développement, multiplie les forces de production de la société, élève à un niveau incomparablement supérieur les acquisitions de la pensée humaine, facilite les découvertes de la technique.

Le capitalisme fait peser sur l’humanité le danger de guerre et d’extermination.

La science, la pensée créatrice, la technique, les talents sont stimulés en URSS et y trouve des conditions de développement sans entrave et toujours es plus magnifique.

A chaque invention de nouveaux moyens de génocide l’impérialisme ne contient pas sa joie, mais malgré ses « armes magiques », l’impérialisme est battu par les peuples d’Asie mal armés, mais luttant héroïquement pour leur liberté.

Le socialisme fait tout pour développer l’homme - il enseigne à apprécier la dignité de l’homme, éveille en lui des idées nobles et un amour ardent de son pays natal et des grandes aspirations progressistes de l’humanité. L’impérialisme s’enivre du culte du dollar qui dégringole, et méprise l’homme.

Le système social qui n’a pas de considération pour l’homme est condamné à sa perte.

LES SOURCES DE NOTRE FIERTÉ NATIONALE

Notre pays est souvent visité par des délégations d’ouvriers, de femmes, de jeunes, de savants et d’artistes, de différents pays.

Nous leur montrons notre travail, et cela est l’expression de notre solidarité et de notre internationalisme que nous devons développer encore. En même temps, cela constitue aussi la source de notre légitime fierté nationale qui ne découle pas de la présomption, ni de l’orgueil, mais d’un patriotisme profond.

La fierté devant les succès remportés grâce aux efforts communs, la fierté de chaque ouvrier, de chaque paysan travailleur et de chaque instituteur, celle du médecin et de l’ingénieur devant ses conquêtes dans le travail, est un sentiment élevé que nous devons encourager.

L’aspiration à des conquêtes toujours plus importantes est belle et noble.

Nous apprécions nos ingénieurs et nos techniciens, nous apprécions tous nos intellectuels qui ont tant fait pour les succès de la Pologne populaire.

Nous voulons qu’ils soient entourés de respect et de reconnaissance. De grandes tâches les attendent cette année et dans les années à venir. C’est pourquoi nous voulons qu’ils aient devant eux des perspectives lumineuses, que leurs enfants jouissent des mêmes privilèges que les enfants d’ouvriers.

Nous sommes fiers de ne pas rester sur place, d’avoir obtenu, grâce à l’ardeur et aux recherches créatrices, malgré les hésitations et les erreurs, des résultats incontestables dans la science et la littérature, le théâtre et la peinture, la musique et le cinéma.

Nous ne pouvons en rester là. Nous désirons ardemment que soient créées chez nous des oeuvres dignes de notre grande époque, dignes de notre peuple.

NOUS PRENONS EXEMPLE SUR LE GRAND PAYS DU SOCIALISME VICTORIEUX

Nous devons critiquer plus hardiment, nous devons encourager les audacieuses recherches créatrices dans notre vie si riche de contenu, si pleine de nouveau. Nous devons encore plus profondément assimiler notre bel héritage culturel.

Nous devons encore plus largement utiliser les réalisations inestimables des savants et des artistes du grand pays du socialisme.

Notre Parti, le Parti ouvrier unifié polonais, est fier d’avoir montré au peuple polonais la voie du développement et du progrès ; il l’a aidé à s’engager sur le nouveau chemin, le chemin de l’édification socialiste.

Nous prenons exemple sur le grand et puissant pays où le socialisme a triomphé. Les réalisations de l’URSS sont un témoignage éloquent que, marchant dans la voie créatrice du socialisme, notre peuple augmentera sa force, élèvera son bien-être, multipliera rapidement les succès de son économie et de sa culture.

Nous sommes unis à l’URSS et aux pays de démocratie populaire par les liens solides de l’amitié. Cette amitié est indestructible. Avec l’Union Soviétique et les pays de démocratie populaire, nous luttons pour consolider la paix.

Avec des centaines de millions de gens, nous participons au mouvement puissant et toujours grandissant des combattants de la paix. Nous nous trouvons aux premiers rangs de ce magnifique mouvement, à la tête duquel se trouve le Grand Défenseur de la Paix, le camarade Staline. Les forces du camp de la paix grandissent.

Elles sont invincibles, car la source intarissable de leur développement réside dans sa conformité aux lois du progrès de l’histoire humaine, découvertes par la grande doctrine de Marx, d’Engels, de Lénine et de Staline.

La garantie de leur développement, c’est la pensée et l’idéologie marxistes-léninistes d’avant-garde hardies, créatrices qui ne restent jamais figées.

Le camp de la paix exprime les aspirations et les désirs de l’immense majorité des hommes, il renforce leur juste lutte pour la libération de tous les opprimés et déshérités.

Par conséquent, il jouit, dans les pays capitalistes et dépendants, de la sympathie et du soutien de millions d’hommes qui veulent être libres.

Les forces du camp de la paix s’appuient sur la base la plus solide : sur l’amitié, la coopération et la fraternité internationales. C’est pourquoi les forces mauvaises et hostiles de l’impérialisme ne pourront éviter le désastre si elles osent entreprendre une guerre criminelle, un nouvel attentat contre l’humanité.

Pour que triomphent les forces de la paix il faut qu’elles fassent jouer tous les facteurs de leur supériorité politique, morale et matérielle.

A la question : — Par quoi se terminera la lutte entre les forces agressives et les forces éprises de paix ? — le camarade Staline à répondu :

« La paix sera conservée et consolidée si les peuples prennent en mains la cause du maintien de la paix et s’ils la défendent jusqu’au bout.

La guerre peut devenir inévitable si les fauteurs de guerre parviennent à envelopper les masses populaires de mensonges, à les tromper et à les entraîner dans une nouvelle guerre mondiale.

C’est pourquoi la vaste campagne en faveur du maintien de la paix en tant que moyen de dénoncer les machinations criminelles des fauteurs de guerre, revêt aujourd’hui une importance primordiale. En ce qui concerne l’Union Soviétique, elle continuera demain comme hier à mener inflexiblement une politique tendant à prévenir la guerre à maintenir la paix. »

LE TRAVAIL PLEIN DE DEVOUMENT POUR LA POLOGNE POPULAIRE — EXPRESSION DU PATRIOTISME PROFOND

Organisant la lutte du peuple polonais pour la paix et le Plan de six ans, nous devons nous souvenir de l’immense responsabilité qui nous incombe dans la juste direction politique de cette lutte.

Le sectarisme aride, l’opportunisme qui fait perdre le point de vue de classe, qui rend aveugle et endort la vigilance, voilà le principal danger qui menace de déformer notre ligne politique.

Nous devons lutter contre les déformations de tout genre avec l’arme éprouvée de la critique et de l’autocritique. Nous devons renforcer le contrôle de l’exécution des décision et des directives du parti. Nous devons améliorer notre organisation, chacun sur son secteur de travail, et tous ensemble par nos efforts communs.

C’est sur notre Plan de six ans, qu’est fondée la force indestructible du peuple polonais, c’est lui qui constitue notre plus importante contribution à l’oeuvre de la paix.

Faisons donc tout pour réaliser ce plan Nous devons expliquer au peuple l’importance du plan, mobiliser les masses pour augmenter la producti-vité du travail visant à réaliser ce plan créateur et historique.

Nous devons apprendre à notre jeunesse courageuse et pleine d’allégresse à accélérer par son noble enthousiasme les réalisations de notre travail et à consolider sa résolution de défendre la paix.

Que chaque Polonais, qui aime son pays, renforce sa vigilance envers les menées perfides de l’ennemi, qu’il ne ménage pas ses efforts pour consolider les forces économiques de la Pologne Populaire, qu’il donne l’exemple du patriotisme par sa volonté de travailler avec abnégation pour le bien de son peuple, qu’il serve l’humanité par sa résolution de défendre la paix.

La Pologne Populaire socialiste, industrialisée, économiquement consolidée, est un rempart puissant de la liberté et de l’indépendance de notre peuple. Liée par les sentiments de l’amitié et par une idéologie commune à l’Union Soviétique, aux pays de démocratie populaire, aux forces mondiales des partisans de la paix, la Pologne populaire devient un bastion invincible contre lequel se briseront toutes les menées perfides des agresseurs impérialistes.

Les forces du camp de la paix sauront paralyser les menées du camp de l’agression, de la tyrannie et des crimes. Elles sauront assurer à l’humanité une paix durable.

Staline est notre guide, la victoire est à nous !

dimanche 5 juillet 2015


Démocraties populaires