Centre MLM de belgique

AMADA-TPO : Programme pour la paix, l’indépendance nationale, la démocratie populaire, et le socialisme – 1976

Le Bureau National de l’organisation Marxiste-Léniniste AMADA-TPO, 8 mai 1976

Note du Centre MLM[B] : Publié en mai 1976, le « Programme pour la paix, l’indépendance nationale, la démocratie populaire, et le socialisme », est un document qui, du point de vue d’AMADA-TPO, se voulait de la plus haute importance politique pour l’époque.

Au Centre MLM, nous y voyons surtout le reflet de toute la propagande anti-maoïste d’AMADA-TPO (et ensuite du PTB), avec son rejet de l’idéologie, du Parti de la science ici notamment à travers son esprit de conciliation d’avec la bourgeoisie belge.

Le « Programme pour la paix... » restera longtemps une sorte référence idéologique absolue, au point qu’il faudra attendre 1994 et la parution de l’ouvrage de Ludo Martens, « De Tien An Men à Timisoara – Luttes et débats au sein du PTB (1989-1991) » pour voir le PTB se débarrasser publiquement de thèses développées et défendues comme « maoïstes » durant près de trois décennies, le tout au bénéfice d’une réévaluation consistant à présenter le révisionnisme khrouchtchévien et brejnévien comme ayant au final été trop durement critiqué par le PTB lui-même, ainsi que par d’autres organisations dans le passé.

Ludo Martens explique que cette réévaluation avait été rendue possible et nécessaire par l’évolution de la situation mondiale, « l’URSS ayant retiré ses troupes d’Afghanistan, d’Angola et d’Éthiopie, poussé les vietnamiens à quitter le Kampuchea, bref, à liquider toutes ses colonies dans le tiers-monde ».

- Que ces événements ainsi que d’autres ne cadraient plus avec l’analyse ayant prévalu jusque-là.

- Que certaines thèses de 1979 (Ier Congrès du PTB) étant devenues intenables, il y avait donc des erreurs dans l’analyse.

L’autre raison qui présidait à la nécessité de rupture avec l’ancienne ligne était guidée par l’apparition de fortes contradictions au sein-même du PTB, contradictions liées à l’arrivée de Gorbatchev à la tête de l’URSS. Certains cadres et militants considéraient les « réformes » gorbatchéviennes comme justes et nécessaires, d’autres voulaient maintenir la ligne chinoise des années ’60 qui selon leur interprétation était correcte « jusqu’à ce que – au début des années ’80 –, Deng Xiaoping ne s’accommode lui aussi des thèses révisionnistes ».

Alors qu’il se revendiquait du maoïsme, le PTB n’a, tout au long de son histoire, jamais été en mesure de comprendre que le matérialisme dialectique peut, à partir de Mao Zedong, être une science parfaitement développée, capable de se confronter à tous les aspects de la vie.

Il est dès lors facile de voir que plus la crise économique s’est approfondie en Belgique, moins le PTB était en mesure de faire face à cela. La vitrine opportuniste pseudo-maoïste à été liquidée à un moment donné. D’autres prétentions « révolutionnaires » le seront au fur et à mesure par la suite, l’important étant de préserver la conception du Parti comme « bras armé » du populisme chère à Ludo Martens.


AMADA-TPO : PROGRAMME POUR LA PAIX, L’INDÉPENDANCE NATIONALE, LA DÉMOCRATIE POPULAIRE, ET LE SOCIALISME – 1976

 INTRODUCTION

Dans ce document, le Bureau National de TPO-AMADA expose son analyse de la situation internationale et des tâches qui en découlent pour les Marxistes-Léninistes de Belgique.

Nous exposons notre programme de paix, d’indépendance nationale, de démocratie populaire et de socialisme.

Une ligne juste se développe dans la lutte contre les lignes fausses. En exposant notre ligne, nous combattons la ligne de la direction de l’UC qui emploie le drapeau marxiste-léniniste pour vendre ses positions trotskystes qui font le jeu du social-impérialisme.

La direction de l’UC s’est révélée être un groupe anti-parti et trotskyste, mais les thèses qu’elle défendait sont caractéristiques pour tout un courant qui se réclame de la pensée de Mao Tsé Toung et de la politique de la Chine mais qui se tient en fait sur la position de classe des intellectuels petits-bourgeois.

 PREMIÈRE PARTIE : L’ANALYSE DES TROIS MONDES

Pour élaborer une ligne politique juste, nous devons tenir compte des traits fondamentaux qui caractérisent le monde actuel. Nous vivons à l’époque de l’impérialisme et de la révolution prolétarienne. Cela sont les caractéristiques fondamentales de toute la période historique actuelle.

A côté de cela, nous devons étudier les traits spécifiques de l’étape actuelle du développement de l’impérialisme.

L’étape actuelle est dominée par le développement des contradictions fondamentales qui dominent la situation mondiale.

1 La contradiction entre le socialisme et le capitalisme. En Chine, la dictature du prolétariat est consolidée de façon ininterrompue et l’économie socialiste connaît un développement rapide.

2 La contradiction entre la classe ouvrière et la bourgeoisie. Dans les pays capitalistes et révisionnistes la lutte de la classe ouvrière et des classes laborieuses contre le grand capital connaît un essor rapide.

3 La contradiction entre les pays du tiers monde et l’impérialisme et le social-impérialisme. La lutte révolutionnaire du tiers monde pour son émancipation politique et économique totale par rapport à l’impérialisme, et principalement, des deux superpuissances, est en plein essor. La lutte révolutionnaire du tiers monde sape directement la domination de l’impérialisme, c’est-à-dire, du capitalisme monopoliste, et fait partie, pour cette raison, de la révolution prolétarienne mondiale.

4 La contradiction entre les puissances impérialistes et entre les capitalistes. La lutte des pays impérialistes affaiblis contre les superpuissances s’étend. La rivalité entre l’Union soviétique et les Etats-Unis pour l’hégémonie mondiale s’aiguise de jour en jour.

L’action des quatre contradictions fondamentales partage le monde actuel en trois zones différentes.

Le premier monde est formé par les deux superpuissances ; le troisième monde comprend tous les pays en voie de développement, parmi lesquels la Chine, comme pays socialiste du tiers monde ; le deuxième monde est formé des pays impérialistes affaiblis intermédiaires.

Quand nous faisons une analyse globale de toutes les forces dans le monde, nous devons arriver à la conclusion suivante : la lutte entre l’Union soviétique et les Etats-Unis pour l’hégémonie mondiale débouchera inévitablement sur une troisième guerre mondiale.

1. LES CARACTÉRISTIQUES GÉNÉRALES DE L’IMPÉRIALISME

Lénine nous apprend :

« L’impérialisme est le capitalisme arrivé à un stade de développement où s’est affirmée la domination des monopoles et du capital financier, où l’exportation des capitaux a acquis une importance de premier plan, où le partage du monde a commercé entre les trusts internationaux et où s’est achevé le partage de tout le territoire du globe entre les plus grands pays capitalistes » (t. 22, p. 287).

« L’impérialisme est l’époque du capital financier et des monopoles, qui provoquent partout des tendances à la domination et non à la liberté. Réaction sur toute la ligne, quel que soit le régime politique, aggravation extrême des antagonismes dans ce domaine également : tel est le résultat de ces tendances. De même se renforcent particulièrement l’oppression nationale et la tendance aux annexions, c’est-à-dire la violation de l’indépendance nationale... » (t. 22, p. 320).

Lénine donne comme caractéristique fondamentale de notre époque :

« la tendance de la bourgeoisie et des opportunistes à transformer une poignée de très riches nations privilégiées en parasites « à perpétuité » vivant sur le corps du reste de l’humanité, à « s’endormir sur les lauriers » de l’exploitation des Noirs, des Indiens etc., en les maintenant dans la soumission à l’aide du militarisme moderne pourvu d’un excellent matériel d’extermination » (t,23, p. 128).

Dans les premières cinquante à soixante années de ce siècle, tous les pays impérialistes ont participé, de la même manière, à l’exploitation et à l’oppression coloniales. Les grandes puissances impérialistes, la Russie jusqu’en 1917, l’Allemagne, l’Angleterre, la France, le Japon et les Etats-Unis rivalisaient pour l’hégémonie. Les petites puissances impérialistes se rangeaient derrière l’une ou l’autre grande puissance pour acquérir et maintenir « leur » part des colonies. La politique des « petits » brigands impérialistes fut caractérisée de la façon suivante par Lénine, qui écrivait en 1915, à propos de la « faible » Italie :

« Tout pays possédant plus de colonies, de capitaux et de troupes que le « nôtre » nous II prive de certains privilèges, d’un certain profit ou surprofit... C’est l’affaire de la bourgeoisie que de lutter pour les privilèges et avantages de son propre capital national, et de mystifier le peuple... en présentant la lutte impérialiste pour le « droit » au pillage d’autrui, comme une guerre de libération nationale » (Lénine, t.21, p. 372).

Pendant la première guerre mondiale, Lénine a dit à propos de la Hollande :

« La participation de la Hollande à la guerre serait aussi de l’impérialisme car 1) la Hollande défendrait ses colonies et 2) elle serait l’alliée d’une des coalitions impériales » (Lénine, t. 22, p. 331-332).

2. LES CARACTÉRISTIQUES SPÉCIFIQUES DE LA PHASE ACTUELLE DE L’IMPÉRIALISME

Les caractéristiques fondamentales de l’époque impérialiste restent valables. Mais peut-on comprendre correctement l’impérialisme actuel en se référant aux lois de l’impérialisme en général ? Nous devons étudier les caractéristiques spécifiques de la phase actuelle de développement de l’impérialisme. Nous devons souligner deux caractéristiques spécifiques de la phase actuelle, qui ont une signification décisive dans le monde d’aujourd’hui.

2.1. Le tiers monde est devenu une grande force motrice pour le progrès de l’histoire mondiale

Dans les années ’30, la plus grande partie du tiers monde était soumise à une exploitation et une oppression coloniales sans merci. Après la deuxième guerre mondiale, les peuples d’Asie, d’Afrique et d’Amérique latine se sont levés définitivement.

« A l’heure actuelle, l’excellente situation mondiale est marquée surtout par l’éveil et le développement du tiers monde. Dans la lutte contre le colonialisme et l’impérialisme, en particulier contre les superpuissances, les pays du tiers monde ne cessent de renforcer leur unité et leur assistance mutuelle et de remporter de brillantes victoires. Ils jouent un rôle de plus en plus important dans le développement de la situation internationale et sont devenus une grande force motrice pour le progrès de l’histoire mondiale »

« Ne se laissant pas intimider par la force brutale, ils osent défendre leur indépendance nationale et leur souveraineté d’Etat, développer leur économie nationale et mener une lutte intransigeante contre l’impérialisme, en particulier contre les superpuissances ». (P.I. 44-74 p. 6 et 7).

« ... la lutte des peuples du monde contre le colonialisme, l’impérialisme, hégémonisme en particulier, a accédé à une étape nouvelle, à savoir qu’elle se développe en profondeur dans le domaine économique » (P.I. 46-74, p. 10).

2.2. Les deux superpuissances sont les deux piliers essentiels du colonialisme moderne

« Le but fondamental de toutes les activités impérialistes était d’assurer des profits élevés au capital monopoliste. La spoliation procède de la nature de l’impérialisme. Celui-ci ne peut exister sans recourir à la violence et au pilage, à l’agression et à l’expansion ». (P.I. 26-72, p. 11).

Regardons le monde d’aujourd’hui. Tous les pays impérialistes sont-ils capables de passer à la violence, le pillage, l’expansion et l’agression à l’égard du tiers monde ? Non, seules les deux superpuissances ont encore pleinement les caractéristiques des dominateurs, brigands et fauteurs de guerre impérialistes. Seules les deux superpuissances sont aujourd’hui capables de poursuivre le « travail » des anciennes puissances coloniales.

« Dans le passé, les puissances impérialistes s’étaient partagé le monde et les affaires internationales étaient décidées selon la volonté des empires coloniaux. Aujourd’hui, les deux puissances hégémoniques, l’Union soviétique et les Etats-Unis, intensifient leur qualité pour procéder à une nouvelle division de la planète. Mais l’époque où a pu sévir la politique du plus fort est révolue ». (P.I. 2-75, p. 6).

« Le substituant graduellement aux anciens colonialistes, l’impérialisme américain et le social-impérialisme révisionniste soviétique sont devenus les principaux piliers du colonialisme moderne et les plus grands colonialistes de notre temps. Partout ils s’emploient à réprimer et à miner le mouvement de libération nationale. Ils tendent leurs griffes vers l’Asie, l’Afrique, l’Amérique latine et les autres régions du monde en vue d’assujettir les peuples sous un nouveau régime colonialiste. Aussi, le mouvement de libération nationale doit-il faire face à la tâche ardue que représente la lutte contre les deux suzerains, l’Union soviétique et les Etats-Unis. Il ne saurait obtenir une victoire complète sans combattre le néo-colonialisme de ces deux superpuissances » (P.I., 47-72, p. 14).

« Aujourd’hui face aux deux superpuissances qui rêvent encore de maintenir le vieil ordre international sous leur hégémonie, les pays du tiers monde ont affirmé leur résolution de se rendre maitres de leur propre destin. C’est là une tendance irréversible » (P.I. 2-75, p. 6).

« Les superpuissances veulent toujours agiter leur baguette dans les affaires intérieures des pays du tiers monde et imposer leur ordre selon leur pratique coutumière ». (P.I. 2-7 5, p 6).

3. LA SITUATION INTERNATIONALE ACTUELLE EST CARACTÉRISÉE PAR L’EXISTENCE DE TROIS MONDES

L’action du tiers monde comme grande force révolutionnaire et l’action des deux superpuissances qui tendent à l’hégémonie, déterminent la naissance de trois mondes différents.

« La lutte qu’ont menée cette année partout les peuples montre bien que l’analyse de l’existence de trois mondes correspond parfaitement à la réalité objective actuelle et que c’est une analyse de classe scientifique ». (P.I. 1-76, p. 19).

Entre le premier et le second monde il n’y a pas seulement des différences quantitatives ; ce sont des différences qualitatives essentielles qui apparaissent entre les trois mondes.

Quels ont été les groupements essentiels dans le monde, immédiatement après la seconde guerre mondiale

« A cette époque, les pays capitalistes occidentaux ayant les Etats-Unis à leur tête ont formé le premier monde, le camp socialiste formé par l’Union soviétique et d’autres pays socialistes. Le second monde, et les pays ayant acquis leur indépendance nationale, de même que ceux qui luttaient pour l’indépendance en Asie, en Afrique et en Amérique latine, le tiers monde ». (P.I. 44-74, p. 6).

Quels sont actuellement les groupements essentiels dans le monde ?

« Les deux superpuissances, l’Union soviétique et les Etats-Unis, se disputent sans répit et avec acharnement l’hégémonie mondiale. Si l’on observe les relations internationales présentes, notre globe comporte maintenant, en fait, trois parties, trois mondes qui sont à la fois liés mutuellement et contradictoires entre eux. Les Etats-Unis et l’Union soviétique, ces deux superpuissances, forment le premier monde ; les pays en voie de développement d’Asie, d’Afrique, d’Amérique latine et d’autres territoires, le tiers monde ; et les pays développés se trouvant entre les deux, le second monde ». (P.I. 44-74, p. 6).

L’Union soviétique et les Etats-Unis forment le premier monde. Ils étendent tous deux leurs griffes vers le monde entier. Entre eux se trouvent deux zones intermédiaires, le deuxième et le troisième monde.

« La première zone comprend les pays d’Asie, d’Afrique et d’Amérique latine, qui, autrefois victimes de l’agression et de l’oppression colonialistes et impérialistes, mènent aujourd’hui une lutte vaillante contre l’impérialisme et le colonialisme, notamment contre les deux superpuissances. Non compris l’Union soviétique et les Etats-Unis, la seconde groupe les principaux pays capitalistes d’Occident et d’Orient, qui subissent à des degrés divers le contrôle, l’ingérence et les vexations des deux suzerains et ont avec ceux-ci ne nombreuses contradictions qui vont s’aiguisant.

Les prétentions des deux superpuissances à l’hégémonie mondiale et leurs crimes d’agression suscitent l’opposition de tous les peuples du monde. Les pays tant de la première zone intermédiaire que de la seconde s’unissent sous des formes et à des échelles différentes pour lutter contre la politique du plus fort et l’hégémonisme pratiqués par les superpuissances. C’est là une tendance de l’histoire mondiale ». (P.I., 47-72, p. 15).

La direction de l’U.C.M.L.B. rejette cette analyse de classe scientifique de la situation mondiale actuelle. Avant et immédiatement après la deuxième guerre mondiale, la Belgique appartenait au premier monde ; actuellement, des modifications fondamentales sont apparues dans la situation mondiale et la Belgique est devenue un pays du deuxième monde.

Pour la direction de l’U.C. il n’y a pourtant aucune différence entre la Belgique actuelle, un pays du deuxième monde, et la Belgique d’antan, un pays du premier monde.

« Toute l’histoire de l’impérialisme belge, comme de tout impérialisme, est celle d’une bourgeoisie criminelle et sanguinaire. Cela reste vrai aujourd’hui ». (p. 16, 4e col.).

4. LES CARACTÉRISTIQUES SPÉCIFIQUES DU DEUXIÈME MONDE

4.1 Une attitude de dialogue, de négociation et de coopération avec les pays du tiers monde

La lutte du tiers monde pour l’indépendance complète dans le domaine politique et économique progresse rapidement. Le tiers monde est conscient de sa force. Les pays du deuxième monde sont des puissances impérialistes affaiblies ; ils sont obligés de reconnaître l’autonomie et la force du tiers monde.

Les pays impérialistes affaiblis du deuxième monde se voient de plus en plus contraints à nouer des relations sur la base du « dialogue » avec le tiers monde, afin de défendre leurs propres intérêts et afin de les protéger contre les deux superpuissances.

La lutte révolutionnaire pour l’indépendance nationale du tiers monde progresse avec force. Cette lutte est le facteur principal des bouleversements révolutionnaires dans le monde actuel. Les pays du tiers monde exigent que l’ordre économique international ancien, qui est principalement défendu par les deux superpuissances, soit transformé. Dans cette situation, de plus en plus de pays du deuxième monde comprennent qu’ils doivent nouer des liens de coopération avec le tiers monde pour se débarrasser eux-mêmes de la domination des superpuissances. Cette coopération est favorable au progrès de la lutte révolutionnaire du tiers monde.

Par cette coopération, le tiers monde peut se libérer du contrôle et de l’exploitation des deux plus grands maîtres néo-coloniaux de notre temps, l’Union soviétique et les Etats-Unis.

Par cette coopération, le tiers monde peut édifier son économie nationale qui le rendra économiquement de plus en plus indépendant de l’impérialisme, et principalement des superpuissances. Ainsi la domination de l’impérialisme est toujours sapée davantage.

Quel but poursuivent les pays du deuxième monde avec le dialogue avec le tiers monde ?

Leur but est de se libérer du contrôle et du pillage des superpuissances. L’impérialisme américain contrôle la plus grande partie de l’approvisionnement en pétrole vers l’Europe. 80 % des besoins en pétrole de l’Europe occidentale sont couverts par l’approvisionnement du Moyen-Orient. Le social-impérialisme veut contrôler l’Europe de l’Ouest par la fourniture de pétrole, de gaz naturel, d’électricité, etc. Les pays du deuxième monde veulent un dialogue direct avec les pays arabes, pour une fourniture directe du pétrole. Pour se libérer du contrôle économique et de la domination des deux superpuissances, le deuxième monde se voit obligé d’accepter un dialogue direct avec le tiers monde sur pied d’égalité.

Les pays du deuxième monde veulent en finir avec la situation où les deux superpuissances réalisent d’énormes profits sur le dos du deuxième monde, par la fourniture du pétrole du Moyen-Orient.

Ils veulent également acquérir une sécurité pour l’approvisionnement et ne plus être dépendants de l’arbitraire des superpuissances. De cette manière, le deuxième monde veut aussi renforcer ses capacités d’une intervention politique indépendante des deux superpuissances.

Le but du deuxième monde est également de diminuer les effets de la crise économique par la coopération avec le tiers monde. Le monde capitaliste et révisionniste connaît la plus grande crise depuis la seconde guerre mondiale. Les superpuissances veulent faire porter le poids de la crise par le tiers monde, mais aussi par le deuxième monde : ils veulent renforcer leur domination économique et leur exploitation des pays du deuxième monde.

Pour sortir de leur crise de surproduction, les pays du deuxième monde veulent étendre leurs marchés. Le tiers monde a un grand besoin de machines, d’usines et de technologie pour développer rapidement l’économique nationale, et les pays du deuxième monde sont prêts à les leur livrer.

Les pays du deuxième monde sont des pays impérialistes affaiblis. Ils ne reconnaîtront jamais de leur propre gré l’indépendance politique et économique complète du tiers monde. Certains pays du deuxième monde ont gardé diverses formes de relations coloniales avec certains pays du tiers monde. C’est pourquoi, les pays du tiers monde doivent renforcer leur unité et leur force révolutionnaire et mener la lutte contre toute forme d’immixtion politique et de domination économique des pays du deuxième monde. C’est seulement par la lutte qu’ils arriveront à obliger les pays du deuxième monde à nouer avec eux des relations sur pied d’égalité selon le principe de l’avantage réciproque, et à renoncer à l’immixtion politique ainsi qu’aux tentatives de maintenir ou de rétablir le pillage.

C’est aussi la tâche des ouvriers et des travailleurs du deuxième monde de contribuer, par la lutte contre leur bourgeoisie, à l’obliger d’établir des rapports avec le tiers monde, sur la base de l’égalité, de la non-immixtion et des avantages réciproques.

4.2 La direction de l’UC refuse de reconnaître la signification du dialogue entre le deuxième monde et le tiers monde

La direction de l’U.C. refuse de reconnaître les caractéristiques spécifiques du deuxième monde. Bien qu’elle utilise le terme « deuxième monde », elle en nie le contenu véritable. Elle se place en fait sur la position des trotskystes qui disent que dans leur essence, tous les pays impérialistes ont le même caractère et que les pays impérialistes de moindre importance n’ont que « certaines contradictions » avec les Etats-Unis, et n’en sont contrôlés que « dans une certaine mesure ».

La direction de l’U.C. écrit :

« Vis-à-vis des pays du deuxième monde, nous ne devons jamais oublier :

1) qu’il s’agit bien des pays possédant toutes les caractéristiques de l’impérialisme et
2) qu’ils ont des contradictions avec les deux super-puissances, auxquelles ils sont soumis dans une certaine mesure » (p. 15, 3ème col.) ».

« L’impérialisme du deuxième monde, c’est, comme tout impérialisme, le pillage des peuples et la guerre ». (p. 15, 4ème col.)

« Amada nie la distinction existant entre la source des guerres modernes, qui est l’impérialisme pris en général, … et les principales forces d’agression et de guerre à un moment donné, les principaux fauteurs de guerres concrets » (p. 15, 4ème col.).

« Les puissances du deuxième monde entretiennent leurs troupes d’agression et n’abdiquent nullement leurs ambitions impérialistes » (p. 15, 4ème col.).

Ces positions sont défendues par les trotskystes. Elles sont entièrement opposées à celles du Parti communiste chinois et à la réalité.

4.2.1 Le deuxième monde et le vieil ordre économique international, base sur l’exploitation et le pillage

« Dans la lutte contre l’impérialisme, le colonialisme et l’hégémonisme, les pays du tiers monde ont avancé des propositions pour briser le vieil ordre économique international et pour établir de nouvelles et équitables relations économiques internationales ». (P.I., 16-75).

« Deux attitudes s’affrontent dans le monde d’aujourd’hui, à l’égard de ce courant historique qu’est le changement par le tiers monde du vieil ordre économique international. La première est fondée sur la « confrontation ». C’est l’attitude des superpuissances qui recourent à l’intimidation, et qui, compte tenu de cela, ne peuvent subir que des échecs répétés. L’autre est le « dialogue ». C’est celle qu’ont adoptée de nombreux pays du second monde en cherchant à résoudre les problèmes subsistant par la négociation ».

« La Convention (de Lomé, entre la C.E.E. et 46 pays surtout africains), exige que la Communauté européenne accorde aux pays en voie de développement des compensations pour les pertes résultant de la chute du prix de certains des principaux produits exportés vers le Marché commun. La Convention a apporté également des restrictions à l’utilisation par les pays développés de « l’aide » comme moyen d’intervention dans les affaires intérieures des pays en voie de développement. L’inégalité entre la C.E.E. et ces pays – inégalité qui apparaissaient encore dans sa Convention d’association de Yaoundé – est à un certain degré, diminuée dans la convention de Lomé. Les 46 pays en voie de développement … ont, au cours de leurs négociations, clairement affirmé que la Convention devait se borner à traiter des affaires commerciales et économiques et qu’elle n’avait pas à porter préjudice à leur indépendance politique ou à leurs relations avec d’autres pays du tiers monde. Succès donc importants pour les 46 pays concernés, dans leur lutte contre le vieil ordre économique international ». (P.I, 11-75).

« Comment régler les rapports entre pays producteurs de pétrole et pays industrialisés ? Tel est un autre problème qui relève de cet « ordre ». Aujourd’hui, à l’inverse des relations d’exploiteurs et d’exploités dociles qui prévalaient jusqu’alors, ce sont des « dialogues » d’égal à égal. Voilà une nouvelle brèche pratiquée dans l’ancien ordre économique international régissant la question du pétrole. Ainsi, ces dernières années, dans le second monde, les pays industriels ont été de plus en plus nombreux à devoir adopter une attitude plus réaliste, à l’égard des demandes raisonnables et des mesures légitimes avancées par les pétroliers du tiers monde dans la situation caractérisée par sa lutte ascendante contre le colonialisme, l’impérialisme et l’hégémonisme. Balayant les obstacles placés par les superpuissances, ils ont donc établi une amorce de « dialogue » et obtenu certains résultats positifs, les uns signant des accords d’approvisionnement direct, les autres nouant des relations économiques, techniques et commerciales » (P.I. 5-76, p. 13 et 21).

4.2.2 Le deuxième monde et la politique impérialiste d’agression militaire et de domination

L’attitude des pays de l’Europe de l’Ouest dans la guerre civile angolaise démontre la fausseté des positions trotskystes de la direction de l’U.C. Ce sont précisément les social-impérialistes et les trotskystes qui ont déclaré, à propos de la question angolaise, que « tous les pays impérialistes veulent la guerre et le pillage ».

Toute théorie qui affirme que tous les pays impérialistes ont « les mêmes ambitions impérialistes et les mêmes intentions belliqueuses », empêche l’union du tiers monde avec le deuxième monde contre les superpuissances.

Les pays de la C.E.E. se sont prononcés en faveur de l’unité nationale en Angola, et en faveur du respect de l‘indépendance de l’Angola. Ils se sont élevés contre toute immixtion étrangère et contre toute tentative de construire des zones d’influence en Afrique ; ils ont soutenu les efforts de l’Organisation pour l’Unité africaine pour trouver une solution africaine ; ils ont condamné les régimes coloniaux de la Rhodésie, de la Namibie et de l’Afrique du Sud.

Les Neuf ont fait la déclaration suivante, le 23 février :

« Les ministres ont suivi très attentivement et avec beaucoup de préoccupation le déroulement du conflit en Angola, qui a provoqué de grandes souffrances, d’importantes pertes de vies humaines et de graves dommages à l’économie. Ils appellent au rétablissement de la concorde nécessaire et à la reconstruction et au développement du pays.

Les ministres des affaires étrangères estiment que c’est au peuple angolais qu’il appartient de définir son propre destin. A ce titre, ils ont vivement apprécié, les efforts déployés par l’O.U.A. pour trouver aux difficultés une solution africaine et se sont abstenus de tout ce qui pourrait nuire à leur aboutissement. De ce point de vue, ils ont condamné toutes les interventions militaires extérieures et exprimé le ferme espoir qu’il y sera mis rapidement fin. Dans l’intérêt de la prospérité de la région, ils souhaitent que s’établisse une coopération pacifique et constructive qui suppose des relations de bon voisinage entre les Etats africains qui en font partie. Les ministres ont confirmé les positions fondamentales des neuf Etats membres de la Communauté.

Disponibilité des Neuf pour développer les relations de coopération dans la mesure où celles-ci sont souhaitées par les Etats africains et rejet de toute action de quelque Etat que ce soit visant à établir une zone d’influence en Afrique.

Respect de l’indépendance de tous les Etats africains et droit pour ceux-ci de définir en toute souveraineté et sans ingérences étrangères leur politique nationale.

Soutien aux actions de l’O.U.A. pour promouvoir la coopération africaine.

Droit à l’autodétermination et à l’indépendance des peuples rhodésien et namibien.

Condamnation de la politique d’ « apartheid » de l’Afrique du Sud ».
(Le Monde, 25 février 1976).

4.2.3 Conclusion

A l’étape du développement de l’impérialisme qui a été analysée par Lénine, toutes les puissances impérialistes avaient les mêmes caractéristiques. Leurs relations avec le tiers monde étaient basées sur la surexploitation et le pillage économiques et sur l’agression et l’oppression politiques. Lénine combattait le réformisme bourgeois de Kautsky qui estimait possible « une autre politique bourgeoise »… toujours sur la base du capital financier ».

« Il en résulte que les monopoles dans l’économie soient compatibles avec un comportement politique qui exclurait le monopole, la violence et la conquête » (t. 22, p. 291).

La situation objective a changé.

« Un nombre croissant (de pays du deuxième monde) préconisent le dialogue avec les pays du tiers monde et s’efforcent d’établir avec ceux-ci des rapports de coopération. Cette attitude positive mérite d’être accueille favorablement. Comme l’ont indiqué beaucoup de pays en voie de développement, le dialogue et la coopération en question ne pourront marquer des progrès dans des conditions favorables que s’ils sont guidés par les principes de respect mutuel de l’indépendance et de souveraineté, d’égalité et d’avantages réciproques. Les liens et les échanges de ce genre, mutuellement bénéfiques, ont devant eux des perspectives d’avenir ». (Li Kiang, P.I., 36-75, p. 10).

4.3 Une attitude de résistance et de lutte contre le contrôle de domination et la politique expansionniste des superpuissances

Les pays du deuxième monde subissent à un degré différent la domination, le contrôle et l’immixtion des superpuissances. Ils ont de nombreuses contradictions avec les superpuissances qui s’aggravent de plus en plus. Les pays du deuxième monde s’unissent pour lutter contre la politique d’hégémonisme des deux superpuissances.

« C’est là une tendance de l’histoire mondiale » (P.I. 47-72, p. 15).

« La tendance en Europe occidentale aujourd’hui … depuis la guerre d’octobre au Moyen-Orient, les pays d’Europe occidentale ont fait montre d’une plus grande vigueur en faisant progresser leur union politique afin de mener une lutte commune contre la politique du plus fort des deux superpuissances » (P.I., 6-74, p. 18).

Il ne faut pas seulement mettre l’accent sur le fait que la tendance principale des pays de l’Europe de l’Ouest est la lutte contre les deux superpuissances ; il faut aussi mettre l’accent sur le fait que cette lutte est de plus en plus dirigée contre l’ennemi principal, le social-impérialisme russe. Nous devons pleinement reconnaître et soutenir cette tendance positive.

« La lutte du second monde continue à grandir contre les supergrands, et en particulier contre le social-impérialisme soviétique. La tendance au combat unitaire face à l’hégémonisme se développe sans répit dans les pays européens occidentaux ». (P.I., 5-76, p. 9).

Tindemans représente la bourgeoisie européenne qui a inévitablement « des valeurs et des intérêts communs » avec la bourgeoisie américaine quand il s’agit de s’opposer aux révoltes révolutionnaires de la classe ouvrière ou contre une agression étrangère. Cette bourgeoisie européenne prend cependant de plus en plus une position indépendante et elle exige « une égalité d’où est absente toute idée de soumission ». Tindemans continue à se placer dans le cadre de l’Alliance Atlantique, mais la caractéristique principale est la recherche de l’autonomie de l’Europe » qui s’exprime dans la volonté « d’arriver à une analyse commune » de « nos problèmes spécifiques de défense » et dans celle de « l’édification d’une agence européenne d’armement ».

Nous citons le Rapport Tindemans :

« La nécessité pour l’Europe de parler d’une seule voix dans ses rapports avec les Etats-Unis est une des motivations profondes de la construction européenne. Un dialogue constructif entre l’Union Européenne, consciente de son identité, et la première puissance politique, économique et militaire de l’Occident, s’impose sans délai. Ce n’est que de cette manière et en fonction du développement de l’Union que nous pourrons établir avec les Etats-Unis des rapports fondés sur le principe de l’égalité, exempts de toute idée de sujétion, qui reflètent à la fois ce qu’il y a de commun dans nos valeurs fondamentales, nos intérêts et nos responsabilités, et ce qu’il y a de différent dans le destin de nos deux régions du monde.

L’Union Européenne restera incomplète aussi longtemps qu’elle n’aura pas une politique de défense commune.

Je propose en conséquence que nous décidions :

- De procéder régulièrement à des échanges de vues sur nos problèmes spécifiques en matière de défense ainsi que sur les aspects européens des négociations multilatérales concernant la sécurité. C’est des échanges de vues de ce genre qui doivent permettre aux Etats membres d’aboutir un jour à une analyse commune des problèmes de défense, et de tenir compte, en attendant, de leurs positions respectives dans les actions qu’ils entreprennent ;

- De coopérer dans la production des armements en vue de diminuer le coût de la défense, d’accroître l’autonomie de l’Europe et la compétitivité de son industrie. Les efforts en cours pour doter les pays européens de l’Alliance d’une organisation qui standardise les armements, sur base de programmes communs, auront des conséquences importantes sur le plan de la production industrielle. Ceci renforce la nécessité de mettre en route une politique industrielle commune en matière de production d’armements dans le cadre de l’Union européenne. La création à cette fin d’une agence européenne d’armements doit être envisagée ».

(Rapport de M. Tindemans édité dans « Textes et Documents » du Ministère des Affaires étrangères, du Commerce extérieur et de la Coopération au développement, n° 306, p. 20-21).

Nous vivons en Belgique, un pays de deuxième monde. Notre pays et soumis au contrôle, à la domination et à la subversion des deux superpuissances ; le pays est sous la menace d’une agression social-impérialiste.

Dans ces circonstances, la classe ouvrière doit élaborer un programme pour la défense de la paix mondiale, pour la défense de l’indépendance nationale et pour une démocratie populaire.

Dans ces circonstances, le parti Communiste doit consolider en premier lieu ses propres forces et les forces de la classe ouvrière ; en second lieu il soit unifier toutes les classes laborieuses autour du programme du parti.

La naissance du deuxième monde, a augmenté la possibilité d’entraîner une partie de la bourgeoisie dans un front contre une guerre d’agression social-fasciste.

Le Parti Communiste Chinois mène une politique pour unir toutes les forces qui peuvent être unies contre les deux superpuissances et en premier lieu contre l’expansionnisme de l’Union soviétique. Le Parti Communiste Chinois soutient toutes les forces du deuxième monde qui indiquent le danger de guerre et qui démasquent les fauteurs de guerre, qui veulent conserver l’indépendance nationale et qui renforcent de façon autonome la défense nationale. Les communistes de l’Europe de l’Ouest doivent également reconnaître et soutenir ces tendances positives ; mais en même temps ils doivent mener la lutte contre la bourgeoisie pour réaliser leur propre programme autonome pour l’indépendance nationale et la démocratie populaire.

1. Soutien à ceux qui démasquent les fauteurs de guerre.

« Récemment, certains dirigeants politiques de l’Europe occidentale ont respectivement dénoncé cette superpuissance qui est en train de procéder à une expansion accélérée des armements et de préparer la guerre ; ils ont souligné l’origine de la réelle menace qui pèse sur leur continent. Ce qu’ils ont déclaré est la vérité objective ». (P.I., 8-76, p. 11).

2. Soutien à la politique d’indépendance nationale.

« Dans la situation actuelle, où l’on assiste à l’intensification de la rivalité des deux superpuissances et, de jour en jour, au développement du danger de guerre, nous nous trouvons en présence de problèmes communs. Nous sommes tous déterminés à défendre l’indépendance et l’autonomie de nos pays respectifs ; nous nous opposons à l’expansion et à l’agression des superpuissances ». (P.I., 8-76, p. 3).
(A des personnalités de la République fédérale d’Allemagne).

3. Soutien au renforcement de la défense nationale.

« Faut-il renforcer sa défense et être prêt à toute éventualité ou bien se griser d’une sécurité illusoire et se fier au hasard ? Accélérer l’union en vue d’une défense commune, ou laisser chacun avec de plus en plus d’acuité aux pays de l’Europe de l’Ouest confrontés qu’ils sont à la menace militaire du social-impérialisme soviétique (…). L’on constate que les réponses sont surtout en faveur d’un renforcement de la défense et d’une Union européenne, traduisant ainsi une tendance qui s’accentue chaque jour un peu plus, celle au resserrement et au renforcement » (P.I., 1-76, p. 23).

4.4 La direction de l’U.C. nie que la lutte contre l’hégémonisme est la tendance principale en Europe de l’Ouest.

Pour cacher ses véritables intentions, la direction de l’U.C. déclare en paroles que les pays du deuxième monde « s’opposent à elles (les superpuissances) jusqu’à un certain degré » (p. 15, 3ème col.). Mais en réalité, dans l’analyse concrète, la direction de l’U.C. nie toutes les données qui démontrent que la bourgeoisie européenne se dresse de plus en plus contre les superpuissances et elle met l’accent sur la « collusion » entre la bourgeoisie européenne et américaine ».

Voici les positions de la direction de l’U.C. :

« Ce qui domine dans la politique impérialiste belge, c’est la collusion avec les deux superpuissances (avec la superpuissance américaine, en particulier ». (P. 16, 5ème col.)

« La Belgique, à cet égard, se caractérise avant tout par son attachement à l’Alliance Atlantique, à la « protection » de son « allié », l’impérialisme américain » (U.R. n° 61, p. 9).

(nous devons expliciter) la conception pro-américaine que notre Premier ministre se fait de « l’indépendance véritable » et de la « sécurité ». (U.R. n° 61, p. 9).

La direction de l’U.C. nie le contenu spécifique et concret de la notion de « deuxième monde ». Elle nie que la tendance principale des pays de l’Europe de l’Ouest consiste à s’opposer à la politique de domination des deux superpuissances et principalement de l’Union soviétique. La direction de l’U.C. déclare : ce qui « domine » c’est « la conception pro-américaine » de l’indépendance nationale. Cette analyse est reprise mot pour mot aux révisionnistes. Les révisionnistes nient la différence entre le premier monde et le deuxième monde afin de mettre tous les impérialistes sur le même pied ; ils veulent présenter toutes les forces de la bourgeoisie ouest-européenne, qui défendent l’indépendance et qui s’opposent à l’expansionnisme russe, comme « des forces pro-américaines », qui doivent être éliminées. Leur but est de détruire tant les forces pro-américaines que les forces indépendantes européennes afin d’établir l’hégémonie du social-impérialisme.

Voici l’analyse du dirigeant du faux parti communiste, Terfve, qui est fondamentalement la même que celle de la direction de l’U.C. :

« M. Vanden Boeynants déclare : La sécurité de l’Europe et son indépendance supposent à terme, une défense de l’Europe par elle-même, c’est-à-dire la mise sur pied d’une défense commune, assez puissante et diversifiée pour équilibrer la force soviétique, assez déterminée pour rendre crédible l’usage de l’arme nucléaire ».

M. Tindemans écrit dans son rapport :

« L’Union européenne restera incomplète aussi longtemps qu’elle n’aura pas une politique de défense commune ».

L‘objectif n’est pas de s’ériger en force autonome trouvant sa place propre entre les Etats-Unis et l’U.R.S.S. Les propos de M. Tindemans sont à cet égard sans équivoque. Ne s’étend-il pas avec complaisance, dans son rapport, sur la communauté des conceptions fondamentales, des intérêts et des responsabilités de l’Europe et des U.S.A., ainsi que sur leur interdépendance dans les domaines politiques, économiques et militaires ? (Le Soir, 17 février 1976).

Le Parti Communiste chinois définit les pays du deuxième monde notamment comme des pays écrasés entre les deux superpuissances, comme des pays menacés par l’expansion militaire, principalement du social-impérialisme. Il ressort de cette définition du deuxième monde une analyse bien déterminée du potentiel militaire des pays directement menacés par l’agression russe.

Est-ce que le Parti Communiste chinois peut déclarer : « Nous soutenons le renforcement de la défense nationale de l’Europe de l’Ouest », tandis que les communistes en Belgique diraient : « Nous ne pouvons donner aucune forme de soutien au renforcement de la défense nationale ? »

Est-ce que le Parti Communiste chinois peut déclarer : « Le renforcement de la défense est dirigé contre l’agression social-impérialiste » tandis que les communistes belges déclareraient : « Le renforcement de l’armée est uniquement dirigé contre les ouvriers et contre le tiers monde » ?

C’est évidemment impossible. Mais c’est néanmoins la position de la direction de l’U.C.M.L.B. De cette façon la direction de l’U.C. continue à priver la notion de deuxième monde de tout contenu concret.

« La bourgeoisie européenne ferait-elle actuellement d’autres dépenses (que celles pour enrichir les grands monopoles) préparant tant soit peu une « défense nationale efficace » contre les deux superpuissances ? Non, évidemment ». (p. 15, 5ème col.).

« Le soutien … au « potentiel de défense des Etats européens est en réalité un soutien au militarisme réactionnaire et constitue une trahison des intérêts du prolétariat international et des peuples »

« La bourgeoisie monopoliste européenne ne produirait-elle plus ses armes pour combattre son prolétariat et les peuples du tiers monde, soucieuse avant tout de sauvegarder son exploitation, notamment en Afrique et dans le Proche-Orient ? (p. 16, 1ère col.)

5. LES CARACTÈRES SPÉCIFIQUES DU SOCIAL-IMPÉRIALISME RUSSE

Pour conquérir l’hégémonie mondiale, la Russie se prépare à la guerre dans le monde entier. Cela est indépendant de la volonté des dirigeants russes, mais découle de la nature même du système politique et économique en Russie.

5.1 La base économique du social-impérialisme russe est le capital de l’Etat

Khrouchtchev et Brejnev ont réalisé une coup d’Etat en Russie et ont pris le pouvoir dans le Parti et dans l’Etat. Ils ont transformé le Parti communiste en un parti fasciste et l’Etat socialiste en un Etat basé sur l’exploitation. L’économie socialiste était fortement concentrée et dirigée à partir d’un centre unique sous la direction de l’Etat et du Parti. Dans toutes les entreprises russes, le capitalisme est complètement rétabli. En Russie, le capitalisme monopoliste est concentré en un seul centre, l’Etat capitaliste. Marx et Engels avaient déjà prévu que la nonconcurrence entre les capitalistes mènerait à ce que tous les moyens de production seraient finalement concentrés entre les mains de l’Etat capitaliste :

« L’Etat moderne, quelle qu’en soit la forme, est une machine essentiellement capitaliste : l’Etat des capitalistes, le capitalisme collectif en idée. Plus il fait passer de forces productives dans sa propriété, et plus il devient capitaliste collectif en fait, plus il exploite de citoyens. Les ouvriers restent des salariés, des prolétaires. Le rapport capitaliste n’est pas supprimé, il est au contraire poussé à son comble ». (Socialisme Utopique et socialisme Scientifique).

Dans les pays capitalistes, il existe plusieurs monopoles qui se combattent à mort. L’appareil de l’Etat est au service de ces monopoles : commandes, subsides, diminution des contributions, législation en faveur des monopoles. En Russie, le capitalisme monopoliste est concentré et entièrement confondu avec l’appareil d’Etat. Le capitalisme d’Etat contrôle, à partir d’un centre, toute l’industrie, la production agricole, le transport, les finances, le commerce extérieur, etc.

« La base économique principale de l’impérialisme est le monopole (Lénine).

L’impérialisme soumet des étrangers et pille leurs richesses, l’impérialisme découle nécessairement de la base économique du capitalisme monopoliste.

La Russie connaît le degré le plus élevé de formation de monopole ; ceci a pour conséquence que sa volonté de domination impérialiste est également au degré le plus élevé.

5.2 La dictature social-fasciste

« L’impérialisme est l’époque du capital financier et des monopoles, qui provoquent partout des tendances à la domination et non à la liberté. Réaction sur toute la ligne, quel que soit le régime politique, aggravation extrême des antagonismes dans ce domaine également : tel est le résultat de ces tendances » (Lénine, T. 22, p. 320).

A un degré élevé de concentration économique, correspond un degré élevé d’oppression politique. En Russie règne un régime fasciste qui dépasse en cruauté le régime hitlérien. L’appareil policier et les services secrets exercent une surveillance stricte sur tous les citoyens ; les grèves et les manifestations sont réprimées impitoyablement. Aucune publication qui dénonce le système d’oppression fasciste n’est tolérée. Les forces révolutionnaires et démocrates n’ont aucun droit de réunion et d’organisation. Les gens qui font des critiques politiques au régime sont jetés en prison ou internés dans des instituts psychiatriques, on les prive de leurs droits, on les détruit physiquement.

Un régime qui exerce une terreur fasciste à l’intérieur, veut aussi installer un régime d’oppression impitoyable dans ses « sphères d’influence ».

5.3 La militarisation de l’économie

L’Union soviétique n’est apparue que tardivement parmi les puissances impérialistes (1956-1968). Elle exige un re-partage du monde.

« Il est inconcevable en régime capitaliste que le partage des zones d’influence, des intérêts des colonies, etc. repose sur autre chose que la force de ceux qui prennent part au partage, la force économique, financière, militaire, etc. Or les forces respectives des participants au partage varient d’une façon inégale, car il ne peut y avoir en régime capitaliste de développement uniforme des entreprises, des trusts, des industries, des pays » (Lénine, L’Impérialisme, Stade suprême du capitalisme, T. 22, p. 318).

« Quant à savoir si ces changements sont purement économiques ou extra-économiques (par exemple, militaires), c’est là une question secondaire… » (Lénine, t. 22, p. 273).

« Aussi les alliances » ‘inter-impérialistes’ ou ‘ultra-impérialistes’, dans la réalité capitaliste… ne sont inévitablement, quelles que soient les formes de ces alliances, … que des « trèves » entre des guerres. Les alliances pacifiques préparent les guerres, et à leur tour, naissent de la guerre » (Lénine, t. 22, p. 319).

Le social-impérialisme russe retarde sur le domaine économique et financier sur l’impérialisme américain. Dans ses visées à l’hégémonie mondiale, elle a tout misé sur la militarisation de son économie. Sa puissance économique et financière est plus restreinte ; c’est pourquoi elle concentre tout sur l’accroissement maximal de sa force militaire.

Les nouveaux tsars russes suivent la politique des anciens tsars. Lénine a dit :

« Comme on le sait, l’impérialisme est faible, l’impérialisme militaro-féodal par contre est plus fort » (La Faillite de la Deuxième Internationale).

5.4 Les visées de la domination mondiale

Le monopole économique sur le marché intérieur mène à rechercher également une position monopoliste sur le marché extérieur.

« Si les capitalistes se partagent le monde, ce n’est pas en raison de leur scélératesse particulière, mais parce que le degré de concentration déjà atteint les oblige à s’engager dans cette voie afin de réaliser des bénéfices ; et ils les partagent « proportionnellement aux capitaux », « selon les forces de chacun » car il ne saurait y avoir d’autre mode de partage en régime de production marchande et de capitalisme. Or, les forces changent avec le développement économique et politique ; pour l’intelligence des événements, il faut savoir quels problèmes sont résolus par le changement du rapport des forces ; quant à savoir si ces changements sont « purement » économique ou extra-économiques (par exemple militaires), c’est là une question secondaire, qui ne peut modifier en rien le point de vue fondamental sur l’époque moderne du capitalisme » (Lénine, t. 22, p. 273).

Le système monopolistique mène au marasme et à la décadence. La classe dominante s’enrichit par la spéculation et la corruption ; elle n’est pas en état de développer pleinement les forces productives. La position monopolistique apporte en elle-même de grands profits ; les inventions et les améliorations techniques n’ont pas lieu ou ne sont employées que tardivement et de manière déficiente. Pour obtenir malgré tout de plus grands profits dans cette situation de marasme et de déclin, le capitalisme d’Etat russe s’oriente vers une domination extérieure.

Dans les usines russes, les ouvriers sont exploités impitoyablement. Ils sabotent la production…, ils n’ont aucun enthousiasme au travail.

Les salaires des ouvriers sont maintenus pour permettre à la classe dominante de mener une vie de profiteurs. La population ne peut pas acheter grand-chose et le marché intérieur ne se développe pas rapidement. Pour ces raisons, également, le capitalisme d’Etat russe est obligé de s’orienter vers une domination extérieure, pour réaliser rapidement d’importants profits. De là, la politique d’agression et d’expansion à l’étranger : Tchécoslovaquie, Bangla-Desh, Angola.

De là la politique de contrôle et de domination, de développement de sphères d’influence comme en Inde et dans certains pays arabes. De là la politique de mettre la main sur les matières premières à bon marché dans le Tiers Monde. De là, la politique de dumping pour submerger les marchés étrangers de produits russes. De là, la politique d’exportation de capitaux, soi-disant sous la forme « d’aide » et de « crédits ». De là, les échanges commerciaux inégaux, obtenus par des pressions et du chantage.

5.5 La Russie est la superpuissance la plus dangereuse et la plus agressive

L’impérialisme américain est plus fort que le social-impérialisme russe au point de vue économique et financier ; de même, l’Amérique est en avance au point de vue technologique.

Les caractères spécifiques du social-impérialisme russe nous montrent ses « côtés forts » dans sa lutte pour l’hégémonie mondiale.

Dans la lutte pour l’hégémonie mondiale, la Russie peut unir toutes ses forces économiques, politiques et militaires vers un même but ; elle peut engager tous ses moyens parce que toutes les forces économiques, politiques et militaires sont dirigées à partir d’un seul centre. La flotte marchande, par exemple, est construite de telle façon, qu’elle peut immédiatement être convertie pour des opérations militaires. Les forces économiques, politiques et militaires de l’impérialisme américain dépendent de plusieurs centres de décision et sont plus divisées. Bien que l’ensemble de l’économie russe soit plus faible que celle des Etats-Unis, les secteurs qui produisent pour la guerre y sont plus développés. La dictature fasciste en Union soviétique opprime impitoyablement toute opposition à la politique expansionniste et belliciste ; le « calme » à l’intérieur accroît les possibilités d’agression à l’extérieur. Les masses populaires des Etats-Unis ont entrepris des actions puissantes contre la politique d’agression des Etats-Unis ; elles forment une force importante contre de nouvelles aventures militaires.

Le social-impérialisme russe est actuellement le plus enclin à employer des moyens militaires pour établir son hégémonie mondiale.

5.6 Le développement inégal des forces impérialistes mène aux guerres mondiales

Vers 1900, la plus grande puissance coloniale était l’Angleterre ; le monde était partagé entre les puissances impérialistes et l’Angleterre en tenait la partie le plus importante sous sa domination. Vers 1870, l’Allemagne était une puissance économique faible ; au début de ce siècle elle avait cependant construit une solide économie capitaliste et formé une armée puissante. Elle exigeait sa part « légitime » des colonies. L’Angleterre, la France et la Belgique ne voulaient évidemment pas céder « leurs » colonies. La lutte pour le « repartage » du monde se mena au cours de la première guerre mondiale.

Après 1918, l’Allemagne était économiquement ravagée et politiquement soumise. L’Angleterre, la France et les Etats-Unis contrôlaient la plus grande partie du monde. L’économie capitaliste connaissait un rapide développement en Allemagne et au Japon : quand ceux-ci devinrent économiquement et politiquement aussi forts que leurs concurrents, ils exigèrent à nouveau un partage du monde qui corresponde à la puissance des divers pays impérialistes. Pour exiger leur partie « légitime », le Japon, l’Allemagne et l’Italie commencèrent une guerre d’agression qui déboucha sur la deuxième guerre mondiale.

Après 1945, l’Allemagne et le Japon étaient détruits, l’Angleterre et la France fortement affaiblies ; les Etats-Unis établirent leur hégémonie sur la plus grande partie du monde. Les Etats-Unis voulaient contrôler et dominer le Tiers Monde et l’Europe pour commencer une nouvelle guerre mondiale en vue d’anéantir le socialisme. La guerre mondiale fut rendue impossible lorsque les peuples se soulevèrent contre l’impérialisme américain : combattu de toutes parts, l’impérialisme américain n’eut pas les forces suffisantes pour mener une guerre mondiale.

« La situation mondiale est foncièrement différente de celle d’avant la guerre antifasciste. Les forces révolutionnaires des peuples du monde entier sont plus puissantes que jamais … Les vastes régions d’Asie, d’Afrique et d’Amérique latine ne sont plus les arriérés de l’impérialisme, elles se sont transformées en fronts avancés dans la lutte anti-impérialiste. En Europe occidentale, en Amérique du Nord, et en Océanie se manifeste une nouvelle prise de conscience de la classe ouvrière et de larges masses de travailleurs … Dans la conjoncture mondiale actuelle, la situation stratégique des Etats-Unis est bien pire que celle d’Hitler. Déclencher une nouvelle guerre mondiale s’avère beaucoup plus difficile pour eux. De plus, les forces qui défendent la paix mondiale sont de loin supérieures à celles d’il y a vingt ans. La possibilité de conjurer la guerre mondiale est devenue bien plus grande ».

Le Parti Communiste chinois écrivait ceci en 1965 (L’expérience historique de la guerre antifasciste). Après le rétablissement du capitalisme en Russie, le social-impérialisme apparut. A la fin des années ’60, le social-impérialisme russe était, au point de vue militaire, presque aussi fort que les Etats-Unis. La théorie de la « détente » et de la « coopération » entre l’URSS et les USA répondait à cette égalité des forces.

« Le capital financier et les trusts n’affaiblissent pas, mais renforcent les différences entre le rythme de développement des divers éléments de l’économie mondiale. Or, le rapport des forces s’étant modifié, où peut résider, en régime capitaliste, la solution des contradictions, si ce n’est dans la force ? (Lénine, T. 22, p. 295).

« Aussi, les alliances « inter-impérialistes » ou « ultra-impérialistes » dans la réalité capitaliste,… ne sont inévitablement … que des « trèves » entre des guerres ». (Lénine, t. 22, p. 319).

Depuis sa défaite historique au Vietnam, au Laos et au Cambodge, l’impérialisme américain décline de plus en plus. Le social-impérialisme russe accroît son armement de façon démesurée et dépasse déjà les Etats-Unis en puissance militaire. Nous nous trouvons exactement dans la même situation que celle de la veille de la première et la deuxième guerre mondiale. La Russie et l’Amérique progressent à grands pas vers une nouvelle guerre mondiale.

5.7 Les faux Partis Communistes ont le rôle d’une cinquième colonne préparant l’agression du social-impérialisme russe

Les faux P.C. en Europe de l’Ouest font partie des forces de la guerre qui préparent une nouvelle guerre mondiale.

Au cours des années ’20 et ’30 et pendant les deux guerres mondiales, les P.C. étaient à la tête de toutes les actions révolutionnaires des ouvriers et des travailleurs ; ils gagnèrent la confiance de larges masses. Après la deuxième guerre mondiale, les fortes tendances opportunistes des dirigeants des PC se transformèrent en trahison ouverte de la révolution. Depuis lors, les faux PC se mettent à la tête des luttes ouvrières pour les détourner vers une lutte de « réforme » du capitalisme. En collaborant avec la bourgeoisie, les PC ont construit une bureaucratie ouvrière : parlementaires, directions locales, journalistes, responsables de coopératives, d’affaires commerciales et de banques, responsables syndicaux. Les couches sociales sur lesquelles ils se basent sont l’aristocratie ouvrière et la petite bourgeoisie. En France, ils ont réussi à mettre sous leur contrôle plus de 20 % de la population et en Italie plus de 30 %. Cela signifie qu’une grande partie de la classe ouvrière suit actuellement les forces pro-soviétiques ; ceci donne un poids énorme aux forces pro-soviétiques.

Les larges masses d’Europe ont une aversion pour l’impérialisme américain qui a montré au Vietnam, au Laos et au Cambodge qu’il ne recule devant aucun crime. Dans le domaine économique, financier et commercial, la bourgeoisie européenne a des contradictions toujours plus aiguës avec les Etats-Unis et elle fait preuve d’une certaine attitude anti-américaine.

Les faux PC profitent de cette situation pour propager dans les masses une politique pro-soviétique. La politique « d’indépendance vis-à-vis de Moscou » suivie par certains faux PC occidentaux, n’est en fait que démagogie et mensonge. Les vrais communistes peuvent profiter de ces attitudes démagogiques « d’indépendance » à l’égard de Moscou, pour montrer avec des faits concrets aux militants de base du faux PC le caractère social-fasciste et social-impérialiste de la Russie. Si certains dirigeants des faux PC occidentaux s’engageaient trop sur le chemin « d’indépendance » vis-à-vis de Moscou », Moscou possède suffisamment d’agents dans ces partis et peut exercer assez de pression de l’extérieur pour liquider ces dirigeants.

La ligne proposée par tous les PC occidentaux dans le domaine politique, économique et militaire, est une ligne élaborée sous le contrôle de Moscou et qui sert les intérêts du social-impérialisme.

Dans le domaine politique, les faux PC sont d’accord avec les aspects fondamentaux du régime de terreur social-fasciste en Russie, « Le PCB est fondamentalement solidaire de l’Union soviétique ». Au point de vue militaire les faux PC prêchent pour le retrait des forces américaines de l’Europe, contre la construction d’une défense européenne, contre le renforcement de la défense nationale dans les pays de l’Europe de l’Ouest impuissante et sans défense, alors que le social-impérialisme russe accroît sans cesse son potentiel d’agression.

Au point de vue économique, les faux PC veulent « résoudre » la crise « en développant le commerce et la coopération avec l’Union soviétique ». La Russie veut placer l’Europe de l’Ouest sous con contrôle économique. La Russie veut livrer des matières premières pour mettre l’Europe de l’Ouest sous sa dépendance. La Russie veut importer des capitaux, des machines et de la technologie de l’Europe de l’Ouest pour développer plus rapidement encore sa propre industrie de guerre. La Russie veut conquérir les marchés de l’Europe de l‘Ouest pour réaliser ainsi de grands profits.

Si les faux PC arrivent au pouvoir, ils réaliseront, dans les domaines politique, économique et militaire, des mesures qui mettront l’Europe de l‘Ouest inévitablement sous le contrôle russe. Lorsque le peuple résistera au contrôle russe et lorsque les capitalistes européens s’y opposeront ainsi que la superpuissance américaine, les directions des faux PC feront appel à l’armée russe pour défendre les « conquêtes sociales » contre les « forces réactionnaires au niveau national et international ». L’armée russe envahira l’Europe de l’Ouest sous les mêmes prétextes sous lesquels elle envahit la Tchécoslovaquie : « aide socialiste fraternelle » et « internationalisme prolétarien »…

Après la deuxième guerre mondiale, les faux PC se sont transformés en partis réformistes : ils se sont opposés à la révolution socialiste et voulaient « transformer et améliorer » le capitalisme de l’intérieur. Ils cherchaient à faire des coalitions avec d’autres forces réformistes pour gérer ensemble le capitalisme et le faire évoluer vers le capitalisme d’Etat. Les faux PC défendaient les intérêts de la bourgeoisie de l’Europe de l’Ouest. Le rôle des faux PC de l’Ouest a changé fondamentalement depuis la transformation de l’Union soviétique en une puissance social-impérialiste. Ce changement a été accéléré ces dernières années, à mesure que grandissait la poussée expansionniste de l’Union soviétique. Il y a cinq ans, le faux PC attachait beaucoup d’importance au « front des progressistes », par exemple à l’UDP, à Mons : l’accent a était mis sur une stratégie réformiste. Sur ordre de Moscou, le faux PC met depuis un certain temps l’accent sur le « parti lui-même ». Moscou veut disposer d’un instrument dans lequel il peut avoir entièrement confiance et cela ne peut se réaliser que par le renforcement du faux PC ; en Belgique le moment n’est pas encore venu de mettre l’accent sur le « front » vu que, aux yeux de Moscou, le faut PC lui-même a encore beaucoup de « faiblesses ».

Le faux PC continue à diffuser une politique réformiste : plus que jamais il veut détourner la classe ouvrière de la révolution socialiste. Le faux PC ne défend cependant plus les intérêts de la bourgeoisie européenne en général : le faux PC défend en premier lieu les intérêts de la bourgeoisie européenne. Maintenant qu’une guerre d’agression russe menace de plus en plus, nous devons stigmatiser les faux PC en premier lieu comme une cinquième colonne et comme un agent du social-impérialisme. Les trotskystes et la direction de l’UC combattent ce point de vue. Ils déclarent que le faux PC mène en premier lieu une politique réformiste et chauvine et est un agent de la bourgeoisie belge (et européenne). La direction de l’U.C écrit :

« En définissant les PC comme « beaucoup de pays d’Europe » comme « des troupes de choc et cinquième colonne du social-impérialisme russe », AMADA nie totalement leur rôle actuel d’agents de la bourgeoisie européenne. Il sous-estime la force du réformisme et du chauvinisme … » (Unité Rouge, 68, p. 17, col. 2).

Le Parti Communiste chinois déclara clairement qu’il est faux de considérer les faux PC, en premier lieu, comme des forces réformistes : ils ont le rôle de la cinquième colonne du social-impérialisme russe. A propos de la France, le Parti communiste Chinois dit que l’Union soviétique utilise

« les éléments pro-soviétiques existant en France pour faire de l’infiltration idéologique et la subversion politique » (Pékin Information 1-76, p. 23).

« Ses efforts (de Moscou) redoublés pour encourager les forces pro-soviétiques d’Italie et du Portugal visent pareillement à permettre son implantation, pour affaiblir, puis chasser, les forces des Etats-Unis et de l’OTAN » (Pékin Information, 32-75, p. 8).

Les trotskystes et la direction de l’UC veulent cacher ce point essentiel : les faux PC sont une force de guerre, ils font le travail de préparation directe à une agression sociale-impérialiste.

Ensuite la direction de l’UC mène une attaque « ultra-gauche » contre AMADA dans le but d’accroître encore la confusion. La direction de l’UC écrit :

« Une partie de la direction du PCB révisionniste, dit AMADA est vendue au social-impérialisme russe. Cela est vrai. Mais nous n’y voyons pas une raison pour prêcher la réconciliation avec le reste de ce parti, avait l’aile réformiste majoritaire, comme AMADA le préconise. (Unité Rouge, 68, p. 17, col. 2).

Il s’agit là d’une tactique trotskyste qui refuse d’analyser les phénomènes, qui refuse d’appliquer le principe « un se divise en deux », qui refuse de prendre une attitude différente devant des phénomènes différents.

C’est un fait que la direction du faux PC parvient à tromper une partie de la classe ouvrière. Nous avons la tâche de soustraire cette partie de la classe ouvrière à la direction pro-soviétique. Nous devons partir du fait que le social-impérialisme montrera toujours plus clairement sa nature de puissance expansionniste et ceci amènera à ce que beaucoup d’ouvriers qui suivent encore le faux PC, verront plus clair. Il est faux de mettre sur le même pied les forces réformistes et les forces pro-sociales impérialistes qui existent dans le PC. Nous devons mener une lutte résolue avec les militants de base réformiste pour les convaincre du caractère social-fasciste et social-impérialiste de l’Union soviétique. Notre première tâche consiste à les détacher de la direction du PC qui prépare l’agression russe. Deuxièmement, nous devons combattre leur réformisme pour qu’ils se rallient aux véritables principes communistes. Enfin nous soulignons que toute la direction du PC, malgré les contradictions sur des points secondaires, défend une politique pro-social-impérialiste ; il ne s’agit pas « d’une partie de la direction » comme le présente la direction de l’UC d’une façon mensongère.

Nous reprenons notre position, combattue par la direction de l’UC :

« Dans beaucoup de pays européens, l’Union soviétique dispose d’un parti « communiste » fort qui agit comme troupe de choc et comme cinquième colonne du social-impérialisme russe. Tous les discours des faux PC ouest-européens sur leur « indépendance vis-à-vis de Moscou » ne sont que la pire tromperie : cela montre à quel point ils sont obligés de cacher la vérité et de mentir afin de pouvoir réaliser leur projet »… « Le nombre de véritables social-fascistes au sein du faux PC, vendus au social-impérialisme russe, est très minime. Nous devons considérer tous les militants de base et tous les cadres inférieurs du faux PC comme des frères de classe qui sont trompés. Nous devons acquérir la volonté de rechercher les discussions dures et difficiles ». (Déclaration du Bureau National d’AMADA, novembre 1975).

 DEUXIÈME PARTIE : LES FORCES DE LA PAIX SONT RELATIVEMENT FAIBLES EN EUROPE DE L’OUEST

La classe ouvrière est la force fondamentale dans la lutte contre les guerres d’agression impérialistes. Le danger de guerre émane des Etats-Unis et principalement de l’Union soviétique. Quelle est l’attitude de la classe ouvrière envers les fauteurs de guerre ?

Pour avoir une vue claire de la relative faiblesse des forces de paix, il faut comparer la situation actuelle avec celle des années ’30.

La masse des ouvriers communistes, socialistes et catholiques voyaient en Hitler la personnification d’un régime de terreur et de guerre. Ils avaient vu comment Hitler avait rassemblé ses bandes terroristes en Allemagne, comment il avait pris le pouvoir, comment il avait interdit les organisations ouvrières communistes, socialistes et catholiques, comment il avait massacré et emprisonné un grand nombre de leurs membres.

En Russie, le parti bolchevik fut progressivement transformé en un parti fasciste après le coup d’Etat de Krouchtchev. La transformation progressive du régime socialiste en un régime de terreur fasciste, le secret qui a entouré les crimes qui l’ont accompagnée, a pour conséquence que les ouvriers de l’Europe de l’Ouest n’ont pas une vue claire sur le caractère fasciste de l’Union soviétique.

Dans les années ’30, les partis communistes de nombreux pays européens étaient des partis de masse qui avaient derrière eux une grande partie, ou la majorité des ouvriers. Ils constituaient une grande force pour démasquer le fascisme hitlérien.

Les nouveaux partis et organisations communistes authentiques en Europe occidentale sont très jeunes. Ils ont entre cinq et treize ans d’existence. Leurs liens avec les masses sont encore faibles. Seul un demi à un pourcent de la population est derrière eux.

A côté des partis communistes, il y avait, dans les années ‘30, les partis socialistes. Les militants de base étaient favorables à l’unité antifasciste de tous les travailleurs ; la direction des partis socialistes dut prendre position contre le fascisme, sous la pression de la base, mais elle essaya d’empêcher la mobilisation de masse contre le fascisme. Cependant, à l’échelle locale et même à l’échelle nationale des fronts uniques apparurent dans les usines, qui groupaient l’ensemble des ouvriers pour combattre le fascisme montant.

Aujourd’hui, à côté des partis communistes authentiques en Europe de l’Ouest, il y a les faux partis communistes. Ils font de la propagande ouverte pour le régime social-fasciste de Brejnev qui a pris la place du fascisme hitlérien.

De plus, il y a les partis socialistes et les appareils syndicaux. Là aussi, une grande partie des forces propose une ligne pro-russe. Toutes les forces sont opposées au front unique des ouvriers contre la menace d’une guerre mondiale émanant de l’Union soviétique et des Etats-Unis.

Dans les années ’30, la classe ouvrière n’a pas pu empêcher la guerre d’agression fasciste. La classe ouvrière n’était pas suffisamment unie contre la menace d’une attaque fasciste. La classe ouvrière n’était pas capable de déployer des actions de masse indépendantes et révolutionnaires suffisamment puissantes. La classe ouvrière n’était pas parvenue à obliger le gouvernement à mener une politique antifasciste claire et à constituer un front international contre l’agression fasciste. De même, l’armement des ouvriers contre l’agression fasciste menaçante n’était pas réalisé.

Aujourd’hui, en Europe les forces de paix sont plus faibles que dans les années ’30. Elles ne sont pas capables d’empêcher une troisième guerre mondiale.

Nous ne devons pas seulement analyser les phénomènes dans leur situation actuelle mais aussi dans leur développement futur. Ce développement peut-il avoir pour conséquence que dans les cinq, dix ou quinze années prochaines les forces de paix l’emportent sur les forces de guerre ?

La crise économique en Europe de l’Ouest fait augmenter le mécontentement des larges masses contre le régime existant. Les ouvriers se détourneront des partis libéraux et catholiques, et même, dans une certaine mesure, des partis socialistes, parce qu’ils sont l’expression des régimes en place. Lorsque les masses commencent à se détourner du capitalisme, elles se tournent d‘abord vers les partis qui leur promettent le « socialisme » sans lutte révolutionnaire, sans effusions de sang et sans sacrifices, par la « voie parlementaire pacifique ». Les faux PC exploiteront sans aucun scrupule toutes les illusions réformistes des masses pour essayer de faire passer leur « socialisme ». L’influence des faux PC grandira parmi les masses qui commencent à se détourner du capitalisme. Dans la lutte révolutionnaire et dans les actions de masses, les forces des marxistes-léninistes augmenteront également, et seront trompées. Mais cette augmentation des forces ne sera pas de nature à pouvoir briser l’empire des forces de guerre pro-russes sur la classe ouvrière.

LA RIVALITÉ POUR L’HÉGÉMONIE MONDIALE ENTRE L’UNION SOVIÉTIQUE ET LES ÉTATS-UNIS DÉBOUCHERA INÉVITABLEMENT SUR UNE TROISIÈME GUERRE MONDIALE

Il découle de la nature même du système social et économique de l’Union soviétique que le social-impérialisme déclenchera nécessairement la guerre pour établir son hégémonie.

L’impérialisme américain ne cesse de reculer et n’est plus capable d’une contre-offensive stratégique.

Le point central de la rivalité et le champ de bataille principal de la prochaine guerre mondiale c’est l’Europe.

L’Union soviétique concentre une puissance militaire écrasante en Europe de l’Est, prête à des actions agressives envers l’Europe de l’Ouest.

Dans le Nord, l’Union soviétique a construit de grandes bases militaires ; la flotte russe domine les mers de l’Europe du Nord ; dans le Sud, dans la mer Méditerranée la flotte russe est supérieure à la flotte américaine. La flotte russe du nord et du sud coordonne ses actions pour encercler l’Europe dans un mouvement d’étau, pour couper la flotte américaine de l’Europe et pour supprimer l’approvisionnement de pétrole arabe vers l’Europe.

L’Union soviétique renforce son infiltration et son contrôle économiques en Europe de l’ouest sous le couvert de la « coopération économique ». L’Union soviétique organise et dirige l’activité des forces pro-russes, les faux PC, qui interviennent comme cinquième colonne en Europe occidentale.

La troisième guerre mondiale commencera sous la forme d’une guerre d’agression social-impérialiste contre l’Europe de l’Ouest.

La Conférence d’Helsinki :

« constitue le point de départ d’une guerre social-impérialiste ». (PI 5-76, p. 9).

SELON LA POSITION TROTSKYSTE DE LA DIRECTION D’UC « LES FACTEURS DE LA RÉVOLUTION DOMINENT »

L’analyse marxiste-léniniste de la situation mondiale et de la situation en Europe que nous venons d’exposer, est combattue par les trotskystes et par la direction d’UC.

« L’analyse de la situation internationale actuelle :

Situation excellente ou amère vérité ? » (p.15, 1ère col.).

« … La situation principale, c’est la révolution… le bureau national d’Amada contredit cette analyse scientifique en passant complètement sous silence les facteurs de la révolution qui dominent, et en exposant uniquement … les facteurs de guerre » (p. 15, 2ème col.).

« La situation est « caractérisée » suivant tout par un rapport de force favorable à la classe ouvrière et aux peuples (idem).

« Nier le rapport de force favorable aux peuples et la perspective toujours plus présente du socialisme, c’est du défaitisme petit-bourgeois » (idem).
« Amada fait … des allusions répétées à la situation des années 1930, au mépris de la vérité historique et de l’optimisme révolutionnaire » (idem).

Amada a fait une analyse concrète de la situation actuelle de toutes les forces de guerre et de toutes les forces de paix dans le monde. Nous sommes arrivés à la conclusion que les forces de guerre mondiale, partant de l’Europe, sont inévitables. La direction de l’UC est animée seulement par son intention de combattre Amada. Sans aucune analyse concrète et globale, elle sème des phrases sur les « facteurs de révolution qui dominent ».

Les attaques de la direction d’UC contre Amada correspondant mot pour mot aux attaques du trotskyste Vercammen lors d’un meeting à Louvain le 19 février. Il a dit :

« Il y a danger de guerre mondiale, mais il n’est pas réel maintenant. Je suis d’accord avec Mao qui dit : « La tendance principale, c’est la révolution ». Amada prêche le défaitisme et la capitulation. La situation en Europe est favorable à la révolution prolétarienne ».

L’analyse des provocateurs trotskystes est la même que celle de la direction de l’UC. La direction l’UC dit qu’Amada nie la vérité historique et l’optimisme révolutionnaire en comparant la situation actuelle à celle des années ’30. Messieurs, vous vous êtes trompés d’adresse. Vous feriez mieux d’adresser vos fameuses « analyse scientifiques » au Parti communiste chinois. Le Parti communiste chinois explique clairement que le social-impérialisme russe se prépare actuellement pour déclencher brusquement une guerre-éclair contre l’Europe de l’Ouest.

La Conférence d’Helsinki a la même signification que les accords de Munich. Exactement comme Hitler, Breznjev se prépare à une guerre surprise contre l’Europe occidentale, et exactement comme Hitler, il la déclenchera.

Voici l’analyse du Parti chinois :

« L’expérience de l’histoire nous enseigne que les impérialistes sont coutumiers de ce fait : « détente », « désarmement », « paix » – autant d’écrans de fumée derrière lesquels ils cachent l’accroissement de leurs armements et leurs préparatifs de guerre.

Il y a un certain temps, Hitler assurait au monde que « l’Allemagne veut renoncer à toutes les armes offensives… parce qu’elle ne cherche qu’à obtenir sa sécurité, non à attaquer d’autres pays » ; et quelques jours avant l’attaque-éclair qu’elle lançait sur la Pologne, une délégation militaire d’amitié était en visite dans le pays agressé.

Quelques heures même avant son invasion, un projet sur les négociations de paix était en cours d’élaboration. Par ailleurs, l’Allemagne fasciste se servait des accords de Munich – de triste renommée – qu’elle avait conclus avec les gouvernements anglais et français, pour annexer la région des Sudètes, territoire tchécoslovaque ; cependant qu’avec le gouvernement anglais elle publiait une « proclamation » déclarant s’engager à « résoudre les différends par voie de consultation », ceci afin « d’assurer la paix en Europe ». Le premier ministre anglais Arthur Neville Chamberlain, fort content de lui-même, avait brandi cette « proclamation » en croyant avoir gagné à l’Europe la « paix pour toute une génération ».

Or, on assistait peu après à l’occupation de la Tchécoslovaquie et de la Pologne par les armées d’Hitler, puis à la déclaration de la guerre avec la Grande-Bretagne et la France. Voilà comment fut déclenchée la Seconde Guerre mondiale.

A la veille de l’invasion de la Tchécoslovaquie, les révisionnistes soviétiques engageaient de même, avec les dirigeants de ce pays, des « entretiens » débouchant sur un accord pour le retrait des troupes soviétiques ayant participé aux « manœuvres » ; tandis qu’un communiqué était publié, qui appelait au renforcement de l’« amitié ». Et précisément dans cette atmosphère d’« amitié », Moscou lançait une attaque-éclair style Hitler et occupait la Tchécoslovaquie. Cette expérience de l’histoire est d’une grande utilité pour percevoir, à travers les faux-semblants, la nature profonde de la lutte de classe internationale actuelle » (PI, 44-75, p. 23).

QUI EST L’ENNEMI PRINCIPAL CONTRE LEQUEL LES OUVRIERS ET TRAVAILLEURS DE BELGIQUE DOIVENT CONCENTRER LEURS COUPS ?

Quelle est la prochaine tâche révolutionnaire posée à la classe ouvrière de Belgique ? Quel est l’ennemi principal que la classe ouvrière de Belgique devra abattre pour pouvoir progresser sur le chemin de la libération ?

On ne peut répondre correctement à cette question que si on tient compte de ces deux principes du matérialisme dialectique : premièrement, il faut étudier l’ensemble de la situation pour pouvoir en analyser correctement une partie. Il faut partir de la situation générale dans le monde entier pour déterminer quelle sera la prochaine tâche révolutionnaire en Belgique.

Deuxièmement, il faut étudier les phénomènes dans leur mouvement, il faut étudier leur passé et leur situation présente pour comprendre comment ils évolueront dans l’avenir.

En partant de la situation dans le monde entier, nous posons que la rivalité entre la Russie et l’Amérique mènera inévitablement à une troisième guerre mondiale. La classe ouvrière de Belgique sera confrontée à une guerre dont la puissance de destruction sera supérieure à celle des deux guerres mondiales précédentes. La classe ouvrière de Belgique sera confrontée à une agression fasciste qui conduira à un régime d‘occupation étrangère et de terreur fasciste. Les prochains grands combats révolutionnaires armés que la classe ouvrière devra mener seront des combats pour la paix, l’indépendance nationale et la démocratie. Ce sont des combats contre l’occupation d’une superpuissance ainsi que l’appareil d’Etat dont cette superpuissance se sert. Il faut voir la situation mondiale dans son évolution.

L’impérialisme américain recule, le social impérialisme russe commencera une guerre d’agression. Nous devons donc nous préparer à une guerre d’agression social-impérialiste et à une guerre de résistance nationale contre le social-impérialisme russe. Nous devons cependant tenir compte de toutes les possibilités ; la possibilité existe encore qu’au début de la guerre mondiale, notre pays soit occupé par l’impérialisme américain et que les coups devront d’abord être dirigés contre cet occupant étranger. Cependant, à mesure que l’impérialisme américain s’affaiblit, cette possibilité diminue.

Pour déterminer l’ennemi principal, la direction de l’UC ne part pas de l’analyse de l’ensemble du monde. Elle part d’une myopie nationale.

« La Belgique … est un Etat souverain où la bourgeoisie impérialiste exerce le pouvoir avec une relative indépendance ; c’est à cette bourgeoisie que s’oppose principalement la lutte de classe du prolétariat : ainsi est définie la contradiction principale de la société. Vaincre « sa » bourgeoisie est la plus grande contribution que la classe ouvrière de notre pays peut actuellement apporter à la révolution mondiale, en affaiblissant l’impérialisme international et en renforçant la lutte contre les deux superpuissances ». (UR 61, p. 8).

Cette « analyse » s’hypnotise sur la Belgique. Elle refuse de partir de l’ensemble de la situation mondiale et ne voit pas les choses dans leur mouvement. C’est une forme de myopie, d’économisme : les ouvriers luttent spontanément contre « leur » patron ; la lutte de classe du prolétariat se dresse principalement contre « notre » bourgeoisie ; le mouvement spontané de la lutte ouvrière se heurte principalement à « notre bourgeoisie » : c’est donc elle qui est l’ennemi principal.

En 1935 aussi, la Belgique était un « Etat souverain où la bourgeoisie impérialiste exerce le pouvoir avec une relative indépendance ». Mais qui est l’ennemi principal du peuple belge en 1935 ? « Il est absolument nécessaire que les actions communes du prolétariat et des plus larges masses populaires soient dirigées contre les fauteurs de guerre concrets et contre les forces qui les aident de façon directe ou indirecte à l’intérieur », voilà ce qu’écrivait Dimitrov en 1936. L’ennemi principal de la classe ouvrière belge en 1935 était le fascisme allemand qui menaçait la paix mondiale, l’indépendance nationale de la Belgique et les libertés démocratiques. Les coups devaient être dirigés contre le régime hitlérien et ses agents en Belgique, les fascistes.

Le social-impérialisme se prépare à une guerre par surprise. Aussi longtemps que la Russie n’aura pas commencé la guerre, la Belgique jouira d’une « relative indépendance ». Sous ce prétexte la direction de l’UC oriente la classe ouvrière vers un ennemi secondaire, la bourgeoisie belge, jusqu’au jour où les tanks russes commenceront leur ruée.

LA SITUATION EN EUROPE EST-ELLE MÛRE POUR LA RÉVOLUTION PROLÉTARIENNE ?

Nous vivons depuis le début de ce siècle à époque de l’impérialisme et de la révolution prolétarienne. Les forces de production en Europe de l’Ouest sont mûres pour la révolution socialiste.

La situation politique concrète en Europe est-elle mûre pour la révolution prolétarienne et peut-elle l’être dans les prochains cinq ou dix ans ?

Le danger d’une guerre mondiale augmente sérieusement. Si cependant un pays, ou un groupe de pays en Europe étaient mûrs politiquement pour la révolution socialiste, la classe ouvrière doit y établir la dictature du prolétariat ; le régime socialiste permettrait alors de mobiliser pleinement toutes les forces des masses laborieuses pour la défense de l’indépendance nationale et de la paix mondiale.

Aucun pays d’Europe occidentale n’est cependant politiquement mûr pour la révolution socialiste, et ceci ne sera pas non plus le cas dans l’avenir immédiat.

Nous devons améliorer notre connaissance du matérialisme historique pour comprendre dans quelles conditions la révolution socialiste peut être réalisée. La direction de l’UC ne construit par sa ligne sur les lois du matérialisme historique mais sur les fantaisies vides d’intellectuels petit-bourgeois.

Voici leurs positions :

« Dans les tempêtes révolutionnaires qui se préparent en Europe du Sud, AMADA voit uniquement l’occasion pour les P.C. de ces pays de pêcher en eau trouble et il ignore les perspectives victorieuses de la lutte » (p. 15, 2ème col.).

« Nier… la perspective toujours plus présente du socialisme, c’est du défaitisme petit-bourgeois » (p. 15, 2 col.)

« Le Portugal est dans une situation révolutionnaire… jusqu’ici aucun des deux camps (le prolétariat et la bourgeoisie) n’a porté le coup décisif à l’autre… » (UR. 68, p. 18).

« La classe ouvrière (doit)… marcher résolument à l’assaut du pouvoir » (UR 68, p 18).

De pareilles positions sont tout simplement infantiles et débouchent nécessairement sur des actions trotskystes, aventuristes. La révolution n’est à l’ordre du jour que lorsque le parti communiste est devenu un vrai parti de masse et lorsque la majorité des classes laborieuses est prête à suivre le parti à l’assaut du pouvoir.

Les masses doivent avoir fait l’expérience de toute une série d’événements et de combats qui secouent toute la société du haut en bas, avant qu’une telle situation ne soit possible. Tous les partis qui arrivent à tromper la classe ouvrière, comme les faux PC, doivent avoir montré leur nature contre-révolutionnaire dans la pratique, de manière à ce que les masses se détournent d’eux. Les classes dominantes et leurs partis doivent s’entre-déchirer à un point tel, qu’ils n’arrivent pratiquement plus à diriger. L’exploitation et l’oppression des masses doit avoir atteint un tel point, que les masses ne sont plus prêtes à vivre encore ainsi et qu’elles sont prêtes aux actions les plus hardies.

« La loi fondamentale de la révolution, confirmée par toutes les révolutions et notamment par les trois révolutions russes du XXème siècle, la voici : pour que la révolution ait lieu, il ne suffit pas que les masses exploitées et opprimées prennent conscience de l’impossibilité de vivre comme autrefois. C’est seulement lorsque « ceux d’en bas » ne veulent plus et que « ceux d’en haut » ne peuvent plus continuer de vivre à l’ancienne manière, c’est alors seulement que la révolution peut triompher.

Cette vérité s’exprime autrement en ces termes : la révolution est impossible sans une crise nationale (affectant exploités et exploiteurs). Ainsi donc, pour qu’une révolution ait lieu, il faut : premièrement obtenir que la majorité des ouvriers (ou, en tout cas, la majorité des ouvriers conscients, réfléchis, politiquement actifs) ait compris parfaitement la nécessité de la révolution et soit
prête à mourir pour elle ; il faut ensuite que les classes dirigeantes traversent une crise gouvernementale qui entraîne dans la vie politique jusqu’aux masses les plus retardataires (l’indice de toute révolution véritable est une rapide élévation au décuple, ou même au centuple, du nombre des hommes aptes à la lutte politique, parmi la masse laborieuse et opprimée, jusque-là apathique) qui affaiblit le gouvernement et rend possible pour les révolutionnaires son prompt renversement (Lénine, t. 31, p. 80-81).

« Quand il s’agit de l’action pratique des masses, de la distribution – s’il m’est permis de m’exprimer ainsi – d’armées fortes de millions d’hommes, de la répartition de toutes les forces de classe d’une société donnée en vue d’un combat final et décisif, on ne fera rien avec les seules méthodes de propagande, avec la seule répétition des vérités du communisme « pur ».

Il ne faut pas compter ici par millier, comme le fait en somme le propagandiste, membre d’un groupe restreint et qui n’a pas encore dirigé les masses ; il faut compter ici par millions et dizaines de millions. Il ne suffit pas de se demander si l’on a convaincu l’avant-garde de la classe révolutionnaire ; il faut encore savoir si les forces historiquement agissantes de toutes les classes, absolument de toutes les classes sans exception, d’une société donnée, sont disposées de façon que la bataille décisive soit parfaitement à point – de façon

1°) que toutes les forces de classe qui nous sont hostiles soient suffisamment en difficulté, se soient suffisamment entre-déchirées, soient suffisamment affaiblies par une lutte au-dessus de leurs moyens ;

2°) que tous les éléments intermédiaires, hésitants, chancelants, inconstants – la petite bourgeoisie, la démocratie petite-bourgeoise par opposition à la bourgeoisie – se soient suffisamment démasqués aux yeux du peuple, suffisamment déshonorés par leur faillite pratique ;

3) qu’au sein du prolétariat, un puissant mouvement d’opinion se fasse jour en faveur de l’action la plus décisive, la plus résolument hardie et révolutionnaire contre la bourgeoisie.

C’est alors que la révolution est mûre ; c’est alors que, si nous avons bien tenu compte de toutes les conditions indiquées, sommairement esquissées plus haut, et si nous avons bien choisi le moment, notre victoire est assurée » (Lénine, t. 31, p. 90-91).

Dans aucun pays d’Europe de l’Ouest les conditions de la révolution socialiste ne seront mûres dans les toutes prochaines années. Dans toute l’Europe, ce seront les forces de guerre qui seront mûres dans les prochaines années, et la guerre éclatera inévitablement.

Dans cette guerre, les conditions de la révolution prolétarienne mûriront.

DIRIGER LA LUTTE DE FAÇON IMMÉDIATE SUR L’INSTAURATION DE LA DICTATURE DU PROLÉTARIAT C’EST FAIRE LE JEU DU SOCIAL-IMPÉRIALISME

Une guerre mondiale s’approche. Le social-impérialisme russe prépare une guerre d’agression. Le faux PC prépare le terrain pour la domination russe en Belgique.

Quelle est, dans cette situation concrète, la signification du mot d’ordre suivant de la direction de l’UC :

« La tâche stratégique immédiate est de préparer la révolution socialiste. Cette stratégie consiste concrètement à isoler et détruire l’ennemi principal dans notre pays, la bourgeoisie monopoliste ». (p. 17, 4ème col.)

Cela signifie que ce n’est pas le social-impérialisme l’ennemi principal des peuples européens que l’on va « isoler et détruire ». « Isoler », la bourgeoisie belge signifie isoler un ennemi secondaire, et donc détourner l’attention de l’ennemi principal. Cela signifie que l’on concentre ses coups contre certaines forces qui sont nos alliés, et que l’on refuse de concentrer ses forces sur l’ennemi principal. En cas d’agression social-impérialiste, des fractions déterminées de la bourgeoisie seront des alliés. On dirige l’attention des ouvriers sur le renversement de la bourgeoisie et on détourne ainsi l’attention du point essentiel : la préparation d’une troisième guerre mondiale par le social-impérialisme et ses agents.

Le Parti communiste chinois pose clairement la tâche stratégique suivante aux communistes de l’Europe occidentale : « mobiliser tous les peuples pour qu’ils soient prêts idéologiquement et matériellement à une guerre d’agression ».

Le Parti communiste chinois écrit :

« En passant à l’offensive, l’agresseur prépare sa propre défaite – c’est une loi historique. Guillaume II, le responsable de la Première Guerre mondiale, Hitler attaquant de nombreux pays d’Europe, le militarisme japonais envahissant la Chine et causant la guerre du Pacifique, tous ont été écrasés. Après la Seconde Guerre mondiale, l’impérialisme américain envahissait la Corée, attaquant les peuples indochinois, n’a pas non plus échapper à la défaite. Et aujourd’hui le social-impérialisme russe qui se livre partout à l’expansion, qui pratique une politique hégémonique, qui cherche à assaillir et à envahir les autres, subira le même sort. La victoire finale appartient à ceux qui se défendent, à ceux qui se dressent contre l’agression. Cela est certain.

Une violente tempête menace l’horizon, et l’on ne pourra pas l’empêcher, car cela est indépendant de la volonté de quiconque.

L’histoire nous apprend qu’il faut se préparer à toute éventualité car il peut nous en coûter de ne pas être prêts. Il faut bien voir ce qu’il y a d’agressif dans la nature des superpuissances, il faut se débarrasser de ces illusions de paix, il faut dénoncer ces foyers de guerre et ses dangers, mobiliser tous les peuples pour qu’ils soient prêts idéologiquement et matériellement à une guerre d’agression ; ainsi seulement on pourra faire face à toute situation, aussi difficile soit-elle, ainsi que l’on sera invincible et l’on pourra lutter jusqu’à la victoire finale ». (PI, 1-76, p. 22).

Le Parti communiste chinois dit clairement que le mot d’ordre de la « révolution socialiste » fait le jeu du social-impérialisme : il dirige les ouvriers exclusivement contre leur propre bourgeoisie et détourne l’attention des plans de domination et de guerre du social-impérialisme.

« Usant de la pression militaire, il (social-impérialisme) profite, sous le couvert de la « détente », des faiblesses politiques et économiques de certains pays ouest-européens, et de l’agitation sociale qui s’y développe, pour y soutenir les forces pro-soviétiques, puis désunir et affaiblir la région, en évincer les Etats-Unis, afin d’écraser ces pays un à un. Une manifestation de ce plan : après la conférence sur la sécurité européenne, les maîtres du Kremlin et leur machine de propagande développent bruyamment que se précise de plus en plus le moment de la « révolution sociale » en Europe occidentale » (PI, 2-76, p. 18).

MÊME SI UNE GUERRE MONDIALE ÉCLATE LA DIRECTION DE L’UC VEUT CONTINUER A SUIVRE SA LIGNE TROTSKYSTE

La direction de l’UC prend clairement position : si sous les rapports de force actuels dans le monde, une nouvelle guerre mondiale éclate, la classe ouvrière de Belgique doit renverser sa propre bourgeoisie au cours de cette guerre mondiale et instaurer la dictature du prolétariat.

Cette position trotskyste est formulée par la direction de l’UC :

« Dans le cas d’une guerre inter-impérialiste … le prolétariat révolutionnaire a pour tâche de transformer la guerre en guerre civile, d’abattre sa propre bourgeoisie et de prendre le pouvoir » (p. 16, 2ème col.).

Cette position trotskyste est formulée ainsi par la direction de l’UC :

« Dans le cas d’une guerre inter-impérialiste… le prolétariat révolutionnaire a pour tâche de transformer la guerre en guerre civile, d’abattre sa propre bourgeoisie et de prendre le pouvoir ». (p. 16, 2ème col.).

Amada écrit …
… « Si dans une telle guerre (une guerre mondiale provoquée par les Etats-Unis et l’Union soviétique) le gouvernement belge de range aux côtés des Etats-Unis… (la classe ouvrière) doit renverser sa propre bourgeoisie belliciste et chasser les envahisseurs américains sous le mot d’ordre : pour la paix mondiale, pour l’indépendance nationale, contre l’occupation étrangère ».

Il s’agirait de « renverser sa propre bourgeoisie » et dans quel but ? D’établir le pouvoir de la classe ouvrière ? Pas du tout : pour chasser l’occupant « étranger ». Une telle position nous renseigne en toute clarté jusqu’où Amada pousse son renoncement à la dictature du prolétariat.

Et il faut remarquer que la situation imaginée par Amada reproduit exactement le rapport international et national de classes actuel, transposé dans une guerre mondiale ». (p. 16, 3ème col.)

Dans ce texte la direction de l’UC combat une position de la Défense d’Amada de novembre 1975. Dans cette Déclaration nous répondons à la question suivante : quelle doit être l’attitude de la classe ouvrière si, au moment du déclenchement d’une guerre mondiale des troupes d’agression américaine occupent notre pays et si le gouvernement soutient cette occupation ? Notre réponse était correcte et le reste : la classe ouvrière ne doit pas appeler directement à la révolution socialiste et à la dictature du prolétariat ; la classe ouvrière doit déployer un programme de paix et d’indépendance nationale, elle doit chasser les occupants américains et renverser la partie pro-américaine de la bourgeoisie, la bourgeoisie belliciste. Elle réalise ces tâches en alliance avec toutes les forces – aussi celles de la bourgeoisie – qui veulent la paix, l’indépendance et la démocratie.

La théorie trotskyste de l’UCMLB est basée sur une analyse fausse de l’ensemble de la situation mondiale. La direction de l’UC pose que la situation actuelle est fondamentalement la même que la situation d’avant la Première Guerre mondiale. Avant la Deuxième Guerre mondiale, il y avait deux blocs impérialistes qui préparaient dans une égale mesure l’agression et la guerre ; des petits pays comme la Belgique, devaient nécessairement prendre parti pour l’un de ces deux blocs et participaient ainsi à une guerre injuste. La guerre était injuste des deux côtés, de la part de toutes les bourgeoisies impérialistes qui y participaient et c’est pourquoi les ouvriers de tous les pays avaient pour tâche de renverser leur propre bourgeoisie.

La direction de l’UC présente les choses comme si aujourd’hui la même situation prévalait : deux blocs impérialistes, dirigés par la Russie et l’Amérique, qui préparent dans une égale mesure la guerre mondiale ; la bourgeoisie belge doit nécessairement se ranger dans le bloc américain, dans une guerre injuste.

Les pays du deuxième monde ne sont pas obligés de s’intégrer dans un bloc belliciste ; au contraire, leur propre intérêt les pousse à s’unir entre eux et à s’unir avec le tiers monde contre les deux superpuissances et contre leur politique de guerre.

Seules les deux superpuissances, et principalement l’Union soviétique, sont les foyers d’une troisième guerre mondiale, la plus grande partie de la bourgeoisie européenne n’a pas d’intérêt à une guerre mondiale et veut maintenir la paix dans le monde.

Ensuite nous devons mettre l’accent sur le point suivant :les deux superpuissances ne se préparent pas dans une égale mesure à une guerre mondiale ; c’est l’Union soviétique qui se prépare à une offensive englobant le monde entier.

La possibilité d’une occupation américaine d’une partie de l’Europe, principalement dans la phase initiale de la guerre mondiale, n’est pas entièrement exclue. Mais l’affaiblissement et le recul systématique de l’impérialisme américain, la progression du social-impérialisme russe et de sa cinquième colonne en Europe de l’Ouest, rendent cette possibilité très ténue. Les peuples européens doivent se préparer à une guerre d’agression, à une guerre par surprise de la part de l’Union soviétique contre l’Europe de l’Ouest.

 TROISIÈME PARTIE

INTRODUCTION
Une politique d’unité et de lutte avec la bourgeoisie, une politique d’unité réalisée par la lutte dans le front national

L’indépendance nationale de la Belgique est menacée par une guerre d’agression social-impérialiste.

Dans cette situation, la classe ouvrière déploie son programme de paix, d’indépendance nationale et de démocratie populaire.

Pour défendre l’indépendance nationale, les marxistes-léninistes mènent une politique de principe d’unité et de lutte, d’unité par la lutte à l’égard de la bourgeoisie européenne indépendante. Le soutien à certaines parties de la bourgeoisie est un soutien sur la base d’un programme correct d’indépendance nationale de la classe ouvrière. Il s’agit d’un soutien à tous les aspects de la politique de la bourgeoisie qui vont dans le sens du programme de la classe ouvrière. Ceux qui refusent ce soutien se placent sur les positions du trotskysme, qui veut empêcher qu’un large front uni ne se forme contre l’agression social-fasciste.

Ce soutien va de pair avec une critique de tous les aspects de la politique de la bourgeoisie qui s’opposent au programme prolétarien d’indépendance nationale et de démocratie.

La lutte de classes ne disparaît pas dans le front uni national. La lutte de classes entre le prolétariat et la bourgeoisie n’a plus comme but immédiat le renversement de la bourgeoisie ; mais la lutte de classes est menée sur la manière de conduire la lutte nationale et sur le but que s pose cette lutte nationale.

Dans le front national, il y a constamment une lutte aiguë autour des problèmes de niveau de vie des masses, autour des problèmes des droits démocratiques des masses, autour de la politique de défense nationale, autour de la politique d’indépendance nationale.

Devant ces problèmes, il y a dans le front national deux lignes politiques opposées. La ligne politique de la bourgeoisie monopoliste indépendante empêche la mobilisation des masses populaires et mène à la capitulation et à la défaite. La ligne politique de la classe ouvrière permet aux masses populaires de se mobiliser pleinement pour une guerre de résistance de longue durée et mène à la victoire militaire de la guerre de résistance nationale.

Chaque point du programme de la classe ouvrière est déterminé et réalisé par une lutte politique et idéologique aiguë (et dans des cas exceptionnels même par une lutte militaire) contre la bourgeoisie patriotique.

La classe ouvrière soutiendra donc toutes les positions de la bourgeoisie monopoliste indépendante qui vont dans cette direction : démasquer les fauteurs de guerre, défendre la paix et l’indépendance, renforcer de manière autonome la défense nationale, protéger les libertés démocratiques.

Ce soutien va toujours de pair avec une critique politique, pour que l’ensemble du programme du Parti prolétarien soit connu parmi les masses populaires. La classe ouvrière ne peut jamais soutenir la politique militaire globale de la bourgeoisie indépendante, parce que cette politique mène inévitablement à la capitulation et à la défaite. La classe ouvrière n’approuvera pas le budget militaire de la bourgeoisie, parce que sa politique militaire est incapable de sauvegarder effectivement l’indépendance nationale.

Premièrement : la politique militaire n’est pas dirigée par une ligne politique conséquente pour l’indépendance nationale ; la bourgeoisie européenne indépendante continue à montrer des tendances à la capitulation devant les superpuissances sur le plan politique, économique et militaire. Il n’y a aucun garantie que la bourgeoisie monopoliste indépendante ne suivra pas une politique de capitulation nationale au moment où une des deux superpuissances établit sa domination sur la Belgique.

Deuxièmement : la classe ouvrière n’a aucune garantie que la bourgeoisie monopoliste n’utilisera pas, demain, l’armée contre les ouvriers et les travailleurs en lutte.

Troisièmement : la classe ouvrière n’a aucune garantie que la bourgeoisie n’utilisera pas l’armée, sous la direction et le contrôle de la superpuissance américaine, contre les peuples arabes ou contre d’autres pays indépendants.

Quatrièmement : les dépenses militaires accrues ne sont pas payées par des impôts supplémentaires levés auprès des riches : ce sont les ouvriers et les travailleurs qui voient leurs revenus diminuer. Quand les ouvriers et les travailleurs sont soumis à une exploitation à la limite de ce qui est humainement supportable, ils ne pourront jamais se mobiliser à fond pour défendre l’indépendance nationale. Le niveau de vie et les conditions de travail doivent être améliorés, pour que les mases puissent, de façon enthousiaste, déployer leurs forces pour la défense nationale.

Cinquièmement : une grande partie des dépenses militaires ne sont pas consacrées à une défense efficace du pays. Beaucoup de dépenses ne sont pas effectuées dans le but d’organiser la défense la plus efficace, mais bien dans le but de fournir aux monopoles les commandes qui assurent le plus de profit. Les impôts élevés qui pèsent sur le peuple servent dans ce cas uniquement à enrichir les monopoles, et la « défense nationale » sert seulement de prétexte à une politique de pillage du peuple.

Sixièmement : dans les entreprises qui produisent le matériel de guerre, les droits démocratiques des ouvriers sont systématiquement détruits, et cela mine la capacité de résistance à l’agression. La classe ouvrière doit jouir de tous les droits démocratiques pour qu’elle puisse consacrer pleinement ses forces à la défense de l’indépendance nationale.

1. LA LUTTE POUR L’INDÉPENDANCE NATIONALE

Les peuples de l’Europe occidentale vivent actuellement à l’époque de l’impérialisme et de la révolution prolétarienne. Depuis la fin de la guerre mondiale, les pays d’Europe occidentale sont soumis à la domination, au contrôle, à l’ingérence et à la menace de superpuissances, d’abord de l’impérialisme américain, puis des Etats-Unis et de l’URSS. Parallèlement à la lutte pour les droits démocratiques, pour l’amélioration des conditions de vie, pour le soutien au mouvement de libération du Tiers Monde et pour le maintien de la paix mondiale, la lutte pour la défense de l’indépendance nationale constitue un élément essentiel dans la lutte pour la révolution socialiste. Depuis 1945, les peuples de l’Europe occidentale luttent pour leur indépendance nationale, et, dans cette lutte, ils préparent les forces pour la révolution socialiste.

Quand un pays perd son indépendance nationale, il faut d’abord vaincre l’occupant étranger pour que la classe ouvrière ait la voie libre pour instaurer la dictature du prolétariat. Actuellement, l’indépendance nationale des pays de l’Europe occidentale est menacée par une guerre d’agression, provoquée par le social-impérialisme soviétique. Le prolétariat doit avancer son programme autonome d’indépendance nationale et le propager au sein des masses populaires.

1.1 Défendre l’indépendance nationale sur le plan politique

a) La classe ouvrière combat toute forme d’ingérence politique, de contrôle, de domination et de subversion de l’URSS et des Etats-Unis qui porte atteinte à l’indépendance nationale de la Belgique.

La classe ouvrière démasque la démagogie sur la paix et les slogans trompeurs sur la « détente » qui servent cacher les préparatifs d’une guerre d’agression du social-impérialisme.

La classe ouvrière démasque le social-impérialisme russe comme l’ennemi le plus dangereux des peuples d’Europe et des peuples du monde et comme le foyer de guerre le plus dangereux dans le monde. La classe ouvrière rejette la Déclaration d’Helsinki et toutes les déclarations politiques bilatérales qui contribuent à tromper le peuple sur les véritables buts expansionnistes et agressifs de l’URSS.

b) La classe ouvrière combat en premier lieu la politique de la direction du faux PC qui agit comme cinquième colonne pour ouvrir la voie à la domination russe sur l’Europe occidentale ; la direction du faux PC applique une ligne politique pro-russe qui favorise l’infiltration et le contrôle politiques du social-impérialisme et ouvre la voie à des interventions militaires de l’Union soviétique.

A côté de cela, la classe ouvrière combat les organisations fascistes qui sont des troupes de choc de l’impérialisme américain en Europe occidentale.

c) La classe ouvrière combat toute forme de capitulation politique devant la politique du plus fort menée par l’URSS et les Etats-Unis. Elle combat toute forme d’esprit de conciliation avec la politique d’hégémonie mondiale de Moscou et de Washington.

1.2 Défendre l’indépendance nationale sur le plan militaire

La classe ouvrière lutte contre toute forme de chantage militaire, d’ingérence, de contrôle et de domination exercée par les deux superpuissances.

Le change nucléaire exercé par les deux superpuissances est une menace pour l’indépendance nationale.

La classe ouvrière mène la lutte pour obliger les deux superpuissances à s’engager à ne jamais utiliser en premier l’arme atomique. Une conférence internationale de tous les pays du monde sur la base d’une totale égalité doit être convoquée pour décider de la destruction totale de toutes les armes atomiques existantes dans tous les pays et d l’interdiction complète de fabriquer des armes atomiques.

Toutes les armes atomiques, baes militaires, bases navales, installations et troupes militaires étrangères doivent être retirées des pays où elles se trouvent.

Tous les peuples européens doivent s’unir dans la lutte contre le Pacte de Varsovie. L’alliance agressive sous la direction du social-impérialisme, qui non seulement domine les pays de l’Europe de l’Est, mais menace aussi directement les pays de l’Europe de l’Ouest.

1.3 Défendre l’indépendance nationale sur le plan économique

La classe ouvrière combat toute forme de contrôle et de domination économiques de l’URSS et des Etats-Unis.

La classe ouvrière rejette toute forme de « coopération économique » entre la Belgique et l’URSS. La Belgique doit refuser d’importer des matières premières d’URSS pour éviter toute forme de dépendance de l’URSS, pour enlever à l’Union soviétique toute possibilité de chantage et de contrôle économiques. La Belgique doit refuser d’accorder des crédits à l’URSS et de lui fournir de la technologie, des machines, des installations et des produits finis.

Ces crédits, cette technologie, et ces machines sont utilisés par l’URSS pour renforcer son potentiel militaire et pour accélérer une agression militaire contre l’Europe occidentale. Les produits finis sont utilisés par l’URSS pour freiner les conséquences néfastes de la crise et de la militarisation et pour affaiblir aussi la résistance de la classe ouvrière contre la politique de guerre.

1.4 Défendre d’indépendance nationale contre les superpuissances par une politique de coopération avec le tiers-monde

Le social-impérialisme russe veut diviser les pays de la CEE (Communauté Economique Européenne) et de toute l’Europe occidentale, pour les placer l’un après l’autre sous contrôle de l’URSS.

La classe ouvrière est pour le renforcement de l’Unité européenne dans le but de renforcer la résistance au contrôle américain et principalement à la menace russe. En même temps, la classe ouvrière combat toutes les mesures prises par la bourgeoisie monopoliste dans le cadre du Marché Commun qui portent atteinte aux droits économiques et démocratiques des ouvriers et des travailleurs.

2. LA LUTTE POUR LE RENFORCEMENT DE LA DÉFENSE NATIONALE EST BASÉE SUR LA MOBILISATION DES MASSES POPULAIRES

La classe ouvrière mène sa lutte dans une situation où la guerre mondiale approche, où la menace d’une guerre d’agression lancée par l’URSS et d’une occupation militaire de l’Europe occidentale par le social-impérialisme, se précise.

La révolution socialiste ne peut être réalisée avant le déclenchement de la guerre.

La classe ouvrière élabore un programme militaire autonome et démocratique qui est réalisable dans les conditions du capitalisme et qui réponde aux intérêts de la classe ouvrière et aux intérêts de la nation.

Pour la paix, la liberté, pour l’indépendance : les armes aux mains du prolétariat.

Le mot d’ordre central de la classe ouvrière pour assurer l’indépendance nationale, c’est : « Armement général des ouvriers et des travailleurs ».

La classe ouvrière est favorable à l’association volontaire d’ouvriers et de travailleurs dans des organisations où l’on apprend le maniement de toutes les armes pour défendre l’indépendance nationale.

Ces organisations volontaires doivent être constituées sur base d’un programme éclair d’indépendance nationale, dirigé contre la politique de domination de l’URSS et des Etats-Unis.

Les organisations de volontaires doivent fonctionner d’une manière démocratique et les membres doivent pouvoir eux-mêmes choisir leurs instructeurs et juger de leur travail. Les instructeurs, les armes et l’équipement doivent être payés par un impôt spécial sur les capitalistes.

L’armement général du peuple est la forme la plus efficace de défense nationale sous le capitalisme. Ceci peut être réalisé sous le capitalisme et peut être imposé à la bourgeoisie par la lutte révolutionnaire de masse des ouvriers et travailleurs dans une période de grands bouleversements.

La Troisième Internationale a toujours défendu ce point de vue :

« Selon notre conviction, la bourgeoisie n’est pas capable de garantir la sécurité du pays.

On peut la réaliser uniquement par l’armement général du peuple… » (André Marty, Protocole du VII Congrès de l’Internationale Communiste ; Editions Liebknecht, p. 820).

« Nous sommes conscients des dangers qui menacent du côté du fascisme : nous attirons l’attention sur les tentatives de la réaction pour concentrer toutes les forces armées dans leurs mains ; dans ces conditions, nous proposons et nous exigeons la création d’une défense populaire anti-fasciste. La défense populaire anti-fasciste qui regrouperait toutes les couches prolétariennes et progressistes dans une organisation de défense volontaire sur la base d’une direction autonome démocratique, serait la meilleure défense des libertés démocratiques et de la république démocratique, contre les ennemis fascistes anti-populaires ; elle serait le fondement d’une capacité véritable d’auto-défense du peuple dans la lutte contre la contre-révolution extérieure » (Sverma, VII Congrès de l’I.C., Protokoll).

« Permettre au peuple de s’armer de sa propre initiative pour défendre son foyer et sa patrie » (Mao, Tome III, p. 250).

Pour des réformes, démocratiques radicales dans l’armée belge

La classe ouvrière des pays d’Europe Occidentale se trouve sous la menace d’une troisième guerre mondiale, d’une guerre d’agression russe. Nous vivons sous l’impérialisme et l’armée actuelle est un instrument au service de la bourgeoisie dominante. La classe ouvrière peut-elle, dans la situation de la menace d’une guerre d’agression, être indifférente à la politique militaire du gouvernement ?

La classe ouvrière doit lutter pour la démocratisation la plus radicale de l’armée existante pour lier cette armée, aussi étroitement que possible, aux ouvriers et aux travailleurs, et pour préparer cette armée à une guerre de résistance nationale, générale, basée sur la mobilisation des masses populaires.

Par la lutte révolutionnaire de masse, les classes travailleuses peuvent imposer une démocratisation radicale de l’armée bourgeoise. Si on laisse les mains libres à la grande bourgeoisie réactionnaire, l’armée sera conditionnée dans un esprit antidémocratique et fasciste. Dans les deux cas, l’armée reste une armée bourgeoisie, mais la classe ouvrière n’est pas indifférente à la question de savoir quelle forme et quel contenu prend cette armée bourgeoise.

1. Lutter contre toutes les mesures antidémocratiques et anti-ouvrières

La bourgeoisie réactionnaire considère l’armée en premier lieu comme un instrument pour opprimer les luttes des ouvriers et des travailleurs. Nous devons démasquer et combattre toute politique et toute mesure qui vont dans ce sens.

Nous combattons la création d’une armée de métier qui est dirigée entièrement contre les ouvriers les travailleurs.

Par la création d’une armée de métier, la bourgeoisie réactionnaire veut retirer au peuple la possibilité d’apprendre à manier les armes. Apprendre à manier les armes est une nécessité pour le peuple pour garantir l’indépendance nationale et pour réaliser la libération de l’exploitation capitaliste. Nous exigeons que les femmes puissent faire le service militaire et apprendre à manier les armes, tout comme les hommes. Avec une armée de métier, la bourgeoisie réactionnaire veut former une caste militaire coupée des ouvriers et des travailleurs et entraînée pour réprimer les soulèvements des ouvriers et des travailleurs.

Nous combattons la création d’une armée de métier. Nous ne devons cependant pas perdre de vue que beaucoup de jeunes ouvriers entrent dans l’armée de métier. Nous devons les gagner à la cause révolutionnaire de la classe ouvrière pour qu’ils n’utilisent jamais les armes contre les ouvriers et les travailleurs. Nous devons les gagner au programme communiste de défense nationale.

Nous luttons pour la suppression de toutes les unités spéciales anti-ouvrières et pour la dissolution de la gendarmerie.

La gendarmerie est spécialement formée et entraînée pour l’oppression des ouvriers et des travailleurs. Nous exigeons la suppression de telles unités.

Nous exigeons l’interdiction de toutes les formes d’entraînement et de tous les cours militaires dirigés contre les ouvriers et les travailleurs de Belgique.

Tous les cours qui forment les officiers et les soldats en vue de l’oppression armée des ouvriers et des travailleurs de Belgique doivent être interdits. Toutes les formes d’entraînement visant à l‘oppression du peuple doivent être interdites.

2. Une politique militaire s’appuyant sur le peuple et dirigée contre les deux foyers de guerre, les deux superpuissances.

La politique militaire bourgeoise et réactionnaire s’appuie en premier lieu sur des armes techniquement les plus perfectionnées et sur des armes de destruction massive, comme les armes atomiques. Une telle politique militaire ne peut en aucun cas garantir l’indépendance nationale contre la supériorité écrasante d’une superpuissance. Une telle politique militaire mène aux plus grands massacres de la population civile.

Une politique militaire démocratique doit avoir pour but d’entraîner toute la population dans une guerre de résistance nationale. Nous soutenons le développement des secteurs militaires de l’armée qui sont destinés, sans aucune équivoque, à la défense contre une guerre d’agression : la défense aérienne, les armes anti-char etc…

Une politique militaire démocratique doit être dirigée de manière claire et sans équivoque contre les deux foyers d’une nouvelle guerre mondiale, les Etats-Unis et principalement l’URSS.

Toute propagande politique dans l’armée belge pour la politique d’hégémonie mondiale des Etats-Unis ou de l’URSS doit être interdite.

Tous les officiers qui défendent la politique de domination mondiale des Etats-Unis ou de l’URSS doivent être destitués et écartés.

3. Garantir tous les droits et libertés démocratiques pour les soldats et les officiers

Le droit d’exprimer et de diffuser librement ses opinions politiques doit être garanti.

Les soldats doivent avoir adhéré aux organisations politiques et syndicales ; ils doivent avoir le droit de s’organiser librement dans des Comités de soldats et doivent pouvoir se réunir librement.

Toute forme de justice spéciale militaire doit être supprimée ; les sanctions disciplinaires doivent disparaître.

4. Des officiers démocratiquement élus

Les officiers doivent être élus par des soldats de sorte que des éléments réactionnaires et anti-démocratiques puissent être éliminés à chaque instant.

L’unité entre soldats et officiers doit être garantie par le contrôle et la critique réciproques et par l’aide mutuelle.

5. Salaire intégral pour les soldats

Les conditions de vie matérielle des soldats doivent être améliorées. Un salaire normal d’ouvrier doit être payé aux soldats.

6. Renforcer les liens entre les soldats et le peuple

Les soldats doivent faire leur service miliaire aux environs de leur domicile. Toutes les mesures qui renforcent les liens entre les soldats et le peuple doivent être encouragées.

7. Une bonne instruction militaire

Les soldats doivent recevoir une instruction militaire complète et intense. Ils doivent apprendre à bien manier les armes.

Cette politique militaire de la IIIème Internationale a été élaborée pour tous les pays menacés de perdre leur indépendance nationale par une agression fasciste.

« L’attaque de l’impérialisme hitlérien contre la Tchécoslovaquie ne peut être, dans les conditions données, qu’une agression impérialiste : une guerre pour le repartage du monde, une guerre pour la destruction de l’autonomie de la nation tchèque, une guerre qui soumettra toutes les nations de la Tchécoslovaquie contre le fascisme hitlérien serait, dans les conditions données une guerre juste parce que ce sera une guerre de défense menée aux côtés de l’URSS contre le représentant principal de la contre-révolution fasciste…

Nous demandons : comment une armée où des généraux fascistes participent à la prise de décisions et où toutes les libertés démocratiques des soldats sont supprimées – comment une telle armée peut-elle défendre la république démocratique contre la réaction fasciste ?

Une telle armée n’est pas capable de défendre le pays contre la contre-révolution extérieure. C’est pourquoi nous luttons pour la démocratisation de l’armée, dans l’intérêt de tout le peuple travailleur, dans l’intérêt d’une véritable défense de la république contre l’agresseur fasciste. Expulsion immédiate des généraux et officiers fascistes de l’armée ; garantie de tous les droits civils, y compris le droit de vote et le droit d’organisation des soldats ; amélioration de la situation matérielle des soldats ». (Sverma, VIIème Congrès de l’Internationale Communiste, Protokoll, p. 847, 849).

« Les fascistes introduisent dans l’armée leur politique chauvine, anti-ouvrière et militariste. C’est une raison de plus pour la classe ouvrière de réclamer, dans les pays de démocratie bourgeoise, la démocratisation de l’armée, en accordant aux soldats tous les droits politiques…

Nous revendiquons pour les soldats tous les droits politiques, parce que nous sommes sûrs que l’expression libre de la volonté des soldats peut entraver les plans de guerre de la bourgeoisie et du fascisme. Pour les mêmes raisons, nous exigeons que les officiers fascistes soient chassés de l’armée, que les états-majors réactionnaires soient soumis à un contrôle démocratique qui s’exercera avec la participation des organisations ouvrières ».

« On ne saurait pas parler sérieusement de la formation d’un gouvernement de front unique et de front populaire pour barrer la route au fascisme, sans poser en même temps le problème de la transformation de l’armée bourgeoise actuelle en une armée populaire, basée sur la liaison la plus étroite avec le peuple, sur la réduction du service militaire, sur des mesures mettant les armes de tous genres à la disposition du peuple et supprimant définitivement les cadres réactionnaires de l’armée, et, en particulier, du commandement supérieur. Par toutes ces mesures, nous voulons détruire un des points d’appui du fascisme et freiner ses préparatifs de guerre.

Les mesures que nous proposons se présentent donc, à l’heure actuelle, comme particulièrement utiles et nécessaires dans les pays d’Europe que menace l’attaque du national-socialisme allemand, et où les perspectives d’une guerre de libération nationale est une perspective réelle. Les mesures les plus hardies de démocratisation de l’armée deviennent indispensables dans cette situation. Une guerre de libération nationale menée par un petit pays contre le national-socialisme allemand ne pourra être une guerre victorieuse qu’à condition que l’armée de ce pays soit pénétrée d’un esprit révolutionnaire.

Notre but principal est donc d’établir la liaison de l’armée avec le peuple. Pour cette raison, nous combattons pour la défense de toutes les revendications partielles des soldats, revendications qui sont le point de départ de tous les mouvements de soldats qui ont eu lieu, ces derniers temps, dans les armées bourgeoises ». (Ercoli, (Togliatti), VIIème Congrès de l’Internationale Communiste, Protokoll, p. 797, 798).

Pour des mesures de protection de la population en cas de guerre d’agression

Les communistes sont pour que la population entière soit mobilisée pour prendre des mesures de protection du peuple, en cas de guerre d’agression.

Les communistes exigent la construction massive d’abri anti-atomiques pour protéger les masses laborieuses contre les armes nucléaires qui seront utilisées par les deux superpuissances.

Les communistes exigent que des mesures soient prises sur le plan sanitaire en faveur des masses populaires, pour qu’elle soient capables de résister aux attaques de toutes les armes dont disposent les deux superpuissances , y compris les armes nucléaires.

3. LA LUTTE POUR LES DROITS DÉMOCRATIQUES ET ÉCONOMIQUES DES OUVRIERS ET DES TRAVAILLEURS

Maintenant qu’une guerre d’agression social-fasciste est à l‘ordre du jour, l’objectif immédiat de la classe ouvrière n’est plus le renversement de la bourgeoisie belge dans son ensemble.

La classe ouvrière se prépare à une guerre révolutionnaire nationale qui a pour but de vaincre l’agresseur et ses laquais. La lutte des classes entre le prolétariat et la bourgeoisie n’est pas organisée dans le but d’écraser directement la bourgeoisie.

Cependant, la lutte de classes entre le prolétariat et la bourgeoisie doit être menée dans toute son ampleur et c’est elle qui décide de la manière dont la guerre de résistance nationale sera amenée ainsi que de son résultat.

La lutte pour l’amélioration des conditions de vie et du niveau de vie des ouvriers et des travailleurs, et la lutte pour la garantie et l’extension des droits et libertés démocratiques, sont deux terrains sur lesquels la lutte de classes entre le prolétariat et la bourgeoisie se mène dans toute son ampleur ; cette lutte de classes crée des possibilités pour que les ouvriers et les travailleurs mobilisent pleinement leurs forces pour la guerre de résistance nationale et pour que la classe ouvrière dirige cette guerre.

3.1 Améliorer le niveau de vie des ouvriers et des travailleurs pour unir le peuple contre l’ennemi

Les deux superpuissances, et principalement l’Union soviétique, se préparent à une guerre mondiale. Une partie de la bourgeoisie monopoliste européenne cherche à éviter la guerre en se rangeant derrière l’une ou l’autre superpuissance ou en faisant des accords avec elles : la partie de la bourgeoisie monopoliste européenne qui recherche l’indépendance par rapport aux deux superpuissances veut édifier une défense nationale qui s’appuie sur des armes techniquement très développées (très rentables pour le grand capital) et qui laisse de côté les masses populaires.

Le grand capital européen indépendant est entraîné dans une lutte concurrentielle sans merci avec les deux géants économiques, les deux superpuissances.

Le grand capital européen indépendant essaye de se maintenir contre ses deux concurrents plus puissants pour une exploitation renforcée des ouvriers et des travailleurs : des impôts plus élevés, des attaques contre les salaires, des attaques contre les acquis sociaux, le prolongement de la durée du travail, le renforcement du contrôle dictatorial dans les usines, etc…

Cette partie du grand capital veut édifier une défense nationale indépendante ; elle veut surtout produire du matériel techniquement très développé, qui fournit de gros bénéfices aux monopoles, et elle veut faire payer ce matériel de guerre en levant des impôts plus lourds, en s’attaquant aux acquis sociaux, en s’attaquant aux salaires, et par l’inflation.

Ceci est une partie de la politique globale de la bourgeoisie indépendante européenne, qui débouche inévitablement sur la défaite et la capitulation nationale.

La résistance nationale contre une agression social-impérialiste ne peut être préparée dans les meilleures conditions que lorsque l’ensemble du peuple travailleur consacre ses forces avec enthousiasme à la préparation de la défense nationale. Ceci ne peut se réaliser que si le niveau de vie et les conditions de vie des masses laborieuses sont améliorées et si le poids de la crise est porté en premier lieu par les grands capitalistes et les riches.

3.2 Garantir les droits démocratiques des ouvriers et des travailleurs pour unir le peuple contre l’ennemi

Quand une guerre est à l’ordre du jour, la bourgeoisie monopoliste comprend que toutes les structures politiques et sociales du pays vont être secouées.

La bourgeoisie monopoliste prendra une série de mesures réactionnaires et dictatoriales dans le but d’imposer un contrôle total sur les ouvriers et les travailleurs.

La bourgeoisie monopoliste patriotique exige de la classe ouvrière et des autres classes travailleuses de se soumettre et d’obéir aveuglément aux mesures dictatoriales pour qu’une « unité nationale » soit réalisée.

Une « unité nationale » basée sur la tyrannie de la bourgeoisie monopoliste et sur l’écrasement des libertés démocratiques des classes travailleuses entraînera seulement une accentuation des conflits de classes et une absence d’unité nationale.

La destruction des droits démocratiques et la fascisation brisent la capacité des masses populaires de se défendre contre l’agresseur fasciste et mènent inévitablement à la soumission nationale.

Pour pouvoir déployer pleinement ses forces dans la lutte pour la liberté nationale, la classe ouvrière doit disposer de toutes les libertés politiques. Lorsque la classe ouvrière jouit de tous les droits et libertés démocratiques, alors elle est capable de former un large front d’unité nationale et d’organiser toutes les forces contre l’agresseur étranger.

C’est seulement en menant la lutte de classes pour la garantie et l’extension de tous les droits démocratiques que l’on peut acquérir une unité nationale solide ; c’est seulement par la démocratie et l’unité nationale que les masses populaires peuvent être pleinement mobilisées pour la guerre de résistance.

La IIIème Internationale a toujours indiqué cette ligne quand il s’agissait de préparer la classe ouvrière à une lutte de libération nationale.

« Partisan dévoué de la défense active de son peuple et de son pays contre l’asservissement fasciste, le prolétariat doit relier de la façon la plus étroite les questions de défense nationale aux revendications visant à étendre les droits démocratiques des ouvriers et de paysans, défendre leurs intérêts vitaux, en partant du fait que seules la démocratisation du régime dans les pays, la démocratisation de l’armée, son épuration des éléments fascistes et des autres éléments réactionnaires et la satisfaction des revendications les plus urgentes des masses ouvrières et paysannes sont en mesure de renforcer la capacité de défense du peuple contre l’agression fasciste » (Dimitrov – Le Front unique de lutte pour la paix, Ed. Sofia Presse, tome II, p. 154).

« Pour l’organisation de la défense nationale, nous devons exiger des partis gouvernementaux la satisfaction des besoins vitaux fondamentaux des masses travailleuses ; car, quand il s’agit de la liberté nationale des petits peuples, cette liberté nationale ne peut pas être aussi bien garantie par une armée régulière que par la lutte des larges masses populaires ». (Kvorin, VIIè Congrès, Protokoll, p. 833).

4. LA LUTTE POUR UN GOUVERNEMENT DE DÉMOCRATIE POPULAIRE

La lutte pour l’indépendance nationale et la démocratie et pour la satisfaction des revendications économiques est étroitement liée à la lutte pour un gouvernement de démocratie populaire.

Le gouvernement de la bourgeoisie monopolise et l’appareil d’Etat de la bourgeoisie monopoliste sont responsables de la situation désastreuse dans laquelle le peuple devra résister dans une guerre de résistance.

C’est la bourgeoisie monopoliste qui empêche que les masses populaires soient pleinement préparées à une guerre d’agression, tant sur le plan politique, militaire et idéologique, que sur le plan économique, médical, sanitaire, etc. ; c’est la bourgeoisie monopoliste qui empêche l’armement général du peuple et la préparation militaire intense des ouvriers et des travailleurs.

De plus, l’appareil d’Etat de la bourgeoisie monopoliste peut facilement être utilisé par l’occupant fasciste, comme l’a montré la deuxième guerre mondiale.

C’est pourquoi la classe ouvrière lutte pour un gouvernement et un appareil d’Etat totalement différents. Elle lutte pour un appareil d’Etat démocratique, qui exprime la volonté de toutes les classes qui veulent mener la lutte révolutionnaire contre l’agression et la domination de deux superpuissances et principalement de l’Union soviétique. Un appareil d’Etat qui s’appuie sur la classe ouvrière, la classe la plus révolutionnaire et la plus ferme dans la lutte pour l’indépendance nationale et la démocratie.

Un appareil d’Etat démocratique qui mène une lutte impitoyable contre les deux superpuissances, et principalement contre l’hégémonie russe, ainsi que contre leurs collaborateurs à l’intérieur.

Un gouvernement démocratique d’indépendance nationale, dirigé par la classe ouvrière et basé sur l’alliance ouvriers-travailleurs, doit garantir les libertés démocratiques du peuple travailleur, améliorer la situation économique des travailleurs, prendre toutes les mesures pour armer le peuple entier et l’engager dans la résistance armée.

La formation d’un gouvernement de démocratie populaire et la formation d’un appareil d’Etat de démocratie populaire ne peut être que le résultat de grandes actions révolutionnaires des masses populaires. Ceci peut être réalisé dans une situation où la classe ouvrière et les classes laborieuses ne sont pas encore mûres pour l’instauration de la dictature du prolétariat, mais où les masses populaires exigent des mesures révolutionnaires radicales pour garantir l’indépendance nationale et pour protéger les droits démocratiques et économiques.

La formation d’un gouvernement de démocratie populaire n’est possible que dans une situation où le véritable parti communiste exerce une influence importante sur la classe ouvrière et les classes laborieuses, où les masses s’orientent à gauche et entreprennent des actions révolutionnaires pour défendre les droits démocratiques et économiques contre la réaction, et pour garantir l’indépendance nationale.

La formation d’un gouvernement de démocratie populaire n’est possible que si la bourgeoisie monopoliste dominante est déchirée dans une grande mesure et si son appareil d’Etat est largement désorganisé.

L’expérience de la IIIème Internationale est d’une grande signification pour la situation actuelle.

En 1935, une deuxième guerre mondiale menaçait, la guerre d’agression fasciste. Dimitrov se prononça pour la « formation d’un gouvernement de front unique prolétarien ou de front populaire antifasciste ».

« Ce gouvernement-là ne peut pas apporter le salut définitif. Il n’est pas en mesure de renverser la domination de classe des exploiteurs et c’est pourquoi il ne peut pas non plus écarter définitivement le danger de la contre-révolution fasciste. En conséquence, il est nécessaire de se préparer pour la révolution socialiste ».

« Nous sommes prêts à partager les responsabilités au moment où il s’agira de former un gouvernement sur la base du front unique ».

« Qu’est-ce que ce gouvernement ? Et dans quelle situation peut-il en être question ? C’est avant tout un gouvernement de lutte contre le fascisme et la réaction. Ce doit être un gouvernement qui prend naissance comme fruit du mouvement de front unique et ne limite en aucune manière l’activité du Parti communiste et des organisations de masse de la classe ouvrière, mais au contraire, prend des mesures résolues contre les magnats contre-révolutionnaires de la finance et leurs agents fascistes ».

« Dans quelles conditions objectives la formation d’un tel gouvernement sera-t-elle possible ? A cette question, on peut répondre sous la forme la plus générale : dans les conditions d’une crise politique, le jour où les classes dominantes ne sont plus en état de maîtriser le puissant essor du mouvement antifasciste de masse ».

« Il me semble que … les conditions suivantes méritent la plus grande attention :

- Premièrement, que l’appareil d’Etat de la bourgeoisie soit suffisamment désorganisé et paralysé, en sorte que la bourgeoisie ne puisse empêcher la formation d’un gouvernement de lutte contre la réaction et le fascisme ;

- Deuxièmement, que les grandes masses des travailleurs, et particulièrement les syndicats de masse, se dressent impétueusement contre le fascisme et la réaction, mais sans être encore prêtes à se soulever pour lutter sous la direction du Parti communiste pour la conquête d’un pouvoir soviétique ;

- Troisièmement, que la différenciation et l’évolution à gauche des rangs de la social-démocratie et des autres partis participant au front unique aient déjà abouti à ce résultat qu’une partie considérable d’entre eux exigent des mesures implacables dont les fascistes et les autres réactionnaires, luttent en commun avec les communistes contre le fascisme et interviennent ouvertement contre les éléments réactionnaires de leur propre parti hostiles au communisme ».

« Nous exigeons de (ce gouvernement)… qu’il réalise des revendications révolutionnaires radicales, déterminées, répondant à la situation ».

Quelles sont ces revendications ? Des revendications radicales contre le grand capital. La répression sans merci contre les fascistes. L’armement de la classe ouvrière. La dissolution de la police et son remplacement par des milices ouvrières armées. L’amélioration des conditions de vie du peuple, notamment par la confiscation des appartements des riches en faveur des sans-logis. Le contrôle de la production sur les banques, etc…

Les partis communistes luttaient pour un tel gouvernement de front populaire antifasciste. C’est principalement au cours de la deuxième guerre mondiale que les conditions ont mûri pour l’établissement d’un tel gouvernement ; pendant la guerre, des embryons d’un tel gouvernement se sont formés. Après la guerre, des gouvernements de démocratie populaire ont été établis dans différents pays.

« L’Etat démocratique populaire représente le pouvoir des travailleurs, de la grande majorité du peuple, sous le rôle dirigeant de la classe ouvrière. Cela signifie premièrement que le pouvoir des capitalistes et des gros propriétaires fonciers est renversé et que le pouvoir des travailleurs des villes et des campagnes est établi, sous la direction de la classe ouvrière ».

« L’Etat démocratique populaire apparaît comme un Etat de la période transitoire, appelé à assurer le développement du pays, dans la voie du socialisme ». (Dimitrov)

5. CRITIQUE DE LA LIGNE TROTSKYSTE DE LA DIRECTION D’UC

5.1 Liquider la lutte pour l’indépendance nationale en traitant de la même manière les ennemis et les alliés

La défense de l’indépendance nationale est une tâche essentielle de la classe ouvrière, au moment où la menace d’une agression social-impérialiste est réelle.

Dans son texte, la direction de l’UC expose les grandes lignes de la « stratégie et de la tactique marxistes-léninistes ». La lutte pour la défense de l’indépendance nationale n’y apparaît même pas ! Ceci exprime de la façon la plus claire que les éléments trotskystes de la direction de l’‘UC ne veulent pas mener la lutte pour l’indépendance nationale de façon effective, et qu’ils ne considèrent pas cette lutte comme un point essentiel pour l’ensemble du travail d’agitation et de propagande.

Dans sa « stratégie et tactique » la direction de l’UC déclare :

« La lutte pour la paix doit être menée de façon révolutionnaire… Cela signifie … dénoncer la pratique impérialiste de la bourgeoisie belge et sa complicité avec les deux superpuissances. Ceci s’oppose aux illusions opportunistes selon lesquelles une partie des monopoles belges serait actuellement notre « alliée » dans la lutte contre les deux superpuissances. »

Ceci est en réalité une « théorie » pour liquider la lutte pour l’indépendance nationale en semant consciemment la confusion autour de la question : contre qui est dirigée la lutte pour l’indépendance nationale ?

La lutte actuelle pour la paix et l’indépendance nationale en Europe de l’Ouest est dirigée contre les Etats-Unis, et surtout contre l’Union soviétique.

La lutte actuelle est dirigée en second lieu, contre les parties de la bourgeoisie monopoliste et contre les forces politiques en Europe de l’Ouest qui se rangent du côté de l’Union soviétique et des Etats-Unis.

A l’égard des parties de la bourgeoisie qui prennent une position plus ou moins indépendante envers les superpuissances, le prolétariat suit une politique d’unité et de lutte, d’unité par la lutte. Unité chaque fois que les parties de la bourgeoisie font des pas sur la voie de l’indépendance nationale, et dans la mesure où elles le font ; lutte contre l’attitude hésitante et inconséquente qu’elles adoptent, lutte contre les conceptions politiques générales qu’elles propagent pour arriver à un point de vue commun de résistance contre les ennemis de l’indépendance nationale. La direction d’UC traite les ennemis et les alliés de la même façon ; ceci entraîne qu’il ne reste plus rien de la lutte pour l’indépendance nationale et du front pour l’indépendance nationale.

La direction de l’UC se place sur la position du trotskysme. Ceux-ci déclarent aussi en paroles qu’ils sont pour la lutte pour l’indépendance nationale, pour ajouter, immédiatement après, qu’ils n’accordent « aucun soutien » à la bourgeoisie belge. La direction de l’UC adopte le même point de vue. Elle écrit :

« Amada apporte son « soutien » à la « politique « d’indépendance nationale » de « la bourgeoisie patriote inconséquente ». Ce soutien, apporté dans les conditions actuelles, contredit la phrase d’Amada (ce n’est qu’une phrase) sur le « programme autonome du prolétariat » (p. 16, 5ème col.).

Dans sa déclaration du premier plénum, la direction de l’UC indique, en paroles, la lutte pour l’indépendance nationale, mais elle liquide à nouveau, dans les faits, le contenu de cette lutte.

La position centrale est :

« Le prolétariat… doit actuellement mener la lutte pour la paix, l’indépendance nationale et la sécurité… Contre sa propre bourgeoisie en premier lieu. »

La lutte pour l’indépendance nationale est une phrase creuse si l’on ne distingue pas les ennemis des alliés.

Jdanov déclara, à propos de la lutte pour l’indépendance nationale en Europe de l’Ouest :

« C’est aux Partis Communistes qu’incombe le rôle historique particulier de se mettre à la tête de la résistance au plan américain d’asservissement de l’Europe et de démasquer résolument tous les auxiliaires intérieurs de l’impérialisme américain. En même temps, les communistes doivent soutenir tous les éléments vraiment patriotiques qui n’acceptent pas de laisser porter atteinte à leur patrie, qui veulent lutter contre l’asservissement de leur patrie au capital étranger et pour la sauvegarde de la souveraineté nationale de leur pays. Les communistes doivent être la force dirigeante qui entraîne tous les éléments antifascistes épris de liberté à la lutte contre les nouveaux plans expansionnistes américains d’asservissement de l’Europe ».

5.2 Rejeter la lutte pour le renforcement de la défense nationale et pour la démocratisation de l’armée

Quelle est la situation politique et militaire objective en Europe ?

« Une foule de faits révélés au colloque montre l’image inquiétante d’une Union Soviétique prête à assaillir l’Europe Occidentale… (Le Kremlin) manipule les forces prosoviétiques pour provoquer le trouble et la scission au sein de certains de ces Etats, allant même jusqu’à inciter à la rébellion militaire pour les placer dans sa sphère d’influence. Le révisionnisme soviétique couve de son regard tout le territoire allant de la Baltique à la Méditerranée, des Balkans à la péninsule ibérique, impatient qu’il est de l’engloutir morceau par morceau. » (PI, 10/76).

Dans cette situation objective, le Parti Communiste chinois soutient le mot d’ordre suivant :

« Renforcer la défense nationale pour tenir tête à la menace militaire russe » (PI 37/75).

La clique trotskyste qui dirige l’UC s’emporte rageusement contre ce mot d’ordre :

« Appeler à « renforcer la défense nationale » en général, sans spécifier le caractère de classe que nous devons lui donner, est un mot d’ordre qui trompe la classe ouvrière » (p. 16, 5ème col.).

« Amada… se met à propager le chauvinisme. Ce qu’il raconte sur le « renforcement de la défense nationale de la Belgique » confirme… sa nouvelle politique de conciliation avec la bourgeoisie capitaliste » (p. 17, 4ème col.)

Ceci est à nouveau la politique trotskyste d’« aucun soutien à la bourgeoisie ».

Dans les circonstances actuelles la question se pose ainsi : la Belgique dit-elle renforcer sa défense nationale de façon indépendante, oui ou non ?

Les forces pro-américaines et principalement les forces pro-russes répondent non. La classe ouvrière est partisan d’un renforcement de la défense nationale indépendante, elle soutient les parties de la bourgeoisie qui défendent ce mot d’ordre. En même temps, la classe ouvrière mène la lutte contre ces mêmes parties de la bourgeoisie, sur la question du comment et dans quel but la défense nationale doit être renforcée.

Pour justifier sa politique « d’aucun soutien », les trotskystes de la direction d’UC mettent en avant le caractère de classe de l’armée belge, son rôle contre-révolutionnaire, etc.

« La défense nationale » de la bourgeoisie s’accompagne toujours de menées impérialistes et contre-révolutionnaires… La bourgeoisie… le fait uniquement pour sauver ses profits… (la bourgeoisie) s’oppose… à la défense nationale du prolétariat » (p. 16, 15ème col.).

Tout ceci est conforme à la vérité. Les marxistes-léninistes en tirent la conclusion que l‘unité qu’ils font avec certaines parties de la bourgeoisie pour la défense de l’indépendance nationale, doit être une unité basée sur la lutte, une unité réalisée par la lutte. Si la lutte n’est pas menée contre la politique réactionnaire de la bourgeoisie monopoliste dans le front uni, les forces communistes et progressistes seront écrasées ; le front ne pourra pas se développer au sein des masses populaires et la bourgeoisie monopoliste capitulera devant l’ennemi. La lutte contre la politique réactionnaire de la bourgeoisie monopoliste est nécessaire pour étendre les forces progressistes au sein des masses populaires, pour gagner les forces intermédiaires et pour obliger les parties patriotiques de la grande bourgeoisie à poursuivre la lutte contre l’ennemi.

Comment la classe ouvrière doit-elle agir pour renforcer la défense nationale, sous un régime capitaliste et à l’approche d’une agression fasciste ?

A cette question également, la direction de l’UC répond de la même manière que les trotskystes. Les trotskystes rejettent la lutte pour démocratisation radicale de l’armée bourgeoise ; ce serait du « réformisme » parce que cela sèmerait l’illusion que le capitalisme peut changer sans révolution socialiste de façon fondamentale, parce que cela sèmerait l’ « illusion » que la vraie démocratie serait possible pour les ouvriers sans le renversement du capital. Sous ce prétexte, les trotskystes combattent la lutte pour la démocratie.

Lénine donne une réponse générale à ce problème :

« Le capitalisme en général et l’impérialisme en particulier font de la démocratie une illusion, et dans le même temps, le capitalisme engendre des aspirations démocratiques, aggrave l’antagonisme entre l’impérialisme négateur de la démocratie et les masses qui aspirent à a démocratie. On ne peut renverser le capitalisme et l’impérialisme par des réformes démocratiques si idéales soient-elles, mais uniquement par une révolution économique ; mais le prolétariat est incapable de réaliser la révolution économique s’il n’est pas éduqué dans la lutte pour la démocratie » (Lénine, t. 23, p. 23).

Les trotskystes qui dirigent l’UC font l’accusation suivante :

« Le programme militaire d’Amada défend des positions réformistes sur l’armée bourgeoise et est un programme de trahison en ce qui concerne l’armée du prolétariat ».

« L’armée « complètement démocratisée » sous le régime impérialiste est un leurre, une niaiserie petite bourgeoise. »

Ces positions trotskystes s’opposent diamétralement à celles de la IIIe Internationale :

« Selon notre conviction, la bourgeoisie n’est pas capable d’assurer la sécurité du pays. On ne peut l’atteindre que par l’’armement général du peuple, par la fusion de l’armée avec le peuple ». (Marty)

« Les mesures les plus hardies de démocratisation de l’armée deviennent indispensables dans cette situation ». (Ercoli)

5.3 Qualifier la lutte pour les droits démocratiques et économiques de « marchandage révisionniste ».

Dans la préparation et l’organisation d’un front uni national contre une agression fasciste ou social-fasciste, la classe ouvrière mène une politique d’unité et de lutte à l’égard de la bourgeoisie patriote. Une unité qui répond aux intérêts du prolétariat ne peut être réalisée qu’en organisant de façon correcte la lutte de classe contre la bourgeoisie patriote. Le prolétariat organise la lutte de classe pour améliorer son niveau de vie, pour garantir ses droits démocratiques afin de réaliser l’union nationale et la mobilisation de tout le peuple pour la défense de l’indépendance nationale. Les trotskystes de la direction de l’UC attaquent cette politique d’unité et de lutte. Ils écrivent :

« L’impérialisme, y compris celui du deuxième monde, c’est « l’exploitation impudente » du prolétariat. Amada nie cela ! Il écrit, à l’adresse des capitalistes belges : « Tant que les ouvriers et les travailleurs seront impudemment exploités par le grand capital, ils ne pourront jamais se mobiliser à fond pour la défense nationale. Le niveau de vie et les conditions de travail des masses doivent être améliorées ; ainsi elles pourront déployer leurs forces enthousiastes pour la défense nationale »… Le voilà (Amada) à demander aux capitalistes de ne plus exploiter « impudemment » la classe ouvrière. N’est-ce pas là, la méthode de marchandage révisionniste, qui consiste à « défendre les travailleurs » en captant la bienveillance des patrons en flattant leurs intérêts ? » (p. 15, 5ème col.).

« L’impérialisme, c’est la réaction… En temps de guerre, le régime de répression antipopulaire est renforcé. Amada nie cela ! Il ose parler d’une classe ouvrière « possédant toutes les libertés » et fait miroiter cette illusion sous l’impérialisme, sous la dictature des monopoles ! » (p. 15, 5me col.)

Le langage trotskyste se caractérise par la haine aveugle de la politique communiste. Les trotskystes rejettent la politique d’unité et de lutte avec la bourgeoisie dans un front national. Les trotskystes falsifient la signification de la lutte pour les droits économiques et pour la démocratie sous l’impérialisme. A ce propos, Lénine écrivait le texte suivant, en ridiculisant ceux qui déclarent que la lutte pour la démocratie peut uniquement créer des « illusions » :

« L’impérialisme est la négation de la démocratie ; « donc » la démocratie est « irréalisable » en régime capitaliste. La guerre impérialiste est une violation criante de toute démocratie … « donc » il ne sert à rien de discuter … de la démocratie. On ne peut « opposer » à la guerre impérialiste « que » le socialisme ; l’issue réside uniquement dans le socialisme ; « donc », formuler des mots d’ordre démocratiques dans le programme minium, c’est-à-dire encore en régime capitaliste, est une tromperie ou une illusion, destinée à obscurcir, à éloigner, etc. le mot d’ordre de révolution socialiste… Telle est son erreur fondamentale en matière de logique … » (Lénine, t. 23, p. 22-3).

5.4 Le « programme militaire autonome » de la direction d’UC est un programme de social-impérialisme russe

La direction de l’UC déclare :

« Le programme militaire d’AMADA défend des positions réformistes sur l’armée bourgeoise et est un programme de trahison en ce qui concerne l’armée du prolétariat (p. 17, 1ère col.).

La direction de l’UC oppose au programme d’Amada son propre programme qui n’est rien d’autre qu’un programme du social-impérialisme ; Nous citons le texte complet : (UR 68, p. 17, col. 5) ;

« La bourgeoisie belge, dans son entier, n’est nullement notre « alliée » dans cette lutte ; elle est actuellement notre ennemi principal.

Défendre et appliquer un programme politique et militaire autonome, dont les revendications principales sont les suivantes :

- Retrait du plan VDB et du projet Vranckx ; suppression des corps spéciaux de répression (police, gendarmerie, etc.), droit pour les organisations ouvrières, d’enseigner à leurs membres le maniement des armes et de choisir à leur gré les moniteurs ;

- Interdiction des organisations fascistes ;

- Retrait de la Belgique de l’Alliance Atlantique et de l’OTAN ; expulsion du SHAPE du territoire belge ;

- Dénonciation par la Belgique de la politique pacifiste de la prétendue « Conférence de la sécurité et de la coopération en Europe » ;

- Retrait des troupes belges de la République Fédérale d’Allemagne ;

- Retrait de la Belgique de toutes les organisations internationales néo-colonialistes et abrogation de toutes les clauses néo-colonialistes des traités de coopération ;

- Reconnaissance des gouvernements révolutionnaires de libération nationale.

Ceci s’oppose aux positions contre-révolutionnaires qui sèment des illusions sur une armée impérialiste « complètement démocratisée » et qui cachent les menées impérialistes de la bourgeoisie belge. »

Premièrement : le programme militaire doit être clairement dirigé contre l’ennemi principal. Il doit avoir une base politique claire de lutte contre les deux superpuissances et principalement contre l’Union Soviétique, le plus dangereux fauteur de guerre. Le programme de l’UC est principalement dirigé contre l’impérialisme américain et contre l’armée belge ; l’ennemi principal, le social impérialisme, n’est pas attaqué.

Deuxièmement : Il n’y a qu’une allusion au social-impérialisme où l’on parle de « dénonciation par la Belgique de la politique pacifiste » de la conférence d’Helsinki. L’essence d’Helsinki est falsifiée ; Helsinki répand des illusions sur la « détente » pour cacher l’expansionnisme et la préparation à des guerres d’agression de l’Union Soviétique.

Troisièmement : la direction d’UC n’exige que la dissolution de l’OTAN ce qui est une exigence du social-impérialisme. Le danger de guerre en Europe ne vient pas de l’OTAN mais bien de la position agressive du Pacte de Varsovie. Les marxistes-léninistes exigent que la lutte des peuples d’Europe soit dirigée en premier lieu contre le Pacte de Varsovie agressif et contre tous les accords militaires bilatéraux entre l’Union Soviétique et les pays de l’Europe de l’Est.

Quatrièmement : à côté du retrait de la Belgique de l’OTAN la direction de l’UC revendique le retrait du plan VDB. Ces mots d’ordre viennent des social-impérialistes qui ont en vue l’affaiblissement de la défense nationale de la Belgique. Lorsque les marxistes-léninistes combattent l’OTAN et le plan VDB ils doivent en premier lieu prendre position pour le renforcement de la défense nationale, sur la base de la mobilisation générale du peuple.

Cinquièmement : sur l’armée belge, la direction d’UC dit deux choses : tout d’abord, elle combat le plan VDB et ensuite elle rejette les revendications pour une démocratisation radicale de l’armée comme des « positions contre-révolutionnaires ». Ceci est une défense de la politique social-impérialiste qui veut saper la défense nationale de la Belgique et en même temps une attaque enragée contre la politique marxiste-léniniste qui veut réaliser des mesures démocratiques radicales dans l’armée.

La direction de l’UC ne combat pas seulement le mot d’ordre le plus essentiel dans la situation actuelle d’une menace de guerre d’agression : le mot d’ordre de renforcement de la défense nationale, la direction d’UC attaque également les formes de renforcement de l’indépendance nationale qui correspondent directement aux intérêts immédiats et historiques du prolétariat.

Sixièmement : la direction d’UC ne dit pas un mot sur la lutte contre la direction du faux parti Communiste qui intervient comme une cinquième colonne préparant la guerre d’agression russe. La direction d’UC protège ainsi les forces qui préparent la guerre d’agression russe contre l’Europe de l’Ouest. Cependant la direction de l‘UC revendique l’interdiction des organisations fascistes qui ne sont pourtant pas l’ennemi principal.

Septièmement : la direction de l’UC parle des « organisations ouvrières », mais la direction d’UC ne dit pas un mot du programme politique de ces organisations, qui doit être dirigé sans équivoque vers la défense de l’indépendance nationale contre les Etats-Unis et principalement contre l’Union Soviétique. Ne pas mentionner cette condition cette condition signifie que l’on donne l’occasion aux « organisations ouvrières » social-fascistes de s’armer et d’entreprendre des actions militaires pro-Russes.

 QUATRIÈME PARTIE : LA RÉVOLUTION DÉMOCRATIQUE POPULAIRE EST LA PRÉPARATION DE LA RÉVOLUTION SOCIALISTE

Nous vivons à l’époque de l’impérialisme et de la révolution prolétarienne. Le but stratégique des communistes en Europe est de renverser la bourgeoisie impérialiste et d’instaurer la dictature du prolétariat. Dans la lutte dont le but stratégique est la dictature du prolétariat, nous distinguons différentes étapes. Si la bourgeoisie impérialiste de l’Union Soviétique entreprend une guerre d’agression contre l’Europe de l’Ouest, la tâche de la classe ouvrière se posera ainsi : unir toutes les forces qui peuvent être unies autour de la classe ouvrière pour détruire une partie de la bourgeoisie impérialiste, à savoir la bourgeoisie social-impérialiste russe, et toutes les parties de la bourgeoisie européenne qui collaborent avec elle. La révolution prolétarienne en Europe prendra par conséquent, dans une première étape un caractère national et démocratique ; elle ne visera pas la destruction de la bourgeoisie en son entièreté, mais de la bourgeoisie social-impérialiste russe et de la bourgeoisie européenne qui collabore avec elle.

Le prolétariat doit considérer sa lutte actuelle dans le cadre d’un mouvement de lutte révolutionnaire pour son but stratégique ; détruire la bourgeoisie et établir le pouvoir de la classe ouvrière. La première étape doit être considérée comme une partie de la révolution socialiste, comme une étape où les tâches nationales et démocratiques sont résolues et où les conditions nécessaires pour la destruction de la bourgeoisie dans son entièreté sont réalisées. Si l’on détruit le lien entre l’étape de l’indépendance nationale et celle de la révolution socialiste, on débouche inévitablement dans le révisionnisme. C’est pourquoi la lutte pour l’indépendance nationale doit être en même temps une lutte pour l’établissement d’un pouvoir d’état de démocratie populaire.

Au cours de la guerre de résistance nationale, les conditions de la révolution socialiste mûrissent. Lénine a indiqué qu’il était absurde de vouloir réaliser la révolution socialiste si un certain nombre de conditions n’étaient pas parvenues à maturité. Ces conditions peuvent mûrir au cours du processus de lutte révolutionnaire pour l’indépendance nationale et la démocratie populaire.

Quelles sont ces conditions ?

Les ennemis de la classe ouvrière, les forces qui représentent la bourgeoisie monopoliste, doivent être déchirées entre elles : elles doivent être considérablement affaiblies par la lutte acharnée qu’elles se sont livrée.

L’efficacité des moyens idéologiques, politiques et militaires qu’ils peuvent engager contre la classe ouvrière doit également être fort diminuée de ce fait.
Toutes les forces « démocratiques » de la bourgeoisie et de la petite bourgeoisie, doivent avoir montré dans la pratique leur caractère indécis et lâche.
Les masses doivent être convaincues par leur propre expérience que les paroles de « gauche » de ces bourgeois et petits bourgeois sont un masque pour cacher leurs hésitations constantes, leur peur de la lutte, leur aspiration à un compromis « pacifique et juste » avec les ennemis du peuple.

Le Parti Communiste doit s’être trempé idéologiquement et politiquement, ses membres doivent s’être montrés des combattants révolutionnaires décidés de la classe ouvrière et des classes laborieuses. Le Parti doit avoir forgé dans la lutte une discipline de fer. Il doit avoir élargi ses rangs de manière à contenir tous les éléments d’avant-garde parmi les ouvriers et les travailleurs. Il doit être devenu un parti de masse qui sait que la majorité de la classe ouvrière se tient derrière lui.

Les larges masses du peuple doivent être remplies de haine envers les ennemis de classe et elles doivent s’être détournées des conciliateurs bourgeois et petits bourgeois. Elles doivent être prêtes à suivre le Parti Communiste dans les actions les plus hardies, parce qu’elles sont prêtes à tout sacrifier pour mettre fin à la terreur et à la tyrannie réactionnaire.

Dans la lutte révolutionnaire pour l’indépendance nationale et la démocratie populaire se forment les germes du régime de dictature du prolétariat. L’objectif de l’étape n’est pas l’instauration de la dictature du prolétariat mais bien l’instauration d’une dictature démocratique révolutionnaire de toutes les classes patriotiques et démocratiques. Cette dictature démocratique contient les embryons de ce que deviendra la dictature du prolétariat.

Premièrement : au cours de la lutte pour la démocratie populaire, la classe ouvrière, sous la direction du PC, devient la force dirigeante. Dans la guerre de libération nationale, le Parti Communiste agit comme l’organisation de combat la plus clairvoyante, la plus dévouée au peuple, la plus active et la plus disciplinée. De nombreux éléments de la classe ouvrière et des classes laborieuses qui veulent s’engager dans la lutte de libération nationale et sociale rejoindront les rangs du Parti.

Au cours de la guerre de résistance nationale, il apparaît clairement que la classe ouvrière est l’adversaire le plus inébranlable du fascisme et de l’exploitation, qu’elle est capable du plus grand sacrifice de soi, du plus grand héroïsme, la plus grande fermeté, qu’elle est la seule classe qui défend de façon conséquente les intérêts de l’ensemble de la nation. Le Parti Communiste doit s’appuyer pleinement sur la classe ouvrière et doit développer toutes les forces des masses ouvrières, les organiser et les former parce que l’activité révolutionnaire des masses ouvrières est la base de la victoire de la guerre nationale et de la transition au socialisme.

Le rôle dirigeant du Parti Communiste et de la classe ouvrière rendent possible la transition de la dictature de démocratie populaire à la dictature du prolétariat.

Deuxièmement : dans la lutte pour la démocratie populaire toutes les classes laborieuses et les forces patriotiques se regroupent autour de la classe ouvrière. Lorsque le pays est occupé par une puissance hégémonique, la classe ouvrière doit mettre sur pied un front de libération nationale sur la base du programme minimum de la classe ouvrière, le programme d‘indépendance nationale et de démocratie. Le Front de libération Nationale prend comme base la lutte armée contre l’occupant, et unit toutes les classes sociales qui veulent se libérer de l’occupation étrangère et de ses agents à l’intérieur.

Le front de libération nationale doit s’appuyer sur la classe ouvrière et sur toutes les classes laborieuses ; il doit être ouvert à toutes les forces patriotiques qui agissent en faveur de l’indépendance nationale et de la démocratie, et qui veulent préparer l’insurrection nationale. A l’égard des forces bourgeoises réactionnaires qui s’opposent également à la domination étrangère, le front doit mener une politique d’unité et de lutte. Le front doit rechercher l’unité organisationnelle de toutes les forces patriotiques sur la base d’une plateforme minimum correcte.

Le front doit également chercher des formes d’unité avec les forces bourgeoises réactionnaires, dans la mesure où elles luttent effectivement contre l’occupant étranger ; le front doit mener la lutte contre le programme politique de ces parties de la bourgeoisie, parce qu’il mène nécessairement à la défaite et à la soumission nationale.

Les forces essentielles du front national sont la classe ouvrière et les classes laborieuses ; l’alliance entre ces classes sous la direction de la classe ouvrière rend possible la transition à la dictature du prolétariat.

Troisièmement : dans la guerre de résistance nationale se forme l’armée populaire révolutionnaire, sous la direction du Parti Communiste. La classe ouvrière et les classes laborieuses doivent édifier leurs propres forces armées indépendantes au cours d’une occupation social-fasciste. Cette armée est d’abord constituée de petites unités de partisans, qui sont réunies par la suite, en unités armées plus grandes. Cette armée doit s’appuyer sur les éléments révolutionnaires de la classe ouvrière ; les révolutionnaires des autres classes laborieuses doivent aussi y être intégrés. Depuis le début, cette armée doit être une armée de classes laborieuses, qui sert à réaliser les tâches politiques qui se posent aux masses populaires.

Cette armée doit être dirigée selon l’idéal politique de l’indépendance et de la démocratie et par la juste ligne politique de la lutte de libération nationale.

Depuis le début, des commissaires politiques doivent être spécialement chargés de la direction du travail politique ; des cellules communistes doivent être formées dans l’armée populaire, afin de propager la politique du parti parmi les soldats révolutionnaires.

Tout le travail politique et organisationnel pendant la période de résistance nationale doit être dirigé par l’insurrection nationale armée. Seule une insurrection nationale peut assurer l’écrasement définitif des forces d’occupation. L’édification d’une armée populaire révolutionnaire et l’armement général des classes laborieuses sont les facteurs décisifs de la transition à la révolution socialiste.

Quatrièmement :

« La tâche de chaque véritable révolution populaire consiste à détruire la vieille machine d’Etat » (Albanie Aujourd’hui, 3/75, p. 51).

1. Le déclenchement d’une nouvelle guerre mondiale montrera, pour la troisième fois, que l’impérialisme et la rivalité des puissances impérialistes pour l’hégémonie mondiale, conduisent à la guerre dans le monde entier. Le déclenchement d’une nouvelle guerre mondiale démontrera aussi que l’appareil d’Etat bourgeois n’est pas capable de garantir l’indépendance nationale et la souveraineté de la Belgique, de même qu’il n’est pas capable d’assurer la démocratie et le progrès social pour les classes laborieuses. Le déclenchement de la guerre rendra les masses laborieuses conscientes de la faillite du capitalisme monopoliste, de la faillite de ses institutions et de ses fondements juridiques.

2. Au cours de la domination social impérialiste, le pouvoir d’occupation russe devient l’ennemi principal de la classe ouvrière belge et des masses populaires de Belgique. Une partie de la grande bourgeoisie trahira les intérêts nationaux pour conserver ses privilèges par la collaboration avec le social impérialisme. L’appareil d’Etat bourgeois sera épuré des forces anti-soviétiques et sera mis au service du social-impérialisme russe.

C’est pourquoi, dans cette étape de la lutte révolutionnaire, deux tâches sont posées à la classe ouvrière, et elles doivent être indissolublement liées : la tâche de chasser l’occupant étranger et de conquérir l’indépendance nationale, et la tâche de détruire l’appareil d’Etat qui fonctionne pour l’occupant pour établir un appareil d’Etat de démocratie populaire.

3. Au cours de la résistance nationale, le front de libération nationale unit toutes les classes révolutionnaires et toutes les forces patriotiques sous la direction de la classe ouvrière. Le Front doit créer des organes au niveau national, régional et local, qui ont pour tâche de mobiliser le peuple entier pour la lutte de masse politique et pour la lutte armée, et d’organiser le peuple entier en vue de l’insurrection nationale.

Ces organes doivent représenter toutes les classes révolutionnaires et toutes les forces patriotiques, ils doivent être liés étroitement aux masses populaires et doivent être préparés de façon efficace à leur tâche de direction de la lutte politique et armée.

Ces organes qui mobilisent le peuple pour la lutte révolutionnaire et pour l’insurrection nationale, sont les embryons d’un gouvernement de démocratie populaire. Ils sont les embryons d’un appareil d’Etat qui exprime réellement les intérêts des masses populaires, parce qu’il est né de la lutte révolutionnaire des masses populaires. Ce pouvoir d’Etat est radicalement opposé à l’appareil d’Etat réactionnaire au service de l’occupant, qu’il faut détruire jusqu’à ses racines par la révolution nationale et démocratique.

4. La bourgeoisie réactionnaire qui participe à la lutte de libération nationale veut conquérir l’indépendance nationale mais elle veut empêcher à tout prix que la lutte n’acquière un caractère démocratique populaire.

Elle veut seulement remplacer la domination sur la Belgique d’une bourgeoisie impérialiste étrangère par la domination de la bourgeoisie impérialiste belge. Lorsque cette partie patriotique de la bourgeoisie prend part à la lutte, elle veut protéger et maintenir l’appareil d’Etat réactionnaire et anti-populaire. C’est pourquoi elle exige la reconnaissance de la légalité du régime bourgeois d’avant l’occupation et l’assurance de la continuation de ce régime après la libération, exigence qui est rejetée avec détermination par la classe ouvrière. C’est pourquoi elle forme à l’étranger un « gouvernement national » pour restaurer la domination de la grande bourgeoisie belge immédiatement après la libération.

La classe ouvrière refuse tout gouvernement formé à l’étranger et en dehors de la lutte révolutionnaire. C’est pourquoi, après la libération, la bourgeoisie patriotique veut protéger la base de l’appareil d’Etat et le garder de la destruction totale par la révolution populaire nationale.

Dans le front uni national, la classe ouvrière livre une lutte politique inébranlable contre toutes les entreprises de la bourgeoisie patriotique pour nier le caractère démocratique et populaire de la libération nationale.

5. En détruisant les forces d’occupation étrangères par l‘insurrection nationale, la révolution remplit les tâches strictement nationales et démocratiques.

Les tâches nationales sont : la destruction des forces d’occupation étrangères sociales impérialistes et l’oppression exercée envers leurs collaborateurs nationaux.

Les tâches démocratiques sont : la destruction du système d’oppression social fasciste.

La révolution populaire instaure une dictature impitoyable sur les occupants étrangers et leurs collaborateurs ; cette dictature implique la destruction de toutes les lois et institutions sur lesquelles ils s’appuyaient, de toutes leurs organisations, de tout leur pouvoir économique.

La révolution populaire instaure un régime de démocratie populaire. L’armée populaire, construite avec des ouvriers et des travailleurs révolutionnaires et placée sous la direction du Parti, est le pilier fondamental de ce régime. Une milice populaire est formée avec les forces qui ont mené l’insurrection générale armée, et prend sur elle, les tâches de la police. Les tribunaux populaires sont créés pour juger les occupants et leurs collaborateurs ; ils forment la base d’un appareil judiciaire démocratique et révolutionnaire. Les revendications économiques les plus pressantes des ouvriers et des travailleurs sont satisfaites. Tous les droits démocratiques sont garantis aux ouvriers et travailleurs, ainsi qu’à leurs organisations révolutionnaires. Le contrôle ouvrier est mis en place dans les entreprises.

Le régime de démocratie populaire représente le pouvoir de la classe ouvrière et des classes laborieuses, sous la direction de la classe ouvrière ; ceci signifie que le pouvoir des impérialistes et des grands capitalistes est détruit.

6.

« Dans le conditions du capitalisme en décomposition et de la crise organique de la démocratie bourgeoise qui fait naître le fascisme, aucune réforme démocratique sérieuse et durable n’est possible … on ne peut aller de l’avant sans entamer les fondements du capitalisme, sans faire de pas vers le socialisme ». (Dimitrov, t. 2, p. 701).

Après l’instauration du régime de démocratie populaire, la lutte de classe continue avec âpreté. Le Parti Communiste doit combattre principalement le danger de droite et mobiliser de façon toujours plus profonde et plus large les masses populaires pour aller de l’avant et conquérir de nouvelles positions contre l’ennemi de classe. Les entreprises de la bourgeoisie patriotique ne sont pas expropriées. Cependant, ces parties de la bourgeoisie s’opposeront inévitablement aux mesures révolutionnaires démocratiques. Pour rétablir leur domination de façon incontestée, elles chercheront appui chez les puissances impérialistes étrangères et piétineront ainsi l’indépendance nationale. Pour rétablir leur dictature, elles chercheront appui chez les forces sociales fascistes qui ont été écrasées par la révolution populaire, et trahiront ainsi la démocratie.

La bourgeoisie lancera inévitablement des contre-attaques contre les mesures révolutionnaires démocratiques ; en même temps elle essayera de regrouper toutes les forces réactionnaires pour entreprendre une guerre civile. Le Parti Communiste doit préparer et mobiliser pleinement les larges masses contre le danger d’une guerre civile.

La classe ouvrière doit être prête à tout, parce que la lutte de classe prendra des formes extrêmement aiguës et que la bourgeoisie déclenchera éventuellement la guerre civile. En tout cas, la classe ouvrière doit battre entièrement la grande bourgeoisie, nationaliser ses entreprises et instaurer la dictature du prolétariat.
La dictature du prolétariat conclura les compromis nécessaires, entre autres avec certaines forces bourgeoises patriotiques et elle réalisera progressivement la transformation socialiste dans les différents domaines de la vie économique et sociale.

La dictature du prolétariat organise la société en fonction des intérêts fondamentaux de la classe ouvrière. Seule la classe ouvrière est une classe révolutionnaire conséquente qui a une position intransigeante envers toute forme d’exploitation et d’oppression et qui lutte pour la libération de toutes les autres classes travailleuses.

La dictature du prolétariat est une forme particulière de l’alliance de classe entre le prolétariat, l’avant-garde des travailleurs et les couches nombreuses de travailleurs non prolétariens (petite bourgeoisie, petit patron, paysan, intellectuel, etc.) ou la majorité de ces couches. C’est une alliance dirigée contre le capital, une alliance qui pour but le renversement total du capital, la destruction totale de la résistance de la bourgeoisie et de ses tentatives de restauration, une alliance qui a pour but l’instauration et la consolidation définitive du socialisme.