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L’Internationale Communiste : le sixième congrès − 1928

Le 6e congrès de l’Internationale Communiste s’est tenu du 17 juillet au 1er septembre 1928. C’est la première fois qu’un aussi grand écart existe entre la tenue des congrès, et la raison en a été la difficulté de procéder à la bolchevisation.

Le processus a amené le besoin d’une rupture claire avec la social-démocratie, alors qu’en même temps, celle-ci, justement, basculait de plus en plus nettement dans l’anticommunisme, n’ayant aucune envie de voir les masses populaires échapper à son emprise.

Si la question se posait pour tous les Partis Communistes, ce qui primait cependant avant tout c’est la question allemande. Le centre de gravité, depuis 1918, restait l’Allemagne ; l’organe de l’Internationale Communiste - Internationale Presse-Korrespondenz (Inprecor), soit Correspondance de presse internationale – se dirigeait plus particulièrement vers ce pays, au mouvement ouvrier puissant et à la culture insurrectionnelle très développée.

La ligne insufflée par le 6e congrès sera d’ailleurs décisive : le KPD va passer de 1928 à 1932 de 130 000 adhérents à 252 000, et de 3,2 millions de votants à 6 millions. Seul l’anticommunisme fanatique de la social-démocratie bloquera ses avancées, aidant de manière décisive les nazis.

A côté de l’Allemagne, une importance de plus en plus grande fut accordée aux pays coloniaux, en particulier la Chine et l’Inde, dans le prolongement du congrès précédent. L’actualité de la révolution chinoise était considérée comme capitale, et en Allemagne les meetings mettaient parfois en avant un représentant de l’URSS accompagné d’un délégué chinois.

Le sixième congrès fut ainsi celui de l’affirmation de la révolution démocratique pour les pays coloniaux, comme première étape d’une révolution dite « ininterrompue ». Cette conception s’opposait formellement aux positions de Trotsky consistant en la « révolution permanente » et niant l’étapisme.

Le sixième congrès a ainsi été celui de l’écrasement final des positions trotskystes, organisé dans toutes les sections internationales, parfois au prix de ruptures importantes en termes d’organisation (ainsi en Suède ou en Belgique).

Le 6e congrès établissait définitivement la ligne rouge : sur le plan idéologique, l’Internationale Communiste avait donc approfondi l’identité communiste, formant 3500 cadres internationaux au moyen de l’École Lénine Internationale, fondée en 1926.

Il existait une Internationale des Jeunes Communistes, fondée en 1919, rassemblant les Jeunes Communistes dans un organisme propre.

L’Internationale Communiste s’appuyait également sur le Secours Rouge International, formé en 1922, organisation de soutien aux nombreux prisonniers politiques de la vague révolutionnaire, qui en 1932 était constitué de 71 sections nationales avec au total 13,8 millions de membres (dont 5,5 millions pour l’URSS).

Une organisation juridique proche était l’Association Juridique Internationale, fondée en 1929, ou encore le Secours Ouvrier International, organisation ouvrière d’entraide fondée en 1921.

A côté de cela existait l’Internationale Syndicale Rouge (le Profintern), fondée en 1921 et rassemblant les syndicats proches des Partis Communistes, et une Internationale Paysanne Rouge (le Krestintern) qui par contre ne parviendra jamais à réellement se constituer.

Avait également été fondée en juin 1921 une Internationale Rouge des Sports (le Sportintern) consistant en une Union internationale des sports et des associations de gymnastiques rouges. En 1926, elle n’avait que 127 personnes adhérentes, pour passer à 280 000 en 1931. Par contre, l’équivalent socialiste avait de son côté 1,9 millions de personnes adhérentes.

En 1928, de manière parallèle au 6e congrès de l’Internationale Communiste, se tint ainsi les premières Spartakiades, avec 3900 sportifs soviétiques et 600 de 12 autres pays. En 1931 aura lieu une Fête internationale du sport ouvrier, dans un stade de Berlin, accueillie par un spectacle composé d’un choeur de 4400 personnes.

Enfin, une organisation importante fut la Ligue contre l’impérialisme et l’oppression coloniale, fondée un an avant le congrès, en février 1927 à Bruxelles, avec 175 délégués dont 107 venaient de 37 pays coloniaux.

Cette Ligue eut une influence importante dans certains pays, comme l’Afrique du Sud ; elle tiendra un second congrès en juillet 1929 avec 84 délégués de pays coloniaux, avant cependant de s’effondrer en raison de l’impossible unité avec des démocrates bourgeois comme Jawaharlal Nehru et Albert Einstein.