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2/3 des cancers dus au hasard ?

Ces derniers jours, une information scientifique assez invraisemblable a fait parler d’elle dans les médias. Cette information est présentée de la manière suivante : 2/3 des cancers seraient le résultat du hasard. Et c’est dans le très sérieux magazine Science que l’article est paru.

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Comment les auteurs sont-ils parvenus à une telle conclusion ? Voyons cela à partir du texte de recherche lui-même.

Le titre de l’article, déjà, résume très bien l’étude : « La variation du risque de cancer entre les différents tissus peut être expliquée par le nombre de divisions des cellules souches ».

Les chercheurs partent en effet du constat aujourd’hui largement admis que les risques de contracter un cancer sont différents selon les types de tissus, c’est-à-dire différents selon les différents endroits du corps. Par exemple, sur toute une vie, le risque de contracter un cancer des poumons est évalué à environ 6,9 %, un cancer du gros intestin 4,82 %, un cancer de l’intestin grêle 0,20 %.

Les auteurs affirment alors que les facteurs environnementaux ne peuvent expliquer ces variations : la différence entre le cancer du gros intestin et celui de l’intestin grêle serait bien trop importante alors qu’ils font tous les deux partie du trajet alimentaire et seraient donc exposés à des facteurs environnementaux identiques.

Les auteurs émettent alors l’hypothèse que ces différences seraient liées à un effet aléatoire lié au nombre de fois où les cellules d’un organe se divisent. En effet, au cours de sa vie, les cellules des organes de l’être humain meurent et pour pouvoir maintenir une même quantité de tissu dans un organe, les cellules souches se divisent pour reproduire la matière de l’organe. Et le cancer se développe lorsqu’une mutation se produit durant la division de ces cellules.

L’hypothèse explicitement formulée par les auteurs est donc que, sur toute une vie, c’est le hasard qui est à l’origine des mutations responsables de l’apparition du cancer, et non des facteurs environnementaux ou génétiques.

Et ils montrent au moyen d’un graphique tout simple que plus les cellules d’un organe se divisent, plus il y a un risque de cancer. Et ce, pour tous les cancers. Ce qui reflète une vérité.

Toutefois, suivant leur hypothèse de départ, les chercheurs en concluent que leurs résultats montrent bien que tous les cancers sont principalement déterminés par le hasard. Ils disent ainsi clairement que :

« les effets stochastiques [aléatoires] de la réplication de l’ADN se révèlent être le contributeur majeur au cancer chez les êtres humains. »

On voit déjà ici que leur interprétation de ces résultats est ridicule.

Mais continuons le survol de leur étude pour avoir une vue d’ensemble de leur travail. Car, partout dans les médias, on nous parle du fait que seuls 2/3 des cancers seraient dus au hasard. Alors, que l’on vient de voir qu’en réalité, pour les chercheurs, tous les cancers sont dus au hasard.

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Ces 2/3 proviennent de la 2e partie de l’étude. Les auteurs entendent alors aller plus loin dans leur analyse et distinguer l’effet du hasard des effets des facteurs environnementaux et des mutations dues à l’hérédité.

Pour cela, ils définissent et mesurent un « score de risque supplémentaire ». Le nom est tout à fait révélateur : en plus du hasard, les auteurs cherchent à évaluer le rôle que viennent jouer les facteurs environnementaux pour les différents types de cancer.

Les chercheurs font une analyse et divisent les cancers étudiés en deux groupes : dans le premier groupe de cancers, les facteurs environnementaux ont une influence (le cancer des poumons par exemple) et dans le deuxième, seul le hasard joue.

Les auteurs expliquent clairement :

« Même pour les tumeurs-D [les tumeurs dont l’apparition est aggravée par les facteurs externes], les effets réplicatifs sont essentiels, et les effets environnementaux et héréditaires s’additionnent simplement à eux. »

Autrement dit, ils soutiennent que fumer n’est pas ce qui va déclencher le cancer mais ce qui va augmenter le risque de voir apparaître par hasard un cancer.

Cette phrase est tellement absurde qu’il est difficile d’en concevoir le sens.

Cependant, l’étude, et surtout sa conclusion, a été reprise telle quelle dans les médias et peu de journalistes se sont engagés dans une critique. La seule réserve émise par les cancérologues français est l’existence d’une limite méthodologique résidant dans le fait que l’étude ne parle ni du cancer du sein et ni du cancer de la prostate.

Donc, ça ne choque foncièrement aucun scientifique que deux de leurs pairs affirment que c’est bien le hasard qui est la cause majeure de l’apparition de la majeure partie des cancers (sauf pour le cancer du sein et de la prostate, qui ne sont pas représentés, faute de données).

Personne n’a souligné qu’en réalité, ce « hasard » représente juste la probabilité d’avoir un cancer, que ce « hasard » est là pour mesurer quelque chose qu’on ne sait pas encore expliquer.

Les auteurs eux-mêmes font face à une contradiction énorme. En fin d’article, il y a une phrase, dont personne n’a parlé, qui dit :

« Le nombre total de cellules souches dans un organe et son taux de prolifération peut bien sûr être influencé par des facteurs génétiques et environnementaux comme ceux qui affectent la taille ou le poids. »

Autrement dit, les auteurs introduisent explicitement le fait que les résultats de leur étude pourraient être interprétés sans faire appel au hasard et que, finalement, ça pourrait bien être la pollution, l’alimentation ou nombre d’autres causes qui provoqueraient le développement du cancer.

Mais cette petite phrase est aussitôt balayée, les auteurs concluant tout de même que, « de manière formelle », leurs analyses montrent uniquement que le facteur aléatoire est fondamental dans le risque de cancer.

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Les auteurs sont donc incapables d’assumer le problème qu’ils soulignent eux-mêmes. Ils font appel au hasard car c’était leur hypothèse de départ et qu’ils ne peuvent saisir la question du cancer dans toute sa complexité. Tout au long de l’article, ils soulignent d’ailleurs que plusieurs processus intervenant dans le développement des cancers restent tout à fait obscurs, encore incompris.

Mais, envers et contre tout, c’est le hasard qui reste pour eux leur meilleure explication.

Ce qui est plutôt curieux puisque force est de constater que les cancers qu’ils considèrent comme relevant du hasard sont en augmentation depuis plusieurs années.

En France, par exemple, l’INSERM relate que le taux de cancers du testicule « a augmenté de 2,5 % sur la période 1980-2005. Le taux d’incidence du cancer du testicule augmente dans la plupart des pays du monde, de façon plus marquée encore en Europe. » et le taux de cancers du cerveau « a augmenté régulièrement de 1 % sur la période 1980-2005. »

En suivant l’explication des chercheurs, la seule conclusion possible est que Dieu jouerait donc plus aux dés qu’avant...

Le fait que ces chercheurs soient si prompts à avoir recours au hasard montre bien leur parti pris idéologique. Dans le fond, leur étude décrit une réalité : plus les cellules se divisent, plus on constate qu’il y a de cancers.

Leur erreur réside dans l’interprétation qu’ils font des résultats. Ils tentent d’imposer une vision du monde bourgeoise, qui ne montre aucune cohérence, où les choses arrivent « par hasard ».

L’un des chercheurs explique ainsi :

« Quand quelqu’un a un cancer, il cherche aussitôt les raisons. Et dans de nombreux cas, c’est un simple manque de chance, on perd à la loterie. »

Quelle vision du monde bien étrange pour un scientifique.

Mais cette vision ne semble plus du tout étrange dès lors que l’on dispose du matérialisme dialectique, et que l’on comprend que les idées de ces scientifiques ne sont que le reflet de la société bourgeoise à laquelle ils appartiennent.

De plus, il est évident que c’est là un exemple de la science au service à la fois de l’ensemble des monopoles (au travers, entre autres, de la négation de l’influence néfaste de la pollution) et à la fois des monopoles de l’industrie pharmaceutique, puisque si c’est le hasard qui joue, alors on ne peut pas éviter le cancer et la seule solution restante est le recours aux traitements médicaux et notamment médicamenteux.

Mais cela va plus loin encore. Dans Le Monde, Fabrice Denis, cancérologue au Mans et chercheur associé à l’université de Rouen, explique au sujet de cette recherche que :

« Depuis quelques années, il y a beaucoup d’emphase sur les causes exogènes de cancers, comme la pollution, l’alimentation..., mais ces travaux confirment que ce sont avant tout des maladies des personnes âgées. Ils accréditent aussi l’idée que quand l’espérance de vie progresse rapidement, ce qui a été le cas chez l’humain qui a multiplié la sienne par trois en deux siècles, la biologie ne suit pas. »

Il fallait oser. En substance, ce docteur nous explique que les êtres humains ont fait tellement de progrès que la nature elle-même ne peut plus suivre. On est ici dans le social-darwinisme le plus complet, dans le mépris de la nature.