Centre MLM de belgique

Andreï Jdanov : Le Parti communiste yougoslave au pouvoir des assassins et des espions – 1949

Bureau d’information des partis communistes et ouvriers, 20 novembre 1949

Arso-JovanovicNote du Centre MLM[B] : Dans ce document du Kominform signé par d’Andreï Jdanov et dénonçant la trahison de Tito, il est question d’Arso Jovanovic. Qui était Arso Jovanovic ? Né le 24 mars 1907 et mort le 12 aout 1948, il était un général des partisans yougoslaves pendant la Seconde Guerre mondiale.

Militaire de carrière, Arso Jovanovic est capitaine de l’Armée royale yougoslave au moment de l’invasion nazie de 1941. Rapidement, il rejoint les rangs des Partisans au sein desquels sa formation militaire lui permet de gravir les échelons. Il est notamment chargé par Tito, durant l’été 1941, de diriger avec Milovan Djilas l’insurrection au Monténégro occupé.

Après-guerre, au moment de la trahison titiste de 1947, Arso Jovanovic fait partie des cadres du Parti communiste de Yougoslavie qui choisissent le camp du communisme, le camp de l’URSS de Staline contre le renégat Tito. Il sera exécuté après avoir été atrocement torturé le 12 aout 1948 à Vršac, en Voïvodine, alors que la terreur fasciste (250.000 arrestations) exercée par la bande Tito s’abat sur les forces saines du Parti communiste de Yougoslavie.

Quant à Milovan Djilas, après une brève période d’alignement sur les thèses tititistes, il fit − par la droite − l’analyse du système Yougoslave comme un régime totalitaire basé sur l’arbitraire et la terreur et, passant à l’anti-communisme ouvert, il rallia les positions des impérialistes anglo-américains.


Andreï Jdanov : Le Parti communiste yougoslave au pouvoir des assassins et des espions

Après avoir discuté de la question : « Le Parti communiste yougoslave au pouvoir des assassins et des espions », le Bureau d’information composé des représentants du Parti communiste de Bulgarie, du Parti ouvrier roumain, du Parti des travailleurs hongrois, du Parti ouvrier unifié de Pologne, du Parti communiste (bolchévik) de l’U.R.S.S., du Parti communiste français, du Parti communiste de Tchécoslovaquie et du Parti communiste italien, est arrivé à un accord unanime sur les conclusions suivantes :

Si, dans sa Conférence de juin 1948, le Bureau d’information des partis communistes a constaté le passage opéré par la clique Tito-Rankovic, − de la démocratie et du socialisme au nationalisme bourgeois, − la période écoulée depuis cette Conférence du Bureau d’information a vu s’achever le passage de cette clique du nationalisme bourgeois au fascisme et à la trahison directe des intérêts nationaux de la Yougoslavie.

Les événements de ces temps derniers ont montré que le gouvernement yougoslave se trouve dans l’entière dépendance des milieux impérialistes étrangers et est devenu un instrument de leur politique d’agression, ce qui a amené la liquidation de l’autonomie et de l’indépendance de la République yougoslave. Le Comité central du Parti communiste et le gouvernement de Yougoslavie ont rejoint complètement les milieux impérialistes contre l’ensemble du camp du socialisme et de la démocratie, contre les partis communistes du monde entier, contre les pays de démocratie populaire et l’U.R.S.S.

La clique des espions et assassins à gages de Belgrade a réalisé ouvertement la collusion avec la réaction impérialiste ; elle s’est mise à son service, ainsi que l’a révélé en toute clarté le procès de Rajk et de Brankov à Budapest.

Ce procès a montré que les gouvernants yougoslaves d’aujourd’hui ont quitté le camp de la démocratie et du socialisme pour celui du capitalisme et de la réaction, qu’ils sont devenus les complices directs des fauteurs d’une nouvelle guerre et s’efforcent, par leurs actes de trahison, de mériter les louanges et de se faire bien voir des impérialistes.

Le passage de la clique Tito au fascisme n’est point dû au hasard ; il s’est effectué sur les injonctions des maîtres de cette clique, les impérialistes anglo-américains, à la solde desquels elle est de longue date, comme on le sait maintenant.

C’est pour se conformer à la volonté des impérialistes que les traîtres yougoslaves se sont assigné comme but de recruter, dans les pays de démocratie populaire, des bandes politiques parmi les éléments réactionnaires, nationalistes, cléricaux et fascistes, afin d’opérer avec leur appui des coups d’Etat contre-révolutionnaires dans ces pays, de détacher ces pays de l’Union soviétique et de l’ensemble du camp socialiste, et de les subordonner aux forces de l’impérialisme. La clique Tito a fait de Belgrade un centre américain d’espionnage et de propagande anti-communiste.

Alors que tous les amis véritables de la paix, de la démocratie et du socialisme voient dans l’U.R.S.S. une puissante forteresse du socialisme, un défenseur fidèle et inflexible de la liberté et de l’indépendance des peuples, le principal soutien de la paix, la clique Tito-Rankovic qui, déguisée en amie de l’U.R.S.S., s’est faufilée au pouvoir, a engagé, sur l’ordre des impérialistes anglo-américains, une campagne de calomnies et de provocations contre l’Union soviétique, en utilisant les inventions les plus infâmes empruntées à l’arsenal des hitlériens.

La transformation de la clique Tito-Rankovic en agents directs de l’impérialisme et en complices des fauteurs de guerre, a eu pour résultat final l’adhésion ouvertement déclarée du gouvernement yougoslave au bloc impérialiste dans le sein de l’Organisation des Nations Unies, où les Kardelj, les Djilas et les Bebler réalisent avec les réactionnaires américains le front unique dans les principales questions de politique internationale.

En matière de politique intérieure, l’activité de la clique traîtresse Tito-Rankovic a eu pour résultat essentiel la liquidation de fait du régime de démocratie populaire en Yougoslavie.

Par suite de la politique contre-révolutionnaire de la clique Tito-Rankovic, qui a usurpé le pouvoir dans le Parti et dans l’Etat, un régime policier et anticommuniste, de type fasciste, s’est instauré en Yougoslavie. Les koulaks à la campagne et les éléments capitalistes à la ville constituent la base sociale de ce régime. Ce sont les éléments antipopulaires, réactionnaires, qui détiennent pratiquement le pouvoir en Yougoslavie.

Des membres actifs des anciens partis bourgeois, des koulaks et autres éléments hostiles à la démocratie populaire ouvrent dans les organismes du centre et de la base. La clique fasciste gouvernante s’appuie sur un appareil policier et militaire démesurément gonflé, à l’aide duquel elle opprime les peuples de Yougoslavie, et a transformé le pays en un camp de guerre, aboli les droits démocratiques des travailleurs et foule aux pieds toute expression libre de la pensée.

Les gouvernants yougoslaves trompent le peuple démagogiquement et de façon cynique, en prétendant édifier le socialisme en Yougoslavie. En réalité, il est clair pour tout marxiste qu’il ne saurait être question d’édifier le socialisme en Yougoslavie alors que la clique Tito a rompu avec l’Union soviétique, avec l’ensemble du camp du socialisme et de la démocratie, privant ainsi la Yougoslavie de son principal appui dans l’édification du socialisme, dès l’instant qu’elle a soumis le pays, au point de vue économique et politique, aux impérialistes anglo-américains.

Le secteur d’Etat, dans le système économique de la Yougoslavie, a cessé d’être le bien du peuple, le pouvoir d’Etat étant détenu par les ennemis du peuple. La clique Tito-Rankovic a ouvert devant le capital étranger de larges possibilités pour pénétrer dans l’économie du pays, qu’elle a soumise au contrôle des monopoles capitalistes. En investissant leurs capitaux dans l’’économie yougoslave, les milieux industriels et financiers anglo-américains transforment la Yougoslavie en une dépendance fournissant produits agricoles et matières premières au capital étranger. La vassalisation de plus en plus grande de la Yougoslavie, vis-à-vis de l’impérialisme, aboutit à renforcer l’exploitation de la classe ouvrière et à aggraver nettement sa situation matérielle.

La politique des gouvernants yougoslaves à la campagne revêt un caractère koulak et capitaliste. Les pseudo-coopératives imposées à la campagne par voie de contrainte et détenues par les koulaks et leurs agents, servent à exploiter les grandes masses de paysans travailleurs.

Après s’être emparés de la direction du Parti communiste yougoslave, les mercenaires yougoslaves de l’impérialisme ont déclenché une campagne terroriste contre les vrais communistes qui, fidèles aux principes du marxisme-léninisme, combattent pour l’indépendance de la Yougoslavie à l’égard des impérialistes. Des milliers de patriotes yougoslaves dévoués au communisme ont été exclus du Parti, jetés en prison ou au camp de concentration, et nombre d’entre eux ont été torturés à mort et tués en prison ou traîtreusement assassinés, tel le communiste yougoslave bien connu Arso Jovanovic. La cruauté avec laquelle on procède en Yougoslavie à l’extermination des fermes combattants du communisme, n’a d’égale que les atrocités des fascistes hitlériens ou des bourreaux de Tsaldaris en Grèce et de Franco en Espagne.

Tandis qu’ils excluent du parti les communistes demeurés-fidèles à l’internationalisme prolétarien, et les exterminent, les fascistes yougoslaves ouvrent toutes grandes les portes du parti devant les éléments bourgeois et koulaks.

La terreur fasciste exercée par la bande Tito contre les forces saines du parti communiste yougoslave a eu pour résultat que la direction du parti communiste de Yougoslavie est tout entière entre les mains des espions et des assassins, à la solde de l’impérialisme. Le parti communiste de Yougoslavie est au pouvoir des forces contre-révolutionnaires qui agissent arbitrairement en son nom. On sait que la bourgeoisie a de tout temps recruté des espions et des provocateurs dans les partis de la classe ouvrière. C’est par ce moyen que les impérialistes essaient de décomposer du dedans ces partis et de se les subordonner. En Yougoslavie, ils ont réussi à atteindre ce but.

L’idéologie fasciste, la politique intérieure fasciste de la clique Tito, comme sa politique extérieure de trahison, entièrement subordonnée aux milieux impérialistes de l’étranger, ont creusé un abîme entre la clique des espions fascistes Tito-Rankovic et les intérêts fondamentaux des peuples pacifiques de Yougoslavie. C’est pourquoi l’activité antipopulaire et traîtresse de la clique Tito se heurte à la résistance sans cesse accrue des communistes restés fidèles au marxisme-léninisme, ainsi que de la classe ouvrière et de la paysannerie laborieuse de Yougoslavie.

Partant de faits incontestables témoignant du passage définitif de la clique Tito au fascisme et de la désertion qui l’a conduite dans le camp de l’impérialisme international, le Bureau d’information des partis communistes et ouvriers estime que :

1. Le groupe d’espions des Tito, Rankovic, Kardelj, Djilas, Pijade, Gosnjak, Maslaric, Bebler, Mrazovic, Vukmanovic, Koce Porpovic, Kidric, Neszkovic, Zlatic, Velebit, Kolichevski et autres, est l’ennemi de la classe ouvrière et de la paysannerie, l’ennemi des peuples de Yougoslavie.

2. Ce groupe d’espions ne traduit pas la volonté des peuples de Yougoslavie, mais celle des impérialistes anglo-américains ; aussi a-t-il trahi les intérêts du pays et liquidé l’indépendance politique et économique de la Yougoslavie.

3. Dans sa composition actuelle, le « parti communiste de Yougoslavie », tombé aux mains des ennemis du peuple, assassins et espions, s’est aliéné le droit de s’intituler parti communiste ; il n’est qu’une machine à exécuter les missions d’espionnage de la clique Tito, Kardelj, Rankovic et Djilas.

Le Bureau d’information des partis communistes et ouvriers estime en conséquence que la lutte contre la clique Tito, clique d’espions et d’assassins à gages, est un devoir international pour tous les partis communistes et ouvriers.

Les partis communistes et ouvriers ont pour devoir d’aider par tous les moyens la classe ouvrière et la paysannerie laborieuse de Yougoslavie, qui luttent pour le retour de la Yougoslavie dans le camp de la démocratie et du socialisme.

Le retour de la Yougoslavie dans le camp socialiste a pour condition indispensable la lutte active des éléments révolutionnaires tant à l’intérieur qu’à l’extérieur du parti communiste yougoslave, pour la renaissance d’un parti révolutionnaire yougoslave, véritablement communiste, fidèle au marxisme-léninisme, aux principes de l’internationalisme prolétarien et luttant pour l’indépendance de la Yougoslavie à l’égard de l’impérialisme.

Vu l’impossibilité, dans les conditions d’une terreur fasciste des plus atroces, d’intervenir ouvertement contre la clique Tito-Rankovic, les forces de Yougoslavie, fidèles au communisme, ont été obligées d’user des méthodes de lutte pour le communisme pareilles à celles des communistes des pays où le travail légal leur est interdit.

Le Bureau d’information exprime la ferme certitude qu’il se trouvera parmi les ouvriers et les paysans yougoslaves des forces capables de remporter la victoire sur la clique Tito-Rankovitch, clique d’espion et d’artisans de la restauration bourgeoise ; il est certain que sous la direction de la classe ouvrière, les travailleurs yougoslaves sauront faire revivre les conquêtes historique de la démocratie populaire, payées par leurs durs sacrifices et la lutte héroïque des peuples yougoslaves, et qu’ils s’engageront dans la voie de l’édification socialiste.

Le Bureau d’information considère comme une tâche principale des parti communistes et ouvriers de renforcer par tous les moyens la vigilance révolutionnaire dans leurs rangs, de dénoncer et d’extirper les éléments nationalistes bourgeois et les agents de l’impérialisme quel que soit le pavillon dont ils se couvrent.

Le Bureau d’information estime indispensable de développer le travail idéologique dans les parti communistes et ouvriers, l’éducation des communistes dans l’esprit de fidélité à l’internationalisme prolétarien, d’intransigeance à l’égard de toute déviation des principes du marxisme-léninisme, mais dans l’esprit de fidélité à la démocratie populaire et au socialisme.