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Baroque et contre-réforme - 16e partie : compagnie de Jésus et baroques italiens

Le baroque fut un outil utilisé par la monarchie autrichienne, rejeté par la monarchie française, mais il est avant tout une expression directe du Vatican.

Historiquement, le baroque initial est avant tout italien ; la moitié des saints est historiquement italienne, comme la quasi totalité des papes : le Vatican a pu faire du pays l’abritant un bastion. Pour cette raison, le baroque italien est d’une richesse démesurée, s’appuyant également sur une aristocratie puissante, passant de la Renaissance et son faste à une affirmation féodale nette.

Là où la situation se complique d’autant plus, c’est avec le manque d’unité nationale italienne. La Sicile, Naples, Rome connaissent des variantes de baroque, même si on reconnaît évidemment la localisation dans le sud du pays, bien plus arriéré sur le plan du mode de production.

Cela fait que, encore une fois, un peuple s’affirme à travers le baroque. Cependant, à la différence de l’Autriche ou de la Belgique où le baroque arrive en réaction à l’humanisme (la ville de Vienne était protestante avant d’être reconquise par la monarchie alliée à l’Église ; la Belgique fut arrachée aux Pays-Bas par l’Espagne catholique), en Italie le baroque est directement le fruit spécifique d’une situation sociale et nationale.

Comprendre cet aspect est, naturellement, essentiel pour connaître l’Italie. Voici comme exemple un bâtiment napolitain, le Palazzo dello Spagnolo, construit dans la première partie du XVIIIe siècle à la demande du marquis Nicola Moscati.

Voici ce qu’on peut voir depuis l’intérieur de la Cathédrale Saint-Jean-Baptiste de Turin, à laquelle est accolée la chapelle du Saint-suaire, abritant le fameux « suaire » censé être celui du Christ et datant en réalité du moyen-âge.

Voici la basilique collégiale de Sainte Marie de l’Aumône, à Catane en Sicile.

Voici la coupole de l’église Saint-Charles-des-Quatre-Fontaines, à Rome.

Cependant, s’il faut considérer le baroque italien, il faut avant tout s’attarder sur l’église du Saint Nom de Jésus, qui fut la première base des jésuites et un modèle architectural pour la contre-réforme.

L’église ne s’étale plus en profondeur, elle prend une forme arrondie, afin de mieux encadrer les offices, alors que de multiples espaces sont formés sur le côté pour des chapelles pour les groupes de prière ou les individus cherchant une dimension plus intimiste.

Une coupole permet un meilleur éclairage : l’église baroque est remplie d’éléments idéologiques et il faut qu’ils se voient. On sort complètement des âges roman et gothique.

Bien entendu, un trompe-l’œil est au centre de l’identité de l’église, avec une fresque centrale de la voûte de la nef représentant le « Triomphe du Nom de Jésus ».

Le tombeau d’Ignace de Loyola est présent dans l’église, au sein d’un autel mêlant or, lapis-lazuli, albâtre, marbre, onyx, améthyste, cristal…

Ce tombeau fait face à celui de François Xavier, tout en étant bordé de quatre groupes de sculpture représentant l’approbation de la Compagnie de Jésus, la canonisation de saint Ignace, ainsi que « le triomphe de la Foi sur l’Idolâtrie », et « la Religion triomphant de l’Hérésie », que voici.


On est là dans le faste, le somptueux. Derrière la sobriété jésuite, il y a la propagande catholique tout azimut.



vendredi 5 janvier 2018


Baroque et Contre-Réforme