Centre MLM de belgique

L’Internationale Communiste : le quatrième congrès − 1922

Le 4e congrès de l’Internationale Communiste se tint du 5 novembre au 5 décembre 1922 ; le 7 novembre 1922 fut une date particulièrement importante, puisque marquant le 5e anniversaire de la révolution socialiste en Russie.

A ce moment-là, 66 Partis Communistes formaient l’Internationale Communiste, pour un nombre total de 1,2 million d’activistes. 408 délégués venus de 58 pays étaient présents au congrès.

Cependant, ce 4e congrès était encadré de deux événements : peu de temps avant, il y eut la prise du pouvoir par les fasciste en Italie, et peu après, il y aura l’échec final de l’insurrection en Allemagne.

Le front unique prolétarien était alors considéré comme central, et l’ordre du jour fut significatif :

- Rapport de l’Exécutif ;
- Tactique de l’Internationale Communiste ;
- Programme de l’Internationale Communiste et des sections allemande, française, italienne, tchécoslovaque, bulgare, norvégienne, américaine et japonaise ;
- Question agraire ;
- Question syndicale ;
- L’éducation ;
- Question des jeunes ;
- La question d’Orient.

En développant tous ces points programmatiques, l’Internationale Communiste entendait inscrire les activités des Partis Communistes dans la durée, une durée relative cependant en raison de l’inévitable effondrement du capitalisme à moyen terme.

Le 4e congrès de l’Internationale Communiste affirmait ainsi que :

«  On peut prévoir nettement dès à présent que si la reprise actuelle de l’industrie n’est pas susceptible, même dans un avenir éloigné, de rétablir l’équilibre capitaliste ou même de guérir les plaies béantes laissées par la guerre, la prochaine crise cyclique, dont l’action coïncidera avec la ligne principale de la destruction capitaliste, ne fera qu’aggraver toutes les manifestations de cette dernière, et par conséquent aussi, dans une mesure extraordinaire, la situation révolutionnaire.

Jusqu’à sa mort, le capitalisme sera en proie à ces fluctuations cycliques.

Seules, la prise du pouvoir par le prolétariat et la Révolution mondiale socialiste pourront sauver l’humanité de cette catastrophe permanente provoquée par la persistance du capitalisme moderne.

Ce que le capitalisme traverse aujourd’hui n’est autre que son agonie. L’écroulement du capitalisme est inévitable. »

Dans ce processus, la menace fasciste s’affirme, comme contre-révolution organisée avec un masque social :

« Le trait caractéristique du fascisme italien, du fascisme « classique », qui a conquis pour un temps tout te pays, consiste en ce que les fascistes non seulement constituent des organisations de combat strictement contre-révolutionnaires et armées jusqu’aux dents, mais encore essaient par une démagogie sociale de se créer une base dans les masses, dans la classe paysanne, dans la petite bourgeoisie et même dans certaines parties du prolétariat, en utilisant adroitement pour leurs buts contre-révolutionnaires les déceptions provoquées par la soi-disant démocratie (…).

Une des tâches les plus importantes des Partis Communistes est d’organiser la résistance au fascisme international, de se mettre à la tête de tout le prolétariat dans la lutte contre les bandes fascistes et d’appliquer énergiquement sur ce terrain aussi la tactique du front unique ; les méthodes illégales sont ici absolument indispensables.

Mais la folle équipée fasciste est le dernier atout de la bourgeoisie. La domination ouverte des gardes-blancs est dirigée d’une façon générale contre les bases mêmes de la démocratie bourgeoise. Les plus grandes masses du peuple travailleur se persuadent de plus en plus du fait que la domination de la bourgeoisie n’est possible que par une dictature non déguisée sur le prolétariat. »

L’Internationale Communiste se vit accorder donc une importance encore plus capitale ; elle n’était plus simplement le reflet de la vague révolutionnaire, elle en devenait l’organisatrice directe. A ce titre, le 4e congrès souligna la nécessité que l’Internationale Communiste devienne très concrètement un « Parti Communiste Mondial » en ordre de marche.

De fait, l’implantation dans de nouveaux pays colonisés renforçait la dynamique. Aux groupes épars succédaient de véritables organisations, même si encore faibles, en Chine, en Inde, en Turquie, en Égypte, en Perse, au Japon.

Une attention extrême était portée à cela. Le second congrès de l’Internationale Communiste avait été le premier grand moment historique sur le plan mondial d’une étude conséquente des mouvements de libération nationale ; fut ainsi fondé un Institut de recherche des problèmes nationaux et coloniaux.

Il y a eut un congrès des peuples de l’Est, à Bakou, au début septembre 1920 ; il y eut un Congrès des travailleurs d’Extrême-Orient, à Moscou au mois de janvier 1922, avec des délégués de Chine, d’Inde, d’Indonésie, du Japon, de Corée, de Mongolie et de peuples sibériens.

Avec le 4e congrès, l’Internationale Communiste se posa comme protagoniste de la révolution mondiale comme processus se prolongeant, mais devant inévitablement bientôt aboutir.