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Art contemporain et post-modernisme - 11e partie : le « Queer » et la théorie du « genre »

Le terme de « queer » est une insulte en anglais à l’encontre des personnes homosexuelles. Le mot a été récupéré par des personnes américaines partisanes de la « French theory » et de la déconstruction d’absolument tout.

En l’occurrence, ce qui est « déconstruit » c’est le « genre », c’est-à-dire le fait d’être un homme ou une femme dans son identité. Selon la théorie du « queer », on peut être homme dans sa tête et femme dans son corps, et inversement. Pour cette raison même, les définitions « homme » et « femme » oppriment l’individu.

La théorie du « queer » se fonde donc sur deux principes essentiels : tout d’abord, la séparation entre le corps et l’esprit, comme le font les religions, ensuite un subjectivisme radical où l’individu a une existence totalement irréductible par rapport à la société.

C’est une affirmation ultra-individualiste qui ne pouvait que plaire à la bourgeoisie. Après avoir eu un succès retentissant dans les facultés américaines, elle a eu un très large succès en Europe dans les milieux universitaires « critiques » du « monde moderne ».

La proposition sociale qui en découle est ultra-libérale : les individus seraient indépendants de la société et toute définition « par en haut » serait réactionnaire, la nature est rejetée comme ayant failli et devant être rattrapée par la chirurgie.

Une multitude de termes a été inventée dans la foulée : « intersexuel », « pansexuel », « intersexué », « transgenre », ce dernier terme s’opposant à « cisgendre » (personnes dont l’esprit et le corps auraient le même genre).

L’influence a bien sûr été très grande sur la social-démocratie française, qui a à un moment assumé la « gestation par autrui », c’est-à-dire les mères porteuses, pareillement dans la même optique ultra-libérale et ultra-individualiste.

Cependant, même les structures gays et lesbiennes ont été massivement influencées, par l’intermédiaire des conceptions bourgeoises et des commerçants fleurissant « au service de la communauté ».

Il est ainsi parlé de plus en plus souvent des droits « LGBT » (Lesbiennes, gays, bisexuels et transgenres), ce qui dynamite les identités gay et lesbienne au profit de l’ultra-individualisme « queer ».

Pareillement, le féminisme a été énormément frappé par le refus des définitions, avec également une identité féminine caricaturée à outrance par l’imagerie trans, où la féminité est caricaturée à outrance selon les stéréotypes patriarcaux.

Le queer n’est pas une remise en cause du patriarcat, comme il le prétend parfois, mais l’apologie ultra-libérale de l’individu comme irréductible à la société et à la nature.

A ce titre, le queer assume la « déconstruction » totale de la notion de prolétariat, bourgeoisie, féminisme, révolution, etc. À ce titre, ses partisanes sont très largement intégrées dans les facultés de par le monde, comme Paris 8 en France.

La théorie du « queer » se revendique ouvertement totalement anti-communiste et assume d’être une conception intellectuelle ultra-élitiste, dans le prolongement de Michel Foucault, Jacques Derrida, Sigmund Freud et Jacques Lacan (1901-1981), qui en France a prolongé l’oeuvre de Sigmund Freud et a connu un immense succès.

Jacques Lacan revendique en effet que « L’inconscient est structuré comme un langage » et cela rentre dans le champ intellectuel de la déconstruction, pour qui tout est langage à déconstruire.

La théorie du « queer » déconstruit ainsi le langage sur le genre et le sexe, tout comme Frantz Fanon aurait fait la déconstruction du langage de la domination, Theodor W. Adorno la déconstruction du langage de la personnalité autoritaire, etc.

Dans la littérature, c’est Samuel Beckett qui est la grande référence de la « déconstruction », c’est-à-dire selon nous de l’affirmation du subjectivisme jusqu’au nihilisme.

mercredi 5 février 2014


Art contemporain et post-modernisme